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Privatisation de PIB...

Si un système d'assurance santé privé coûte plus cher qu'un système public, sans que la qualité des soins soit véritablement supérieure, comme le laisse à penser la comparaison entre Etats-Unis et Europe, alors le PIB sera artificiellement surévalué dans les pays reposant davantage sur un système privé.
Thomas PIKETTY, Le capital au XXIe siècle, Seuil, 2013, page 155.

"Cachets" ce sein...

Sous la surface du cancer du sein, ses causes, ses coûts...
6.[...] Des études faites dans les années 30 et 40 montraient que 30 % des cancers [du sein] survenaient dans [la région de l'aisselle]. Aujourd'hui nous en sommes à près de 60 %. [...] Il s'agit de la zone où l'on applique des produits chimiques [déodorants]. Philippa DARBRE (Cancérologue), Arte, 12/03/2013. 
5. Coût total du cancer du sein : 3,2 milliards d'euros (2004). Coût total du dépistage organisé : 216,3 millions d'euros en 2008 (plus de 300 millions en 2010 selon l'UFC-Que Choisir). Science & Vie, 12/2012, p. 48.
4. [...] On attendait une réduction de la mortalité de 30 % [grâce au dépistage]. Or la baisse semble plus faible, voire inexistante. Science & Vie, 12/2012, p. 48.
3. [... Les chiffres obtenus par les études sur l'impact du dépistage sur la mortalité] sont très différents selon la méthodologie des études considérées [... 21 % de réduction relative en combinant les études]. Seule certitude : la mortalité a beaucoup baissé du fait des progrès des traitements. Science & Vie, 12/2012, p. 48.
2. Second cancer le plus fréquent en France après celui de la prostate. Science & Vie, 12/2012, p. 48.
1. Son incidence en considérable hausse depuis 1990, serait liée aux modifications de facteurs hormonaux (traitement hormonal substitutif, âge de première grossesse...), à l'alcool et à l'obésité. Science & Vie, 12/2012, p. 48.

Vive le gras...

