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Production de temps libre...

PRODUCTION = PRODUCTIVITE x HEURES TRAVAILLEES
soit
PRODUCTION  = PRODUCTIVITE x DUREE DU TRAVAIL x NOMBRES D'EMPLOIS
Ainsi, il y a un lien net entre les gains de productivité et l'emploi. Imaginons qu'un constructeur automobile produise 100 voitures avec 100 ouvriers. Un gain de productivité de 5 % en une année signifie qu'il va être capable de produire 105 voitures avec ses 100 ouvriers. S'il y a 5 % de croissance de la demande, c'est ce qu'il produira. Mais bien évidemment, si la demande n'augmente que de 2 %, il ne produira que 102 voitures, ce qui ne nécessite plus que 97 ouvriers. Rapidement, si le temps de travail n'est pas abaissé, les gains de productivité induiront trois chômeurs... 
[...] C'est tout le drame du productivisme actuel : il y a des gains de productivité, mais une croissance faible. La quantité de travail est donc réduite, soit pas la baisse du temps de travail, soit par la baisse des emplois. Sans intervention publique, la décision appartenant aux entreprises, il est malheureusement logique qu'elles choisissent les licenciements, puisque cela n'a aucun coût pour elles à court terme. En revanche, le chômage augmentant nationalement, le coût de son indemnisation augmente aussi et, finalement, les entreprises paient plus de cotisations. Les deux solutions sont économiquement équivalentes : soit le système productif paie 100 personnes travaillant 35 heures, soit il en paie 90 travaillant 39 heures et indemnise 10 chômeurs pour qu'ils ne travaillent pas.

Olivier BERRUYER, Les faits sont têtus, Les arènes, 2013, p. 232.

Structure de la dépense publique en France...

La représentation la plus synthétique de la structure de la "dépense publique" totale (1 068 000 000 000 € en 2009) est celle-ci...

Lecture : 4,3 % du total de la dépense publique en 2009 a servi à payer
les intérêts de la dette publique.

On peut aussi décomposer ces dépenses comme suit, en comparant par la même occasion avec quelques pays de l'Union européenne...

Lecture : 1,1 % du PIB sont utilisés par les administrations publiques
pour financer la protection de l'environnement.
Alternatives Economiques, 09/2013, p. 35.

La dépense publique au sens large peut également être analysée à travers les dépenses respectives des trois types d'administrations publiques : l'Etat, les Collectivités territoriales et la Sécurité sociale...

Administrations publiques centrales...
Elles regroupent l'Etat lui-même, ses ministères et plus de 700 organismes (de l'ADEME au CNRS en passant par l'IGN ou les Musées nationaux)...


Administrations publiques locales...
Ce sont les collectivités territoriales (communes, départements et régions) et les divers organismes rattachés (les Chambres de commerce et d'industrie, les collèges et lycées publics, les services de secours, etc.)...
Administrations de sécurité sociale...
Ce sont les caisses et autres régimes de Sécurité sociale, les hôpitaux... Leurs dépenses servent à financer maladie, accidents du travail, famille, retraites, chômage...

Mini...

Si le chômage est bas en Allemagne, c'est grâce aux dispositifs permettant de réduire le travail en période de crise, tels que le chômage partiel et les comptes épargne-temps.
[...] Si plus de 2 millions d'emplois ont ainsi été créés entre 2002 et 2011, le nombre de CDI à temps plein a lui... reculé ! A l'inverse, les mini-jobs, payés au maximum 450 euros et qui n'ouvrent pas droit à l'assurance chômage, représentent désormais un emploi sur cinq.
Gilles RAVEAUD (propos de Arnaud CHEVALIER), Alternatives Economiques, 06/2013, p. 88.

Trop de pauvres tue le pauvre...

Comme toujours en période de difficultés économiques, il se trouve une partie de la population pour estimer que les droits en question [Sécurité sociale...] sont trop généreux, et pour souhaiter punir ceux qui y ont recours : le devoir se mue alors en contrepartie, car il s'agit de faire rembourser par le pauvre valide ce que la société lui a accordé. L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) s'en indigne, et montre que cette logique, d'esprit marchand, est aux antipodes de la solidarité et détruit le lien social, puisque le pauvre est suspecté d'abuser. Mais de quoi abusent les 62 % d'allocataires potentiels du RSA qui ne le demandent pas, s'indigne l'Onpes ?
Daniel CARDOT, Alternatives Economiques, 06/2013, p. 86.
Penser l'assistance, Rapport de l'Onpes, La Documentation française, 2013.

Sobriété...

