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Rentabilité préventive...

Les statistiques attestent [...] que la recherche sur les facteurs sociaux pathogènes améliore davantage la santé publique que les travaux portant sur les traitements potentiels des maladies qui en résultent. Selon une étude américain récente, les interventions cliniques ne peuvent produire que 20 % des progrès dans ce domaine, le reste étant imputable à l'action sur l'environnement social : les conditions de vie, le travail, les inégalités, la pollution ainsi que l'accès aux drogues, à l'alcool et aux aliments excessivement caloriques. Autrement dit, la recherche pratique sur la prévention pourrait bien être la plus efficace.
Kwame McKenzie, Literary Review of Canada, 06/2014.
Books, 12/2014, p. 62.

Agro-écologie, ou pas...

Sous la surface des pratiques agricoles  et de leur impact écologique. Sous la surface de l'écologie, et son impact sur l'agriculture...
5. La surface totale des surfaces agricoles disponibles sur Terre stagne depuis 1991 et est même repassée sous les 1,4 milliards d'hectares. Manuel DOMERGUE, Alternatives Economiques, Hors-Série n°97, p. 60. 
4. L'agriculture a doublé sa consommation d'eau depuis 1960 et triplé ses prélèvements sur les stocks d'eau non renouvelables dans les nappes phréatiques. Thierry PECH, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 33. 
3. Il faut à peu près une tonne d'eau pour produire un kilo de céréales, quelle que soit la céréale. Pour produire un kilo de poulet, il faut quatre tonnes d'eau. Pour produire un kilo de porc, il faut six tonnes d'eau. Arte, Vers un crash alimentaire, 26/06/2012. 
2. [...] Les terres arables se font plus rares : on comptait 0,35 hectare par personne en 1960, contre 0,2 aujourd'hui, soit un tiers de moins. Thierry PECH, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 33. 
1. 10 000 mètres carrés de terres agricoles disparaissent chaque seconde dans le monde (dont 25 mètres carrés en France). Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 99.

Rengaine...

40 ans de politique économique, 40 ans d'échec selon certains... Il parait que c'est la crise mais n'avons-nous pas connu QUE la crise ? Comment expliquer tant de persévérance dans les mauvais choix ? Quelle marche a-t-on raté ?
Guillaume ERNER, Service Public, France Inter, 11/04/2013.

Lorsque l'animateur radio déplore la persistance d'un état de "crise", la "persévérance dans de mauvais choix", il semble considérer (comme l'écrasante majorité d'entre-nous) qu'il s'agit d'un état exceptionnel dégradé, dont nous devrions vite nous extraire pour enfin retourner dans un état normal de "prospérité". Lorsque l'on se penche sur la chronologie des calamités de l'histoire, on se demande, tout compte fait, si la "crise" n'est pas la règle... 

Dans la famille calamité, je demande la famine...
[...] Des séries de disettes commencent dans les années 1270 et culminent avec la "grande famine" qui ravage l'Europe de Nord-Ouest de 1314 à 1318 ; elles se renouvellent encore jusqu'à une autre année terrible, 1347, la seule où tout le continent est frappé. 
[...] La faim n'est certes pas une nouveauté à la fin du XIIIe siècle : elle a rodée a travers l'Europe tout au long de la phase de croissance économique et démographique entamée dès le VIIe siècle et qui s'achève alors. 
[...] Les famines persistent dans la seconde moitié du XIVe en dépit de l'hécatombe provoquée par la peste de 1348. 
[...] Les XVIIe et XVIIIe siècles [...ont également été le théâtre de] famines répétées et meurtrières, comme le "grand hiver" 1693-1694, qui a peut-être causé 1,5 millions de morts dans la France de Louis XIV. 
[...] Les famines disparaissent en Europe après le XVIIIe siècle, en dehors d'exceptions principalement dues à des guerres. 
[...] La dernière et la plus meurtrière des crises alimentaires européennes [...] frappe l'Irlande en 1846-1847 et se prolonge jusqu'en 1852 ; causée par la maladie de la pomme de terre, elle fait 1 millions de morts. 
[...] Mais ailleurs dans le monde, les famines ont été, au XXe siècle, plus meurtrières que jamais. En 1959-1961 la famine la plus gigantesque qu'ait subie l'humanité tuait entre 15 et 30 millions de chinois. 
[...] 5 ou 6 millions d'Ukrainiens et de Russes [périrent] en 1932. 
[...] Des années 1970 à aujourd'hui, les crises alimentaires ont continué de frapper une dizaine de pays africains et asiatiques [...]. Elles sont moins meurtrières que celles qui les ont précédées (pas plus de 100 000 à 200 000 décès à chaque fois).
François MENANT, L'Histoire, 01/2013, p.78.