Où, une nouvelle fois, l'industrie pharmaceutique entretient le doute sur une supposée calamité sanitaire et plonge, par là même, la Sécurité sociale dans des abîmes de déficit...
[...] Les statines [molécule prescrite pour réduire le taux de "mauvais" cholestérol] sont le médicament le plus vendu dans l'histoire de la médecine. Pris par 13 millions d'américains, auxquels s'ajoutent une douzaine de millions de patients dans le reste du monde, ils ont représenté un chiffre d'affaire de 27,8 milliards de dollars en 2006. 
[...] Le coût de l'usage massif de statines se chiffre en milliards de dollars par an, si l'on compte, en plus du prix du médicament, les visites chez le médecin, les tests de niveau de cholestérol, et d'autres examens. 
[...En France] on peut évaluer le coût global pour la Sécurité sociale à deux milliards d'euros en 2011. Il est en baisse en raison de l'arrivée des génériques, mais les génériques coûtent deux fois plus cher en France qu'en Grande-Bretagne. 
Or...
[...] Nombre de chercheurs mettent en doute le besoin de faire baisser le taux de cholestérol. 
[...] Les données actuelles invitent à ne pas se préoccuper du tout de son taux de "mauvais cholestérol". Rodney Hayward (Université du Michigan). 
[...] Dans le seul grand essai clinique financé sur fonds publics et non par l'industrie, aucun bénéfice statistiquement significatif n'a été trouvé.
[...] La répartition des taux de cholestérol chez les malades cardiaques est le même que dans la population générale. Philippe EVEN (ancien doyen de la faculté de médecine Necker). 
[...] Les Espagnols ont un niveau de cholestérol LDL [le "mauvais cholestérol"] comparable à celui des Américains, mais leur taux de maladie cardiaque est plus de deux fois inférieur. Les Aborigènes australiens ont un bas taux de cholestérol mais un taux élevé de maladie cardiaque. 
[...] Les habitants de l'Hexagone [font] deux à trois fois moins d'infarctus que les Américains ou les Anglais alors que leur niveau de cholestérol est identique et qu'ils mangent plutôt plus de graisses animales.[...] La principale explication reste [...] que la consommation de vin par les Français les protège un peu de l'infarctus. 
[... Dans une étude récente dont les résultats ont été retardés par l'industrie pharmaceutique] les patients qui ont reçu le médicament qui fait le plus baisser le taux de cholestérol ont vu leur degré d'athérosclérose [accumulation dans la paroi des artères d'un des deux transporteurs du cholestérol (une lipoprotéine)] progresser davantage. 
[...] Dès 1959, des chercheurs américains et japonais ont montré que l'aorte des Japonais avait autant d'athérosclérose que celles des Américains. Or les Japonais avaient un bas taux de cholestérol. 
[...] Une étude de 1962 montre que manger des aliments riches en cholestérol, comme les oeufs, n'augmente pas le taux de cholestérol dans le sang. 
[...] Une étude indienne de 1967 [...] sur plus d'un million d'employés des chemins de fer indiens pendant cinq ans [a montré que] la mortalité cardiaque était près de sept fois plus élevée à Madras qu'au Pendjab, alors que les habitants du Pendjab absorbent presque dix-huit fois plus de graisses, principalement d'origine animale. [...] Le taux de cholestérol des guerriers nomades Masaï est le plus bas jamais mesuré, alors que 60 % des calories qu'ils absorbent sont dérivées de graisses saturées. En 1975, un chercheur anglais s'est demandé ce qu'il en était de Masaï urbanisés de Nairobi. Réponse : alors que leur alimentation comportait beaucoup moins de graisses animales, leur taux de cholestérol avait grimpé de 25 %. [...] Plus de trente autre études ont montré que les malades cardiaques ne se sont pas plus nourris que les autres de graisses animales. Huit études ont même montré que les victimes d'attaque cérébrale ont moins pris de graisses saturées que les autres. Et aucune étude n'a montré que la maladie cardiaque serait plus fréquente dans les pays où l'on mange plus de graisses saturées. Uffe RAVNSKOV (Médecin et chercheur danois). 
[...] Les statisticiens disent que le "nombre de sujets à traiter" (NST) pour qu'une personne tire un bénéfice [du Lipitor de Pfizer, une statine] est de 100. [...A titre de comparaison, le NST du] traitement antibiotique [...] contre l'ulcère à l'estomac [...] est de 1,1. Pour 11 malades qui reçoivent l'antibiotique, dix sont guéris. 
