Affichage des articles dont le libellé est Industrie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Industrie. Afficher tous les articles

Rien ne va plus...

Les raisons fondamentales du ralentissement économique selon Patrick ARTUS...
1. [...] Les rendements décroissant de la R&D. Les budgets de R&D ont beau être toujours plus ambitieux, ils ne débouchent plus sur la même quantité d'innovations, de nouveaux produits, de nouveaux processus de production. 
2. L'augmentation de l'intensité capitalistique. [...] Il faut désormais, aux Etats-Unis comme en zone euro, deux fois plus de capital qu'il y a cinquante ans pour créer la même quantité de richesses
3. L'amaigrissement irrésistible des secteurs où les gains de productivité sont sensiblement plus élevés qu'ailleurs (en clair, l'industrie manufacturière). 
4. L'insuffisant niveau de qualification de la population active.
Patrick ARTUS et Marie-Paule VIRARD, Croissance zéro, Fayard, 2015, page 37.

Du beur dans les chaînes...

[...] Je ne pardonne pas à Georges Pompidou [d'avoir créé le problème de l'intégration des étrangers] en ouvrant les vannes de l'immigration sans se soucier ni de l'organiser, ni d'intégrer cette main d'oeuvre [...] que la France faisait venir pour les besoins de ses industries automobile et sidérurgique qui ont été ainsi dispensées des investissement de mécanisation qu'elles auraient dû faire pour soutenir la concurrence. On a fait venir 3 millions et demi de gens d'un coup, sans s'occuper de les loger, de les alphabétiser, de leur apprendre le français, et nous en payons le prix.
Michel ROCARD, La politique telle qu'elle meurt de ne pas être.
Alain Juppé, Michel Rocard, débat conduit par Bernard Guetta. J'ai Lu. 2011. Page 50.

Start-down...

Pourquoi la France voit-elle son industrie péricliter ? Pourquoi génère-t-elle si peu d'entreprises innovantes ? Les avis des uns et des autres...
Les chefs d'entreprise ont besoin des sécurité fiscale et réglementaire pour investir. [Les] changements de pied incessants sont mortifères. Anne EVENO (propos de M. Jean-Eudes du Mesnil du Buisson), Le Monde, 06/11/2013, Supplément Eco & Entreprises, p. 2.
Les levées de fonds de capital-risque sont dix fois plus élevées aux Etats-Unis qu'en EuropeFleur PELLERIN, Alternatives Economiques, 11/2013, p. 68.
[...] Les taux de créations d'entreprise de part et d'autre de l'Atlantique ne sont pas très différents, mais les entreprises européennes grandissent difficilement. 
[...] Cette divergence tient en partie au fait que beaucoup de créateurs d'entreprise, côté européen, préfèrent rester petits
Elle tient aussi à des facteurs financiers. Il est impossible de financer des croissances aussi rapides et aussi spectaculaires avec du crédit bancaire
[...] Pour monter dans le train de l'économie de l'innovation, il faut accepter que les champions établis se fassent bousculer. Or, en Europe, on a tendance à [les] protéger [...]. 
Ceux-ci rachètent les start-up, les assimilent, mais souvent aussi les brident
[...] Dans le secteur des biotechnologies, au sud de San Francisco, par exemple, beaucoup de petites entreprises [se sont] établies à peu près au même endroit. [...] Celles qui sont temporairement en difficulté licencient tandis que d'autres embauchent. [...] Cette démographie bouillonnante ne peut fonctionner que si les salariés vont d'une entreprise à l'autre. Ce type d'organisation du marché du travail, très éloigné du modèle de l'emploi stable, est très peu fréquent en Europe. Ce qui ne concourt pas à doper l'innovation. Jean PISANI-FERRY, Alternatives Economiques, Hors-Série n° 97, p. 44.

Coal or not coal ?

