Affichage des articles dont le libellé est Article. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Article. Afficher tous les articles

Yuval Noah Harariensis - Episode 2...

Petit exercice critique de (quelques) critiques du fameux livre Sapiens, une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari...
Je classe cet essai (avec son second opus Homo Deus) parmi les meilleurs (disons les 20) qu'il m'ait été donné de lire.
Cherchant à me rassurer sur la justesse de cette impression, je suis allé voir un peu quels sont les arguments de ceux qui ne partagent pas cet avis.
Ce blog est né du rejet des travers (quasi) systématiques du web : conformisme, sectarisme, agressivité, diffamation, etc. Les critiques qui suivent ne font hélas, pour la plupart, que confirmer ce lieu commun...

Cas #2 - La critique scientifique...

Yuval Noah Harariensis - Episode 1...

Petit exercice critique de (quelques) critiques du fameux livre Sapiens, une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari...
Je classe cet essai (avec son second opus Homo Deus) parmi les meilleurs (disons les 20) qu'il m'ait été donné de lire.
Cherchant à me rassurer sur la justesse de cette impression, je suis allé voir un peu quels sont les arguments de ceux qui ne partagent pas cet avis.
Ce blog est né du rejet des travers (quasi) systématiques du web : conformisme, sectarisme, agressivité, diffamation, etc. Les critiques qui suivent ne font hélas, pour la plupart, que confirmer ce lieu commun...

Cas #1 - La critique idéologique...

Les riches ? Quels riches ?!

Mais qui sont les riches, au juste ? On parle souvent des 1 %, les plus que riches, qui ne sont à coup sûr pas concernés (encore moins intéressés) par ce post. Mais on parle aussi très souvent  des 10 %par exemple ici. On leur en veut moins, incontestablement, mais heureusement, nous allons voir pourquoi...
[...] De façon générale, les 10 % les plus riches [en France] perçoivent en moyenne plus de 68 500 € de revenus bruts par an, soit 5 710 € [brut] par moisImpotSurLeRevenu.org
Oublions la moyenne qui ne signifie pas grand chose...
Avec 3 800 € de revenu brut par mois, vous faites partie des 10 % des Français les plus riches (5 millions sur 50.4 millions). Seuil inférieur du 90ème percentile : 3 786 € [brut par mois]. PourUneRevolutionFiscale.fr
Donc si l'on touche un salaire de 3 800 € brut par mois, on fait partie des 10 % les plus riches. En fait, pas vraiment...
Le revenu brut est la somme du salaire brut et des autres revenus bruts perçus par un individu donné : revenus d'activité non salariée, revenus de remplacements (pensions de retraites, allocations chômage), et revenus du capital (intérêts, dividendes, loyers, plus-values). 
Exemple. M. Martin a un salaire brut de 2 000 € par mois (24 000 € par an). Il dispose aussi de l'équivalent de 1 000 € par mois (12 000 € par an) sous forme de loyers d'un appartement dont il a hérité. Son revenu brut est donc de 3 000 € par mois (36 000 € par an). PourUneRevolutionFiscale.fr.
"Equivalent loyer" signifie ici que si l'on habite un logement dont on est le propriétaire, l'on doit ajouter à notre salaire mensuel le montant du loyer que l'on pourrait tirer de ce logement si on le louait !
Si l'on n'est pas propriétaire, à quelques revenus du capital près, on fait partie des 10 % les plus riches si l'on est payé 3800 € brut par mois...
Location : le loyer moyen des Français à 611 euros en 2013. NouvelObs.com
On peut gager que les 10 % les plus riches ont un loyer moyen un peu supérieur à la moyenne, peut-être entre 700 € et 800 €, mais avec mettons 620 € d'équivalent loyer si on est propriétaire...

On a en fin de compte de bonnes chances de faire partie des 10 % les plus riches si notre salaire se situe autour de 3 200 € brut par mois, soit environ 2 460 € net... SalaireBrutNet.fr

Pas si grave...

La dette totale de la France, 1 640 milliards d'euros, est comparée à la production de richesse d'une seule année, 1 995 milliards d'euros. Or il faut plutôt comparer à la durée du titre de dette, soit 7 ans et 31 jours selon les statistiques du Trésor public. Sur cette durée nous produirons 14 000 milliards, ce qui ramène le taux d'endettement réel à 12 % de ce que nous allons produire en France d'ici là. Quant au service de la dette, 50 milliards chaque année, comparés à la richesse produite... dans l'année, il ne représente que 2,5 %.
Jean-Luc MELENCHON, France 5, C/Politique, 04/09/2011.

Cet argument revient presque un an plus tard, sur France Inter. Mais cette fois, les journalistes font intervenir un auditeur contradicteur...
N'importe lequel d'entre-vous autour de cette table, quand il s'endette, le banquier lui fixe comme limite [...] que se soit pas plus de 30 % de vos revenus qui passent dans les paiements des emprunts. 30 % ! Pas 2,5 %, 30 % ! La situation comptable aujourd'hui est absurde : on compare un flux à un stock. C'est-à-dire que l'on prend le total du stock de la dette, et on le compare à votre revenu d'une année. C'est un mode de comptabilité absurde. Il faudrait le rapporter à la somme totale de ce que vous allez gagner pendant la durée de votre prêt. Jean-Luc MELECHON.
Les 30 % que peut rembourser un particulier sont les intérêts ET le capital. Dans votre démonstration, les 50 milliards, ou les 2,5 %, ne sont QUE les intérêts. Dans votre raisonnement il manque le capital à rembourser en proportion du PIB du pays. Un auditeur.
[...] Je vais refaire le calcul pour y intégrer 1992 milliards étalé sur 7 ans et demi. On va faire le calcul et on va voir ; ça m'étonnerait que ça monte la charge beaucoup plus haut que le point où elle se trouve [...].
France Inter, 01/10/2012.

