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Céréaliriziculture...

[Selon Thomas TALHELM, doctorant en psychologie sociale à l'université de Virginie aux Etats-Unis] les différences culturelles [entre populations d'Occident et d'Extrême-Orient asiatique] trouveraient en partie leur fondements dans... la céréaliculture. 
[...] La riziculture demande une importante coopération entre agriculteurs [...]. Au fil du temps, ce besoin de coopération aurait favorisé le développement de valeurs collectivistes dans cette région. 
[...] A l'inverse, la culture du blé, assistée depuis plus de deux mille ans par la traction animale, ne nécessite pas une telle coopération entre agriculteurs. Dès lors, ce type de d'agriculture aurait permis l'émergence de valeurs plus individualistes. 
[...] Mais ce n'est pas tout. Ces valeurs opposées auraient ensuite induit une deuxième différenciation [...] concernant [...] le mode de réflexion. 
Côté occidentaux, l'individualisme aurait favorisé une réflexion de type analytique : elle consiste à attribuer des propriétés aux objets afin de les ranger dans des catégories, indépendamment de leur contexte. 
Côté Sud-Est asiatique, le collectivisme aurait poussé au développement d'une pensée plutôt holistique, c'est-à-dire d'un mode de réflexion organisé "autour des relations plutôt que des catégories, des systèmes plutôt que des objets, le tout marquant une plus grande attention au contexte". 
[...] Les habitants de provinces chinoises cultivant du riz ou du blé ont été soumis a des tests psychologiques... 
1. [...] Les habitants des zones rizicoles favorisent à 88 % leurs amis, contre 61 % seulement dans les régions à blé. 
2. Plus une région cultive de riz, plus son taux de divorce a de chances d'être faible. Et inversement dans le cas de la culture du blé. 
3. A Pékin, ville située dans une région cultivant du blé, près de 20 % des clients déplacent la chaise [mise en travers de leur passage dans un café], préférant adapter leur environnement à leurs besoins. 
4. Dans les régions rizicoles, les associations se font sur la base de relations fonctionnelles (lapin,carotte), alors que dans celles qui cultivent le blé, elles se font par catégorie (lapin, chien) [quand il s'agit d'identifier l'intrus dans "chien, lapin, carotte"].
Elsa ABDOUN, Science & Vie, 12/2014, page 84.

Plus y'a de fous...

L'Hexagone voit sa population progresser à un rythme soutenu tout au long du XVIIIe siècle [...]. Tout laisse à penser que ce dynamisme démographique, inconnu au cours des siècles précédents, a effectivement contribué à la stagnation des salaires agricoles et à la progression de la rente foncière dans les décennies menant à la déflagration de 1789.
Thomas PIKETTY, Le capital au XXIe siècle, Seuil, 2013, page 19.

Agro-écologie, ou pas...

Sous la surface des pratiques agricoles  et de leur impact écologique. Sous la surface de l'écologie, et son impact sur l'agriculture...
5. La surface totale des surfaces agricoles disponibles sur Terre stagne depuis 1991 et est même repassée sous les 1,4 milliards d'hectares. Manuel DOMERGUE, Alternatives Economiques, Hors-Série n°97, p. 60. 
4. L'agriculture a doublé sa consommation d'eau depuis 1960 et triplé ses prélèvements sur les stocks d'eau non renouvelables dans les nappes phréatiques. Thierry PECH, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 33. 
3. Il faut à peu près une tonne d'eau pour produire un kilo de céréales, quelle que soit la céréale. Pour produire un kilo de poulet, il faut quatre tonnes d'eau. Pour produire un kilo de porc, il faut six tonnes d'eau. Arte, Vers un crash alimentaire, 26/06/2012. 
2. [...] Les terres arables se font plus rares : on comptait 0,35 hectare par personne en 1960, contre 0,2 aujourd'hui, soit un tiers de moins. Thierry PECH, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 33. 
1. 10 000 mètres carrés de terres agricoles disparaissent chaque seconde dans le monde (dont 25 mètres carrés en France). Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 99.

Opulence...