Un faisceau de facteurs se concentrent en Angleterre pour déclencher la révolution industrielle : une forte demande intérieure (grâce à la révolution agricole), l'unification du marché intérieur, l'accès aux marchés de la péninsule ibérique et de l'Europe du Nord, la pénurie de main-d'oeuvre stimulant l'innovation,...
La pénurie de main-d'oeuvre peut semble-t-il être relativisée...
[...] Des pauvres, il y'en avait alors beaucoup en Angleterre, du fait de la révolution agricole : privés de la possibilité de faire paître quelques bêtes sur les terres en jachères, ils affluent en masse dans les villes, à la recherche d'un emploiAlternatives Economiques, Hors série n° 97, Faut-il dire adieu à la croissance ? 2013, p. 14.
...un partage du pouvoir entre la noblesse volontiers entrepreneuse et la grande bourgeoisie, les capacités d'investissement liées à un système bancaire performant, un environnement culturel et religieux favorable à l'esprit d'entreprise... Alternatives Economiques, Hors série n° 93, Comment sauver l'industrie ? 2012. Alternatives Economiques, Hors série n° 97, Faut-il dire adieu à la croissance ? 2013, p. 17.
L'historien David Landes, souligne aussi le rôle des institutions, la liberté et les droits de propriété garantis grâce au régime de type quasi parlementaire établi dès 1688 en Angleterre avec la "Glorieuse Révolution" ayant contribué à rendre plus sûrs les investissements pour la production de biens et de services. 
... Autant de facteurs jugés secondaires par Kenneth Pomeranz, pour qui l'avantage décisif du Royaume-Uni (sur la Chine en particulier, considérée comme étant par ailleurs dans une situation comparable)...
... vient de sa réserve abondante de charbon, qui lui permet d'économiser le bois...
... et de ses colonies, qui lui fournissent la matière première de l'industrie cotonnière. La terre peut alors continuer à nourrir les hommes et l'industrie peut décoller.
Alternatives Economiques, Hors série n° 93, Comment sauver l'industrie ? 2012.

Jean-Marc Jancovici, par exemple, insiste sur le facteur déterminant de la disponibilité d'une énergie pas chère pour générer une croissance forte et à fortiori, une révolution industrielle >>


Jared Diamond souligne le rôle de l'insularité de l'Angleterre dans son succès économique...
En Europe même, l'Angleterre a bénéficié d'avantages supplémentaires : le fait d'être une île peu exposée aux risques d'invasion et de border l'océan Atlantique, qui s'est ouvert au commerce international après 1492.
Jared DIAMOND (New York Review Of Books, 06/2012), Books, 04/2013, p. 54.

Perturbés...

Une récente étude publiée dans la revue Human Reproduction indique que la concentration de spermatozoïdes dans le sperme des Français a chuté de presque un tiers entre 1989 et 2005, pour atteindre 49,9 millions de spermatozoïdes par millilitre [seuil d'infertilité estimé à 15 millions]. 
[...] Les auteurs soulignent la probable effet de facteurs environnementaux, et notamment ceux des perturbateurs endocriniens [...]. Les phtalates, le bisphénol A et autres parabènes sont en effet très présents dans notre vie (contenants alimentaires, cigarettes, plastiques, insecticides, pesticides, etc.). 
[...] Autres signes des effets supposés de ces substances [...] : le nombre de cancers de la prostate a quintuplé entre 1978 et 1998, tandis que celui des cancers du sein et des testicules doublait. 
[...] Il aura fallu plus de vingt ans d'études démontrant les effets nocifs du bisphénol A, une substance largement utilisée dans les contenants alimentaires, pour que son interdiction soit décidée.
David BELLIARD, Alternatives Economiques, 01/2013, p. 51.

Créatifs...

La plupart des troubles mentaux ne sont pas de véritables maladies. Pour le dire très vite, ce sont des manières d'être et de se présenter à autrui, des "idiomes" destinés à communiquer un mal-être et une demande de prise en charge. Il est donc normal que ces idiomes se modèlent sur les attentes de la société et des hommes-médecine au sujet de la bonne façon d'être "malade". En ce sens, la demande symptomatique s'adapte à l'offre thérapeutique et change avec elle. Ce mécanisme a toujours existé, mais il est à présent exploité, avec un cynisme sidérant, par les départements marketing des grands laboratoires
[...] Très peu de gens en ont conscience, mais la façon dont nous allons nous sentir mal dans notre peau dans cinq ou dix ans, se décide aujourd'hui dans des bureaux, en fonction de stratégies industrielles et commerciales.
Mikkel BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22.

Guerre haut débit...