[...] Les statines sont en usage depuis vingt ans et on ne voit guère de réduction du NST à mesure que la durée du traitement s'allonge. 
Mais alors, d'où ça sort ?
[...] Le dogme s'est installé dès les années 1960, en raison de l'énorme succès de deux études qui ont été prises pour argent comptant : l'étude dite des "six pays" publiée par l'Américain Ancel Keys en 1953 et la grande enquête américaine dite de Framingham [...] en 1961. Tronquée et fallacieuse, l'étude des "six pays" prétendait montrer que la maladie cardiaque était directement corrélée aux taux de graisses animales dans l'alimentation. Les responsables de l'étude de Framingham, eux, prétendaient apporter la preuve que le risque d'infarctus est lié à un taux de cholestérol élevé, alors même que les données qu'ils avaient compilées démontraient le contraire. Uffe RAVNSKOV (Médecin et chercheur danois).
Et pourquoi ça continue ?
[...] Il est presque impossible d'éviter de tomber sur une publicité rappelant que ces médicaments [les statines] sont vitaux. 
[...] La publicité est souvent mensongère ou biaisée. 
[...] Les principaux essais cliniques qui ont servi à justifier la prescription des statines ont fait l'objet de différentes formes de trucages et de manipulations par les industriels qui les ont commandités. [...] Le témoignage [de Barbara H. Roberts, profosseure associée à Brown University, The truth about statins, Gallery Books, 2012] est d'autant plus intéressant qu'elle a elle-même participé à certains de ces essais.
[...] Les principaux universitaires américains qui défendent la cause des statines sont rémunérés par l'industrie. 
[...] L'essai avait été stoppé après moins de deux ans, soit deux ans avant le terme prévu, ce qui était en l'occurrence, contraire aux bonnes pratiques cliniques. [...] Dans le rapport, les chiffres de la mortalité cardiovasculaire étaient masqués ! [...] Les chiffres présentés étaient cliniquement impossibles. Contradictoires. [...] Cerise sur le gâteau : les courbes de mortalité avaient été grossièrement falsifiées. Michel de LORGERIL (Cardiologue, chercheur au CNRS). 
Les malades recrutés sont de fait, bien souvent, des malades idéaux, sans grand rapport avec le monde des malades réels. [...] Une autre méthode [pour biaiser les études] consiste à réduire le nombre des années mais à augmenter le nombre de malades, en faisant croire que cela revient au même. Philippe EVEN (ancien doyen de la faculté de médecine Necker). 
[...] Pfizer [fabriquant du Lipitor] objecte que [...] si des millions de gens prennent des statines, même le petit avantage procuré par un NST supérieur à 100 signifierait que l'on évite ainsi des milliers d'attaques cardiaques. 
[...] L'industrie et les autorités de santé minimisent les effets secondaires des statines. [...] On évalue à 10 à 15 % la proportion des usagers de statines souffrant d'effets secondaires, notamment de douleurs musculaires, des troubles cognitifs et des dysfonctionnements sexuels.
Et le comble...
[...] Le cholestérol LDL fait parti d'un système immunitaire méconnu. Les lipoprotéines LDL qui transportent le cholestérol captent aussi les toxines bactériennes et virales et les inactivent. De fait, des études portant sur des dizaine de milliers de sujets ont montré qu'un bas taux de cholestérol est un facteur de risque pour les maladies infectieuses. Et plus de vingt études montrent que les personnes âgées ayant un taux de cholestérol élevé ont une plus grande espérance de vie que la moyenne. Uffe RAVNSKOV (Médecin et chercheur danois). 
[...] Ce qui marche vraiment, c'est le mode de vie, l'exercice, une alimentation saine et la réduction du poids. [...] Ces remèdes ont aussi un NST élevé, mais leur coût est beaucoup moins élevé que celui des médicaments, et ils améliorent la qualité de vie. Jerome HOFFMAN (Université de Los Angeles).
Mais tout n'est peut-être pas perdu...
C'est peut-être en train de changer, cependant. L'industrie pharmaceutique va mal : tarissement des découvertes, expansion des génériques, amandes gigantesques pour ses falsifications. Et la FDA américaine, qui mène le jeu réglementaire, se fait de plus en plus exigeante. Elle impose désormais aux industriels de déposer à l'avance tous les détails de l'organisation de l'essai projeté, y compris les modalités d'arrêt. On dit qu'elle va leur imposer de permettre l'accès libre à l'ensemble des données réelles de chaque essai. Philippe EVEN (Ancien doyen de la faculté de médecine Necker).
Books, 02/2013, p.24 - 43. 

