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Bail en or...

Sous la surface des prix de l'immobilier...
Des prix de l'immobilier élevés, une crise du logement criante et des dépenses publiques pour le logement très importantes, c'est l'équation française. 45 milliards d'euros ont été dépensés en 2011, soit 2,25 % du PIB. [...] A l'inverse, en Allemagne, ces aides diminuent et les prix de l'immobilier sont restés stables. Faut-il en conclure que ces dépenses sont inutiles, voire contre-productives ? C'est notamment la position défendue par les économistes Etienne Wasmer et Alain Trannoy dans un rapport récent du Centre d'analyse économique. En effet, dans un marché où les prix sont libres mais où l'offre est contrainte par de nombreux obstacles réglementaires et un manque de foncier disponible, toute subvention risque d'avoir des effets inflationnistes.
Manuel DOMERGUE, Alternative Economiques, 05/2013, p. 14.



Jean-Marc JANCOVICI, au détour de sa réflexion sur la dépense énergétique, souligne le rôle de la généralisation des divorces...
[…] Le divorce […] demande deux fois plus de logements (à construire et à chauffer), deux fois plus d'objets de la vie courante à fabriquer, et un surplus de déplacements pour les visites des enfants. […] Il semble donc parfaitement logique que les pays où le divorce est le plus répandu sont aussi les pays où l'abondance énergétique est la plus marquée.

A deux vitesses...

Dans la série "Je vous explique la crise" : Jean-Marc Jancovici...
L'économie, qui a été configurée pour avoir structurellement besoin de croissance physique (pour conserver des emplois en même nombre avec une recherche permanente de productivité), commence à subir des cahots réguliers. […] C'est un enchaînement qui est à peu près toujours le même [dans les crises successives depuis 40 ans] : l'économie physique ne peut pas suivre l'économie financière qui a parié sur une croissance excédant les possibilités physiques futures du monde, et le système se régule à grands coups de récession et de crises financières ou monétaires
Dans un monde non décarboné, plus vite la croissance repartira, plus vite arrivera le prochain choc pétrolier qui la tuera à nouveau. Il n'aura fallu que trois ans, entre 2008 et 2011, pour voir le processus se manifester de nouveau, annonçant une très probable récession pour 2012 ou 2013.

Keynes has-been ?

[...En France], le soutient de la consommation [a] largement bénéficié aux entreprises... étrangères. Les importations ont crû de 6,5 % entre 2006 et 2010 alors que les exportations n'ont progressé que de 1,3 %. La politique keynésienne suivie a en effet un très gros défaut : elle a des effets pervers majeur en économie ouverte.
Denis KESSLER, Challenges, 06/2011 [date incertaine], p. 34.
Les gouvernements ont fini par comprendre que les politiques de relance ne relançaient que l’économie de la Chine et des pays émergents. Mais ils refusent toujours la moindre mesure de protectionnisme national, sectoriel ou européen. Dans ces conditions, la rigueur peut apparaître comme un refus passif de contribuer à la croissance de la Chine, une troisième voie que je qualifierai de "protectionnisme des imbéciles".
Emmanuel TODD, Le Point.fr, 13/12/2011.
Sur le plan macroéconomique, […] baisser les charges est un recyclage 100 % français de l'argent collecté, cela abaisse le coût du travail et donc augmente nos exportations […]. Faire un chèque aux ménages, c'était augmenter leur pouvoir d'achat, et donc leur consommation, pour partie constituée de produits importés […]. Cela n'allait donc profiter que partiellement à l'emploi français, et ne rien changer sur le plan de la compétitivité de l'économie nationale.

Changer le monde. Tout un programme ! - Jean-Marc Jancovici

Jean-Marc Jancovici nous parle du coût des énergies, fossiles, nucléaires, renouvelables, humaines, et de leur rapport étroit avec la bonne marche, ou pas, de l'économie...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
1. Pour tout travail mécanique, cela coûte 1 000 à 10 000 fois moins cher, et parfois même 100 000 fois moins cher, d'utiliser un moteur que de recourir à du travail humain payé avec des salaires occidentaux. Page 17. 
2. Le mode de vie futur va dépendre bien davantage de la disponibilité de l'énergie par personne que de la nature des régimes politiques (du moins tant qu'il n'y a pas de lien direct entre les deux !). Page 22. 
3. Le produit alimentaire lui-même, aura coûté moins de 10 % du ticket de caisse [90 % du prix d'un produit est le coût de l'emballage, du transport, de la construction du supermarché, des salaires, des dividendes des actionnaires, etc.]. Page 25. 
Klaus Wiegandt souligne d'ailleurs qu'un véritable (et très profitable) changement ne pourrait s'opérer que si l'énergie coûtait son juste prix >>
4. C'est en 1952 seulement que la voiture a détrôné la marche à pied comme mode de déplacement dominant dans le kilométrage quotidien effectué par les français. Page 30. 
5. Sur la seule période qui va des années 1970 à aujourd'hui, la surface habitable moyenne par personne est passée de 25 à 45 m². […] Construire 1 m² de logement standard conduit à émettre dans l'atmosphère environ 300 kg de CO2 autant que pour parcourir 1 500 km en voiture. Page 35. 
6. Ce que nous appelons « création de richesses » n'est en fait qu'une transformation de ressources naturellesPage 37. 
7. Au vu de ces chiffres [il faudrait au moins 1 000 hommes pour effectuer le même travail qu'un tracteur de 100 chevaux], on peut se demander si la fin de l'esclavage dans les champs […] ne doit pas plus au pétrole et au gaz qu'à la générosité naturelle des hommes. Page 40. 
8. La quantité de pétrole disponible par Terrien est en diminution depuis 1979. Page 47.
9. Les énergies renouvelables, en particulier électriques, coûtent vingt à cinquante fois plus cher à produire par kWh que les énergies fossiles. Page 130. 
10. Sur le plan macroéconomique, […] baisser les charges est un recyclage 100 % français de l'argent collecté, cela abaisse le coût du travail et donc augmente nos exportations […]. Faire un chèque aux ménages, c'était augmenter leur pouvoir d'achat, et donc leur consommation, pour partie constituée de produits importés […]. Cela n'allait donc profiter que partiellement à l'emploi français, et ne rien changer sur le plan de la compétitivité de l'économie nationale. Page 179.
Jean-Marc JANCOVICI (2011), Changer le monde.Tout un programme ! Calmann-Lévy.