Le risque d'une attaque [informatique] massive, dans les cinq à dix ans,est classé [en France], au deuxième rang des préoccupations après les actes terroristes. Page 60. 
[...] Les risques d'un cyberconflit existent, mais il masque une autre motivation, bien plus puissante... 
"Faire du business ! Etre capable de griller un réseau électrique, c'est bien, mais le véritable enjeu, c'est surtout de gagner des parts de marché." Jonathan BROSSARD (hacker), p. 67. 
[...] Connaître, dans le détail, la proposition d'un concurrent, lors d'un gros appel d'offre, donne un avantage décisif. Pour l'avoir négligé, certaines sociétés ont péri. Des pirates, chinois semble-t-il, ont pillé les secrets du géant canadien des télécoms Nortel pendant près de dix ans, au point de l'acculer à la faillite. De tels exemples abondent. Page 67.  
[...] Appelés à la rescousse du groupe nucléaire Areva, après la découverte, fin 2011, de l'un des plus gros pillages de ces dernières années, les "cyberdétectives" ont été incapables d'évaluer l'ampleur du préjudice...
"[...] Ce qui est certain, c'est que l'attaque durait depuis longtemps. Nous sommes convaincus que les pirates ont réussi à pénétrer au coeur du système d'information et qu'ils ont eu accès à tout ou presque.Un hacker anonyme, p. 70.
L'Express, 11/2012.

Mal-mesure de l'industrie...

Les profits bruts des entreprises [du secteur manufacturier], ne représentaient plus que 21 % de sa valeur ajoutée en 2012, moitié moins que dans les services marchands, contre 34 % en 2000. 
[...] On peut certes relativiser quelque peu ces chiffres. La France est tout d'abord l'un des pays où le recours aux intérimaires, qui représentent près du dixième des employés dans l'industrie, est le plus massif. Mais ces emplois, comme la valeur ajoutée qu'ils créent, sont comptabilisés dans les services
[...] De plus, l'industrie est aussi le secteur le plus largement dominé par les multinationales. Or, celles-ci pratiquent l'optimisation fiscale de façon de plus en plus agressive [...].
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 11/2012, p. 7.

Artillerie lourde...

Les chiffres du lobbying ...
4. [...] Le lobby pharmaceutique est l'un des plus puissants à Washington : 189,1 millions de dollars dépensés en lobbying par les firmes en 2007. Mikkel BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22. 
3. Goldman Sachs et JP Morgan ont dépensé respectivement  8,3 et 12,7 millions de dollars en lobbying auprès des législateurs qui travaillent toujours sur le texte finale de loi Dodd-Franck de juillet 2010. William COHAN, cité par Christine KERDELLANT, L'Express, 11/2012, p. 92. 
2. Depuis 1998, Exxon Mobil a injecté 9,4 millions de dollars dans les campagnes présidentielles et législatives, dont 87 % en faveur du parti républicain, et dépensé 169 millions en campagnes de lobbying à Washington. Coral DAVENPORT (BookForum, 2012), Books, 11/2012, p. 42.
1. Dans les années 1980, le secteur du lobbying [aux États-Unis] pesait 400 millions de dollars par an. Aujourd'hui il pèse dans les quatre milliards. Jacob HACKER, Arte, 740 Park avenue, 29/11/2012.
1.2. D'autres extraits de ce reportage d'Arte sur le lobbying aux États-Unis >>

Usine story...