Soins...

Sous la surface des dépenses de santé des Français...
3. Un Français sur 5 renonce aux soins "plus souvent" qu'avant ou les retarde, principalement pour des raisons financières. Le Parisien.fr, 18/10/2012. 
Ce ratio est légèrement surévalué. Quelques corrections apportées à ce chiffre >>
2. En France, 6 millions de personnes ne bénéficient d'aucune couverture complémentaire santé. Alternatives Economiques, 12/2012, p. 28. 
1. [...] Pour compenser des remboursements de plus en plus importants du fait des dépassements d'honoraires, les contrats de mutuelles et assurance complémentaires ont augmenté de près de 20 % depuis quatre ans. Alternatives Economiques, 12/2012, p. 28.

Lobbying déficitaire...

[...] Une baisse du prix comparable à celle des Pays-bas, suffirait à elle seule à éponger une partie des milliards de déficit de la Sécurité sociale.
Philippe EVEN, France 2, Un oeil sur la planète, 26/03/2012.
De nombreux médicaments de consommation courante sont 2 à 5 fois plus chers qu'en Italie. S'aligner sur ces tarifs permettrait une économie de 10 milliards, soit de mettre fin au déficit de la branche assurance maladie de la Sécurité Sociale...
Serge RADER, France 2, Un oeil sur la planète, 26/03/2012.

Addicts...

Où Philippe Even énumère les quatre points qui, selon lui, expliqueraient pourquoi les Français consomment deux fois plus de médicaments que leurs voisins...
1. [...] Les Français veulent aujourd'hui des médicaments de confort, la plupart se sentent malade de quelque chose. [...] Ils ont plus que d'autres le désir de se sentir assistés. 
2. [...] Le médecin de ville français qui, contrairement à ce qu'on dit, ne gagne pas bien sa vie, prescrit quatre fois plus de dépenses qu'il ne gagne lui-même d'argent. Il induit quatre fois son revenu sous forme de médicaments. Aux États-Unis ou en Angleterre, c'est moitié moins. 
3. [...] Les compagnies pharmaceutiques [...] emploient une fois et demi à deux fois plus de visiteurs dits "médicaux" que dans tout autre pays (un pour neuf médecins contre un pour treize à un pour vingt-trois ailleurs). 
4. [...] Les études médicales ne forment ni à l'esprit scientifique, ni à l'esprit critique. [...] Quant à la formation permanente, elle est entièrement payée par l'industrie.
Propos recueillis pas Olivier POSTEL-VINAY, Books, 04/2011, p. 20.

Psycho ping-pong...

[...] La théorie très répandue [chez les professionnels] selon laquelle la maladie mentale naît d'un déséquilibre chimique dans le cerveau [...] est [opportunément] apparue peu après l'introduction des psychotropes dans les années 1950. [...] Ainsi, au lieu de mettre au point un médicament pour traiter une anomalie, on a postulé une anomalie correspondant à un médicament.
[...] On pourrait aussi expliquer que la fièvre est due à un manque d'aspirine...
Marcia ANGELL, Books, 02/2012, p. 25.

Médecins du monde rural...

[...] L'ONG Médecins du Monde, qui a déjà accueilli 29 466 patients en grande précarité en 2011, annonçait récemment qu'elle allait ouvrir une mission... dans le Puy-de-Dôme, à destination du monde rural.
Guillaume MALAURIE, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 40.

Mal de crâne...

Sous la surface de la gestion thérapeutique des maladies psychiques...
2. Au total, 8 % des dépenses de santé concernent des troubles psychiques. Selon l'OMS, ces maladies seront bientôt la première cause d'invalidité dans le monde. Qu'environ 5 % des français essaient de se soigner avec des médicaments psychotropes n'est donc pas surprenant. Au moins autant abusent des alcools et des drogues, en partie pour les mêmes raisons mais avec des conséquences plus délétères. Antoine PELISSOLO (Psychiatre, professeur des universités, président de l'Association française des Troubles anxieux et de la dépression (AFTAD)), Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 38.
1. Le coût annuel des maladies du cerveau, neurologiques ou psychiatriques, s'élève à 800 milliards d'euros en Europe [...]. C'est bien plus que les coûts estimés des maladies cardio-vasculaires (192 milliards dans l'Union européenne en 2009) ou des cancers (de 150 à 250 milliards). La facture, croissante, va constituer, selon l'European Brain Council, [...] une bombe à retardement sociale, politique et financière. L'Express, 10/2011, p. 38.

