Affichage des articles dont le libellé est Géologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Géologie. Afficher tous les articles

C'est d'la bonne...

Jared Diamond, nous livre les facteurs qui, selon lui, freinent le développement économique des nations...
Différents spécialistes proposent des thèses différentes sur l'importance relative des facteurs à l'origine de la plus ou moins grande richesse des nations. L'élément le plus discuté étant ce que l'on appelle les "bonnes institutions", en d'autres termes, les lois et les pratiques qui incitent les individus à travailler dur, à devenir productifs, et à enrichir ainsi du même coup leur pays et eux-mêmes. 
[...] Une courte histoire [gouvernementale] rend très improbables [ces institutions de qualité]. Cette réalité sous-tend la tragédie de pays tels la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dont la société était jusqu'à très récemment fondée sur la tribu. Les compagnies pétrolières et minières qui y opèrent paient les royalties destinées aux propriétaires fonciers par le biais des chefs de village, mais ceux-ci gardent souvent l'argent pour eux car ils ont intériorisé l'usage voulant que les chefs de clan poursuivent leur intérêt personnel et celui de leur clan, plutôt que l'intérêt général. 
[...] L'ancienneté de l'Etat est liée à l'ancienneté de l'agriculture et à sa productivité, condition préalable à l'émergence d'un système gouvernemental. [...] Si l'on compare les pays également pauvres il y a cinquante ans (la Corée du Sud et le Ghana, par exemple), ceux qui ont une longue histoire étatique (la Corée du Sud en l'espèce) se sont en moyenne enrichis plus rapidement que les autres (le Ghana). 
[...] Parmi les nations non européennes colonisées au cours des 500 dernières années, celles qui étaient à l'origine plus avancées ont tendance, paradoxalement, à être aujourd'hui plus pauvres. Dans les pays autrefois riches et densément peuplés, comme le Pérou, l'Indonésie et l'Inde, les Européens ont en effet mis en place des institutions économiques "extractives" perverses, comme le travail forcé ou la confiscation de la production, pour détourner la richesse et le travail de la population locale. 
[...] Mais dans des pays autrefois pauvres et à la population clairsemée, comme le Costa-Rica ou l'Australie, les colons européens ont dû travailler eux-mêmes, et ont imaginé des formes institutionnelles d'encouragement au travail. 
[...] Il existe aussi un ensemble d'éléments, géographiques, qui engendrent des conséquences propres, quelles que soient les institutions. [... De fait,] l'Afrique et l'Amérique ressemblent à des sandwichs, avec une épaisse couche de nations tropicales et pauvres coincées entre deux fines couches de nations plus riches, situées dans les zones tempérées du Nord et du Sud. 
[...] Deux éléments concourent à leur pauvreté relative : les maladies et la productivité agricole. Les tropiques sont notoirement insalubres, et leurs pathologies diffèrent par plusieurs aspects de celles des pays tempérés. Premièrement on y trouve bien plus de maladies parasitaires. [...] Deuxièmement, les vecteurs, moustiques ou tiques, sont bien plus variés dans les zones tropicales. 
[...] Cette situation pèse lourdement sur les économies de ces pays : à tout moment, une grande partie de la population y est malade et incapable de travailler efficacement ; de nombreuses femmes ne peuvent rejoindre la main-d'oeuvre car elles constamment en train d'allaiter et de s'occuper de bébés, vus comme une assurance contre la mort attendue de certains de leurs enfants plus âgés. 
[...] Quant à la productivité agricole, elle est en moyenne plus faible sous les tropiques [...]. Premièrement les plantes des régions tempérées stockent plus d'énergie dans leur partie comestible (comme les graines ou les tubercules) que les plantes tropicales. Deuxièmement, les maladies causées par les insectes ou autres nuisibles ont un impact plus important sur les rendements agricoles sous les tropiques, parce que ces nuisibles sont plus nombreux et survivent mieux tout au long de l'année. Troisièmement, [...] les plaines des zones tropicales n'ayant pas connu de glaciation, leurs sols sont en général plus anciens et ont été lessivés de leurs substances nutritives par des milliers d'années de pluie [...]. Un phénomène encore aggravé par l'abondante pluviométrie de ces régions. Enfin, en raison de la chaleur, les feuilles mortes et les autres matières organiques tombées à terre subissent une décomposition accélérée, et leurs substances nutritives sont plus rapidement éliminées. 
[...] L'ouverture au trafic maritime, soit via un accès à la mer, soit vie un fleuve navigable, est l'autre facteur géographique important. Il en coûte à peu près sept fois plus de transporter une tonne de marchandise par voie de terre que par voie de mer. [...] Cela contribue aussi à expliquer pourquoi l'Afrique, sans aucun fleuve navigable jusqu'à la mer sur des centaines de kilomètres, à l'exception du Nil, et avec quinze pays enclavés, soit le continent le plus pauvre. 
[...] L'état de l'environnement, enfin, influe lui aussi sur le développement. [...] Les pays qui épuisent leurs stocks, volontairement ou par inadvertance, ont tendance à s'appauvrir. Les pays qui ont subi une déforestation notoire, comme Haïti, le Rwanda, le Burundi, Madagascar ou le Népal, sont en général d'une pauvreté et d'une instabilité politique insignes.
Jared DIAMOND (New York Review Of Books, 06/2012), Books, 04/2013, p. 54.