Misogynie cervicale...

Sous la surface du statut de la femme au cours de l'histoire : l'évolution de la taille du cerveau chez les ancêtres du genre humain, par Paul Seabright... 
[...] Les premiers humains colonisèrent une nouvelle niche évolutive particulièrement risquée. Il parièrent sur les gros cerveaux (ou plus exactement, la sélection naturelle fit ce pari pour eux) payant de ce fait un prix comportemental significatif : la période d'élevage de leur progéniture devint exceptionnellement longue.
[...] Plus les relations de coopération et de réciprocité sont sophistiquées au sein d'un groupe d'individus, plus le groupe est vaste, plus le défi cognitif que représente la mémorisation des obligations mutuelles est important. Chez les primates, les espèces qui ont de plus gros cerveaux (par rapport à la taille de leur corps) ont tendance à vivre dans des groupes plus larges.
Les gros cerveaux sont l'investissement nécessaire pour vivre dans de grands groupes (ce qui implique une pression sélective croissante en faveur de plus gros cerveaux au fur et à mesure que la taille du groupe augmente). 
[...] Pour la sélection naturelle le seul moyen de favoriser l'apparition de bébés nantis de crânes plus grands contraignit à la réduction des délais. Les petits humains furent, sont, des prématurés. Le bébé naît dans un état de dépendance qu'aucun autre animal (à l'exception des marsupiaux) ne pourrait gérer.
[...] La direction ainsi prise par l'évolution semble favorable aux femmes car les hommes [devaient contribuer] désormais à l'éducation de leur progéniture en apportant des ressources, notamment nourriture et protection, ce qu'ils ne faisaient pas à l'époque où nos ancêtres ressemblaient davantage aux bonobos et aux chimpanzés. 
Cette orientation favorable n'en eut pas moins un effet négatif pour les femmes dans leur pouvoir de négociation avec les hommes. Car si les hommes contribuaient davantage, leur contribution devenait plus indispensable. D'eux dépendaient largement les protéines nécessaires aux cerveaux des nourrissons. Mais il y avait plus grave : cet apport du mâle impliquait un engagement à plus long terme, que moins d'hommes seraient susceptibles de fournir. Les hommes pouvaient donc monnayer leurs apports. Ils devenaient plus rares.
Paul SEABRIGHT, Sexonomics, Alma, 2012, p. 138.

Vive le gras...