Enfin, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon clôt le débat...
[...] C'est un argument purement rhétorique car ces remboursements annuels ne sont pas imputés sur le budget mais refinancés par de nouveaux emprunts. Sur les 180 milliards d’euros empruntés en 2012 par la France 81 milliards servent à financer le déficit et les 99 autres milliards servent à renouveler les emprunts arrivés à terme. A l'appui de mon raisonnement, j'ajoute que si l'on veut se livrer à des comparaisons sur le stock de dette, le bon sens voudrait qu’on le compare aussi au patrimoine économique total du pays. Il s'élève selon l'INSEE à 12 000 milliards d'euros. Avec cette comparaison d'un stock à un autre stock, la dette représente 16 % du total du capital du pays. Le Blog de Jean-Luc Mélenchon
Assimiler l'État à un ménage est d'une pertinence toute relative, mais tentons de faire ce calcul le plus rigoureusement possible...

À la fin du deuxième trimestre 2012, la dette publique s’établit à 1 832 600 000 000 €. INSEE.

La dette publique telle qu'entendue ici est très précisément la dette au sens de Maastricht (dette brute des administrations publiques). Certains chiffres nécessaires à ce calcul ne sont pas disponibles pour l'année 2012 au moment de la rédaction de cet article. Je m'appuie donc sur la dette publique de 2011, soit 1 717 000 000 000 €. INSEE

La durée de vie moyenne des titres de dette française était, en 2011, de 7 ans et 50 jours. AFT

Le PIB de la France était, en 2011, de 1 996 000 000 000 €. Wikipédia

La charge de la dette s'élevait à 46 800 000 000 € sur cette même année. Sena.fr

Imaginons que l'Etat doivent rembourser intégralement sa dette à l'issue des 7 ans et 50 jours qui viennent.  Ici, difficile de ne pas faire une approximation, une moyenne...
Outre du stock de dette, le service de la dette dépend du niveau des taux d’intérêt, de la structure de la dette et de la manière dont elle est gérée. Vie Publique.fr.
Je considère donc que la charge va rester la même tout au long des 7 ans et 50 jours. Les mensualités de l'État français seraient donc, au pire, de...
1717 / 86 mois (le capital) + 46,8 / 12 mois (les intérêts) = 23 870 000 000 € par mois.

Le taux d'endettement de l'État français serait donc de...
23,87 / (1996 / 12 mois ) x 100 = 14,4 %.

Cependant, étrangement, le calcul du taux d'endettement public, est, on vient de le voir, calculé en fonction du total des richesses produites par les agents économiques en France, et non en regard des revenus de l'État, c'est-à-dire, ses recettes fiscales. Si l'on tient donc absolument à comparer les administrations publiques à un ménage, ce sont ces recettes fiscales qu'il faut utiliser dans le calcul en lieu et place du PIB...

Recettes nettes du budget général en 2011 : 271 300 000 000 €. INSEE

Le taux d'endettement du ménage France est alors de...
23,87 / (271,3 / 12 ) x 100 =  108 %.

Pourtant, dans la blog d'Olivier Berruyer...
Intérêts de la dette + Amortissement de la dette = 200 % des recettes de l’Etat (pour mémoire, votre banquier exige que ce chiffre soit inférieur à 30 %…). LesCrises.fr.
Il doit donc y avoir une erreur dans le calcul qui précède... Mais laquelle ?

Dernier addendum...
La réponse est dans le livre d'Olivier Berruyer, Les faits sont têtus. Il obtient un chiffre plus impressionnant car il n'utilise pas la méthode communément employée par les banquiers pour calculer le taux d'endettement. Sur une base de 2 000 € de salaire mensuel pour l'État, il ajoute aux intérêts de la dette (500 €) et à son amortissement (3 000 €)... ses dépenses courantes (2 500 €). Soit dans ce cas, un total de 6 000 € de dépenses totales nécessitant un emprunt de 4 000 € d'où les 200 % d'endettement.

Cependant sans compter ces dépenses courantes, son taux d'endettement reste très supérieur à celui calculé plus haut...
(3 500 / 2 000) x 100 = 175 %.

Cela s'explique en partie car dans les 3 500 € de dépenses mensuelles, Olivier Berruyer compte 500 € de charge sur la dette, soit 25 % du "salaire" de 2 000 €. Pourtant, avec les chiffres sus-cités...

Charge de la dette : 46 800 000 000 € en 2011. Sena.fr
Recettes nettes du budget général en 2011 : 271 300 000 000 € cette même année. INSEE

... ce ratio n'est que de 17 % ! De plus il parle de "200 milliards de recettes nettes" et non des 271 milliards cités par l'INSEE. Bref, on ne voit pas d'où peuvent provenir les chiffres utilisés par Olivier Berruyer...

Croisée des chemins...

