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Jacques Attali...

Je pense qu'il y'a quatre ou cinq secteurs aujourd'hui qui [doivent] être l'objet de réformes [et qui peuvent rapidement relancer l'économie] 
[...] Premièrement il faut relancer le logement. [...] Si vous achetez aujourd'hui [et dans les deux ans,] un logement neuf, il serait exclu des droits de succession [quelle que soit la date de transmission du bien]
[...] Deuxièmement, il faut relancer l'investissement. Si vous investissez dans une entreprise non cotée pendant deux ans, vous pourrez léguer ces actions à vos enfants sans droits de succession.
Il précise en aparté...
Et ça, ça a un impact considérable, parce que l'argent qui dort dans l'épargne de différentes façons, pourrait être utilisé bien plus efficacement [...].
Je ne sais toujours pas ce que les gens entendent par "argent qui dort". Si l'argent que récoltent les banques servait à rembourrer des matelas, cela se saurait !


... et pas de matelas en vue !

Il poursuit...
Troisième mesure. On utilise de façon extrêmement gaspilleuse les 32 milliards de la formation professionnelle. Il faudrait consacrer immédiatement 5 milliards sur les 32 à former les chômeurs. [...] Une mesure qui serait par exemple radicale : si une entreprise embauche un chômeur, jeune, elle pourrait le payer en-dessous du SMIG, mais le jeune chômeur toucherait le SMIG parce que le complément de salaire viendrait de l'argent de la formation professionnelle. 
Quatrième mesure. Comme nous sommes en période de déflation, [...] c'est le moment absolument formidable et unique pour augmenter la TVA. [...] J'augmenterais la TVA de trois points. En échange, je baisserais les cotisations salariées du même montant. 
La cinquième est une mesure européenne. Il est urgent de lancer les grands investissements européens
Jacques Attali, BFMTV, Bourdin Direct, 08/2014. 

Perruchhhhut...

[...] Sur les 4 milliards annuels que touchent les organisations syndicales, le montant des cotisations s'élève à 3 %
[...] On est dans un pays où l'on achète la paix sociale
[...] Le rapport [dit "Perruchot" sur le financement des syndicats (2011)] est "enterré" pendant 25 ans.

Dé-formation...

30 milliards d'euros sont collectés chaque année au titre de la formation professionnelle, et, depuis des lustres, les ministres chargés du dossier se refilent la patate chaude du contrôle de l'utilisation de ces fonds.
Dans le collimateur [...], les formations comportementales visant à améliorer les performances et le bien-être des salariés dans l'entreprise.
D'après les estimations de la Miviludes, entre 10 % et 15 % de ces formations seraient sujettes à caution. L'an passé, sur les 187 structures contrôlées par l'administration dans ce champs précis, plus de la moitié ont fait l'objet d'une mise en conformité, tandis que 27 % ont été tout bonnement supprimées du registre officiel des organismes de formation.
Nicolas Perruchot, ancien parlementaire, fournit des chiffres du même ordre...
[...] Sur près de 80 000 organismes qui font de la formation, on peut estimer que 15 à 20 000 ne servent absolument à rien. Donc on a 6 à 7 milliards d'économies à faire sur ce sujet-là [...]
Nicolas PERRUCHOT, BFM Business, 18/10/2012.
Comment pourrait-on s'assurer de la qualité de l'offre ? [Selon Marc Ferracci], en instaurant des indicateurs de résultat ! Tout se passe comme si les prestataires étaient dédouanés de la question du retour à l'emploi de leurs clients. En Allemagne, au contraire, jusqu'à 70 % de la rémunération des organismes de formation peuvent reposer sur ce critère. Avec une telle réforme, les prestataires seraient obligés de suivre le devenir de leurs stagiaires, et aussi d'adapter leurs cours aux besoins des entreprises.
Béatrice MATHIEU, L'Expansion, 09/2012, p. 53.

Addicts...

Philippe Even énumère les quatre points qui, selon lui, expliqueraient pourquoi les Français consomment deux fois plus de médicaments que leurs voisins...
1. [...] Les Français veulent aujourd'hui des médicaments de confort, la plupart se sentent malade de quelque chose. [...] Ils ont plus que d'autres le désir de se sentir assistés
2. [...] Le médecin de ville français qui, contrairement à ce qu'on dit, ne gagne pas bien sa vie, prescrit quatre fois plus de dépenses qu'il ne gagne lui-même d'argent. Il induit quatre fois son revenu sous forme de médicaments. Aux États-Unis ou en Angleterre, c'est moitié moins. 
3. [...] Les compagnies pharmaceutiques [...] emploient une fois et demi à deux fois plus de visiteurs dits "médicaux" que dans tout autre pays (un pour neuf médecins contre un pour treize à un pour vingt-trois ailleurs). 
4. [...] Les études médicales ne forment ni à l'esprit scientifique, ni à l'esprit critique. [...] Quant à la formation permanente, elle est entièrement payée par l'industrie.
Propos recueillis pas Olivier POSTEL-VINAY, Books, 04/2011, p. 20.

Hauts salaires compétitifs...

Ce ne sont pas les salaires trop élevés qui entravent la compétitivité de l'industrie américaine : les branches industrielles qui ont le moins perdu d'emplois au cours de la dernière décennie sont aussi celles qui paient le mieux (les exceptions portent en général sur des produits pondéreux, sensible à la hausse des coûts de transport). En outre, la majorité des pays développés qui affichent de meilleures performances industrielles que les Etats-Unis, rémunèrent aussi mieux leurs salariés. Plutôt que la hausse des coûts salariaux, mieux vaut promouvoir la hausse de la productivité, via la formation tout au long de la vie, l'innovation et le partage des responsabilités et des gains avec les salariés.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 46.

Sale petit innovateur...

La France a d'excellentes formations. Nos chercheurs, nos ingénieurs en systèmes d'information, nos designers sont recherchés dans le monde entier, mais la France ne sait pas quoi en faire. Les entreprises disent il nous faut des innovateurs, mais elles ne savent pas les intégrer en leur sein car l'innovateur ne se comporte pas comme un bon petit soldat.
France Inter3D le journal, 15/04/2012.