Où, une nouvelle fois, l'industrie pharmaceutique entretient le doute sur une supposée calamité sanitaire et plonge, par là même, la Sécurité sociale dans des abîmes de déficit...
[...] Les statines [molécule prescrite pour réduire le taux de "mauvais" cholestérol] sont le médicament le plus vendu dans l'histoire de la médecine. Pris par 13 millions d'américains, auxquels s'ajoutent une douzaine de millions de patients dans le reste du monde, ils ont représenté un chiffre d'affaire de 27,8 milliards de dollars en 2006. 
[...] Le coût de l'usage massif de statines se chiffre en milliards de dollars par an, si l'on compte, en plus du prix du médicament, les visites chez le médecin, les tests de niveau de cholestérol, et d'autres examens. 
[...En France] on peut évaluer le coût global pour la Sécurité sociale à deux milliards d'euros en 2011. Il est en baisse en raison de l'arrivée des génériques, mais les génériques coûtent deux fois plus cher en France qu'en Grande-Bretagne. 
Or...
[...] Nombre de chercheurs mettent en doute le besoin de faire baisser le taux de cholestérol. 
[...] Les données actuelles invitent à ne pas se préoccuper du tout de son taux de "mauvais cholestérol". Rodney Hayward (Université du Michigan). 
[...] Dans le seul grand essai clinique financé sur fonds publics et non par l'industrie, aucun bénéfice statistiquement significatif n'a été trouvé.
[...] La répartition des taux de cholestérol chez les malades cardiaques est le même que dans la population générale. Philippe EVEN (ancien doyen de la faculté de médecine Necker). 
[...] Les Espagnols ont un niveau de cholestérol LDL [le "mauvais cholestérol"] comparable à celui des Américains, mais leur taux de maladie cardiaque est plus de deux fois inférieur. Les Aborigènes australiens ont un bas taux de cholestérol mais un taux élevé de maladie cardiaque. 
[...] Les habitants de l'Hexagone [font] deux à trois fois moins d'infarctus que les Américains ou les Anglais alors que leur niveau de cholestérol est identique et qu'ils mangent plutôt plus de graisses animales.[...] La principale explication reste [...] que la consommation de vin par les Français les protège un peu de l'infarctus. 
[... Dans une étude récente dont les résultats ont été retardés par l'industrie pharmaceutique] les patients qui ont reçu le médicament qui fait le plus baisser le taux de cholestérol ont vu leur degré d'athérosclérose [accumulation dans la paroi des artères d'un des deux transporteurs du cholestérol (une lipoprotéine)] progresser davantage. 
[...] Dès 1959, des chercheurs américains et japonais ont montré que l'aorte des Japonais avait autant d'athérosclérose que celles des Américains. Or les Japonais avaient un bas taux de cholestérol. 
[...] Une étude de 1962 montre que manger des aliments riches en cholestérol, comme les oeufs, n'augmente pas le taux de cholestérol dans le sang. 
[...] Une étude indienne de 1967 [...] sur plus d'un million d'employés des chemins de fer indiens pendant cinq ans [a montré que] la mortalité cardiaque était près de sept fois plus élevée à Madras qu'au Pendjab, alors que les habitants du Pendjab absorbent presque dix-huit fois plus de graisses, principalement d'origine animale. [...] Le taux de cholestérol des guerriers nomades Masaï est le plus bas jamais mesuré, alors que 60 % des calories qu'ils absorbent sont dérivées de graisses saturées. En 1975, un chercheur anglais s'est demandé ce qu'il en était de Masaï urbanisés de Nairobi. Réponse : alors que leur alimentation comportait beaucoup moins de graisses animales, leur taux de cholestérol avait grimpé de 25 %. [...] Plus de trente autre études ont montré que les malades cardiaques ne se sont pas plus nourris que les autres de graisses animales. Huit études ont même montré que les victimes d'attaque cérébrale ont moins pris de graisses saturées que les autres. Et aucune étude n'a montré que la maladie cardiaque serait plus fréquente dans les pays où l'on mange plus de graisses saturées. Uffe RAVNSKOV (Médecin et chercheur danois). 
[...] Les statisticiens disent que le "nombre de sujets à traiter" (NST) pour qu'une personne tire un bénéfice [du Lipitor de Pfizer, une statine] est de 100. [...A titre de comparaison, le NST du] traitement antibiotique [...] contre l'ulcère à l'estomac [...] est de 1,1. Pour 11 malades qui reçoivent l'antibiotique, dix sont guéris. 
[...] Les statines sont en usage depuis vingt ans et on ne voit guère de réduction du NST à mesure que la durée du traitement s'allonge. 
Mais alors, d'où ça sort ?
[...] Le dogme s'est installé dès les années 1960, en raison de l'énorme succès de deux études qui ont été prises pour argent comptant : l'étude dite des "six pays" publiée par l'Américain Ancel Keys en 1953 et la grande enquête américaine dite de Framingham [...] en 1961. Tronquée et fallacieuse, l'étude des "six pays" prétendait montrer que la maladie cardiaque était directement corrélée aux taux de graisses animales dans l'alimentation. Les responsables de l'étude de Framingham, eux, prétendaient apporter la preuve que le risque d'infarctus est lié à un taux de cholestérol élevé, alors même que les données qu'ils avaient compilées démontraient le contraire. Uffe RAVNSKOV (Médecin et chercheur danois).
Et pourquoi ça continue ?
[...] Il est presque impossible d'éviter de tomber sur une publicité rappelant que ces médicaments [les statines] sont vitaux. 
[...] La publicité est souvent mensongère ou biaisée. 
[...] Les principaux essais cliniques qui ont servi à justifier la prescription des statines ont fait l'objet de différentes formes de trucages et de manipulations par les industriels qui les ont commandités. [...] Le témoignage [de Barbara H. Roberts, profosseure associée à Brown University, The truth about statins, Gallery Books, 2012] est d'autant plus intéressant qu'elle a elle-même participé à certains de ces essais.
[...] Les principaux universitaires américains qui défendent la cause des statines sont rémunérés par l'industrie. 
[...] L'essai avait été stoppé après moins de deux ans, soit deux ans avant le terme prévu, ce qui était en l'occurrence, contraire aux bonnes pratiques cliniques. [...] Dans le rapport, les chiffres de la mortalité cardiovasculaire étaient masqués ! [...] Les chiffres présentés étaient cliniquement impossibles. Contradictoires. [...] Cerise sur le gâteau : les courbes de mortalité avaient été grossièrement falsifiées. Michel de LORGERIL (Cardiologue, chercheur au CNRS). 
Les malades recrutés sont de fait, bien souvent, des malades idéaux, sans grand rapport avec le monde des malades réels. [...] Une autre méthode [pour biaiser les études] consiste à réduire le nombre des années mais à augmenter le nombre de malades, en faisant croire que cela revient au même. Philippe EVEN (ancien doyen de la faculté de médecine Necker). 
[...] Pfizer [fabriquant du Lipitor] objecte que [...] si des millions de gens prennent des statines, même le petit avantage procuré par un NST supérieur à 100 signifierait que l'on évite ainsi des milliers d'attaques cardiaques. 
[...] L'industrie et les autorités de santé minimisent les effets secondaires des statines. [...] On évalue à 10 à 15 % la proportion des usagers de statines souffrant d'effets secondaires, notamment de douleurs musculaires, des troubles cognitifs et des dysfonctionnements sexuels.
Et le comble...
[...] Le cholestérol LDL fait parti d'un système immunitaire méconnu. Les lipoprotéines LDL qui transportent le cholestérol captent aussi les toxines bactériennes et virales et les inactivent. De fait, des études portant sur des dizaine de milliers de sujets ont montré qu'un bas taux de cholestérol est un facteur de risque pour les maladies infectieuses. Et plus de vingt études montrent que les personnes âgées ayant un taux de cholestérol élevé ont une plus grande espérance de vie que la moyenne. Uffe RAVNSKOV (Médecin et chercheur danois). 
[...] Ce qui marche vraiment, c'est le mode de vie, l'exercice, une alimentation saine et la réduction du poids. [...] Ces remèdes ont aussi un NST élevé, mais leur coût est beaucoup moins élevé que celui des médicaments, et ils améliorent la qualité de vie. Jerome HOFFMAN (Université de Los Angeles).
Mais tout n'est peut-être pas perdu...
C'est peut-être en train de changer, cependant. L'industrie pharmaceutique va mal : tarissement des découvertes, expansion des génériques, amandes gigantesques pour ses falsifications. Et la FDA américaine, qui mène le jeu réglementaire, se fait de plus en plus exigeante. Elle impose désormais aux industriels de déposer à l'avance tous les détails de l'organisation de l'essai projeté, y compris les modalités d'arrêt. On dit qu'elle va leur imposer de permettre l'accès libre à l'ensemble des données réelles de chaque essai. Philippe EVEN (Ancien doyen de la faculté de médecine Necker).
Books, 02/2013, p.24 - 43. 