Six pieds sous terre...

Une des raisons pour laquelle la France et l'Allemagne sont particulièrement pauvres, d'une manière générale, en ressources minières, c'est pas parce qu'elles [n'existent] pas, je vous parle en tant que géologue, c'est parce que si les gens trouvent une mine d'or dans leur champs, ils arrêtent tout de suite parce qu'ils ne touchent pas un sous [à cause du code minier en vigueur dans ces pays]. Claude ALLEGRE, France 3, Ce soir ou jamais, 18/09/2012. 
Notre droit au sous-sol contribue au manichéisme de l'opinion. En France, le sous-sol appartient à l'État, et non au propriétaire du sol, sinon, quelques détenteurs fonciers avides de s'enrichir se seraient fait entendre. Aux États-Unis, des centaines de familles ont fait fortune en autorisant le forage sur leurs terrains. Le syndrome du "not in my backyard", tout le monde veut une énergie bon marché, mais personne ne veut d'un forage à sa porte, en est devenu moins virulent. Christine KERDELLANT, L'Express, 11/2012, p. 100.

Paris-Qatar...

Sur les 10 000 km² [du coeur du bassin parisien, intégrant la capitale], la roche mère aurait généré tout au long de son histoire quelques 100 milliards de barils de brut. Selon les modes de calculs, entre 20 et 65 milliards de barils seraient toujours en place, au bas mot trente ans de consommation nationale rien que sur ce modeste périmètre ! [...] Mais il ne faut pas rêver : techniquement, seuls 1 à 3 % du magot pourraient être extraits... Soit tout de même 2 milliards de barils exploitables [soit environ trois ans de consommation française, la France brûlant chaque jour 1,8 millions de barils (douzième rang mondial)].
[...] Vendredi 16 septembre 2011, la compagnie australienne Elixir [...] annonçait avoir découvert [dans le sous-sol lorrain] la présence de [...] 164 milliards de barils de brut ainsi que 18 000 milliards de mètres cubes de gaz.
[Selon Charles Lamiraux, géologue responsable de l'exploration des hydrocarbures au ministère de l'Industrie], "il est facile d'obtenir des chiffres fabuleux en multipliant bêtement un taux d'hydrocarbures moyen par les dimensions de cette couche très étendue ; on fait tous ça pour attirer des partenaires industriels, sans que cela ait beaucoup de sens."

Terres pas si rares...

L'incident [un petit chalutier chinois arraisonné par des patrouilleurs japonais en mer de Chine orientale en septembre 2010] a été aussitôt suivi d'une guerre de communiqués, avec l'annonce, côté japonais, que la Chine avait, par rétorsion, décidé de bloquer ses exportations de terres rares vers l'archipel nippon, une information aussitôt démentie par Pékin.
Quoi qu'il en soit, c'est bien cette même année que la Chine, qui concentre actuellement 98 % de la production mondiale et 70 % de la consommation, a brusquement abaissé ses quotas d'exportation. Et pas qu'un peu : de 50 140 tonnes en 2009 à 30 258 en 2010. [...] Entre mi-2010 et mi-2012, l'indice des prix des terres rares a été multiplié... par 20.
[...] L'objectif de la Chine est clairement d'éliminer ses concurrents et d'assurer sa suprématie le plus rapidement possible. [Cependant] la Chine ne dispose "que" de la moitié des réserves mondiales connues. La Russie et les Etats-Unis ont des ressources gigantesques, et les gisements australiens sont également importants. Mais il était beaucoup plus commode pour les pays riches de s'approvisionner en Chine que de produire chez eux. Non seulement la Chine leur fournissait une production à des prix imbattables, dont ils ont largement profité, mais elle assumait les redoutables impacts écologiques de cette production.
Antoine DE RAVIGNAN, Alternatives Economiques, 06/2012, p. 44.