Aspirine pour tous...

Sous la surface de l'impact de l'immigration sur la protection sociale...
6. Les immigrés non communautaires recourent plus fréquemment que les natifs aux aides au logement (34 % au lieu de 13,4 %), aux allocations familiales (35 % au lieu de 24,3 %) et à l'assurance chômage (19 % au lieu de 11,7 %). Mais à contrario, ils perçoivent moins de prestations liées à la santé ou à la retraite. Xavier CHOJNICKI (auteur de On entend dire que l'immigration coûte cher à la France. Qu'en pensent les économistes ? Eyrolles-Les Echos), L'Express, 11/2012, p. 54. 
5. [...] Pour l'année étudiée [2005], la contribution nette de l'immigration est de 3,9 milliards d'euros. Soit 0,5 % du PIB, ce qui, au demeurant, reste globalement faible. [...] Quelle que soit l'année retenue, l'impact financier de l'immigration est toujours relativement neutre. Parfois un peu positif, parfois un peu négatif, mais toujours autour de l'équilibre. Xavier CHOJNICKI, L'Express, 11/2012, p. 54. 
4. [...] Jean-Paul Gourévitch [dont l'étude conclue à un coût de 30 milliards d'euros], ajoute 2 millions de personnes : les enfants d'immigrés. Cela pourrait paraître normal, mais le problème réside dans le fait qu'il ne les comptabilise que lorsqu'ils sont mineurs et qu'ils pèsent le plus sur les dépenses publiques, via l'éducation notamment, et pas quand ils sont majeurs et contribuent, en payant des cotisations et des impôts, à la collectivité. [...] Cette étude impute aux immigrés le coût de la contrefaçon (2,2 milliards d'euros), celui de la prostitution (1,4 milliards) ou l'aide publique au développement à destination des pays d'origine. [...] Jean-Paul Gourévitch néglige le fait qu'une personne de 60 ans est, en moyenne, deux fois plus coûteuse pour le système de santé qu'un trentenaire. Xavier CHOJNICKI, L'Express, 11/2012, p. 54. 
3. En mettant des freins à l'accession, on risque de retrouver ces malades plus tard pour un coût beaucoup plus élevé. Christophe SIRUGUE (député socialiste), L'Express, 11/2012, p. 56. 
2. Entre 210 000 et 220 000 personnes bénéficient de l'AME [aide médicale pour les étrangers en situation irrégulière] , pour un coût total de 588 millions d'euros. Soit une hausse de 185 % du nombre d'inscrits et une multiplication par six du budget en douze ans, même si les dépenses progressent désormais moins vite. [...] Les bénéficiaires de l'AME [...] coûtent 1 741 € par an, au lieu de 1 580 € pour les assurés du régime général. Ils coûtent beaucoup moins que les patients démunis relevant de la CMU (complémentaire comprise) : 2 606 €.  L'Express, 11/2012, p. 56. 
1. 80 % des inscrits [à l'AME] sont seuls, sans ayant-droit. L'Express, 11/2012, p. 58.

Croissance en sécurité...

La mondialisation touche aussi la protection sociale. Inde, Brésil, et autres "pays émergents" développent l'aide aux retraités et aux chômeurs. Le progrès spectaculaire est celui de l'assurance-santé en Chine : selon un rapport du Centre d'analyse stratégique, elle couvrait 24 % de la population en 2005, contre 94 % en 2010 ! [...] Les pays émergents ont intérêt à poursuivre la mise en place d'une "Sécu" efficace : une fois couverts, les ménages peuvent se passer d'une épargne de précaution élevée et dépensent plus, stimulant la croissance économique. Ainsi, peu à peu, nos industriels seront moins concurrencés par les entreprises chinoises, obligées de cotiser pour leurs salariés.

Opérations à risque...