Rayon boucherie...

Car un jour viendra où l’idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu'aux voyageurs du XVIe ou du XVIIe siècle, les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.
Claude LEVI-STRAUSS, La leçon de sagesse des vaches folles, EtudesRurales.org.

Cervelle...

La consommation de viande a [...] aidé au niveau comportemental. [Mais] y'a toujours cette idée [...] qui a survalorisé l'impact de la viande, comme si la viande nous permettait d'avoir un gros cerveau. Pas du tout. Le cerveau n'a pas besoin de viande, il a besoin de glucose, d'acides-gras, etc.
Hervé KEMPF, Canal +, Salut les Terriens, 19/01/2013.

Jeter l'argent par la poubelle...

[...] Du frigo directement à la poubelle comme un aliment sur trois, parfois même un sur deux à l'échelle mondiale. C'est ce que révèle une étude britannique ["Global food : waste not, want not"]. Selon le rapport, la faute aux distributeurs et aux consommateurs dans les pays développés : respect des dates de péremption [trop restrictives], clients qui cèdent aux promotions et qui achètent donc plus qu'il n'en faut, d'autres qui veulent des fruits et légumes zéro défaut.
Canal +, La nouvelle Edition - Le JT, 12/01/2013.
[...] Dans les pays en développement, les pertes de nourriture ont lieu au début de la chaîne d’approvisionnement, entre le champ et le marché, du fait de récoltes inefficaces, d’infrastructures de transport locales inadéquates ou de conditions de stockage inappropriées. Et lorsque le niveau de développement de l'État augmente, le problème se déplace vers l’aval de la chaîne de production avec des déficiences au niveau des infrastructures régionales et nationales. Dans le Sud-Est asiatique, par exemple, les pertes de riz oscillent entre 37 % et 80 % de la production totale en fonction du stade de développement du pays, la Chine se situant par exemple à 45 % et le Vietnam à 80 %.