Phosphore addict...

[Une étude (à ce jour controversée)] de chercheurs de l'Institut for sustainable futures (Australie) annonce un pic de production du phosphore au milieu des années 2030, au vue de la consommation actuelle couplée à l'épuisement des gisements de qualité à travers le monde.
Sans phosphore, pas de  vie sur Terre. [...] Cet élément forme la structure même de l'ADN, pilote la respiration, la photosynthèse chez les plantes, ou encore le métabolisme cellulaire. Chaque humain en réclame deux grammes par jour. [Nous le puisons] dans l'alimentation, végétale ou animale.
L'humanité a toujours recyclé le phosphore, sans le savoir, en réutilisant comme engrais les excréments des animaux, mais aussi ceux des hommes, qui en sont riches. Une époque où tous les cultivateurs étaient aussi éleveurs.
Au début du XIXe siècle, alors que des famines apparaissent et qu'il devient urgent d'augmenter les rendements, le guano est alors mis à contribution jusqu'à épuisement. Puis vint le tour du minerai de phosphate, dont l'usage n'est pas pour rien dans la multiplication de la population mondiale par quatre au XXe siècle.
Sur 15 millions de tonnes de phosphore épandues chaque année, seuls 3 millions parviennent jusque dans nos assiettes. Pis, ces 3 millions de tonnes, une fois rejetées par le corps humain, ne retournent plus aux terres arables. Urbanisation oblige, ce phosphore excrété, s'en va à travers les égouts pour se perdre, in fine, dans les fonds marins.
[Selon Andrea Ulrich de l'Ecole polytechnique de Zurich], ignorer ce problème pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale.
BELLANGER B et NOUYRIGAT V. (2012), Science & Vie, 05/2012, p. 62.

Séisme électronique...

Près de quarante minutes avant le séisme et le terrible tsunami à l'est du japon en mars dernier, l'atmosphère au-dessus de son épicentre semble s'être chargée d'électrons. Personne ne peut encore expliquer le phénomène, mais ce n'est pas la première fois que les chercheurs l'observent. Le satellite français Demeter avait établi le même constat avant plusieurs séismes, notamment celui d'Haïti en janvier 2010.
L'Express, 10/2011 , p. 36.

Déchets et érosion...

Depuis peu, l'humanité produit en volume, autant de déchets que tout ce que produit l'érosion naturelle dans le monde (vent, fleuves, mer, etc.).
Michel SERRES, France Inter, Escale Estivale, 30/07/2011.

Exploiter plus pour cultiver moins...

10 millions d'hectares de terres deviennent impropres à l'agriculture chaque année pour cause de surexploitation (diminution des ressources en eau et appauvrissement des sols), soit, depuis 1960, l'équivalent du tiers de la surface agricole utilisée dans le monde.
Alternatives économiques, 09/2011, p. 52.