Sous la surface de  l'apparition des inégalités : les contraintes démographique et écologique...
Dans un régime de chasseurs-cueilleurs nomades [mode de vie de nos ancêtres du paléolithique], [...] Chacun sait où trouver de quoi se nourrir et de quoi nourrir les siens. Chacun sait fabriquer un arc, ou sait fabriquer quelque objet utile qu'il échangera avec celui qui fabrique de meilleurs arcs. L'incitation principale qui pousse à acquérir en quantité les terres arables, les charrues ou les attelages, n'existe pas parce qu'il n'existe pas de gens suffisamment démunis auxquels on pourra les louer et en tirer un profit ou une rente.
Alain TESTART, Avant l'histoire, Gallimard 2013, p.273.

Pour Alain Testart, le profit, est une conséquence des inégalités.

Ambivalence agricole...

Sous plusieurs rapports, l'agriculture a représenté un progrès : elle fournit plus de nourriture sur un espace et dans un temps donnés, elle permet une expansion démographique plus rapide, un peuplement plus dense, des sociétés à la fois plus étendues et plus volumineuses. 
Mais, à d'autres égards, elle constitue une régression. [...] Elle dégrade le régime alimentaire, désormais limité à quelques produits riches en calories mais relativement pauvres en principes nutritifs. Ses résultats sont moins sûrs, car il suffit d'une mauvaise récolte pour que la disette s'installe. L'agriculture exige aussi plus de labeur...
...Il se pourrait même qu'elle fût responsable de la propagation des maladies infectieuses, comme le suggère, en Afrique, la coïncidence remarquable, dans le temps et dans l'espace, de la diffusion de l'agriculture et de celle de la malaria.
Claude LEVI-STRAUSS, L'anthropologie face aux problèmes du monde moderne, Seuil, 2011, p. 80.

Rayon boucherie...

Car un jour viendra où l’idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu'aux voyageurs du XVIe ou du XVIIe siècle, les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.
Claude LEVI-STRAUSS, La leçon de sagesse des vaches folles, EtudesRurales.org.

Cervelle...

La consommation de viande a [...] aidé au niveau comportemental. [Mais] y'a toujours cette idée [...] qui a survalorisé l'impact de la viande, comme si la viande nous permettait d'avoir un gros cerveau. Pas du tout. Le cerveau n'a pas besoin de viande, il a besoin de glucose, d'acides-gras, etc.
Hervé KEMPF, Canal +, Salut les Terriens, 19/01/2013.

Jeter l'argent par la poubelle...

[...] Du frigo directement à la poubelle comme un aliment sur trois, parfois même un sur deux à l'échelle mondiale. C'est ce que révèle une étude britannique ["Global food : waste not, want not"]. Selon le rapport, la faute aux distributeurs et aux consommateurs dans les pays développés : respect des dates de péremption [trop restrictives], clients qui cèdent aux promotions et qui achètent donc plus qu'il n'en faut, d'autres qui veulent des fruits et légumes zéro défaut.
Canal +, La nouvelle Edition - Le JT, 12/01/2013.
[...] Dans les pays en développement, les pertes de nourriture ont lieu au début de la chaîne d’approvisionnement, entre le champ et le marché, du fait de récoltes inefficaces, d’infrastructures de transport locales inadéquates ou de conditions de stockage inappropriées. Et lorsque le niveau de développement de l'État augmente, le problème se déplace vers l’aval de la chaîne de production avec des déficiences au niveau des infrastructures régionales et nationales. Dans le Sud-Est asiatique, par exemple, les pertes de riz oscillent entre 37 % et 80 % de la production totale en fonction du stade de développement du pays, la Chine se situant par exemple à 45 % et le Vietnam à 80 %.

Bio pas top...