Bio pas top...

Où Robert Paarlberg fait part de son scepticisme quant à l'intérêt de l'agriculture biologique...
[...] Des critiques gastronomiques influents, des militants et des stars de la restauration entonnent en choeur ce refrain : l'"alimentation durable" de l'avenir doit être bio, locale et lente. Vous savez quoi ? C'est précisément le système dont joui déjà l'Afrique rurale, et il ne fonctionne pas ! Au sud du Sahara, les petits agriculteurs qui utilisent des engrais chimiques sont si rares que leur production est de facto biologique. Les coûts élevés du transport les contraignent à acheter et vendre sur place la majeure partie de leur récolte [...] 70 % des foyers ruraux en Afrique n'ont pas accès aux marchés urbains les plus proches car ils sont, par exemple, situés à plus de trente minutes à pied de la première route praticable en toutes saisons. [...] Quant à la cuisine, elle est terriblement lente. Le résultat n'est pas réjouissant : un revenu moyen de 1 dollar par jour et un risque sur trois d'être malnutri. 
[...] La conception et l'introduction dans les pays pauvres, au cours des années 1960 et 1970, de graines de blé et de riz à haut rendement, sous l'impulsion de l'Américain Norman Borlaug et d'autres scientifiques, ont eu des retombées très positives. [...] L'Inde, par exemple, a doublé sa production de blé entre 1964 et 1970 et a pu se passer d'aide alimentaire à partir de 1975. Rappelons à ceux qui parlent d'agriculteurs "endettés et mécontents" que le taux de pauvreté dans les campagnes indiennes est passé de 60 % alors, à 27 % aujourd'hui. 
[...] En Amérique latine, où les élites traditionnelles contrôlent étroitement l'accès aux terres fertiles et au crédit, l'arrivée des semences améliorées a creusé les écarts de revenus. [...] Cela étant, même en Amérique latine, le taux de malnutrition a diminué de plus de 50 % entre 1980 et 2005. 
[...] L'American Journal of Clinic Nutrition a récemment publié une synthèse de 162 articles scientifiques parus au cours des cinquante dernières années sur les bienfaits sanitaires du bio ; elle en concluait à l'absence de tout bénéfice nutritionnel. 
[...] L'agriculture biologique occupe moins de 1 % des terres cultivables aux États-Unis. Si les 99 % qui restent se convertissaient au bio, et donc se passaient de produits chimiques, il leur faudrait consommer une quantité plus grande d'engrais animal. Ce qui obligerait à multiplier par cinq environ les têtes de bétail. Ces animaux devant se nourrir de fourrage biologique, il faudrait dès lors mettre en pâture l'essentiel du territoire américain. Quant à l'Europe, le choix d'une alimentation exclusivement bio se traduirait par une extension de 28 millions d'hectares de la superficie des terres cultivables, l'équivalent des forêts de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et du Danemark réunis. 
[...] L'agriculture ne cesse de devenir plus verte. L'érosion des sols a brusquement ralenti dans les années 1970 grâce à l'introduction de la "technique culturale simplifiée", innovation qui a aussi réduit la consommation de diesel [...] En 2008, l'OCDE a publié un rapport sur la "performance environnementale de l'agriculture" dans les trente pays industriels les plus avancés. [...] La surface dédiée à l'agriculture a baissé de 4 %, les émissions globales de gaz à effet de serre de 3 %, et la surconsommation d'engrais azotés de 17 %. La biodiversité s'est elle-aussi améliorée, avec l'introduction de nouvelles variétés de plantes et de races animales. 
[... Dans tous les pays en développement] l'assistance au secteur primaire s'est révélée être un investissement très rentable. Y compris en Afrique. La Banque mondiale a évalué à 35 % par an en moyenne le taux de rentabilité des fonds placés dans la recherche agronomique sur le continent. Certains investissements ont même atteint des taux de rentabilité de 68 %. Aveugles à ces réalités, les États-Unis ont réduit de 77 % leur aide dans ce domaine entre 1980 et 2006.
Robert PAARLBERG, Foreing Policy (2010).
Books, 01/2013, p. 53.

Echec...

[...] Des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde, alors que la production est suffisante pour nourrir 9 milliards d'humains, deux milliards de plus qu'aujourd'hui.
Canal +, La matinale - Info, 12/01/2013.

Un petit geste...

