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Croisée des chemins...

Si on regarde sur le long terme, depuis les Trente Glorieuses, l'évolution de la croissance, on a une courbe logarithmique avec une asymptote, une limite. On s'aperçoit que les économies occidentales et singulièrement l'économie américaine sont à leur asymptote. Le PIB nominal américain, est quasiment à son maximum et qu'il ne pourra continuer à évoluer et s'accroître que s'il y a un véritable choc technologique. Et donc le véritable enjeu dans les profits de ces entreprises c'est que vont-elles faire de leurs profits ? Est-ce que ça va servir à créer la révolution technologique de demain ou est-ce que ça va être des retraites dans des fonds de pension ?
Jean-Marc DANIEL, BFM, 27/12/2012.

La question posée est très intéressante et séduisante mais, chose étonnante, il est impossible de trouver une courbe du PIB américain qui matérialise ce tassement de la croissance dont parle Jean-Marc Daniel. Voici à quoi elle ressemble quelle que soit les sources, ici d'après un article du (très bon) site d'Olivier Berruyer...

Si l'on exclu la baisse depuis 2007, la tendance "lourde" depuis les Trente Glorieuses ressemble plutôt à une exponentielle et non à une courbe logarithmique.
Pourtant, et c'est le plus étrange de l'affaire, l'évolution du taux de croissance par habitant sur cette période, diminue ! La courbe du PIB devrait donc effectivement "se tasser" avec le temps...

Après demande d'éclaircissement dans les commentaires de l'article, Olivier Berruyer répond qu'il s'agit d'un effet d'optique et qu'il faut zoomer sur la période 1960-2010 pour s'apercevoir que la courbe est bien logarithmique...
Voici un montage rapide avec le graphique 1800-2010 ci-dessus zoomé sur la période 1960-2010 avec en superposition le taux de croissance...


Toujours pas d'asymptote en vue... On pourrait à la rigueur approximer à une tendance linéaire (droite bleue), mais cela ressemble décidément plus à une courbe en cloche inversée (exponentielle donc). Pourtant les variations du PIB sont bien en phase avec celles du taux de croissance. Mais on ne voit toujours pas comment la courbe du PIB peut tendre à "s'envoler" alors que son taux de croissance va diminuant (observer la moyenne décennale en rouge clair)...

Ci-dessous, en passant, ce PIB américain depuis 1947 avec quelques repères historiques...

On note que pour Jean-Pierre Chevallier, "depuis l'après-guerre, la croissance du PIB réel est constante et régulière"...

Crise étatique...

Dans la série "Je vous explique la crise" : Jean-Marc Daniel...
Dans la crise financière, les subprimes ont été générées par des décisions de l'Etat américain pour essayer d'inciter certains citoyens américains au-delà de ce qu'ils auraient dû faire. C'est donc plus une crise de l'Etat, de la décision publique, qu'une véritable crise financière et de l'économie de marché.

Improductivité critique...

Concrètement, les Etats-Unis ont généré cette crise parce que la baisse de productivité de l'appareil productif américain a été de plus en plus sensible à partir du milieu des années 1960.
Jean-Marc DANIELFrance Inter, Ils changent le monde, 01/08/2012.

C'est simpl'...

Pour moi, la consommation n'est pas un moteur de la croissance. Si l'on regarde les équations des théories économique, d'ailleurs y compris keynésiennes, puisqu'un des plus grands ennemis de la relance par la consommation, c'est Keynes. Ce que dit Keynes, c'est que les trois moteurs de la croissance, c'est  l'investissement privé, la politique budgétaire et les exportations.
Jean-Marc DANIEL, France Inter, Ils changent le monde, 01/08/2012.

Démocratie libérée...

La croissance économique, la création de richesses, reposent sur la liberté et donc le libéralisme. Dès qu'il y a liberté économique, au bout d'un moment on finit par avoir la liberté politique, [...] la démocratie.
Jean-Marc DANIELFrance Inter, Ils changent le monde, 01/08/2012.

Cette idée revient souvent, comme par exemple dans une Brève histoire de l'avenir de Jacques Attali ou Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste de Johann Norberg.
Toujours présentée comme une lapalissade, on se dit tout de même que cela mériterait quelques arguments d'un point de vue historique : la "liberté économique" était-elle la norme en Grèce antique ou à la période précédent la Révolution française ?