Nouveau voyage au centre de la Terre - Vincent Courtillot

Vincent Courtillot partage ses connaissances et sa passion de la Terre, émet des doutes sur l'origine anthropique du réchauffement climatique et défend la théorie des extinctions massives par les "super-volcans", selon lui bien plus destructeurs que les astéroïdes...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
  1. Des études [...] montrent qu'à l'échelle des dernières glaciations, ce sont les variations de température qui précèdent, d'un millénaire environ, celles de teneur en CO2Page 24.
  2. L'ère Tertiaire, depuis 60 millions d'années environ [jusqu'à nos jours], c'est "la marche vers le froid". Page 26.
  3. Le refroidissement relatif des années 1940 à 1970 est attribué par certains à la pollution résultant de la reprise industrielle après le Seconde Guerre mondialePage 41.
  4. La glace qui s'était accumulée sur le nord de l'Europe entre -100 000 et -20 000 ans pesait sur la croûte [terrestre] qui s'est lentement mais sûrement enfoncée dans le manteau. Depuis la fonte de ces glaces, il y a environ 18 000 ans, la charge a été supprimée et la croûte remonte (on dit qu'elle "rebondit") [de l'ordre du centimètre par an]. Page 135.
  5. Un bref évènement d'échange inertiel [se serait] produit en 15 millions d'années ou même moins au début du Cambrien, avec des vitesses de dérive de plus de 60 centimètres par an ! Le fait que cette période coïncide avec la grand développement de la vie sur Terre [...] est évidemment fascinant. Page 175.
  6. L'idée de Wilson est que se déroule en 300 ou 400 millions d'années un cycle répétitif qui va de l'agrégation d'un unique super-continent à sa désagrégation, à la dispersion des plaques puis à leur collage en un nouvel assemblage unique. Page 175.
  7. Les quatre dernières plus grandes extinctions en masse sont donc toutes associées temporellement à un trap [épanchement de lave]. Page 234.
  8. L'éruption du Laki [en Islande] a émis entre juin 1783 et février 1784, 15 kilomètres cubes de lave sur 565 kilomètres carrés (ainsi que 250 mégatonnes de gaz sulfureux [...] et 1 100 mégatonnes de cendres et de téphras, fragments de lave solide [...]). Page 246.
  9. A Sumatra, l'éruption du Toba il y a 74 000 ans a émis 2 800 kilomètres cubes de lave et de cendres, ce qui en fait [l'éruption] la plus considérable des derniers 100 000 ans sur Terre [avec un] refroidissement estimé entre 5 et 15 °C. Page 253.
  10. Le niveau des mers (en dehors des périodes où existent et fluctuent des calottes glaciaires, périodes rares dans l'histoire géologique) est principalement gouverné par l'activité interne du globe. Quand s'accélère la production de croûte océanique aux dorsales océaniques, celles-ci sont plus chaudes, moins profondes, et elles occupent un volume plus important au sein des océans, dont le niveau monte alors (transgression). Page 280.
Vincent COURTILLOT (2009), Nouveau voyage au centre de la Terre, Odile Jacob.

Les climats passés de la Terre - Société géologique de France

Où l'on prend quelques leçons sur le système climatique et sa complexité légendaire...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
  1. [Le soleil] nous apporte 340 W/m² de sol moyen quand le dégagement géothermique ne représente que 0,09 W/m². Cependant, la Terre renvoie dans l'espace 30 % de l'énergie solaire, en particulier par ses surfaces blanches, comme le sommet de certains nuages ou encore les glaces. L'albédo, qui exprime ce pouvoir réflecteur, fait que seul 70 % de l'énergie incidente parvient à chauffer le sol terrestre, la végétation, l'océan. La surface de la planète, ainsi chauffée, émet un rayonnement infrarouge (IR). Page 10.
  2. La vapeur d'eau est le gaz qui produit la plus grande part de l'effet de serre (> 50 %). Page 11.
  3. On arrondit souvent à 900-550 Ma l'épisode très médiatique de la snow-ball, où la Terre aurait connu un englacement total. [...]. Page 21.
  4. Le bord des feuilles tend à devenir plus lisse lorsqu'il fait chaud. Page 27.
  5. Le climat semble être resté globalement chaud durant le Mésozoïque [ère secondaire], avec une teneur en CO2 qui atteint cinq fois la valeur préindustrielle [...]. Aucun continent ne s'étend sur les pôles et il n'y a pas de glace polaire pérenne. Le volume [des rides océaniques] et l'absence de calotte polaire portent l'océan à 250 m au-dessus de son niveau actuel. Page 31.
  6. La quantité de neige qui s'accumule aux pôles est lié directement à la température de l'air. Plus il fait chaud, plus il neige (noter qu'au centre de l'Antarctique, il ne se forme que 2 cm de neige par an). Page 41.
  7. On fait appel [...] à ce phénomène pour prédire un refroidissement temporaire de l'Europe dans le cadre du futur réchauffement global [le Gulf Stream se détournant de l'Europe à la latitude de l'Espagne]. Page 49. 
  8. Le volcanisme n'apporte à l'atmosphère que 0,03 % des émissions humaines. Page 53.
  9. Comme le champs magnétique solaire protège la Terre des rayons cosmiques, et comme ces derniers pourraient créer des noyaux de condensation, donc des nuages, en frappant les particules de l'atmosphère, certains chercheurs ont voulu vérifier que "Moins le soleil est actif, plus dense serait la couverture nuageuse". Page 56.
  10. L'Amazone comptabilise à lui seul 17 % des apports d'eau annuels aux océans. Page 109.
Les climats passés de la Terre. Société géologique de France, Vuibert, 2007.