Où Robert Paarlberg fait part de son scepticisme quant à l'intérêt de l'agriculture biologique...
[...] Des critiques gastronomiques influents, des militants et des stars de la restauration entonnent en choeur ce refrain : l'"alimentation durable" de l'avenir doit être bio, locale et lente. Vous savez quoi ? C'est précisément le système dont joui déjà l'Afrique rurale, et il ne fonctionne pas ! Au sud du Sahara, les petits agriculteurs qui utilisent des engrais chimiques sont si rares que leur production est de facto biologique. Les coûts élevés du transport les contraignent à acheter et vendre sur place la majeure partie de leur récolte [...] 70 % des foyers ruraux en Afrique n'ont pas accès aux marchés urbains les plus proches car ils sont, par exemple, situés à plus de trente minutes à pied de la première route praticable en toutes saisons. [...] Quant à la cuisine, elle est terriblement lente. Le résultat n'est pas réjouissant : un revenu moyen de 1 dollar par jour et un risque sur trois d'être malnutri. 
[...] La conception et l'introduction dans les pays pauvres, au cours des années 1960 et 1970, de graines de blé et de riz à haut rendement, sous l'impulsion de l'Américain Norman Borlaug et d'autres scientifiques, ont eu des retombées très positives. [...] L'Inde, par exemple, a doublé sa production de blé entre 1964 et 1970 et a pu se passer d'aide alimentaire à partir de 1975. Rappelons à ceux qui parlent d'agriculteurs "endettés et mécontents" que le taux de pauvreté dans les campagnes indiennes est passé de 60 % alors, à 27 % aujourd'hui. 
[...] En Amérique latine, où les élites traditionnelles contrôlent étroitement l'accès aux terres fertiles et au crédit, l'arrivée des semences améliorées a creusé les écarts de revenus. [...] Cela étant, même en Amérique latine, le taux de malnutrition a diminué de plus de 50 % entre 1980 et 2005. 
[...] L'American Journal of Clinic Nutrition a récemment publié une synthèse de 162 articles scientifiques parus au cours des cinquante dernières années sur les bienfaits sanitaires du bio ; elle en concluait à l'absence de tout bénéfice nutritionnel. 
[...] L'agriculture biologique occupe moins de 1 % des terres cultivables aux États-Unis. Si les 99 % qui restent se convertissaient au bio, et donc se passaient de produits chimiques, il leur faudrait consommer une quantité plus grande d'engrais animal. Ce qui obligerait à multiplier par cinq environ les têtes de bétail. Ces animaux devant se nourrir de fourrage biologique, il faudrait dès lors mettre en pâture l'essentiel du territoire américain. Quant à l'Europe, le choix d'une alimentation exclusivement bio se traduirait par une extension de 28 millions d'hectares de la superficie des terres cultivables, l'équivalent des forêts de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et du Danemark réunis. 
[...] L'agriculture ne cesse de devenir plus verte. L'érosion des sols a brusquement ralenti dans les années 1970 grâce à l'introduction de la "technique culturale simplifiée", innovation qui a aussi réduit la consommation de diesel [...] En 2008, l'OCDE a publié un rapport sur la "performance environnementale de l'agriculture" dans les trente pays industriels les plus avancés. [...] La surface dédiée à l'agriculture a baissé de 4 %, les émissions globales de gaz à effet de serre de 3 %, et la surconsommation d'engrais azotés de 17 %. La biodiversité s'est elle-aussi améliorée, avec l'introduction de nouvelles variétés de plantes et de races animales. 
[... Dans tous les pays en développement] l'assistance au secteur primaire s'est révélée être un investissement très rentable. Y compris en Afrique. La Banque mondiale a évalué à 35 % par an en moyenne le taux de rentabilité des fonds placés dans la recherche agronomique sur le continent. Certains investissements ont même atteint des taux de rentabilité de 68 %. Aveugles à ces réalités, les États-Unis ont réduit de 77 % leur aide dans ce domaine entre 1980 et 2006.
Robert PAARLBERG, Foreing Policy (2010).
Books, 01/2013, p. 53.

Echec...

[...] Des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde, alors que la production est suffisante pour nourrir 9 milliards d'humains, deux milliards de plus qu'aujourd'hui.
Canal +, La matinale - Info, 12/01/2013.

Politique Agricole cocasse...

