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Rayon boucherie...

Car un jour viendra où l’idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu'aux voyageurs du XVIe ou du XVIIe siècle, les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.
Claude LEVI-STRAUSS, La leçon de sagesse des vaches folles, EtudesRurales.org.

Moi vouloir Jane...

Sous la surface de l'homme et de son rapport à la violence...
[...] Les êtres humains sont capables d'une violence et d'une cruauté presque inimaginables à l'égard d'autrui [...] mais nous sommes également des créatures éminemment sociables, coopératives, qui ont viscéralement horreur de verser le sang humain. 
[...] Il faut avoir à l'esprit que nos ancêtres ont triomphé non en tant qu'individus, mais en temps que membres de communautés victorieuses. 
[...] Les raids des Yanomami [...est] la forme de guerre probablement menées par nos ancêtres préhistoriques. [Dans cette société tribale d'Amazonie étudiée par Napoléon Chagnon], la guerre est moins le résultat d'un désir de s'approprier les ressources que le produit de tensions psychologiques : jalousie sexuelle, accusations de sorcellerie, désir de vengeance. [...] Les femmes de chaque communauté encouragent les guerriers. C'est un cercle vicieux
[...] Les hommes qui ont tué, ont plus de femmes et plus d'enfants, que ceux qui n'ont pas tué. Napoleon Chagnon. 
[...] Brian Ferguson ou Keith Otterbein ont [...] proposé une hypothèse alternative cohérente, selon laquelle la guerre fut une "invention culturelle" remontant à environ 10 000 ans. 
[Au cours d'un échange] Einstein [écrivit] à Freud : "Vous avez montré avec une lucidité confondante que les instincts agressifs et destructeurs sont inséparablement liés dans la psyché humaine avec ceux de l'amour et du désir de vivre." 
[...] Dans l'immense majorité des cas, les autres espèces ne tuent leurs semblables que dans un combat individuel, en face à face. Pour trouver des prototypes de guerre chez les animaux non humains, il faut se focaliser sur les phénomènes d'"agression de coalition", que l'on trouve par exemple chez les chimpanzés
[...] C'est l'équipe de Jane Goodall, en 1974...
Ahhh... Jane Goodall...
... qui a pour la première fois observé un raid des chimpanzés. [...] Ils sont menés typiquement par une demi-douzaine à une douzaine de mâles [...]. L'un d'eux immobilise la victime et les autres vont à la curée, se livrant souvent à ce que les observateurs humains qualifient de "cruauté gratuite" : ils tordent un membre jusqu'à ce qu'il craque, arrachent la peau, les testicules et les ongles... Books. 
[...] Le guerrier a un double avantage. Non seulement il est particulièrement attirant pour les femmes de sa propre communauté, mais il peut aussi contraindre les épouses et les filles de l'ennemi. Ces deux facteurs ont pu oeuvrer de concert et fournir dans le passé aux hommes les plus violents davantage d'opportunités de se reproduire qu'aux hommes plus policés. Suivant la dynamique bien connu de la sélection sexuelle, les fils de ces unions ont eu toutes les chances d'hériter du tempérament belliqueux de leur père et ainsi, de génération en génération, les gènes de la violence masculine se sont propagés dans la population. David Livingstone Smith.
[...] Les animaux et les plantes emploient quantités de ruses pour se nourrir, se dissimuler et propager leurs gènes. Or, chez l'homme, se tromper soi-même aide à tromper les autres. Un menteur qui croit à ses propres boniments est bien plus convaincant que celui qui n'y croit pas. Cette faculté a donc pu être sélectionnée par l'évolution
[...] La plupart des gens restent indifférents à la majeure partie de la souffrance humaine. Pourquoi ? D'abord, nous sommes plus indulgents à l'égard de ceux qui nous ressemblent.
[...] Ensuite, nous penchons en faveur de ceux avec qui nous entrons en contact direct. [...Enfin], nous favorisons les membres de notre famille parce qu'ils partagent nos gènes.
[...] En même temps, cette préférence pour les membres de notre communauté contribuent à expliquer notre inhibition devant la perspective d'avoir à tuer quelqu'un. 
[...] Nous coopérons pour mieux entrer en compétition, et un haut niveau d'appartenance communautaire nous rend mieux à même de nous unir pour détruire nos rivaux. Robert Bigelow (biologiste).
Une expérience célèbre et édifiante sur la force du lien social >>
[...] Espèce "symbolique", selon l'expression de l'anthropologue Terrence Deacon, l'homme a ajouté une dimension entièrement nouvelle à la guerre, l'idéologie : "Aucun chimpanzé ne peut rêver d'établir une race de maîtres [ou] de conquérir la Terre Sainte [...] ". 
[...] Pour surmonter son horreur de tuer [...] le combattant peut s'immerger dans une forme particulière de mensonge à soi-même. [...] Le remède consiste alors à déshumaniser l'ennemi. [...] Faire de l'adversaire un animal dangereux, infrahumain, [...] un gibier [... ou] un parasite, un virus, un rat, un pou, etc. 
[...] Une autre technique consiste à déformer la réalité de la violence en transférant la responsabilité de l'acte sur une autorité spirituelle ou séculière. En Nouvelle-Guinée, des esprits ancestraux ou totémiques peuvent être présentés comme les véritables auteurs d'une tuerie, le guerrier ayant seulement agi comme véhicule de leurs désirs [...]. 
[J'ai montré] que la thèse suivant laquelle les mâles humains seraient des "tueurs naturels-nés" ne résistait pas à l'analyse. Verser le sang requiert des conditions extrêmes. "I'm a lover, not a fighter", ont confié au sociologue Charles Moskos quantité de soldats américains au Vietnam. [...] Même les chimpanzés manifestent une aversion à tuer leurs semblables. 
Johan Van DER DENNEN (Evolutionary Psychology)Books, 12/2012, p. 25.