Où un petit tour succins de l'histoire de l'industrie française enrichie notre réflexion sur son état présent et, peut-être, son état à venir...
Les temps troublés de la Révolution expliquent en partie le retard français par rapport à la Grande-Bretagne, que l'on observe au début du XIXe siècle [en particulier dans l'industrie textile]. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 327.
En aparté, il semble que le secteur agricole n'était pas mieux loti...
La productivité agricole y était inférieure de moitié à celle de l'Angleterre, et le pays avait une démographie très au-dessus de ses moyens.Norman HAMPSON (London review of books, 1981), BooksLa révolution et ses pauvres, 07-08/2012, p. 51. 
Jacques Attali propose une raison moins académique...
Les rares forêts dont [l'Angleterre] dispose doivent être précieusement conservées pour l'armement naval, si stratégique ; et comme il n'y a pas de hautes montagnes, il n'y a pas de torrents. Pour trouver l'énergie qui lui manque, la gentry [noblesse sans terre] va s'appuyer sur l'innovation technique d'un Français, Denis Papin, que l'abondance des forêts françaises a fait négliger à Paris : la machine à vapeur. Jacques ATTALI (2006), Une brève histoire de l'avenir. Fayard, p. 107. 
Mais confirme le manque d'opportunisme en France...
Malgré les idéaux des Lumières, la France reste dominée par une caste foncière et bureaucratique qui monopolise la rente agricole et ne l'oriente pas vers l'innovation. Jacques ATTALI (2006), Une brève histoire de l'avenir. Fayard, p. 108. 
[...] L'essor industriel de la France est incontestable à partir de la fin des années 1830, comme en témoigne le développement de son réseau de voies ferrées (qui passe de 3 000 km en 1850 à 17 500 en 1870 et à 50 000 en 1913). Il est attesté aussi par les industries textiles, minières et sidérurgiques, ces deux dernières bénéficiant de ce nouveau moyen de transport en étant amenées à produire l'énergie, les rails, les wagons... La "performance" française [est] inférieure à celle de l'Angleterre durant les deux premiers tiers du siècle, et à celle des Etats-Unis et de l'Allemagne dans le dernier tiers. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 421.
[...] Le comportement timoré des épargnants français au XIXe siècle est bien connu [...]. Ils préfèrent les placements "sûrs", comme la terre, la pierre, les bons d'Etat (français ou étranger), ou, à la rigueur, les obligations privées [...] et ne s'orientent qu'avec réticence vers le financement direct des entreprises productrices. [Cela s'explique en partie] par la constitution tardive du système bancaire français, et l'attitude de ce milieu face au monde de la production. [Enfin,] après 1850, la France a suivi les traces de l'Angleterre pour devenir en 1914 le second pays exportateur de capitaux [avec 8,7 milliards de dollars sur un total de 44 milliards]. [...] Il est certain que l'investissement et l'industrialisation auraient été plus importants en France si l'épargne nationale avait été directement utilisée en dépenses productives. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 423.
    [...] La France n'a pas connu de véritable "révolution industrielle", si on compare son évolution aux bouleversements rapides de l'Angleterre au début du XIXe siècle, ou des Etats-Unis, de l'Allemagne ou du Japon après 1870. Cela tient sans doute principalement au fait que la France est demeurée longtemps un pays à dominante agricole, à tel point que J. Marczewski situe vers 1885 le moment où la production industrielle y dépasse celle de l'agriculture, alors que cela s'était produit vers 1820 en Grande-Bretagne. [Le maintient] d'une agriculture de subsistance (où domine la petite et moyenne propriété foncière) [grâce aux] protections douanières (sauf de 1860 à 1880 environ) [rend] l'offre de main-d'oeuvre à destination de l'industrie insuffisante pour provoquer une chute brutale des coûts salariaux [...]. BEZBAKH P. (2004), Petit Larousse de l'histoire de France, p. 430.

    Asphyxie...

    La fusion du franc et du mark faisait figure de saint Graal [...] était, à la fin du XXe siècle, le rêve de nos élites et, à coup sûr, l'intérêt des détenteurs d'actifs financiers. [...] Nos dirigeants crurent ainsi nécessaire de faire coller le franc au mark durant toute la période de transition (1991-1999). Choix lourd de conséquences : il en résultat pour la France des taux d'intérêts asphyxiants, une croissance ralentie et même une récession (en 1993), un fort chômage, un déficit budgétaire impossible à réduire et, au total, un taux d'endettement qui bondit de 32 % du PIB en 1992 à 58 % en 1998. [Cette parité monétaire] a abouti à réduire la part de l'industrie française de 22 à 14 % dans le produit national de 1998 à 2009, et à quadrupler le déficit des échanges franco-allemands de 1982 à 2009.
    Jean-Pierre CHEVENEMENT (2011), La France est-elle finie ? Fayard, p. 66.

    Avoir le nez fin...