Ce céréalier de l'ouest de la France [...] touchera [...] le solde des 160 000 euros d'aides annuelles que lui accorde la Politique agricole commune de l'Europe [la PAC]. Une somme forfaitaire, parfaitement stable, alors qu'avec l'envolée des cours mondiaux il a vendu en 2012 deux fois plus cher le blé qu'il a récolté sur ses 400 hectares : soit 640 000 euros au total. 
[...] Pour les seuls céréaliers français, le montant des aides illégitimes est de l'ordre de 5 milliards d'euros. Au niveau européen, c'est au moins 18 milliards. Michel JACQUOT (avocat spécialiste des questions agricoles). 
[...] D'autres experts trouvent ces chiffres exagérés.
[...] Dans l'Union européenne, 80 % des aides vont à seulement 20 % des agriculteurs. 
[...] Une exploitation touche chaque année [...] en moyenne 300 euros par hectare, même si ses terres sont laissées en jachère, ou ont été transformées en parcours de chasse. 
[...] Lors d'un voyage professionnel, un exploitant qui avait 250 hectares dans la plaine de Dijon, m'a expliqué qu'il investissait l'argent de la PAC... dans des boîtes de nuit ! Philippe COLLIN (porte-parole de Confédération paysanne).
[...] Un paysan est récemment venu me voir sur un salon et m'a dit : "Formidable, grâce à votre argent, j'ai pu acheter plusieurs appartements..." Un fonctionnaire des services de paiement du ministère de l'Agriculture. 
[...] Ces aides n'étant actuellement pas plafonnées, les domaines du prince de Monaco et de la reine d'Angleterre reçoivent des centaines de milliers d'euros ! 
[...] "L'Europe et sa commission sont trop imprégnées de l'idéologie libérale de l'OMC, qui l'interdit [conditionner les aides aux cours mondiaux]", juge un céréalier. Comble de l'ironie, les hérauts du marché libre, eux, ce sont affranchis de ce tabou. "Sous couvert d'aide alimentaire nationale, les Américains comme les Brésiliens ont adopté des formules anticycliques : ils versent les aides pleines quand les cours mondiaux sont bas et pas d'aide du tout quand ils sont hauts !". Marc DUFUMIER (professeur à AgroParisTech et conseiller de Nicolas Hulot).
Dominique NORA et Nicole PENICAUT, Le nouvel Observateur, 12/2012, p. 72.

Les moissons du futur...