Open-bar...

Surtout, ne jamais croiser leur regard. Sinon, ils pensent que c'est "open-bar", conseille Agnès, 22 ans, étudiante en graphisme. 
[...] C'est une clameur qui monte du Web, le débat qui anime les dîners en terrasse : les femmes seraient harcelées dans la rue. 
[...] Le sentiment diffus que la drague est plus agressive
[...] Pas le regard de la séduction ; celui qui te déshabille et instaure un rapport de force, qui dit à la fois : "Je te désire et je te méprise". 
[...] Longtemps, les femmes ont subi sans en parler. Mais, depuis environ dix ans, les hommes ne s'autorisent plus ce qu'ils s'autorisaient auparavant et elles protestent désormais contre les comportements qui perdurent, analyse le sociologue Daniel Welzer-Lang [...]. Or il existe des poches de résistance car certains hommes se sentent mal face aux revendications féminines. Il ne leur reste que l'agressivité pour se prouver qu'ils sont des hommes. C'est une parade, un rituel entre eux. 
En Lettonie, ce sont les femmes qui sont sexuellement agressives [...]. Mon cousin y a vécu six mois, il a trouvé ça déplaisant ! Le problème, c'est d'être obligé de subir.
Cécile DEFFONTAINE, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p.78.

Le meilleur ami d'Homo...

Pourquoi les Homo sapiens ont-ils supplanté les néandertaliens ? Pour une équipe de chercheurs de Cambridge, c'est parce qu'ils ont domestiqué des chiens et renforcé ainsi leurs capacités de survie. Les yeux de l'homme moderne ont en effet subi une évolution, unique parmi les primates évolués, qui a entraîné l'apparition d'une partie blanche autour de l'iris, renforçant leur faculté de communiquer par le regard [...].
Philosophie magazine, 07-08/2012, p. 20.

