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On peut mourir une fois sur mille, mais...

La Suède est à 2,1 [décès d'enfant avant l'âge de 1 an] pour mille [naissances vivantes], le Japon à 3. La France fait à peine moins bien que ces références obligées, à 3,4 en 2011 contre 52 pour mille en 1950. Elle réalise cette performance tout en absorbant une immigration souvent venue de pays à la mortalité infantile élevée. Son système de santé est décidément solide. Les Etats-Unis sont à 6 décès avant l'âge de 1 an pour mille naissances vivantes, presque au même niveau que la Pologne.
Hervé LE BRAS, Emmanuel TODD, Le mystère français, Seuil 2013, p. 20.

Sobriété...

[...] On n'a assisté à aucune "explosion" [des dépenses publiques] au cours des dernières années, comme on l'entend souvent. Entre 2000 et 2012, les dépenses publiques ont augmenté en volume (c'est-à-dire une fois l'inflation déduite) et par habitant de 15 % en France, contre 14,8 % en Allemagne. C'est moins que la moyenne de la zone euro, deux fois moins qu'aux Etats-Unis et trois fois moins qu'au Royaume-Uni
[...] Du côté de l'appareil d'Etat [...] on ne constate là non plus, aucune dérive. [Son] fonctionnement [...] (salaires et consommations intermédiaires du secteur public) pesait 18,5 % du PIB en 2000, période faste pour le secteur privé, et 18,7 % en 2012, malgré la crise. De plus, l'appareil d'Etat français coûte non seulement nettement moins cher que celui des pays scandinaves, mais aussi que celui du Royaume-Uni (23,5 %) et des Etats-Unis (19,9 %). 
[...] En 1997, la France consacrait [...] 7,6 % de son PIB à l'éducation. Une part tombée à 6,9 % en 2011. La dépense d'éducation avait même pour la première fois baissé en volume entre 2010 et 2011 [...]. Une tendance à contre-courant des autres pays de l'OCDE [excepté Israël]. En 2009, [la France, avec 6,3 % de son PIB consacré à l'éducation,] était toujours légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE [6,2 %]. Devant l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, mais derrière les Etats-Unis, la Suède et la Finlande. Le problème, c'est que malgré cet investissement conséquent, les résultats ne suivent pas... 
[...] La France est loin d'être le pays le plus généreux avec ses chômeurs : les Pays-Bas, par exemple, consacrent une part deux fois plus importante de leur richesse nationale à chaque demandeur d'emploi. [Autriche, Allemagne, Danemark, Finlande, Irlande dépensent aussi plus que la France. Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Suède dépensent moins].
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 05/2013, p. 9.

Pourtant, selon le supplément Eco & Entreprise du Monde daté du 16/05/2013, la part des dépenses publiques dans le PIB en France est passée, entre 2001 et 2012, de 51,7 % du PIB à 56,6 % (soit 9,5 % de hausse) contre 47,2 % à 49,9 % en Allemagne (soit 5,7 %) et 47,6 % à 45 % pour la moyenne européenne (soit une baisse de 5,5 %)...

Facture EDF...

Sous la surface de l'énergie nucléaire : le coût financier de sa maintenance, de son démantèlement...
5. Fermés dans les années 1980-1990, neuf réacteurs EDF de première génération n'en sont toujours qu'aux premiers stades de leur démantèlement. Les raisons de ce blocage vont de l'imbroglio administratif aux difficultés techniques propres à certaines technologies, en passant par les retards de construction du centre d'entreposage [...] : décisions administratives pour des manquements divers et variés, incendie, inondation [Brennilis], [...] coeurs nucléaires particulièrement volumineux et complexes [des réacteurs graphite-gaz] ne seront démontés qu'à partir de 2022, [...] mauvaise surprise de découvrir que le sodium [de Superphénix] s'était solidifié à certains endroits du circuit [...]. Science & Vie, 02/2013, p. 96.
4. Selon un récent rapport de la Cour des comptes, le calcul théorique [d'EDF sur le coût du démantèlement (18,1 milliards d'euros)] paraît bien optimiste : pour ce même parc, la méthode d'estimation utilisée au Japon donnerait plutôt un résultat de 39 milliards d'euros, voire 46 milliards selon le mode de calcul en vigueur en Grande-Bretagne... et jusqu'à 60 milliards en Allemagne ! Une disparité reflétant les grandes incertitudes qui règnent dans ce domaine. Science & Vie, 02/2013, p. 103.
3. [Avec les] 1 000 nouveaux dispositifs pour mettre à niveau la sécurité des centrales, suite à l'accident de Fukushima], l'ardoise finale pour la maintenance des réacteurs devrait s'élever à 55 milliards d'euros sur dix ans. Ajoutez les 15 milliards ces sept prochaines années pour rénover le réseau électrique souvent hors d'âge. Guillaume MALAURIE, Le Nouvel Observateur, 12/2012, p.92. 
2. On a constaté que dans les chiffres d'EDF, le coût du démantèlement, tournait aux alentours aujourd'hui de 18 milliards. Les méthodes qui étaient utilisées par EDF pour faire ce calcul étaient solides mais qu'elles demandaient à être validées sur un certain nombre de points très techniques. [...] On a constaté aussi que les résultats d'EDF se situait en bas de l'échelle des comparaisons internationales. Mais ces comparaisons internationales donnent des chiffres très différents, de un à trois. On en a donc conclu que personne ne savait vraiment quel était le coût du démantèlement. Michèle PAPALARDO, France Inter, Le téléphone sonne, 29/08/2012.
1. EDF avait évalué le coût [du démantèlement des centrales actuelles] à 16,9 milliards d'euros [...]. Au regard des évaluations réalisées au Royaume-Uni et en Suède pour leur propre parc, en suivant leurs règles de calcul, l'addition en France se situerait entre 100 et 200 milliards ! Marc CHEVALIER, Alternatives Economiques, 05/2011, p. 53.