    Les vents contraire ont commencé de souffler en France au début des années 1990. Le premier gonflait une mode croissante pour les services, un secteur considéré comme beaucoup plus noble que l'industrie. Pourquoi continuer à produire quand d'autres peuvent le faire pour nous ? [...] Nous allons être les cerveaux. [Les pays émergents et semi-développés] seront les mains et les outils. C'était oublier que, lorsque l'on produit, on finit également pas concevoir. Et, inversement, lorsque l'on ne produit pas, on perd du savoir-faire pour concevoir des produits. Le deuxième vent soufflait la vague croissante de l'écologie. Cette préoccupation nécessaire alla nourrir le mouvement décrit plus haut. Faites-moi disparaître ces usines que je ne veux plus voir. [...] Et on oubliait au passage que les contraintes environnementales étaient bien plus fortes en Europe occidentale et qu'il vaudrait mieux pour l'environnement de la planète que ces activités restent dans nos pays. Un troisième tourbillon nous a aussi rattrapés, le grand vent libéral [...]. A quoi servent ces grands programmes, finalement ? [...] L'Etat n'a rien à faire dans ces domaines, il est préférable qu'il disparaisse des entreprises avec les privatisations.
    Anne LAUVERGEON (2012), La femme qui résiste, Plon, p. 213.

    Stratégie du copinage...

    Anne Lauvergeon nous livre les dessous de la politique industrielle façon Nicolas Sarkozy...
    Les quelques jours qui précèdent son entrée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy reçoit dans un hôtel particulier du septième arrondissement pour constituer le futur gouvernement de François Fillon.
    [...] Il a préparé son sujet et attaque bille en tête en me demandant quel ministère je veux. Ma position a le mérite de la clarté et je l'expose immédiatement : je ne veux pas être ministre, je souhaite rester chef d'entreprise chez Areva.

    Ecoute, c'est très simple, insiste-t-il. Tu fais ça... Je sais, je sais, j'ai compris le message, mais écoute : tu es ministre dix-huit mois. Allez un an. Ça te va, un an ? Et puis après tu auras l'entreprise que tu veux.- Mais je suis déjà en charge de l'entreprise qui me va...

    - D'accord, d'accord, tu as fait quelque-chose de très bien avec Areva, mais tu mérites mieux, tu mérites plus gros. Il ne t'a pas échappé qu'EDF va être libre.  Ça te dit EDF ? Tu fais un an et tu deviens patronne d'EDF [...].

    [...] Plus tard, [...] il sortira dans la presse que j'ai refusé d'être ministre pour préserver mon confort matériel. Pages 156, 161.
    [...] [Avec Christophe de Margerie (Total) et Gérad Mestrallet (GDF Suez)], nous pensons qu'il serait judicieux que le nouveau patron d'EDF s'entende bien avec ses autres collègues. Non pas par soucis de convivialité mais parce qu'il serait alors possible de parler ensemble, de constituer, au-delà de nos différences et de l'intérêt respectif de nos entreprises, une véritable "équipe de France" dévolue à l'énergie. Plus soudés, plus forts. Sans hiérarchie.
    [...] Non seulement cette démarche va être rejetée ("des industriels qui s'occupent de stratégie industrielle, quelle horreur !") mais, qui plus est, Nicolas Sarkozy, court-circuitant son Premier ministre, décide de nommer à la tête d'EDF un autre de ses convives du Fouquet's : Henri Proglio, ennemi juré de Gérard Mestrallet. Henri Proglio clame très vite qu'il est désormais "capitaine de l'équipe de France nucléaire"... tout en refusant le jeu avec le reste de l'équipe. Page 166.
    [...] Pourquoi abandonner les droits de propriété intellectuelle existant sur les réacteurs de génération trois ? Henri Proglio et ses amis n'en font pas mystère, ils souhaitent créer une industrie nucléaire chinoise qui sera en mesure d'approvisionner la France et l'international. Ce serait là la mort programmée d'Areva. Et ils envisagent tout cela avec un souverain détachement et une grande liberté de ton sans être rappelés à l'ordre. Et pour cause. Un axe est en place : Claude Guéant, Jean-Louis Borloo, François Roussely, Jean-Dominique Comolli, Alexandre Djouhri, chacun son rôle. La machine étatique pour certains, l'entreprise et les contrats lucratifs pour huiler les relations des autres. Tous unis, tous solidaires, tous frères. Page 180.
    [...] J'ai l'impression de ramer à contre-courant mais c'était également le cas de Christine Lagarde et François Fillon. Il y a bien un système parallèle, des circuits parallèles et, au final, une république parallèle qui est apparue dès la nomination d'Henri Proglio, propulsé d'entrée dans une filière nucléaire qu'il ne connaissait pas. Page 183.
    Anne LAUVERGEON (2012), La femme qui résiste, Plon.