Quelques informations complémentaires...
[...] The changes in the human eye may be adaptations to enhance the effectiveness of the gaze signal. 
[...] Michael Tomasello and colleagues at the Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology in Leipzig, Germany, developed this idea as the “cooperative eye hypothesis.” They suggested that cooperation among humans was facilitated by the ability to recognize where others were looking. 
[...]  In decades of observations at Gombe National Park in Tanzania, Jane Goodall observed two chimps, probably brothers, who had white sclerae.
Photograph courtesy of Geza Teleki.
[...]  Although chimps hunt small prey, often cooperatively, meat makes up less than 2 percent of their diet, whereas Paleolithic humans hunted much larger game that apparently provided a significant part of their diet. Obviously, silent communication among humans would be advantageous for hunting in groups. But there is another skilled gaze-reader: the domestic dog. 
[...]  A dog will follow the gaze of a videotaped human if the human first attracts the dog’s attention by speaking to it and looking at it, according to results published by Ernõ Téglás, of the Central European University in Budapest, Hungary, and his colleagues. Indeed, dogs perform as well as human infants at following the gaze of a speaker in tests in which the speaker’s head is held still. 
[...]  Once dogs could read a human gaze signal, they would have been even more useful as hunting partners
[...]  The dogs improved hunting success by increasing the rate at which the hunters encountered game. Finding game “is often the hardest skill to learn for human hunters,” Koster and Tankersley write. 
[...]  If Neandertals did not have domestic dogs and anatomically modern humans did, these hunting companions could have made all the difference in the modern human–Neandertal competition.

Homo moralus... ou pas...

Frans De Waal nous explique pourquoi l'homme était empathique et coopératif avant la civilisation...
Il y a trente ans, tout le monde croyait à la fable du "vernis de civilisation" : nous autres humains serions égoïstes et violents. La morale serait apparue dans un second temps, au sein de la civilisation, pour contrer nos instincts animaux. Elle serait le fruit d'un développement culturel et religieux. [...] Or, c'est le christianisme qui nous a inculqué une vision si noire de l'animalité ! Comme l'ont montré nombre de découvertes en neurosciences ou en primatologie, l'espèce humaine est également  naturellement douée pour l'empathie et la coopération. Nous avons découvert qu'il existait des pulsions altruistes involontaires. 
[...] Qui fut le premier de la morale ou de la culture ? Je ne saurais le dire. [...] Sous l'influence de Lévi-Strauss, les anthropologues ont longtemps estimé que la civilisation s'était construite à partir du tabou de l'inceste. [...] Eviter les croisements : beaucoup d'espèces le font sans avoir besoin du mot d'inceste, ni d'un tabou culturel. La philosophie occidentale a adopté une vision descendante de la morale en en faisant un produit de la raison cognitive. A mon sens, c'est l'inverse qui est vrai. Nous interagissons et éprouvons de ce fait des émotions : de là naît la posture morale
[...] Par exemple,  si l'on place des gens dans un scanner et qu'on leur demande de résoudre des dilemmes moraux, ils activent d'anciens centres émotionnels [...]. La décision morale puise à une source cérébrale vieille de plusieurs millions d'années.
Frans DE WAAL, Philosophie magazine, Les grands singes ont le sens de l'équité, 06/2012, p.60.

Epigénétique sociale...

Des chercheurs des universités de Chicago et Emory d'Atlanta ont montré chez 49 macaques rhésus femelles, que l'expression de près de 1 000 gènes était corrélée au rang social. Ils ont deviné la place de chaque singe dans un groupe avec un taux de réussite de 80 %, simplement en observant l'expression des gènes dans leurs globules blancs !
Science & vie, 06/2012, p. 24.

Le Feng shui et la charolaise...

A partir de photos prises par satellite, l'équipe de Hyneck-Burda de l'université de Duisburg-Essen (Allemagne), a [...] observé en 2009, que les vaches et les cerfs ont tendance à s'aligner parallèlement à l'axe nord-sud. Sauf à proximité des lignes à haute tension, qui perturbent justement le champs magnétique autour d'elles. [La magnéto-réception semble donc bien se manifester chez d'autres espèces que les espèces migratrices].
Elsa ABDOUN, Science & vie, 05/2012, p. 78.