Virage...

La protection des salariés  français contre les licenciements individuels reste [...] selon l'OCDE, sensiblement plus limitée qu'en Suède, en Allemagne et aux Pays-Bas, mais aussi qu'en République tchèque, en Russie, en Inde ou encore en Chine. Rien d'exceptionnel donc dans la situation française de ce côté-là. 
[...] Du côté de licenciements collectifs [...] il y a certainement des choses à améliorer, notamment sur le plan des délais et de la sécurité juridique, mais l'OCDE situe au contraire clairement la France parmi les pays les moins protecteurs sur ce plan. En Italie, en Belgique, en Suède, an Allemagne, en Pologne, en Chine, au Royaume-Uni et même aux Etats-Unis, les contraintes qui pèsent sur les entreprises en cas de licenciement collectif son sensiblement plus importantes qu'en France.

Flexion, extension...

Sous la surface de la flexibilité au travail...
2. Entre le début 2008 et la mi-2012, [la France] est un des trois seuls pays de la zone euro, avec l'Autriche et l'Allemagne, où la proportion des 25-59 ans (le coeur du salariat) qui occupent un emploi s'est accrue. [Sur l'ensemble du spectre des 15-64 ans, ce taux d'emploi a baissé par contre de 0,4 % du fait d'un recul marqué chez les 15-25 ans]. 
[...] Dans le même temps, au Royaume-Uni, dont on nous a si souvent chanté les louanges en matière de flexibilité, le taux d'emploi des 25-59 ans a baissé de 0,9 point. Tandis qu'aux Pays-Bas, le modèle "polder" à la mode à la fin des années 1990, ce taux a reculé de 1,4 points depuis 2008. Quant au fameux modèle danois avec sa flexisécurité si enviée, le taux d'emploi y a même reculé de 4,5 points en quatre ans. Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 01/2013, p. 9.
2.1. La tranche des 25-54 ans représente 77 % du total de la population activeInsee.fr

Le "coeur du salariat" tel que défini ci-dessus, soit les 25-59, représente donc une proportion encore un peu supérieure à ce chiffre. En écartant certaines tranches, l'argumentaire est affaibli, mais il mérite néanmoins réflexion.
1. [La France] était le seul pays qui n'était pas allé dans [la direction de la "flexibilité" au travail] depuis quinze ans. Et quand vous regardez les travaux que font les économistes, le lien entre le niveau de flexi-sécurité dans un pays et le niveau de chômage est quand même édifiant. Si vous prenez les trois pays qui pratiquent le plus la flexi-sécurité aujourd'hui dans le monde industrialisé [...] ce sont les trois pays dans lesquels il y a le moins de chômage : le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche. Si vous prenez les trois pays dans lesquels la flexi-sécurité est la moins développée, ce sont aussi les trois pays dans lesquels il y a le plus de chômage : c'est la France, l'Espagne, le Portugal. Et au milieu vous avez des pays dans lesquels vous avez un niveau de flexi-sécurié intermédiaire, ce sont des pays qui ont un taux de chômage intermédiaire : l'Allemagne, l'Italie, la Suède, le Royaume-Uni, la Finlande. Emmanuel LECHIPRE, France Inter, On n'arrête pas l'éco, 19/01/2013.

Et les autres ?

Quelques recettes appliqués dans différents pays européens en matière de lutte contre le chômage...