Si on regarde sur le long terme, depuis les Trente Glorieuses, l'évolution de la croissance, on a une courbe logarithmique avec une asymptote, une limite. On s'aperçoit que les économies occidentales et singulièrement l'économie américaine sont à leur asymptote. Le PIB nominal américain, est quasiment à son maximum et qu'il ne pourra continuer à évoluer et s'accroître que s'il y a un véritable choc technologique. Et donc le véritable enjeu dans les profits de ces entreprises c'est que vont-elles faire de leurs profits ? Est-ce que ça va servir à créer la révolution technologique de demain ou est-ce que ça va être des retraites dans des fonds de pension ?
Jean-Marc DANIEL, BFM, 27/12/2012.

La question posée est très intéressante et séduisante mais, chose étonnante, il est impossible de trouver une courbe du PIB américain qui matérialise ce tassement de la croissance dont parle Jean-Marc Daniel. Voici à quoi elle ressemble quelle que soit les sources, ici d'après un article du (très bon) site d'Olivier Berruyer...

Si l'on exclu la baisse depuis 2007, la tendance "lourde" depuis les Trente Glorieuses ressemble plutôt à une exponentielle et non à une courbe logarithmique.
Pourtant, et c'est le plus étrange de l'affaire, l'évolution du taux de croissance par habitant sur cette période, diminue ! La courbe du PIB devrait donc effectivement "se tasser" avec le temps...

Après demande d'éclaircissement dans les commentaires de l'article, Olivier Berruyer répond qu'il s'agit d'un effet d'optique et qu'il faut zoomer sur la période 1960-2010 pour s'apercevoir que la courbe est bien logarithmique...
Voici un montage rapide avec le graphique 1800-2010 ci-dessus zoomé sur la période 1960-2010 avec en superposition le taux de croissance...


Toujours pas d'asymptote en vue... On pourrait à la rigueur approximer à une tendance linéaire (droite bleue), mais cela ressemble décidément plus à une courbe en cloche inversée (exponentielle donc). Pourtant les variations du PIB sont bien en phase avec celles du taux de croissance. Mais on ne voit toujours pas comment la courbe du PIB peut tendre à "s'envoler" alors que son taux de croissance va diminuant (observer la moyenne décennale en rouge clair)...

Ci-dessous, en passant, ce PIB américain depuis 1947 avec quelques repères historiques...

On note que pour Jean-Pierre Chevallier, "depuis l'après-guerre, la croissance du PIB réel est constante et régulière"...

Tricycle...

Le paramètre primordial en climatologie est l’énergie disponible à la surface de la Terre. Elle se résume au rayonnement électromagnétique du Soleil : de la lumière visible principalement, mais aussi des ultra-violets, des infrarouges, etc. Sans Soleil, pas d’énergie, donc pas de chaleur, et la Terre se retrouverait entièrement glacée en quelques années seulement.
La quantité d’énergie reçue de notre étoile varie dans le temps car la Terre n'est pas immobile, figée dans l'espace : elle tourne autour du Soleil et son axe de rotation (l'axe reliant les pôles) s'incline plus ou moins dans le temps tout en décrivant un cône (voir explication plus bas...).
L'évolution historique de ces trois mouvements est représentée par les cycles dits "de Milankovitch", du nom de leur découvreur.

Excentricité...
Le premier, dit cycle de l’excentricité, est dû à la forme plus ou moins étirée de l’ellipse (un ovale) que décrit la Terre autour du Soleil. Le Soleil n'est jamais au centre de l'ellipse mais toujours "décalé" sur l'un des foyers de l'ellipse. C'est ainsi qu'il y a un point (et un seul) sur cette trajectoire, où la Terre est au plus proche du Soleil (appelé la périhélie), et un point où elle en est au plus loin (l'aphélie)...


L'excentricité varie d’une valeur nulle, cercle presque parfait, à une valeur plus élevée, cercle légèrement elliptique, tous les 100 000 ans avec un maximum (de 7 %... pour les curieux) tous les 400 000 ans.
Cette variation a pour conséquences théoriques que lorsque l'excentricité est élevée (quand le cercle est le plus étiré), les effets des phénomènes d'obliquité et de précession sur le climat sont accentués...


Notez que sur ces illustrations, la forme de l'ellipse est très exagérée. Elle est dans la réalité si proche d'un cercle, que la différence ne se verrait pas à l'oeil nu si on la représentait rigoureusement.

Obliquité...
Le second cycle, dit de l’obliquité, est dû à la variation de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport à la perpendiculaire au plan de l'écliptique (trait blanc sur l'image ci-dessous). Il oscille entre 22° et 24° environ, tous les 40 000 ans...


Ce phénomène a pour conséquence théorique que les contrastes saisonniers s'accroissent avec l'obliquité. Par exemple, plus l'hémisphère nord "penche" (s'approche des 24,5°), plus les journées sont longues (et donc chaudes) en saison printemps-été, et courtes (et donc froides) en automne-hiver.

Précession...
Le troisième cycle, dit de précession des équinoxes, est dû au cône que décrit l’axe de rotation de la Terre autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique. On peut observer le même phénomène avec une toupie. Cette rotation effectue un tour complet tous les 21 000 ans environ...