Le pourquoi...

On peut apprendre à un enfant à faire tenir deux blocs en forme de L. A un chimpanzé aussi. Mais qu'est-ce qu'il se passe quand on introduit une petite subtilité, quand on rend un des deux L juste assez bancale, qu'il ne tient plus debout ? Le chimpanzé va poser le bon L, puis le L qu'on a raboté mais il ne tient pas. Le chimpanzé voit que ce n'est pas normal alors il recommence, et encore... Il essaie de le faire tenir debout car il sait ce qu'on attend de lui. Mais il n'a ni la capacité, ni la curiosité de se demander pourquoi. Quel paramètre invisible provoque la chute de ce L ? L'enfant lui va mettre le bon L debout et essayer de faire pareil avec l'autre. Et quand il voit qu'il tombe, il va d'abord réessayer, peut-être insister. Mais très vite, il va le retourner, le toucher, le secouer pour essayer de voir quel facteur invisible induit le problème. Pour moi c'est la différence fondamentale entre l'homme et le chimpanzé : l'homme se pose la question du pourquoi.
Daniel POVINELLI, Arte, Survivre au progrès, 10/06/2012.

Vers de farine...

Il n'est aucun, peut-être, des grands drames contemporains qui ne trouve son origine directe ou indirecte dans la difficulté croissante de vivre ensemble, inconsciemment ressentie par une humanité en proie à l'explosion démographique et qui, tels ces vers de farine qui s'empoisonnent à distance dans le sac qui les enferme bien avant que la nourriture commence à leur manquer, se mettrait à se haïr elle-même parce qu'une prescience secrète l'avertit qu'elle devient trop nombreuse pour que chacun de ses membres puisse librement jouir de ces biens essentiels que sont l'espace libre, l'eau pure, l'air non pollué.
Claude LEVI-STRAUSS, Books, Le capitalisme se heurte à la contrainte de la rareté, 04/2011, p. 35.

QI social...

[Une étude publiée dans Science] laisse penser que, lorsque les primates vivent en groupe, leur cerveau se développe davantage que celui d'animaux solitaires. Plus le groupe est important, et plus le phénomène est marqué, notamment chez les animaux dominants.
L'Express, 11/2012, p. 34.

La démocratie selon les abeilles...

Dans Oneybee Democracy, l'entomologiste [spécialiste des insectes] Thomes D. Seeley rend compte d'un comportement spécifique d'une espèce d'abeille occidentale, Appis mellifera : l'essaimage. Lorsqu'un essaim devient trop peuplé, les deux tiers environ de ses abeilles (plus de 20 000 dans certains cas) partent avec l'ancienne reine à la recherche d'une autre ruche, laissant aux quelques 10 000 insectes qui restent, le soin d'élever une nouvelle reine et de perpétuer la colonie.
Après qu'une nouvelle reine a achevé son développement, les ouvrières forment une grappe incluant la pondeuse plus âgée  Quelques centaines d'éclaireuses partent alors silloner le vaste monde à la recherche d'une nouvelle implantation. A son retour, chaque éclaireuse danse à la surface de l'essaim pour défendre la qualité de son choix et recrute des volontaires pour aller visiter les lieux. Dans un laps de temps remarquablement court, la grande majorité des abeilles se met à danser en faveur de ce qui, à coup sûr, est effectivement le meilleur site.
Seeley souligne que les éclaireuses ne se copient jamais aveuglément et ne plaident en faveur d'un lieu que durant une période limité, deux comportements qui réduisent les risques de s'enliser dans l'erreur. Il en déduit quelques pistes pour transposer les règles de la démocratie chez les abeilles aux processus de décision des groupes humains : réduire au minimum la dépendance à un leader, favoriser une compétition intense entre divers points de vue, et définir une méthode pour aboutir à un choix majoritaire.
Books, 09/2011, p. 62.