[...] On n'a assisté à aucune "explosion" [des dépenses publiques] au cours des dernières années, comme on l'entend souvent. Entre 2000 et 2012, les dépenses publiques ont augmenté en volume (c'est-à-dire une fois l'inflation déduite) et par habitant de 15 % en France, contre 14,8 % en Allemagne. C'est moins que la moyenne de la zone euro, deux fois moins qu'aux Etats-Unis et trois fois moins qu'au Royaume-Uni. 
[...] Du côté de l'appareil d'Etat [...] on ne constate là non plus, aucune dérive. [Son] fonctionnement [...] (salaires et consommations intermédiaires du secteur public) pesait 18,5 % du PIB en 2000, période faste pour le secteur privé, et 18,7 % en 2012, malgré la crise. De plus, l'appareil d'Etat français coûte non seulement nettement moins cher que celui des pays scandinaves, mais aussi que celui du Royaume-Uni (23,5 %) et des Etats-Unis (19,9 %). 
[...] En 1997, la France consacrait [...] 7,6 % de son PIB à l'éducation. Une part tombée à 6,9 % en 2011. La dépense d'éducation avait même pour la première fois baissé en volume entre 2010 et 2011 [...]. Une tendance à contre-courant des autres pays de l'OCDE [excepté Israël]. En 2009, [la France, avec 6,3 % de son PIB consacré à l'éducation,] était toujours légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE [6,2 %]. Devant l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, mais derrière les Etats-Unis, la Suède et la Finlande. Le problème, c'est que malgré cet investissement conséquent, les résultats ne suivent pas... 
[...] La France est loin d'être le pays le plus généreux avec ses chômeurs : les Pays-Bas, par exemple, consacrent une part deux fois plus importante de leur richesse nationale à chaque demandeur d'emploi. [Autriche, Allemagne, Danemark, Finlande, Irlande dépensent aussi plus que la France. Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Suède dépensent moins].
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 05/2013, p. 9.

Pourtant, selon le supplément Eco & Entreprise du Monde daté du 16/05/2013, la part des dépenses publiques dans le PIB en France est passée, entre 2001 et 2012, de 51,7 % du PIB à 56,6 % (soit 9,5 % de hausse) contre 47,2 % à 49,9 % en Allemagne (soit 5,7 %) et 47,6 % à 45 % pour la moyenne européenne (soit une baisse de 5,5 %)...

Repos forcé...

Sous la surface du sous-emploi, du temps partiel, de l'emploi précaire, ou considéré comme tel...
6. La 30 % des salariés à temps partiel déclarent vouloir travailler davantage [...] en grande majorité des femmes. Alternatives Economiques, 01/2013, p. 52. 
5. La France est [...] l'un des pays européens où le recours aux contrats précaires (CDD ou intérim) est le plus fréquent : plus de 15 % des emplois [13,8 % en Allemagne, 20 % au Portugal ou en Espagne]. Alternatives Economiques, 01/2013, p. 9. 
4. Le taux d'emplois à temps partiel (sur l'emploi total) a diminué en France de 14,2 % en 1995 à 13,6 % en 2011. Il a également diminué aux Etats-Unis (14 à 12,6) et en Suède (15,1 à 13,8). Il a augmenté au Royaume-Uni (22,3 à 24,6), en Allemagne (14,2 à 22,1) ou en Italie (10,5 à 16,7). Alternatives Economiques, 11/2012, p. 71
3. Les trois quarts des recrutements se font [...] aujourd'hui en CDD. Alternatives Economiques, 10/2012, p. 15. 
2. Les travailleurs en sous-emploi [temps partiel ou temps complet un partie de l'année] étaient plus de 1,5 million début 2010. DORIVAL C. (2011). Le travail, non merci ! Les petits matins, 2011, p.45.  
1. On assiste à un fort développement des emplois de très courte durée. [Selon l'Acoss, entre 2000 et 2010, le nombre de CDD de moins d'un mois enregistrés, a augmenté de 126 %. Le nombre de CDI a diminué de 23 %]. Alternatives Economiques, 11/2011, p. 11. 

Aspirine pour tous...