L'ONU nous rappelle qu'il suffirait de mobiliser, chaque année 30 milliards de dollars pour régler le problème de la faim dans le monde. Et pour régler le problème de la grande pauvreté, il faudrait mobiliser 100 milliards de dollars. Ces 30 ou ces 100 milliards de dollars on ne les trouve pas. Alors que par exemple, le budget officiel de l'armement est de 1 400 milliards de dollars. [...] Le produit international criminel est de 1 000 milliards de dollars. C'est-à-dire 10 à 15 % du PIB mondial. A comparer aux même pas 1 % qu'on consacre à ce que l'on appelle l'aide au développement.
Paul ARIES, France 3, Ce soir ou jamais, 11/12/2012.

Les moissons du futur...

Où Marie-Monique Robin, dans son documentaire Les moissons du futur, vente les mérites insoupçonnés de l'agro-écologie...
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Mon modèle, c'est 2 hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon), Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. » Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture) France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Si on fait des produits sans pesticides aujourd'hui, 40 % de production en moins, 50 % de coûts en plus. Jean-René BUISSON (Président de l'association nationale de l'industrie agroalimentaire), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011. 
Quand on mesure l'efficacité énergétique des grandes exploitations industrielles, on obtient un rapport de 2 ou 3 maximum [2 ou 3 calories produites pour une consommée]. Pour une petite exploitation, le rapport est de 15 à 30.  Miguel ALTIERI (Professeur d'agro-écologie à l'université de Berkeley). 
Les pays développés profitent de subventions à la production pour avoir de l'énergie bon marché [...]. Le résultat est que ces producteurs sont incapables de dire aujourd'hui, quels sont leurs coûts réels, et leur revenu réel. La majorité des coûts de production comme la pollution des eaux ou l'énorme consommation d'énergie ne sont pas pris en compte. Les prix de leurs produits sont donc complètement faussés. Ulrich HOFFMANN (Cnuced). 
Les coûts environnementaux et économiques de l'agriculture chimique ont été évalués [par David PIMENTEL (Entomologiste à l'université de Cornell] à 10 milliards de dollars par an aux Etats-Unis il y a 30 ans. En 2008, une étude publiée par le parlement européen a confirmé cette étude. 
Les arbres [gliricidia cultivé autour du champs et dont les feuilles sont enfouies dans le sol trois fois par an] sont plus efficaces que les engrais chimiques. Avant je récoltais au maximum 100 sacs de maïs, mais aujourd'hui, avec le gliricidia, j'en récolte au moins 200. Mark MAJONI (paysan au Malawi). 
Le sol était parfait quand j'ai commencé l'agriculture dans les années 1950. Mais au bout de 15 ans, il était tout dur et très clair. Il n'y avait plus d'humus. Manfred WENZ (agriculteur en Allemagne). 
La question des rendements est au coeur des études menées par l'institut Rodale. Pendant 30 ans, ses chercheurs ont comparé les rendements de l'agriculture conventionnelle et biologique pour les trois grandes cultures américaines : soja, blé et maïs. [...] Résultat l'agriculture biologique entraîne une réduction de 45 % de la consommation d'énergie et de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Chaque année, les rendements sont similaires. Les différences sont si minimes que les scientifiques les considèrent comme négligeables. Excepté pour les périodes de sécheresse où les performances des cultures biologiques sont supérieures à celles des cultures conventionnelles. Mark SMALLWOOD (Directeur de l'institut Rodale). 
Grâce à la réduction des coûts de production [permis par l'agriculture biologique], ils économisent 500 euros par hectare et par an. 
Nous devons revaloriser le statut du paysan, toujours considéré tout en bas de l'échelle sociale. Non il devrait être tout en haut, car sans lui, il n'a a pas de nourriture et donc plus de vie possible. [...] Nous devons faire en sorte que le métier agricole soit bien payé et récompensé à sa juste valeur. Hans HERREN (directeur de l'Institut du Millénaire de Washington).
La méthode de contrôle biologique inventée par le docteur Zeyaur Kahn [technique du push-pull], repose sur l'action de deux plantes : le desmodium et l'herbe à éléphant qu'il a sélectionné parmi 600 végétaux africains. 
[...] Les rendements sont passés de deux sacs à 22 ou 24 sacs. [...] Le desmodium détruit les racines de l'herbe des sorcières [qui elle-même se nourrit des racines du maïs]. Elle apporte de l'azote au sol. Elle recouvre entièrement le sol [plantée entre les rangs de maïs] et le protège de l'érosion. Enfin, elle est un répulsif pour la pyrale du maïs. Quand les pyrales sentent le desmodium, elles s'enfuient et partent vers l'herbe à éléphant [plantée autour des champs]. Le desmodium et l'herbe à éléphant servent de fourrage pour le bétail [chèvres et vaches  laitières]. Riches en protéines, elles ont permis une multiplication de la production de lait par trois. » John OTIEP (paysan au Kenya). 
Selon un rapport des Nations Unies de 2008. L'agroforesterie permet d'augmenter les rendements de 120 % dans un délai de trois à dix ans. 
Aujourd'hui, les experts considèrent qu'on doit attribuer aux petits paysans un rôle tout à fait nouveau. Mais cela suppose une transformation radicale des politiques agricoles qui s'apparente à une vrai révolution agricole. Les petits producteurs doivent être systématiquement soutenus. Même la Banque mondiale dans un rapport récent, a estimé que chaque dollar investi dans l'agriculture engendre 3 dollars d'activité économique contre 1,5 ou 2 dollars pour chaque dollars investi dans l'industrie. Ulrich HOFFMANN (Cnuced). 
Ce sont des canards adulte que je lâche une dizaine de jours avant le repiquage du riz pour qu'ils labourent la rizière. Ils mangent les mauvaises herbes et les insectes. Ils remuent l'eau et la terre. Cela empêche les mauvaises herbes de pousser. Et en plus ils fabriquent de l'engrais naturel. [...] Mon modèle, c'est deux hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon).
Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.