Où Marie-Monique Robin, dans son documentaire Les moissons du futur, vente les mérites insoupçonnés de l'agro-écologie...
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Mon modèle, c'est 2 hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon), Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. » Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture) France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Si on fait des produits sans pesticides aujourd'hui, 40 % de production en moins, 50 % de coûts en plus. Jean-René BUISSON (Président de l'association nationale de l'industrie agroalimentaire), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011. 
Quand on mesure l'efficacité énergétique des grandes exploitations industrielles, on obtient un rapport de 2 ou 3 maximum [2 ou 3 calories produites pour une consommée]. Pour une petite exploitation, le rapport est de 15 à 30.  Miguel ALTIERI (Professeur d'agro-écologie à l'université de Berkeley). 
Les pays développés profitent de subventions à la production pour avoir de l'énergie bon marché [...]. Le résultat est que ces producteurs sont incapables de dire aujourd'hui, quels sont leurs coûts réels, et leur revenu réel. La majorité des coûts de production comme la pollution des eaux ou l'énorme consommation d'énergie ne sont pas pris en compte. Les prix de leurs produits sont donc complètement faussés. Ulrich HOFFMANN (Cnuced). 
Les coûts environnementaux et économiques de l'agriculture chimique ont été évalués [par David PIMENTEL (Entomologiste à l'université de Cornell] à 10 milliards de dollars par an aux Etats-Unis il y a 30 ans. En 2008, une étude publiée par le parlement européen a confirmé cette étude. 
Les arbres [gliricidia cultivé autour du champs et dont les feuilles sont enfouies dans le sol trois fois par an] sont plus efficaces que les engrais chimiques. Avant je récoltais au maximum 100 sacs de maïs, mais aujourd'hui, avec le gliricidia, j'en récolte au moins 200. Mark MAJONI (paysan au Malawi). 
Le sol était parfait quand j'ai commencé l'agriculture dans les années 1950. Mais au bout de 15 ans, il était tout dur et très clair. Il n'y avait plus d'humus. Manfred WENZ (agriculteur en Allemagne). 
La question des rendements est au coeur des études menées par l'institut Rodale. Pendant 30 ans, ses chercheurs ont comparé les rendements de l'agriculture conventionnelle et biologique pour les trois grandes cultures américaines : soja, blé et maïs. [...] Résultat l'agriculture biologique entraîne une réduction de 45 % de la consommation d'énergie et de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Chaque année, les rendements sont similaires. Les différences sont si minimes que les scientifiques les considèrent comme négligeables. Excepté pour les périodes de sécheresse où les performances des cultures biologiques sont supérieures à celles des cultures conventionnelles. Mark SMALLWOOD (Directeur de l'institut Rodale). 
Grâce à la réduction des coûts de production [permis par l'agriculture biologique], ils économisent 500 euros par hectare et par an. 
Nous devons revaloriser le statut du paysan, toujours considéré tout en bas de l'échelle sociale. Non il devrait être tout en haut, car sans lui, il n'a a pas de nourriture et donc plus de vie possible. [...] Nous devons faire en sorte que le métier agricole soit bien payé et récompensé à sa juste valeur. Hans HERREN (directeur de l'Institut du Millénaire de Washington).
La méthode de contrôle biologique inventée par le docteur Zeyaur Kahn [technique du push-pull], repose sur l'action de deux plantes : le desmodium et l'herbe à éléphant qu'il a sélectionné parmi 600 végétaux africains. 
[...] Les rendements sont passés de deux sacs à 22 ou 24 sacs. [...] Le desmodium détruit les racines de l'herbe des sorcières [qui elle-même se nourrit des racines du maïs]. Elle apporte de l'azote au sol. Elle recouvre entièrement le sol [plantée entre les rangs de maïs] et le protège de l'érosion. Enfin, elle est un répulsif pour la pyrale du maïs. Quand les pyrales sentent le desmodium, elles s'enfuient et partent vers l'herbe à éléphant [plantée autour des champs]. Le desmodium et l'herbe à éléphant servent de fourrage pour le bétail [chèvres et vaches  laitières]. Riches en protéines, elles ont permis une multiplication de la production de lait par trois. » John OTIEP (paysan au Kenya). 
Selon un rapport des Nations Unies de 2008. L'agroforesterie permet d'augmenter les rendements de 120 % dans un délai de trois à dix ans. 
Aujourd'hui, les experts considèrent qu'on doit attribuer aux petits paysans un rôle tout à fait nouveau. Mais cela suppose une transformation radicale des politiques agricoles qui s'apparente à une vrai révolution agricole. Les petits producteurs doivent être systématiquement soutenus. Même la Banque mondiale dans un rapport récent, a estimé que chaque dollar investi dans l'agriculture engendre 3 dollars d'activité économique contre 1,5 ou 2 dollars pour chaque dollars investi dans l'industrie. Ulrich HOFFMANN (Cnuced). 
Ce sont des canards adulte que je lâche une dizaine de jours avant le repiquage du riz pour qu'ils labourent la rizière. Ils mangent les mauvaises herbes et les insectes. Ils remuent l'eau et la terre. Cela empêche les mauvaises herbes de pousser. Et en plus ils fabriquent de l'engrais naturel. [...] Mon modèle, c'est deux hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon).
Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.

Poubelle addict...

Un tiers de la production alimentaire mondiale n'est jamais consommée. En Grande-Bretagne, 8 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année, soit 130 kilos par habitant, dont les deux tiers auraient pu être consommés. 
[...] En France [...], les cantines jettent entre 1150 et 230 grammes de nourriture pour chaque repas servi. Du côté des supermarchés, les banques alimentaires ne parviennent à récupérer que le quart des 200 000 tonnes de fruits, légumes et produits ultra-frais jetés à la poubelle et pourtant encore consommables. 
[...] L'Europe a longtemps imposé des critères sur la taille, l'aspect et la forme des primeurs. Aujourd'hui ces normes ont enfin disparues, mais rien n'a changé. 
[...] Le résultat ? Les distributeurs refusent près d'un tiers de ces produits, dont une partie seulement rejoint l'industrie agroalimentaire. "Pourtant le consommateur ne craint pas de se nourrir de produits qui ont des défauts d'aspect, insiste Tristan Stuart. Quand la Grande-Bretagne a perdu une partie de sa récolte de pommes de terre en 2007, les critères esthétiques ont été revus à la baisse et les gens ont suivi". 
[...] Selon une étude de 2007, un Français jette chaque année 7 kilos de nourriture emballée et 20 kilos de produits alimentaires. Pourquoi cela ? Parce qu'on achète trop, et que l'art d'accommoder les restes s'est perdu, surtout avec les dates de péremption mal comprises.
Denis DELBECQ, L'Express, 10/2012, p. 114.