Ci-dessous, une illustration des conséquences de ce phénomène : comme son nom le suggère, les équinoxes (les saisons, en somme) se décalent année après année. En un peu plus de 20 000 ans, elles font un tour complet sur l’écliptique. Par exemple, actuellement, au moment du premier jour de l'hiver (le solstice d'hiver, le 21 décembre dans l'hémisphère nord), la Terre est presque au plus près du Soleil.
Cela implique donc, en théorie, des hivers dans l'hémisphère nord plus doux (car la Terre est plus proche du Soleil à cet instant), et plus brefs (car près de la périhélie, un satellite, la Terre en l'occurrence, se déplace plus vite que près de l'aphélie)...




Aujourd'hui, l’excentricité faible (1,7 %), devrait encore décroître pendant environ 20 000 ans. Cette diminution du rayon moyen de l’orbite terrestre favorise théoriquement une hausse de la température moyenne du globe.
La valeur de précession actuelle situe la Terre au plus proche du Soleil au début du mois de janvier. Comme évoqué précédemment, ceci a deux conséquences théoriques : la saison froide (hiver-automne) dans l’hémisphère nord a tendance à être plutôt douce et légèrement plus courte que la saison chaude (dans l’hémisphère sud, c'est donc l'été qui est légèrement plus court mais qui a tendance à être plus chaud).

De l'avis de Milankovitch, la distance de la Terre au Soleil aurait moins d'importance que la durée des saisons : par exemple, le fait que la saison chaude soit plus brève que la saison froide, limiterait la fonte des glaces polaires pendant l'été et favoriserait ainsi un climat plutôt froid.
Notons que c'est exactement ce qui se passe actuellement, l'Arctique tend à se réduire fortement alors que l'Antarctique se maintient, même si ce n'est peut-être qu'un hasard, tant de nombreux autres facteurs entrent en jeu (émissions de CO2 d'origine anthropique, activité solaire, effets de rétroaction divers et variés, etc.).

L’obliquité actuelle est proche de 23° et devrait encore décroître pendant 10 000 ans. En conséquence, les contrastes saisonniers devraient théoriquement s’atténuer.

Enfin, la décennie 2010 devrait voir l’activité solaire s’accroître. Le rayonnement cosmique diminuant, on devrait observer une moindre couverture nuageuse et une tendance à la hausse des températures.

Une histoire complète du climat terrestre depuis la naissance du globe >>

Un site bien laid mais avec quelques animations qui aident à mieux comprendre ces cycles de Milankovitch >>

Et pour finir, un article complet d'Olivier Berruyer sur le sujet, pour ceux qui en redemandent >>

Lobbying déficitaire...

[...] Une baisse du prix comparable à celle des Pays-bas, suffirait à elle seule à éponger une partie des milliards de déficit de la Sécurité sociale.
Philippe EVENFrance 2Un oeil sur la planète26/03/2012.
De nombreux médicaments de consommation courante sont 2 à 5 fois plus chers qu'en Italie. S'aligner sur ces tarifs permettrait une économie de 10 milliards, soit de mettre fin au déficit de la branche assurance maladie de la Sécurité Sociale...
Serge RADER, France 2Un oeil sur la planète26/03/2012.

Moi vouloir Jane...