Danemark...
  1. En 1994, réduction de la durée maximale de prestation d'assurance-chômage raccourcie de sept ans à quatre ans.
  2. Au-delà de six à neuf mois d'indemnisation, les chômeurs sont tenus d'accepter les offres proposées par le service public de l'emploi. Il peut s'agir de [...] travaux d'utilité générale ou de stages de formation.
Suède...
  1. [...] La fiscalité rend le travail plus alléchant que l'inactivité grâce au crédit d'impôt dont bénéficient les salariés.
  2. Les demandeurs d'emploi suédois sont [...] contraints d'accepter toute offre "convenable" d'emploi, sous peine de suppression ou de diminution de leur indemnité.
Allemagne...
  1. Depuis les réformes Hartz sous Gerhard Schröder Les indemnités chômage ne sont plus versées pendant 32 mois [...] mais seulement durant 12 mois. Au-delà, le chômeur perçoit une allocation sociale d'environ 360 euros par mois, soumise à des conditions de revenu ou de patrimoine. [...] Il est contraint d'accepter en contrepartie des emplois payés de 1 à 2,50 euros de l'heure [...].
Royaume-Uni...
  1. Les indemnités de chômage ne sont pas calculées en fonction du dernier salaire [...] mais plafonnées à la modique somme de 65,45 livres (environ 75 euros) par semaine [...].
  2. Les chômeurs de longue durée se voient proposer de réaliser temporairement, pour la collectivité, des tâches parfois ingrates (ramasser des ordures, balayer des rues...). Des travaux d'intérêt général dont le refus pourrait entraîner, d'ici à 2013, la suspension des aides sociales.
Christian de MONTALAMBERT, Le Figaro, n° 20789, 06/2011, p. 40.

Plus grosse que la tienne...

[Si l'on procède au rapprochement entre part du PIB consacré aux dépenses publiques et poids de l'emploi public dans la population], on trouve que l'efficacité est la plus forte en Australie, en Allemagne, au Japon, en Autriche, aux Pays-Bas ; et l'inefficacité en France, dans les pays d'Europe du Nord (Suède, Danemark, Finlande), en Italie, en Belgique. [...] Le Danemark consacre 58 % de son PIB au service public et emploi 16 % de la population. Finlande, 53 % du PIB pour 13 % de la population. La Suède, 52 % pour 14 % de la population, l'Allemagne, 46 % du PIB pour 5 % de la population. La France se caractérise par une forte inefficacité : dépenses publiques à 55 % du PIB et emploi public proche de 10 % de la population.
L'Express, 2012

RSA et RMI sont sur un bateau...

Sous la surface des minimas sociaux RSA et RMI...
7. En France, le RSA socle vaut l'équivalent de 27 % du revenu médian, contre 59 % en Belgique, 82 % au Royaume-Uni, 45,9 aux Pays-Bas, 48,7 au Luxembourg et 24 % en SuèdeAlternatives Economiques, 01/2013, p. 18.
7. 5,7 milliards d'euros n'ont pas été versés, [en 2011], à des Français qui pourraient bénéficier du RSA. Martine GILSON, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 24.
6. Le RSA en France, relativement au niveau de vie, est un des plus faibles en EuropeCONCIALDI P. France Inter, Là-bas si j'y suis, 19/01/2012. 
5. "Un couple qui ne travaille pas et qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu'un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au smic." WAUQUIEZ Laurent. BFM, 08/05/2011. 
4. L'Unedic, financée par les cotisations des employeurs et des salariés, dépense 27 milliards d'euros par an en indemnisations, mais elle n'indemnise que la moitié des personnes inscrites à Pôle emploi. L'Etat et les départements, dépensent en ASS et RSA, moins de 15 milliards d'euros. Alternatives Economiques, 11/2011. 
3. Sur les 1,8 millions de bénéficiaires [du RSA], seule une minorité (600 000) touche le RSA dit "activité", celui qui vient en complément d'un revenu du travail. Or, c'est ce mécanisme qui est censé aider au retour vers l'emploi. Le Figaro, 06/2011, p. 32.
2. S'il coûte si cher, c'est que le RSA accompagne plus longtemps les travailleurs précaires : on peut bénéficier d'un complément de RSA jusqu'à 2755 euros de revenus mensuelLe Figaro, 06/2011, p. 32.
1. Entre 2000 et 2008 (période de croissance, faut-il le rappeler), le nombre de bénéficiaires du RMI dans les DOM a plus que doublé, passant de 133 000 à 280 000. Le Figaro, 06/2011, p. 32. 

Le Figaro, 06/2011, p. 30.