Entomophagie...

En 2010, année où, selon les Nations unies, près d'un milliard d'humains ont souffert de faim chronique, la revue Science a publié un numéro spécial sur le "sécurité alimentaire", avec un article sur l'entomophagie, le nom rébarbatif mais précis de la consommation d'insectes.
[Ces derniers] sont connus pour leur faible "empreinte alimentaire" ; ces organismes à sang froid consomment quatre fois moins d'énergie pour convertir les nutriments en viande que les bovins, qui en gaspillent pour rester chauds. A poids égal, nombre d'insectes contiennent la même quantité de protéines que le boeuf, trois fois plus dans le cas des sauterelles frites, et sont riches en micronutriments comme le fer et le zinc. Génétiquement, ils sont si éloignés des humains qu'il est peu vraisemblable que des maladies franchissent la barrière des espèces, comme dans le cas de la grippe porcine. Ce sont des recycleurs naturels, capables de manger vieux cartons, fumier ou sous-produits de l'industrie alimentaire. Qui plus est, l'élevage des insectes se fait sans cruauté, puisqu'ils aiment s'entasser les uns sur les autres, et s'épanouissent dans le surpeuplement et la saleté. [Enfin], ils produisent sensiblement moins de gaz à effet de serre que les bovins et les porcs.
[...] C.F. Hodge, en 1911, a calculé qu'une paire de mouches domestiques s'attelant à la tâche en avril, pourrait produire assez de rejetons pour couvrir la Terre, si tous survivaient, d'une couche de 14 mètres d'ici au mois d'août... 
[...] Selon la Food and Drug Administration, qui publie un guide sur les "taux d'anomalie" tolérés dans les aliments transformés, les épinards congelés ou en conserve ne sont pas considérés comme contaminés tant qu'ils ne contiennent pas plus de cinquante pucerons, "thrips" (thysanoptères) ou mites par centaine de grammes. Le beurre de cacahuète a quant à lui le droit de renfermer trente fragments d'insectes par centaine de grammes, et, pour le chocolat, le seuil est de soixante ! 
[...] Rendre les insectes propres à la consommation est coûteux en main-d'oeuvre, et ils ne sont pas franchement bourratifs. Il faudrait manger un millier de sauterelles pour ingérer l'équivalent en protéines d'un steak de 350 grammes. 
[...] "S'il existait des insectes de la taille des cochons, je vous assure que nous les mangerions." [Tom Turpin]. Les quatre cinquièmes des espèces animales de la planète sont des insectes, mais les variétés comestibles ne sont pas particulièrement faciles à trouver.
Dana GOODYEAR (The New Yorker, 15/08/2011), Books, 09/2012.

Bio polluant ?

L'élevage intensif, paradoxalement, a un super bilan carbone, vous émettez beaucoup moins de carbone en élevant des animaux au grain. Dans l'imaginaire collectif, pourtant, ce sont les animaux élevés à l'herbe qui représentent un élevage vertueux.
Eric LAPASSIN, France Inter, Le téléphone sonne, 09/07/2012.

Productivistes révolutionnaires...

Dans la France du XVIIIe siècle [...], les agronomes, s'inspirant de l'exemple anglais, partageaient avec Arthur Young [agronome anglais, auteur de Voyages en France, publié en 1792] la certitude qu'il fallait créer de grandes propriétés, exploitées de façon efficace par des fermiers prospères, aiguillonnés par la perspective de tirer un "bon" prix de leur travail.
Norman HAMPSON (London review of books, 1981), Books, 07-08/2012, p. 52.

Usine story...