Sous la surface de l'impact de l'immigration sur la protection sociale...
6. Les immigrés non communautaires recourent plus fréquemment que les natifs aux aides au logement (34 % au lieu de 13,4 %), aux allocations familiales (35 % au lieu de 24,3 %) et à l'assurance chômage (19 % au lieu de 11,7 %). Mais à contrario, ils perçoivent moins de prestations liées à la santé ou à la retraite. Xavier CHOJNICKI (auteur de On entend dire que l'immigration coûte cher à la France. Qu'en pensent les économistes ? Eyrolles-Les Echos), L'Express, 11/2012, p. 54. 
5. [...] Pour l'année étudiée [2005], la contribution nette de l'immigration est de 3,9 milliards d'euros. Soit 0,5 % du PIB, ce qui, au demeurant, reste globalement faible. [...] Quelle que soit l'année retenue, l'impact financier de l'immigration est toujours relativement neutre. Parfois un peu positif, parfois un peu négatif, mais toujours autour de l'équilibre. Xavier CHOJNICKI, L'Express, 11/2012, p. 54. 
4. [...] Jean-Paul Gourévitch [dont l'étude conclue à un coût de 30 milliards d'euros], ajoute 2 millions de personnes : les enfants d'immigrés. Cela pourrait paraître normal, mais le problème réside dans le fait qu'il ne les comptabilise que lorsqu'ils sont mineurs et qu'ils pèsent le plus sur les dépenses publiques, via l'éducation notamment, et pas quand ils sont majeurs et contribuent, en payant des cotisations et des impôts, à la collectivité. [...] Cette étude impute aux immigrés le coût de la contrefaçon (2,2 milliards d'euros), celui de la prostitution (1,4 milliards) ou l'aide publique au développement à destination des pays d'origine. [...] Jean-Paul Gourévitch néglige le fait qu'une personne de 60 ans est, en moyenne, deux fois plus coûteuse pour le système de santé qu'un trentenaire. Xavier CHOJNICKI, L'Express, 11/2012, p. 54. 
3. En mettant des freins à l'accession, on risque de retrouver ces malades plus tard pour un coût beaucoup plus élevé. Christophe SIRUGUE (député socialiste), L'Express, 11/2012, p. 56. 
2. Entre 210 000 et 220 000 personnes bénéficient de l'AME [aide médicale pour les étrangers en situation irrégulière] , pour un coût total de 588 millions d'euros. Soit une hausse de 185 % du nombre d'inscrits et une multiplication par six du budget en douze ans, même si les dépenses progressent désormais moins vite. [...] Les bénéficiaires de l'AME [...] coûtent 1 741 € par an, au lieu de 1 580 € pour les assurés du régime général. Ils coûtent beaucoup moins que les patients démunis relevant de la CMU (complémentaire comprise) : 2 606 €.  L'Express, 11/2012, p. 56. 
1. 80 % des inscrits [à l'AME] sont seuls, sans ayant-droit. L'Express, 11/2012, p. 58.

Repos forcé II...

Près de 2 milliards d'allocations chômage [ne sont pas] attribuées chaque mois à des demandeurs d'emploi qui, faute d'information, ne sont pas inscrits à Pôle Emploi.
Martine GILSON, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 24.

Raffermissement incitatif...

[...] Marc Ferracci, chercheur au Crest, [...] suggère d'abaisser le plafond des allocations [chômage] les plus élevées (environ 5800 euros actuellement). Les taux de remplacement varient  de 75 % (pour les salaires de référence les plus faibles) à 57 % (pour les plus élevés). Il s'agirait de rendre le système encore plus dégressif, afin qu'il soit encore plus incitatif pour les plus qualifiés. [...] Une telle réforme dégagerait des moyens qui pourraient être utilisés pour renforcer l'accompagnement des chômeurs qui sont le plus en difficulté.
L'Expansion, 09/2012, p.43.

Réforme Sans Appréciation ?

Initialement, [le RSA] devait être expérimenté pendant plus d'un an avant sa généralisation. Cette exigence n'a pas été respectée. De plus, la nouvelle prestation, lancée en 2008, s'est ajoutée à la prime pour l'emploi (PPE), un dispositif voisin et très critiqué. Mais que le gouvernement n'a pas eu le courage de supprimer.
L'Express, 09/2012, p. 56.

Pourtant...
Aucune réforme de cette nature n'a été autant testée avant d'être appliquée. Nous avons expérimenté le RSA dans 33 départements avant de le généraliser. Nous l'avons testé face au RMI et démontré qu'il était plus efficace pour le retour à l'emploi .
Martin HIRSCH, Le Figaro, 06/2011, p. 34.

Et les autres ?

Quelques recettes appliqués dans différents pays européens en matière de lutte contre le chômage...