Je suis chirurgien de base. Quand je me suis installé en 1992, j'avais 1 000 euros d'assurance à payer. Vous savez combien j'ai aujourd'hui ? J'ai 15 000 euros. Et c'est une assurance faible.
Philippe CUQ (Chirurgien vasculaire à Toulouse), Canal +, 11/2012.

A quel point la hausse des coûts de la chirurgie ou des soins hospitaliers est due à la judiciarisation de la société ?

Non ! Bien sûr...

Didier MIGAUD - Si on ramenait les dépenses de médicaments, en proportion de richesse nationale, avec ce qu'elles sont en Allemagne, on ferait déjà 5 milliards d'économie. Est-ce que les allemands sont en moins bonne santé que nous ?
Frantz-Olivier GIESBERT - Non ! 
Didier MIGAUD - Non... 
France 3, Le monde d'après, 12/11/2012.
Mais regardons les deux indicateurs fondamentaux utilisés par les démographes pour comparer l'état global de la santé entre différents pays...

Espérance de vie...
France 81,37 ans - Allemagne 79,99 ans Google Public Data
Taux de mortalité infantile...
France 3,4 - Allemagne 3,5 (pour 1000 naissances) Ined.fr
Cela pourrait certes ne pas durer au vu d'autres facteurs, mais ces deux indicateurs globaux montrent cependant qu'un "non !" aussi spontané et catégorique est discutable.

On pourrait cependant objecter qu'en ce qui concerne la santé... mentale, il n'y a pas photo...
Taux de suicide (pour 100 000)...

PaysHommesFemmes
France27,19,2
Allemagne20,27,3


A quoi bon vivre plus longtemps, si l'on a le mal de vivre...

Addicts...

[Sur une ordonnance, le nombre de médicaments prescrits est en moyenne] de 1,6 par feuille dans l'Hexagone, contre 1,2 en Allemagne et 0,9 aux Pays-Bas. Nicole PENICAUT, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 83. 
Et il semble que l'on paye les médicaments plus chers en France que dans d'autres pays >> 
Et beaucoup de médicaments remboursés ont un impact médical semble-t-il tout relatif >>
Et les génériques sont boudés >>
[En 2009], les Français consomment en moyenne 48 boîtes de médicaments par an. Plus de 90 % de ces médicaments étant remboursés, la facture a atteint  21,5 milliards d'euros pour la sécurité sociale. L'Express, 10/2011, p. 34.

Boudés...

[Les génériques] représentent 80 % des prescriptions en Grande-Bretagne, 60 % en Allemagne et 15 % seulement en France. En outre, ils sont plus chers chez nous de 25 %, selon un récent rapport de l'Inspection Générale des Affaires sociales (Igas).

Innovation placebo...