    Le problème de la cause...

    Le patronat raisonne à l'envers, explique l'économiste Jean-Louis Levet. C'est parce que nous déclinons sur le plan industriel que le coût du travail devient un problème, et non l'inverse.
    M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 11.

    Vieilles croûtes...

    Dans les 100 premières entreprises en France, combien sont là depuis moins de 30 ans ? On a un taux de naissance d'entreprises très élevé, 600 000 par an mais aucune n'a moins de 30 ans (Europe 9 %, USA 63 %).
    France Inter, 3D le journal, 15/04/2012.

    Subterfuge...

    Vis à vis de ses partenaires commerciaux européens, l'industrie allemande a réalisé ainsi l'équivalent d'une dévaluation de près de 20 % depuis 1995 [en réduisant le coût du travail].
    A. LECHEVALIER, Alternatives Economiques, 03/2011, p. 11.

    Décrépitude...

    Chiffres et arguments au sujet des problèmes rencontrés par l'industrie en France... 
    7. Pour Patrick Artus, le gros de l'appareil industriel français, positionné en milieu de gamme, a pâti de la constitution de la zone euro, qui a accentué les spécialisations de chaque pays : un mouvement défavorable aux grands pays généralistes comme la France. M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 11. 
    6. Pour l'économiste Gilles Le Blanc, [...] l'élément déterminant est cependant ailleurs : "Depuis le premier choc pétrolier, l'industrie française s'était adaptée à tous les chocs qu'elle avait connus par la recherche de la baisse des coûts, obtenue principalement par la réduction de la main d'oeuvre. [...] Cette stratégie a fragilisé le tissus industriel [...] lorsque des pans entiers de l'appareil productif ont disparu [...] parce qu'il n'était plus possible de réaliser des gains de productivité supplémentaires par la réduction des effectifs et qu'on n'avait pas les moyens d'investir, de faire de la recherche et développement pour lancer des nouveaux produits ou de la publicité pour construire des marques.M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 12.
    5. En France, la croissance [des entreprises de taille moyenne] semble freinée, notamment en raison d'un accès difficile au financement : l'économiste Philippe Askenazy remarque à ce propos que les entreprises françaises n'ont pas de mal à pénétrer les marchés étrangers, mais beaucoup plus à s'y développer, notamment par manque de crédits bancaires pour financer un tel développement. M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 11. 
    4. [Une] explication moins souvent avancée [à la faiblesse de l'industrie française], l'ouverture très large des entreprises françaises aux marchés financiers, qui découragent les stratégies industrielles à long terme. M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 12. 
    3. [...] Le vieillissement accéléré des dirigeants de PME français altère le potentiel de croissance et d'innovation de leurs entreprises, selon un étude récente de la BPCE. M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 12. 
    2. [...] L'économiste Patrick Artus [souligne] la mauvaise spécialisation de l'économie française, tournée [...] vers des niches technologiques très pointues (et qui plus est vieillissantes), comme le TGV, l'Airbus ou le nucléaire, qui ne suffisent pas à tirer le reste de l'économieM. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 11. 
    1. Jean-Louis Chevet renchérit : "Victime des modes successives de la société post-industrielle, de la nouvelle économie, de l'entreprise sans usine, l'industrie n'a plus été considérée, depuis vingt-cinq ans, une priorité en France". M. CHEVALLIER, Alternatives Economiques, 02/2012, p. 12.

    Usine à innovation...

    L'industrie pèse pour 85 % de la recherche et développement des entreprises et pour les trois quarts des exportations de l'hexagone.
    Alternatives Economiques, 02/2011, p. 11.

    Esclavagisme...

    Quand une industrie est mise en péril par la concurrence chinoise permise par du travail quasi-esclavagiste, il faut des mesures de protection temporaires. Du protectionnisme  temporaire, il y'en a plein dans le monde, aux Etats-Unis, en Chine.
    Edgar MORINFrance 5, 2012, les grandes questions, 14/10/2011.