Poubelle addict...

Un tiers de la production alimentaire mondiale n'est jamais consommée. En Grande-Bretagne, 8 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année, soit 130 kilos par habitant, dont les deux tiers auraient pu être consommés. 
[...] En France [...], les cantines jettent entre 1150 et 230 grammes de nourriture pour chaque repas servi. Du côté des supermarchés, les banques alimentaires ne parviennent à récupérer que le quart des 200 000 tonnes de fruits, légumes et produits ultra-frais jetés à la poubelle et pourtant encore consommables. 
[...] L'Europe a longtemps imposé des critères sur la taille, l'aspect et la forme des primeurs. Aujourd'hui ces normes ont enfin disparues, mais rien n'a changé. 
[...] Le résultat ? Les distributeurs refusent près d'un tiers de ces produits, dont une partie seulement rejoint l'industrie agroalimentaire. "Pourtant le consommateur ne craint pas de se nourrir de produits qui ont des défauts d'aspect, insiste Tristan Stuart. Quand la Grande-Bretagne a perdu une partie de sa récolte de pommes de terre en 2007, les critères esthétiques ont été revus à la baisse et les gens ont suivi". 
[...] Selon une étude de 2007, un Français jette chaque année 7 kilos de nourriture emballée et 20 kilos de produits alimentaires. Pourquoi cela ? Parce qu'on achète trop, et que l'art d'accommoder les restes s'est perdu, surtout avec les dates de péremption mal comprises.
Denis DELBECQ, L'Express, 10/2012, p. 114.

Le jeu des sept famines...

Sous la surface de la spéculation sur les matières premières...
3. Selon Barclays Capital, les fonds investis sur le marché des matières premières ne représentaient que 10 milliards de dollars en 2001 ; ils étaient à 404 milliards en juin dernier, dont 89 pour les seules matières premières agricoles. Thierry PECH, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 33. 
2. Les pays exportateurs de matières premières peuvent stocker pour spéculer sur la hausse des cours mais aussi pour se protéger de la hausse des prix sur leur territoire. Arte, Vers un crash alimentaire, 26/06/2012. 
1. Rien que sur le marché du pétrole à New York, le New York Mercantile Exchange (NYMEX), le volume des marchés à terme est quinze fois supérieur à celui des quantités réelles. Jean de MAILLARD (2010) L'arnaque. Gallimard, p 69.
Sous la surface de la spéculation sur les marchés dérégulés >>

Entomophagie...