Sous la surface de l'homme et de son rapport à la violence...
[...] Les êtres humains sont capables d'une violence et d'une cruauté presque inimaginables à l'égard d'autrui [...] mais nous sommes également des créatures éminemment sociables, coopératives, qui ont viscéralement horreur de verser le sang humain. 
[...] Il faut avoir à l'esprit que nos ancêtres ont triomphé non en tant qu'individus, mais en temps que membres de communautés victorieuses. 
[...] Les raids des Yanomami [...est] la forme de guerre probablement menées par nos ancêtres préhistoriques. [Dans cette société tribale d'Amazonie étudiée par Napoléon Chagnon], la guerre est moins le résultat d'un désir de s'approprier les ressources que le produit de tensions psychologiques : jalousie sexuelle, accusations de sorcellerie, désir de vengeance. [...] Les femmes de chaque communauté encouragent les guerriers. C'est un cercle vicieux
[...] Les hommes qui ont tué, ont plus de femmes et plus d'enfants, que ceux qui n'ont pas tué. Napoleon Chagnon. 
[...] Brian Ferguson ou Keith Otterbein ont [...] proposé une hypothèse alternative cohérente, selon laquelle la guerre fut une "invention culturelle" remontant à environ 10 000 ans. 
[Au cours d'un échange] Einstein [écrivit] à Freud : "Vous avez montré avec une lucidité confondante que les instincts agressifs et destructeurs sont inséparablement liés dans la psyché humaine avec ceux de l'amour et du désir de vivre." 
[...] Dans l'immense majorité des cas, les autres espèces ne tuent leurs semblables que dans un combat individuel, en face à face. Pour trouver des prototypes de guerre chez les animaux non humains, il faut se focaliser sur les phénomènes d'"agression de coalition", que l'on trouve par exemple chez les chimpanzés
[...] C'est l'équipe de Jane Goodall, en 1974...
Ahhh... Jane Goodall...
... qui a pour la première fois observé un raid des chimpanzés. [...] Ils sont menés typiquement par une demi-douzaine à une douzaine de mâles [...]. L'un d'eux immobilise la victime et les autres vont à la curée, se livrant souvent à ce que les observateurs humains qualifient de "cruauté gratuite" : ils tordent un membre jusqu'à ce qu'il craque, arrachent la peau, les testicules et les ongles... Books. 
[...] Le guerrier a un double avantage. Non seulement il est particulièrement attirant pour les femmes de sa propre communauté, mais il peut aussi contraindre les épouses et les filles de l'ennemi. Ces deux facteurs ont pu oeuvrer de concert et fournir dans le passé aux hommes les plus violents davantage d'opportunités de se reproduire qu'aux hommes plus policés. Suivant la dynamique bien connu de la sélection sexuelle, les fils de ces unions ont eu toutes les chances d'hériter du tempérament belliqueux de leur père et ainsi, de génération en génération, les gènes de la violence masculine se sont propagés dans la population. David Livingstone Smith.
[...] Les animaux et les plantes emploient quantités de ruses pour se nourrir, se dissimuler et propager leurs gènes. Or, chez l'homme, se tromper soi-même aide à tromper les autres. Un menteur qui croit à ses propres boniments est bien plus convaincant que celui qui n'y croit pas. Cette faculté a donc pu être sélectionnée par l'évolution
[...] La plupart des gens restent indifférents à la majeure partie de la souffrance humaine. Pourquoi ? D'abord, nous sommes plus indulgents à l'égard de ceux qui nous ressemblent.
[...] Ensuite, nous penchons en faveur de ceux avec qui nous entrons en contact direct. [...Enfin], nous favorisons les membres de notre famille parce qu'ils partagent nos gènes.
[...] En même temps, cette préférence pour les membres de notre communauté contribuent à expliquer notre inhibition devant la perspective d'avoir à tuer quelqu'un. 
[...] Nous coopérons pour mieux entrer en compétition, et un haut niveau d'appartenance communautaire nous rend mieux à même de nous unir pour détruire nos rivaux. Robert Bigelow (biologiste).
Une expérience célèbre et édifiante sur la force du lien social >>
[...] Espèce "symbolique", selon l'expression de l'anthropologue Terrence Deacon, l'homme a ajouté une dimension entièrement nouvelle à la guerre, l'idéologie : "Aucun chimpanzé ne peut rêver d'établir une race de maîtres [ou] de conquérir la Terre Sainte [...] ". 
[...] Pour surmonter son horreur de tuer [...] le combattant peut s'immerger dans une forme particulière de mensonge à soi-même. [...] Le remède consiste alors à déshumaniser l'ennemi. [...] Faire de l'adversaire un animal dangereux, infrahumain, [...] un gibier [... ou] un parasite, un virus, un rat, un pou, etc. 
[...] Une autre technique consiste à déformer la réalité de la violence en transférant la responsabilité de l'acte sur une autorité spirituelle ou séculière. En Nouvelle-Guinée, des esprits ancestraux ou totémiques peuvent être présentés comme les véritables auteurs d'une tuerie, le guerrier ayant seulement agi comme véhicule de leurs désirs [...]. 
[J'ai montré] que la thèse suivant laquelle les mâles humains seraient des "tueurs naturels-nés" ne résistait pas à l'analyse. Verser le sang requiert des conditions extrêmes. "I'm a lover, not a fighter", ont confié au sociologue Charles Moskos quantité de soldats américains au Vietnam. [...] Même les chimpanzés manifestent une aversion à tuer leurs semblables. 
Johan Van DER DENNEN (Evolutionary Psychology)Books, 12/2012, p. 25.

The Georges touch...

Où comment un spéculateur s'y prend, très concrètement, pour "attaquer un État"...

Pour se faire, le spéculateur s'en prend à sa devise (sa monnaie) en pariant (massivement) sur la baisse future de sa valeur. L'exemple le plus souvent cité est The black wednesday (le mercredi noir) du 16 septembre 1992, le jour où Georges Soros a fait "sauter la Banque d'Angleterre" en attaquant la livre sterling.
La technique consiste à emprunter dans la monnaie fragile (celle que l'on souhaite voir baisser), la convertir en une monnaie forte le temps qu'elle perde de la valeur, puis reconvertir en sens inverse en récupérant au passage une beau profit.

Exemple théorique...
Imaginons que le taux de change de l'euro en dollars soit 1 € = 1,45 $. Vous pensez que l'euro va baisser et ne vaudra plus dans un mois que, mettons, 1,40 $.

1. Vous empruntez 100 € à votre banque (vous êtes un spéculateur prudent...) à un taux de, par exemple, 4 % (taux d'intérêts de la Banque centrale européenne).
2. Vous convertissez le même jour cette somme en dollars (ce qui revient à acheter des dollars). Vous disposez alors de 145 $.
3. Vous placez aussitôt ces 145 $ à, disons 2 % (taux d'intérêts de la FED). A ce stade-là, avec seulement 100 € vendus, aucune chance d'influer sur le cours de l'euro. Un gros investisseur (fonds d'investissement privé comme celui de Georges Soros, fonds de pension ou hedge funds), lui, peut échanger plusieurs milliards d'euros. Cette offre massive pousse le cours à la baisse, sans parler d'un éventuel effet de panique qui peut accentuer cette baisse (que peut bien cacher une telle offre de vente !).
4. Après un mois, l'euro perd environ 10 %. Le nouveau taux de change est alors de 1 € = 1,30 $. Vous ressortez vos dollars avec les intérêts du placement...
145 x 2 % x 30/360 = 0,24 $.
Vous possédez donc 145,24 $ que vous convertissez en euros...
145,24 x 1/1,30 = 111,72 €.
Vous remboursez l'emprunt et les intérêts...
100 + (100 x 4 % x 30/360) = 100,33 €.
Votre gain net...
111,72 – 100,33 = 11,39 €.
A partir de rien (vous avez emprunter les 100 euros de départ à votre banque), vous avez gagné plus de 11 euros : c'est ce que les financiers appellent un effet de levier. Imaginez que vous soyez Georges Soros : vous misez alors non pas 100 €, mais... 7 000 000 000 € ! 