Chiffres et arguments au sujet de la recherche et développement dans l'industrie pharmaceutique, son coût, ses budgets...
9. Quoi qu'elle prétende, [l'industrie pharmaceutique] dépense 5 %, seulement, pour la recherche, 15 % pour le développement , 10 % pour la fabrication, entièrement sous-traitée en Inde ou au Brésil. L'industrie de la santé est parmi les plus lucratives. [...] Elle n'y parvient que par un marketing et un trafic d'influence pour lesquels elle n'investit pas moins de 45 % de son chiffre d'affaire. A Washington, 600 lobbyistes s'affairent, presque autant à Bruxelles, plusieurs dizaines à l'Assemblée nationale de Paris. Anne CRIGNON et Céline REVEL-DUMAS, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 82. 
9.1. Un avis partagé, avec des chiffres du même acabit...
[... L'industrie pharmaceutique] consacre en moyenne deux fois et demie plus d'argent au marketing, qu'à la R&D, à quoi il faut ajouter que celle-ci est elle-même très souvent du marketing déguisé en science. Mikke BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22.
9.2. A titre d'exemple...
En 2011, Pfizer a dépensé 156 millions de dollars en publicité à la télévision pour le Lipitor [une statine]. Books, 02/2013, p. 32.
8. Développer un nouveau médicament prend entre 10 et 15 ans et nécessite plus d'un milliards d'euros d'investissement. [La phase la plus coûteuse des essais cliniques] implique de 1 000 à 3 000 patients et sert à comparer l'efficacité du médicament à un placebo. Sébastien FARCIS, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 41.
7. L'Inde connaît un nouveau type de "délocalisation" : celle des essais cliniques. Leur nombre a été multiplié par 35 en à peine 7 ans. Sébastien FARCIS, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 42. 
6.  L'industrie n'a pas mis grand chose de vraiment neuf sur le marché depuis vingt ans. Quand des scientifiques sérieux disent cela, on assiste à une levée de boucliers : mais comment soixante médicaments nouveaux sont mis sur le marché chaque année ? Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
5.  [...] Or de façon tout à fait officielle, on voit que seuls un ou deux médicaments par an sont considérés comme rendant un service réellement inédit. La plupart des produits présentés par l'industrie comme nouveaux ne sont que des versions nouvelles d'une molécule ancienne. C'est ce qu'on appelle les me too ("moi aussi"). Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
4. De manière incroyable, on voit apparaître dans les plus grands journaux scientifiques du monde la formule : "Cette molécule n'est pas inférieure à la précédente." Pour obtenir qu'une molécule soit mise sur le marché, on en est venu à ne plus chercher à faire mieux, mais seulement à faire aussi bien ! Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
3. L'industrie ne cherche pratiquement plus elle-même. Elle se borne à "développer". Elle claironne que chaque molécule lui coûte 800 millions de dollars et dépense de recherche, mais Marcia Angell a montré pièces en main que le vrai chiffre est dix fois inférieur. Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
Des extraits de l'article en question...
Au sujet de la validité des essais cliniques >>
Au sujet des conflits d'intérêts >>
Au sujet du DSM, manuel de diagnostic psychiatrique >>
Et au sujet de la géométrie variable des maladies psychiatriques >>
2. [...] Les molécules nouvelles sont des molécules de niches, destinées à un petit nombre de malades. [...] Il y a [par exemple] quarante variétés de cancers du poumon. [...] L'industrie achète ces nouvelles molécules aux laboratoires publics et universitaires qui ont besoin d'argent. [...] Comment les rentabiliser ? En les vendant très cher. Depuis quelques années, on voit ainsi apparaître des médicaments dont le coût d'utilisation pour un malade peut être de 50 000, 100 000, jusqu'à 300 000 dollars. Des prix qui, de l'aveu même de l'industrie, sont sans rapport avec le coût de fabrication des-dites molécules. Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
1. [...] Toute molécule qui présente simplement une petite modification chimique par rapport à la précédente, peut bénéficier d'un nouveau brevet. [...] Elle se met [ainsi] à l'abri des génériques, et peut être vendue au prix fort. A quelques exceptions près, il ne devrait plus y avoir que des génériques. Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.

Placebo...

[Dans leur livre, Philippe Even et Bernard Debré] dressent un bilan sidérant de notre pharmacologie : 50 % de médicaments inutiles, 20 % de mal tolérés, 5 % de "potentiellement très dangereux", mais, incroyable paradoxe, 75 % sont remboursés. De 10 à 15 milliards d'euros sont ainsi gaspillés chaque année, sans aucune amélioration de la santé des patients [...].
Anne CRIGNON et Céline REVEL-DUMAS, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 81.

Corrupto-dépendant...