Où un petit tour succins de l'histoire de l'industrie française enrichie notre réflexion sur son état présent et, peut-être, son état à venir...
Les temps troublés de la Révolution expliquent en partie le retard français par rapport à la Grande-Bretagne, que l'on observe au début du XIXe siècle [en particulier dans l'industrie textile]. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 327.
En aparté, il semble que le secteur agricole n'était pas mieux loti...
La productivité agricole y était inférieure de moitié à celle de l'Angleterre, et le pays avait une démographie très au-dessus de ses moyens.Norman HAMPSON (London review of books, 1981), Books, La révolution et ses pauvres, 07-08/2012, p. 51. 
Jacques Attali propose une raison moins académique...
Les rares forêts dont [l'Angleterre] dispose doivent être précieusement conservées pour l'armement naval, si stratégique ; et comme il n'y a pas de hautes montagnes, il n'y a pas de torrents. Pour trouver l'énergie qui lui manque, la gentry [noblesse sans terre] va s'appuyer sur l'innovation technique d'un Français, Denis Papin, que l'abondance des forêts françaises a fait négliger à Paris : la machine à vapeur. Jacques ATTALI (2006), Une brève histoire de l'avenir. Fayard, p. 107. 
Mais confirme le manque d'opportunisme en France...
Malgré les idéaux des Lumières, la France reste dominée par une caste foncière et bureaucratique qui monopolise la rente agricole et ne l'oriente pas vers l'innovation. Jacques ATTALI (2006), Une brève histoire de l'avenir. Fayard, p. 108. 
[...] L'essor industriel de la France est incontestable à partir de la fin des années 1830, comme en témoigne le développement de son réseau de voies ferrées (qui passe de 3 000 km en 1850 à 17 500 en 1870 et à 50 000 en 1913). Il est attesté aussi par les industries textiles, minières et sidérurgiques, ces deux dernières bénéficiant de ce nouveau moyen de transport en étant amenées à produire l'énergie, les rails, les wagons... La "performance" française [est] inférieure à celle de l'Angleterre durant les deux premiers tiers du siècle, et à celle des Etats-Unis et de l'Allemagne dans le dernier tiers. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 421.
[...] Le comportement timoré des épargnants français au XIXe siècle est bien connu [...]. Ils préfèrent les placements "sûrs", comme la terre, la pierre, les bons d'Etat (français ou étranger), ou, à la rigueur, les obligations privées [...] et ne s'orientent qu'avec réticence vers le financement direct des entreprises productrices. [Cela s'explique en partie] par la constitution tardive du système bancaire français, et l'attitude de ce milieu face au monde de la production. [Enfin,] après 1850, la France a suivi les traces de l'Angleterre pour devenir en 1914 le second pays exportateur de capitaux [avec 8,7 milliards de dollars sur un total de 44 milliards]. [...] Il est certain que l'investissement et l'industrialisation auraient été plus importants en France si l'épargne nationale avait été directement utilisée en dépenses productives. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 423.
    [...] La France n'a pas connu de véritable "révolution industrielle", si on compare son évolution aux bouleversements rapides de l'Angleterre au début du XIXe siècle, ou des Etats-Unis, de l'Allemagne ou du Japon après 1870. Cela tient sans doute principalement au fait que la France est demeurée longtemps un pays à dominante agricole, à tel point que J. Marczewski situe vers 1885 le moment où la production industrielle y dépasse celle de l'agriculture, alors que cela s'était produit vers 1820 en Grande-Bretagne. [Le maintient] d'une agriculture de subsistance (où domine la petite et moyenne propriété foncière) [grâce aux] protections douanières (sauf de 1860 à 1880 environ) [rend] l'offre de main-d'oeuvre à destination de l'industrie insuffisante pour provoquer une chute brutale des coûts salariaux [...]. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 430.

    Désertification...

    La superficie moyenne par exploitation [agricole] est passée de 42 hectares en 2000, à 55 en 2010 et chaque année, 32 000 agriculteurs quittent la profession, remplacés seulement par 13 000 nouveaux venus.
    Alternatives Economiques, 06/2012, p. 35.

    Bulle terrienne...

    Entre 1997 et 2010, [en France], le prix des prés et des terres libres a augmenté de 65 %, celui des vignes de 116 %.
    Alternatives Economiques, 06/2012, p. 34.