Exemple de Georges Soros...

1. Il détecte la divergence entre les cours du marché et les fondamentaux de l'économie. En particulier parce que le taux d'inflation au Royaume-Uni, plusieurs fois supérieur au taux allemand, ne permettait plus de conserver un taux de change supérieur à 2,70 marks la livre, imposé par le SME (Système monétaire européen). Il était persuadé que la livre devrait baisser tôt ou tard...
2. Avant le 15 août, Quantum, son fonds d'investissement, emprunte 14 milliards de dollars en livre (avec seulement 1 milliard de dollars de garanties, uns sorte d'apport personnel, en somme...).
3. Il vend à découvert (il short via des sterling put options) pour 7 milliards de livres.

Voir cet article didactique pour mieux comprendre le fonctionnement des produits dérivés >>

4. En parallèle, il achète pour 6 milliards de dollars de marks, 500 millions de dollars de francs, 500 millions de dollars d'actions anglaises censées monter lors d'une dévaluation de la livre, prend des positions "longues" (se porte acheteur à terme, c'est-à-dire pari sur une hausse des cours) sur les marchés obligataires allemands et français, et des positions "courtes" (vend à découvert, c'est-à-dire pari sur une baisse des cours) sur leurs marchés boursiers.
5. Ensuite, il se répand dans la presse financière afin d'entraîner d'autres spéculateurs à sa suite.
6. La Bank of England dépense 50 milliards de dollars de réserves pour tenter de contrebalancer la chute du cours de la livre (elle essaie an vain de racheter ces milliards de livres proposés à la vente).
7. Un mois plus tard, en ultime recours, elle relève ses taux d'intérêt de 10 % à 12 % (et promet même, en désespoir de cause, un nouveau relèvement à 15 % pour convaincre les investisseurs d'acheter de la livre. Ils ne suivent pas. La devise perd 24 % en 3 mois. Le mark et le franc ont pris brutalement 7 %. Les obligations françaises et allemandes ont pris 3 %. Wikipédia.
8. Georges Soros exerce alors ses options en achetant au comptant une livre bien moins chère qu'il ne la revend et empoche au passage autour d'un milliard de dollars.

Croissance en sécurité...

La mondialisation touche aussi la protection sociale. Inde, Brésil, et autres "pays émergents" développent l'aide aux retraités et aux chômeurs. Le progrès spectaculaire est celui de l'assurance-santé en Chine : selon un rapport du Centre d'analyse stratégique, elle couvrait 24 % de la population en 2005, contre 94 % en 2010 ! [...] Les pays émergents ont intérêt à poursuivre la mise en place d'une "Sécu" efficace : une fois couverts, les ménages peuvent se passer d'une épargne de précaution élevée et dépensent plus, stimulant la croissance économique. Ainsi, peu à peu, nos industriels seront moins concurrencés par les entreprises chinoises, obligées de cotiser pour leurs salariés.

De bonne guerre...

La définition de la propriété privée qui est la nôtre aujourd'hui, associée à l'héritage, favorise une hétérogénéité dans la répartition du patrimoine. A cela vient s'ajouter la pratique du prêt à intérêt, qui fait que l'argent appelle toujours davantage l'argent. Il en résulte une concentration de la richesse toujours croissante (le mouvement s'est accéléré depuis 2008 à l'échelle de la planète entière). Seuls des évènements tragiques tels que les catastrophes naturelles ou les guerres contribuent à rétablir une meilleur homogénéité. Les politiques fiscales efficaces, dont ce devrait être le rôle, n'y parviennent qu'exceptionnellement en raison de la capacité des plus riches à trouver les moyens de s'y soustraire. Paul JORION (2012), Misère de la pensée économique, Fayard, p. 312.
Un autre Paul est sur la même ligne...
Paul Krugman, avec un cynisme amer, rappelle que ce qui a sorti le monde de la crise fut un colossal plan de relance appelé "Seconde Guerre mondiale". Michel MUSOLINO (2012), La crise pour les nuls, First Editions, p.28.
Mais évidemment ça se discute...
Portraying WWII as bounteous economically because statistical measures bettered is like confusing a high batting average with winning championships. You can hit well and still lose. Normally, hitting safely and decreased joblessness reflect success, but war is different. Unemployment lessened because the draft sent men into combat. Increasing production because women were forced into factories building bombs is deceptiveForbes.com
D'autant qu'il est possible de s'interroger en ces termes : la guerre est-elle une condition suffisante ou nécessaire ? Car si la guerre peut apparaître de prime abord comme le seul véritable moyen de "rebattre les cartes", elle pourrait tout aussi bien être le début d'un chaos sans fin si elle n'est pas suivie de la mise en place de politiques "progressistes" et responsables.
Cela n'a pas été le cas à l'issue de la Première guerre mondiale : l'humiliation du Traité de Versailles et la loi de la jungle dans l'économie financière ont contribué, si ce n'est engendré, la crise de 1929 puis la Seconde Guerre mondiale.
Cette dernière, à l'inverse, a vu la Déclaration de Philadelphie poser les fondements d'une reconstruction de l'Europe sur des bases "humanistes". Ainsi, peut-être, les Trente Glorieuses ne s'expliquent-elles pas tant par la nécessité de reconstruire une Europe ravagée, que par la mise en place de politiques progressistes...