Le capitalisme à l'agonie - Paul Jorion

Paul Jorion s'interroge sur les fondamentaux bancales du capitalisme...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
1. L'agence Eurostat, direction de la Commission européenne, avait certes dénoncé le subterfuge [l'accord à la Grèce, par Goldman Sachs en 2001, d'un prêt déguisé […] à un taux plus bas que celui du marché], mais des pressions des autorités politiques souhaitant l'entrée de la Grèce dans la zone euro avait fait taire ses scrupules. Pages 78-79. 
2. Celui qui [achète] un CDS alors qu'il ne détient pas l'instrument de dette contre le risque duquel il « s'assure » [les CDS sont à l'origine des instruments financiers équivalant à une assurance], prend une position que l'on appelle « nue ». […] C'est [en somme] une « assurance sur la voiture du voisin ». Page 81. 
Voir cet article sur les produits dérivés et leur fonctionnement pratique >>
3. Le système que Keynes a en tête implique que les échanges entre les nations, le règlement de leurs importations et de leurs exportations, se fassent tous par l'intermédiaire d'une chambre de compensation internationale et par le moyen d'une monnaie internationale : le bancorPage 170. 
4. Si les salaires font partie des frais de production, pourquoi ne pas considérer aussi comme frais de production les intérêts qui reviennent au capitaliste, ou bien encore le bénéfice qui va à l'industriel ou "entrepreneur" ? Mais si c'était le cas, la notion de frais de production ne serait rien d'autre, en réalité, que le prix de vente de la marchandise […] sur le marché où elle est vendue pour la première fois. […] Or ce n'est pas du tout la même chose que de considérer les salaires comme une composante des frais de production, ou comme des sommes revenant à l'une des trois parties en présence dans le partage du surplus [l'entrepreneur, l'investisseur ou le salarié]. Page 235. 
5. L'informatisation, d'une part, l'automatisation, d'autre part, ont aujourd'hui dopé à tel point la productivité dans les services aussi bien que dans l'industrie qu'il est devenu chimérique d'envisager que les salaires suffiront, à l'avenir, à absorber l'offre entière. […] Par ailleurs, la fuite en avant consistant à produire autant qu'il est matériellement possible pour créer ensuite, par la machine de guerre du marketing mise au service de l'idéologie consumériste, une demande équivalente, à trouvé ses limites dans l'épuisement des ressources et la dégradation de l'environnementPage 250. 
6. La guerre, fait très justement remarquer Saint-Just, existe avant tout entre espèces. Les hommes ont importé dans leurs relations entre eux les rapports qu'on observe dans la nature entre espèces ; donc la guerre de tous contre tous n'appartient certainement pas à un "état de nature" que l'homme aurait connu par le passé, mais à l'une des manifestations possibles de l'homme dans son "état de culture". Page 260. 
7. Le droit à la propriété, étant inégalitaire, et l'éthique, égalitaire, ces deux principes sont en effet inconciliables. Page 279. 
8. […] Je meurs de nostalgie si je reste trop longtemps éloigné de chez moi (une des principales cause de décès dans les armées du Moyen Age, si l'on en croit Duby). Page 295. 
9. Hegel a attribué la chute de l'Empire romain à la prévalence des intérêts particuliers. […] L'avènement du christianisme aurait joué un rôle essentiel : en relation privée avec leur Dieu, les citoyens cessèrent de s'identifier au sort de leur cité. Page 311. 
10. Le versement d'intérêts aux capitalistes conduit inéluctablement à un déplacement de ce fameux capital vers eux, et à sa concentration parmi eux entre un nombre de mains de plus en plus réduit. Comme l'argent finit par se retrouver concentré dans sa totalité en un endroit où il n'est d'aucun usage et d'où il doit être prêté pour servir à quelque chose, la mécanique s'enraye. Nous en sommes là aujourd'hui. Page 322.
Paul JORION (2011), Le capitalisme à l'agonie. Fayard.