Danemark...
  1. En 1994, réduction de la durée maximale de prestation d'assurance-chômage raccourcie de sept ans à quatre ans.
  2. Au-delà de six à neuf mois d'indemnisation, les chômeurs sont tenus d'accepter les offres proposées par le service public de l'emploi. Il peut s'agir de [...] travaux d'utilité générale ou de stages de formation.
Suède...
  1. [...] La fiscalité rend le travail plus alléchant que l'inactivité grâce au crédit d'impôt dont bénéficient les salariés.
  2. Les demandeurs d'emploi suédois sont [...] contraints d'accepter toute offre "convenable" d'emploi, sous peine de suppression ou de diminution de leur indemnité.
Allemagne...
  1. Depuis les réformes Hartz sous Gerhard Schröder Les indemnités chômage ne sont plus versées pendant 32 mois [...] mais seulement durant 12 mois. Au-delà, le chômeur perçoit une allocation sociale d'environ 360 euros par mois, soumise à des conditions de revenu ou de patrimoine. [...] Il est contraint d'accepter en contrepartie des emplois payés de 1 à 2,50 euros de l'heure [...].
Royaume-Uni...
  1. Les indemnités de chômage ne sont pas calculées en fonction du dernier salaire [...] mais plafonnées à la modique somme de 65,45 livres (environ 75 euros) par semaine [...].
  2. Les chômeurs de longue durée se voient proposer de réaliser temporairement, pour la collectivité, des tâches parfois ingrates (ramasser des ordures, balayer des rues...). Des travaux d'intérêt général dont le refus pourrait entraîner, d'ici à 2013, la suspension des aides sociales.
Christian de MONTALAMBERT, Le Figaro, n° 20789, 06/2011, p. 40.

De temps en temps...

La facture du régime d'assurance-chômage des intermittents du spectacle, assumée par l'Unedic, s'élève à 1,2 milliards d'euros par an pour 100 000 bénéficiaires.
L'Express, 05/2012, p.64.

RSA et RMI sont sur un bateau...

Sous la surface des minimas sociaux RSA et RMI...
7. En France, le RSA socle vaut l'équivalent de 27 % du revenu médian, contre 59 % en Belgique, 82 % au Royaume-Uni, 45,9 aux Pays-Bas, 48,7 au Luxembourg et 24 % en Suède. Alternatives Economiques, 01/2013, p. 18.
7. 5,7 milliards d'euros n'ont pas été versés, [en 2011], à des Français qui pourraient bénéficier du RSA. Martine GILSON, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 24.
6. Le RSA en France, relativement au niveau de vie, est un des plus faibles en Europe. CONCIALDI P. France Inter, Là-bas si j'y suis, 19/01/2012. 
5. "Un couple qui ne travaille pas et qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu'un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au smic." WAUQUIEZ Laurent. BFM, 08/05/2011. 
4. L'Unedic, financée par les cotisations des employeurs et des salariés, dépense 27 milliards d'euros par an en indemnisations, mais elle n'indemnise que la moitié des personnes inscrites à Pôle emploi. L'Etat et les départements, dépensent en ASS et RSA, moins de 15 milliards d'euros. Alternatives Economiques, 11/2011. 
3. Sur les 1,8 millions de bénéficiaires [du RSA], seule une minorité (600 000) touche le RSA dit "activité", celui qui vient en complément d'un revenu du travail. Or, c'est ce mécanisme qui est censé aider au retour vers l'emploi. Le Figaro, 06/2011, p. 32.
2. S'il coûte si cher, c'est que le RSA accompagne plus longtemps les travailleurs précaires : on peut bénéficier d'un complément de RSA jusqu'à 2755 euros de revenus mensuel. Le Figaro, 06/2011, p. 32.
1. Entre 2000 et 2008 (période de croissance, faut-il le rappeler), le nombre de bénéficiaires du RMI dans les DOM a plus que doublé, passant de 133 000 à 280 000. Le Figaro, 06/2011, p. 32. 

Le Figaro, 06/2011, p. 30.

Esquives...

Sous la surface de la fraude sociale, des assurés, des employeurs, et autres filous...
4. La fraude des assurés sociaux est estimée à 2 milliards d'euros. France 5, C dans l'air,  16/11/2011. 
3. La fraude des employeurs est estimée entre 8 et 15 milliards d'euros. France 5, C dans l'air,  16/11/2011. 
2. Les contrôles médicaux effectués par la Cnam rendent compte de 11 % de fraude constatée sur les arrêts maladie. Lorsque le contrôle est effectué par un médecin contrôleur patronal, les cas frauduleux s'élèvent à  40 %. Le différentiel s'explique en particulier par le ciblage effectué par les employeurs sur les employés dont ils sont à peu près certains qu'ils fraudent. France 5, C dans l'air, 16/11/2011.
1. Selon la Cour des comptes, au niveau national, 4 % des dossiers RSA comporteraient des fraudes. Le Figaro, 06/2011, p. 35. 
Un joli petit graphique sur la fraude au sens large >>