Il était une fois en Occident...

Où l'on (re-)découvre la chronologie de l'avènement du capitalisme d'après-guerre, dit néolibéral, et quelques autres détails plus ou moins techniques et éclairants...
La croissance très forte des années 1960 va changer la donne : l'expansion fait alors éclater le contrôle des capitaux, jusqu'ici très étroit. [...] La première victime en a été le système international de Bretton Woods, établi en 1944, qui avait fait du dollars, seule devise convertible en or, l'étalon de toutes les monnaies. Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.
Quelques détails techniques dans L'économie pour les nuls...
Dans le système de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une période donnée, varier de + ou - 1 % par rapport au dollars. [...] En tout, on a [donc] une possibilité de variation de 2 %. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple du franc au mark, le risque de change est de 4 % (2 % de baisse totale du franc + 2 % de hausse totale du mark). Michel MUSOLINO, L'Economie pour les nuls, First Editions, p. 147.
 Si on utilise le dollar, le risque est limité à 2 % [...]. Cette raison, avec d'autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux [...]. 
Les banques centrales des différents pays sont tenues d'intervenir sur le marché des changes pour éviter les variations excessives supérieures à 1 % [...]. Concrètement, si le mark [par exemple] monte au-dessus de 1 %, la Bundesbank doit vendre des marks. Si le franc baisse au-delà de 1 %, la Banque de France doit  acheter des francs. Ainsi, l'équilibre entre l'offre et la demande sera rétabli et la parité de la monnaie préservée. [Pour assurer ces opérations sur les marchés] les banques centrales peuvent puiser dans leurs réserves de change constituées par l'accumulation des devises issues d'un commerce extérieur excédentaire [souvent des dollars]. Sinon, elles doivent demander des prêts [...] au FMI [créé à l'occasion des Accords de Bretton Woods]. Michel MUSOLINO, L'Economie pour les nuls, First Editions, p. 147.
Après la dévaluation de la livre en octobre 1967, le dollar commence a être attaqué, d'autant que la guerre du Vietnam alimente l'inflation américaine. Et le 15 août 1971, le coup de force monétaire de Nixon, qui suspend la convertibilité du dollar en or, met un terme au système de Bretton Woods, ouvrant la voie à la grande inflation des années 1970. [...] Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.
Jacques Attali (par exemple), livre une explication qui revient très souvent dans les chronologies sur la fin du système de Bretton Woods... 
Le 15 août 1971, quand le gouvernement de Bonn demande le remboursement de ses dollars en or, les États-Unis, qui ne veulent pas voir disparaître leurs réserves de métal précieux, suspendent la convertibilité du dollar. On en revient ainsi aux changes flottants de l'entre-deux-guerres, auxquels les accords de Bretton Woods étaient censés s'opposer. […] S'en suit une très forte baisse de la devise américaine qui dévalorise les revenus des pays producteurs de pétrole. Ils réagissent par le premier choc pétrolier, en octobre 1973 […]. Jacques ATTALI (2008), La crise, et après ? Fayard, p. 33.
Avant de poursuivre, pourquoi Bonn demande le remboursement de ses dollars en or ?
Ce qui était arrivé aux monnaies européennes à cause de la guerre arrive également aux États-Unis, en pleine paix. La masse de dollars, gonflée par l'essor des échanges et par une demande toujours inassouvie, finit par dépasser allègrement sa couverture en or [le stock d'or dans les coffres de la Federal reserve]. Dans la deuxième moitié des années 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du général de Gaulle, comprennent que la parité or du dollar ne va pas pouvoir être maintenue éternellement. Ils se mettent donc à demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face à une véritable hémorragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour à la parité or de la livre [...], fait basculer le monde dans le cauchemar. Michel MUSOLINO, L'Economie pour les nuls, First Editions, p. 147.
L'accélération de l'inflation expose les déposants à une fonte de leur patrimoine en valeur réelle. Les banques américaines ont donc cherché à contourner le plafond des taux d'intérêts en créant des fonds commun de placement, dont les rémunérations étaient indexées sur des taux de marché, donc libres [...]. Dès le milieu des années 1970, dans le monde anglo-saxon, les ménages ont commencé à fuir les dépôts bancaires pour acheter des parts dans ces fonds communs. [...] Les premières formes de dérégulation ont donc été le fait d'acteurs privés. Le Nouvel ObservateurHors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p 76. 
L'inflation continuant de s'emballer, [...] c'est le triomphe de l'idéologie monétariste, incarnée par Milton Friedman, pour lequel l'action de l'État en matière monétaire doit consister à contrôler la quantité de monnaie, et pas les taux d'intérêt. Michel MUSOLINO, L'économie pour les nuls, First Editions, p. 147.
[...] La vraie rupture en ce sens intervient en 1979, quand le président de la Réserve fédérale américaine, Paul Volker, décide du jour au lendemain de doubler le taux directeur de la Fed. Cette décision a permis de juguler l'inflation, au prix toutefois d'une forte récession durant les années 1980-1982 [...].
Dès lors, [...] les banques centrales [ont, non plus] la fonction de financer les gouvernements, mais uniquement de contrôler l'inflation [...] En conséquence, les dettes publiques, jusqu'alors hors marché, sont placées sous le feu des marchés financiers, sous la forme des obligations d'État, ce qui va provoquer, à terme, du fait de la récession et du recul des recettes fiscales, une explosion de l'endettement public dans tous les pays développés. D'autre part, le recul de l'inflation, tandis que les taux d'intérêt restent encore élevés dans les années 1980, profitent à la Bourse, qui avait globalement baissé entre 1965 et 1982 [...]. Alors se multiplient les investisseurs institutionnels, qui placent l'épargne des ménages sur les marchés. Enfin, cette nouvelle donne financière, va entraîner une transformation radicale du mode de gestion des entreprises. [...] Les entreprises, dont l'objectif prioritaire est désormais de verser des dividendes aux actionnaires, font pression sur les coûts salariaux... On passe d'un modèle partenarial à un modèle actionnarial. Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.
Avec la chute de l'URSS, ce modèle du capitalisme financier, actionnarial [...] est plus triomphant que jamais. C'est le "consensus de Washington", réunissant les chefs de gouvernement occidentaux, les dirigeants du FMI et des banques centrales, qui estiment tous que la dérégulation financière doit être imposée à toutes les économies mondiales, pour leur propre bien.
Dès les années 1990 [...] tandis que les dettes publiques ne cessent de croître, l'afflux considérable de capitaux sur les marchés financiers provoque une intense spéculation. Et les salaires des classes moyennes n'augmentant que très peu en termes réels, du fait de la pression exercée sur le coût du travail au sein des entreprises, le crédit des ménages se développe de manière massive [...].
A partir de 1998, on innove en matière de crédit, en développant les produits dérivés, puis la titrisation du crédit. Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.