En 2010, année où, selon les Nations unies, près d'un milliard d'humains ont souffert de faim chronique, la revue Science a publié un numéro spécial sur le "sécurité alimentaire", avec un article sur l'entomophagie, le nom rébarbatif mais précis de la consommation d'insectes.
[Ces derniers] sont connus pour leur faible "empreinte alimentaire" ; ces organismes à sang froid consomment quatre fois moins d'énergie pour convertir les nutriments en viande que les bovins, qui en gaspillent pour rester chauds. A poids égal, nombre d'insectes contiennent la même quantité de protéines que le boeuf, trois fois plus dans le cas des sauterelles frites, et sont riches en micronutriments comme le fer et le zinc. Génétiquement, ils sont si éloignés des humains qu'il est peu vraisemblable que des maladies franchissent la barrière des espèces, comme dans le cas de la grippe porcine. Ce sont des recycleurs naturels, capables de manger vieux cartons, fumier ou sous-produits de l'industrie alimentaire. Qui plus est, l'élevage des insectes se fait sans cruauté, puisqu'ils aiment s'entasser les uns sur les autres, et s'épanouissent dans le surpeuplement et la saleté. [Enfin], ils produisent sensiblement moins de gaz à effet de serre que les bovins et les porcs.
[...] C.F. Hodge, en 1911, a calculé qu'une paire de mouches domestiques s'attelant à la tâche en avril, pourrait produire assez de rejetons pour couvrir la Terre, si tous survivaient, d'une couche de 14 mètres d'ici au mois d'août... 
[...] Selon la Food and Drug Administration, qui publie un guide sur les "taux d'anomalie" tolérés dans les aliments transformés, les épinards congelés ou en conserve ne sont pas considérés comme contaminés tant qu'ils ne contiennent pas plus de cinquante pucerons, "thrips" (thysanoptères) ou mites par centaine de grammes. Le beurre de cacahuète a quant à lui le droit de renfermer trente fragments d'insectes par centaine de grammes, et, pour le chocolat, le seuil est de soixante ! 
[...] Rendre les insectes propres à la consommation est coûteux en main-d'oeuvre, et ils ne sont pas franchement bourratifs. Il faudrait manger un millier de sauterelles pour ingérer l'équivalent en protéines d'un steak de 350 grammes. 
[...] "S'il existait des insectes de la taille des cochons, je vous assure que nous les mangerions." [Tom Turpin]. Les quatre cinquièmes des espèces animales de la planète sont des insectes, mais les variétés comestibles ne sont pas particulièrement faciles à trouver.
Dana GOODYEAR (The New Yorker, 15/08/2011), Books, 09/2012.

Soûlard...

Si un être humain consomme de 2 à 5 litres d'eau par jour en boisson et 25 à 100 litres pour ses usages domestiques, sa nourriture quotidienne nécessite de 1 000 à 6 000 litres.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 51.

Les épinards, avec ou sans beurre ?

En 2010, 925 millions de personnes ont souffert de faim, selon les chiffres des Nations unies, un nombre en progression depuis 1990. La proportion de personnes sous-alimentées dans la population mondiale a cessé de baisser depuis une dizaine d'années.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 59.

Sous les pavés chinois...

L'inflation des prix de [la viande de porc], essentielle à la cuisine chinoise, a toujours inquiété les autorités chinoises. Elles n'ont pas oublié qu'il y'a 20 ans, une crise du porc avait déjà provoqué des troubles sociaux, et conduit aux manifestations de la place Tian'anmen.
Arte, Vers un crash alimentaire, 26/06/2012.
Rappelons qu'à l'origine des émeutes de Tian'anmen, il y avait éventuellement désir de liberté ; il y avait surtout une population rudement éprouvée par une inflation à 20 %.
Edouard TETREAU (2011), Quand le dollar nous tue. Grasset, p. 35.

Corde raide...

Dans les huit dernières années, il y'a eu sept années déficitaires en céréales dans le monde. [Avant], comme on avait très peur de manquer, on tournait sur la planète avec à peu près six mois de réserves sous le coude chaque année. Maintenant, les réserves de céréales sont au plus bas depuis la Deuxième guerre mondiale.
Quarante cinq jours seulement de réserves en 2007, un record depuis 30 ans. Il faut savoir que dès que le stock de réserves mondiales de céréales passe au-dessous de 60 jours, les prix commencent à monter automatiquement. Par l'effet d'une loi qui n'est pas une loi naturelle, mais qui est celle des places financières de l'agroalimentaire mondiales et notamment, de la Bourse de Chicago.
Arte, Vers un crash alimentaire, 26/06/2012.

Le "record depuis 30 ans" est peut-être exagéré. Sur un graphique publié dans Science & Vie représentant l'évolution des "stocks de céréales disponibles (sauf riz) dans les principaux pays exportateurs" de 2003 à 2012, le stock s'élevait en 2007 à un peu moins de 125 millions de tonnes alors qu'il était à peine supérieur à 100 millions de tonnes en 2003. Pour les autres années ce stock reste cependant nettement supérieur. A noter que l'année 2012-2013 est estimée à moins de 96 millions de tonnes (toujours dans le cadre des "principaux pays exportateurs") et sera donc un minimum depuis 2003 au moins.

Science & Vie, 02/2013, p. 29.