[...] On parle d'autant plus d'un médicament en le valorisant qu'il y a de conflits d'intérêts avec l'industriel qui fabrique le médicament et le membre du groupe de travail. Un article du magazine Consensus diabète [référence introuvable] traite de l'inertie clinique. C'est le comportement des médecins qui n'intègrent pas les nouveautés ou l'état de la science dans leurs comportements. Ce n'est pas l'ignorance, c'est "je sais mais je m'en fou" ou "je sais mais je résiste". L'auteur de l'article dit oui bien-sûr les recommandations de traitements ne peuvent pas s'appliquer à tous les patients, c'est général. Mais il y a une chose qu'il n'évoque pas, c'est le fait que la recommandation n'est peut-être pas valide scientifiquement. Pour lui, ça lui paraît évident. 
[...] Je découvre que [l'auteur de l'article] est un professeur des universités qui a était l'objet d'un procès par Que choisir santé, l'union des consommateurs, parce que dans des publications qu'il avait faites sur les médicaments du diabète (il est diabétologue), il n'avait pas déclaré ses conflits d'intérêts. 
Mais surtout, c'est une autre information, la recommandation de traitement du diabète qui avait été faite par la haute autorité de santé a été l'objet d'un recours du Formarep, l'association qui milite pour une information loyale sur la santé, auprès du conseil d'Etat, parce qu'il y'avait trop de médecins dans cette recommandation qui avaient des conflits d'intérêts. Et en effet, le conseil d'Etat a abrogé, ce qui était quand même un coup de tonnerre, la recommandation de traitement du diabète, qui était présidée par le même professeur qui nous fait un article sur l'inertie clinique. 
Cette recommandation est donc tombée d'elle-même, mais le problème, et c'est le sujet d'un article de Philippe Nicou sur le Formarep publié il y a trois jours [...], elle est toujours utilisée en étant abrogée. Elle a disparu mais le guide de traitement qui est utilisé, par exemple par la Sécurité sociale pour savoir si le médecin travaille bien, pour savoir si la Sécurité sociale est d'accord pour rembourser tel ou tel médicament chez tel patient, ce guide qui est toujours publié et date de 2007, n'a pas été mis à jour et fait référence à cette recommandation abrogée. Il y a même dedans des médicaments qui ont été retirés du marché parce que l'on a découvert qu'ils étaient cancérigènes. 
[...] On se dit que cette fameuse inertie clinique, ce peut être bien-sûr le fait de médecins lents, ou pas compétents, mais finalement ça peut être aussi quelqu'un qui ne se laisse par bercer par le marketing  pharmaceutique et ses courroies de transmission et qui vous protège en ne vous donnant pas les nouveaux médicaments. 
[...] Un étudiant a fait une thèse l'année dernière toujours sur ces recommandations, et encore une fois la recommandation du diabète dont le groupe de travail était présidé toujours par le même professeur, et a montré que dans ces recommandations, on parlait d'autant plus d'un médicament en le valorisant qu'il y avait des conflits d'intérêts avec l'industriel qui fabriquait le médicament et le membre du groupe de travail.
Dominique DUPAGNE, France Inter, La tête au carré, 22/06/2012.

Des clopinettes...

Le tabagisme coûte plus de 18 milliards d'euros par an à l'assurance maladie et provoque plus de 60 000 décès prématurés.
L'Express, 04/2012, p.62.

Esquives...

Sous la surface de la fraude sociale, des assurés, des employeurs, et autres filous...
4. La fraude des assurés sociaux est estimée à 2 milliards d'euros. France 5, C dans l'air,  16/11/2011. 
3. La fraude des employeurs est estimée entre 8 et 15 milliards d'euros. France 5, C dans l'air,  16/11/2011. 
2. Les contrôles médicaux effectués par la Cnam rendent compte de 11 % de fraude constatée sur les arrêts maladie. Lorsque le contrôle est effectué par un médecin contrôleur patronal, les cas frauduleux s'élèvent à  40 %. Le différentiel s'explique en particulier par le ciblage effectué par les employeurs sur les employés dont ils sont à peu près certains qu'ils fraudent. France 5, C dans l'air, 16/11/2011.
1. Selon la Cour des comptes, au niveau national, 4 % des dossiers RSA comporteraient des fraudes. Le Figaro, 06/2011, p. 35. 
Un joli petit graphique sur la fraude au sens large >>