Mauvaises foi...

On a eu en France une caricature de la présentation de M. Romney et de M. Obama. [...] Je me suis amusé à aller sur le site "US Gov" [certainement www.usa.gov] pour savoir ce que je paierais comme impôt si j'étais un citoyen américain avec une femme et un enfant.[...] Présenter Romney comme un grand, grand, méchant capitaliste est totalement excessif.
Alain BLANC-BRUDE (président du Conseil de surveillance Alpha) , BFM, Les experts, 07/11/2012.
Mitt Romney, propose une violente politique de l'offre : forte réduction des taux d'imposition des profits et des taux marginal d'impôt sur le revenu (respectivement de 39 % et 35 %, ils passeraient à une fourchette de 15 à 20 %), réforme de l'assurance maladie pour réduire les dépenses publiques de santé, plafonnement à 20 % du PIB des dépenses publiques, annulation de la loi Dodd-Franck de régulation des banques... » Patrick ARTUS, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 32

Voilà donc un exemple de caricature pour reprendre les mots de M. Alain Blanc-Brude. Il en existe effectivement des centaines d'autres sur toute sorte de média. Et puis soudain, donc, sur BFM business, autre son de cloche...
On a eu en France une caricature de la présentation de M. Romney et de M. Obama. [...] Je me suis amusé à aller sur le site "US Gov" pour savoir ce que je paierais comme impôt si j'étais un citoyen américain avec une femme et un enfant. [...] Si vous gagnez 30 000 $, avec Obama vous payez 6 % et Romney, vous payez 9 %. Si vous gagnez 300 000 $, ils sont ex-aequo, vous payez 31 %. Si vous gagnez 3 000 000 $, vous payez 32 % avec Obama, 34 % avec Romney. Donc présenter Romney comme un grand grand méchant capitaliste est totalement excessif. Alain BLANC-BRUDE (président du Conseil de surveillance Alpha) , BFM Business, Les experts, 07/11/2012.
Quand même, il a l'air terriblement sincère. Pourtant, même pour de vrais journalistes américains... 

Obama: Would make those Bush-era tax rates permanent for everyone except those making more than $200,000 ($250,000 if married). For those high-income households, Obama would preserve the Bush tax rates at the low end (10%, 15% and 25%) but raise the top two rates to 36% and 39.6%.
Romney: Would reduce each of the Bush-era income tax rates by 20%. So the top rate would fall to 28% and the bottom rate would fall to 8%. Money.CNN.com
Je n'ai pas trouvé l'application évoquée sur www.usa.gov, qui semble pourtant être le site dont il parle. Seul le site www.politify.com semble proposer cet exercice.

Si on gagne 300 000 $ (en Salary/Wages uniquement), que l'on a 66 ans (M. Alain Blanc-Brude serait né en 1946 selon www.geoprospect.com) et que l'on est marié avec un enfant à charge, Romney et Obama proposeraient une imposition comparable à 31 %. Voici le résultat affiché...


On remarquera que les impôts semblent devoir baisser dans toutes les tranches, quel que soit le candidat élu, et comme attendu, plus significativement dans les bas salaires avec Obama, dans les hauts salaires avec Romney. Normal.
Cela étant dit, il n'y a pas moyen ici de calculer le taux d'imposition.
Quoi qu'il arrive, à 300 000 $, ils ne sont pas ex-aequo, si l'on se fie aux chiffres ci-dessus. Mais surtout, pour les contribuables qui déclarent 3 000 000 $, on a du mal à croire que les taux d'imposition d'Obama et Romey soient respectivement de "32 %" et "34 %" quand la baisse nette de leur impôt sera de 11 000 $ pour Obama et... 360 000 $ pour Romney !