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Mon esprit ne va si mes jambes ne l'agitent...

Deux chercheurs américains [...] ont effectué des tests comparant la stimulation intellectuelle suscitée par la marche, en extérieur et en intérieur, à celle générée par la position assise dans les mêmes conditions (y compris l'extérieur en chaise roulante). Le résultat est sans ambiguïté : la marche encourage "le libre flot des idées", et c'est à l'extérieur qu'elle suscite dans l'esprit "les analogies les plus novatrices et les plus fécondes".
Books, 12/2014, p. 14.

Cette expérience singulière conforte à sa façon la thèse selon laquelle l'adoption de la bipédie chez nos ancêtres aurait fortement contribué à l'explosion des capacités cognitives.

Le titre est une citation de Jean-Jacques Rousseau.

L'origine des langues - Merritt Ruhlen

[...] Depuis au moins deux siècle, les linguistes [... ont] montré que les langues actuellement parlées sur Terre (environ 5 000) sont toutes les descendantes d'une seule langue ancestrale. Page 13. 
[... Pourtant] la plupart des linguistes (en fait, pratiquement tous) n'ont pas conscience de l'existence d'une telle preuve dans la littérature linguistique. En effet, la plupart des détenteurs d'un doctorat en linguistique croient non seulement qu'elle n'existe pas, mais surtout qu'elle ne peut pas exister, pour des raisons imaginaires [...]. Page 14. 
[...] Les langues n'empruntent que certains types de mots. Le cas le plus fréquent est celui où le nom d'une chose est emprunté en même temps que la chose elle-même. En revanche, des mots du vocabulaire de base comme "je, moi", "tu, toi", "deux", "qui ?", "dent", "coeur", "oeil", "langue", "non", "eau" et "mort" sont rarement empruntés, et même jamais empruntés dans un grand nombre de langues couvrant des zones géographiques étendues. [...] Quand nous trouvons des mots de cette sorte qui se ressemblent dans une vaste zone géographique, l'explication la plus vraisemblable est que ces ressemblances dérivent d'une ancienne migration de peuples. Page 32. 
L'auteur propose de nombreux tableaux de mots issus de différentes langues qu'il propose au lecteur de classer par familles...
[...] Nous avons comparé des langues de toute la planète [...] et partout nous avons pu les regrouper en familles évidentes, qui sont toutes reconnues comme valides. Nous avons ensuite appliqué ces mêmes techniques à ces familles [...] et là encore, nous sommes parvenus à une classification convaincante, comprenant deux grands groupes et deux familles isolées. Et pourtant, la science des experts dénie tout lien entre aucune de ces familles. Comment est-ce possible ? Page 116. 
[...] Les experts ne savent que ce qu'ils ont appris à l'école. Page 118. 
[...] Il me semble que l'explication réside pour une large part dans l'ethnocentrisme, l'eurocentrisme, en l'occurrence, des savants [du XIXe siècle, qui] eurent l'espoir d'être [...] tout aussi uniques que [la] merveilleuse famille [de langue à laquelle ils appartenaient, l'indo-européen]? Page 120. 
[...] Mais comment les indo-européanistes ont-ils pu perpétuer cette mythologie pendant tout notre siècle ? Je crois sur ce point qu'ils ont bénéficié du changement d'optique affectant l'ensemble de la linguistique, qui est passée d'un point de vue historique à un point de vue structural. [...] Aucun des manuels [de linguistique] ne dit un mot de la façon dont on découvre des familles de langues : la classification, fondement de la linguistique historique, n'est purement et simplement pas abordée. Page 122. 
[...] Ces préjugés sont aujourd'hui toujours bien vivants, mais [...] ils semblent perdre de plus en plus de leur crédit. Des faits extérieurs à la linguistique [archéologie, génétique des populations], et les données même de la linguistique comparée, mises sous le boisseau pendant le dernier siècle, mènent les chercheurs à une vision de la préhistoire humaine bien plus complète que ce que nous osions espérer auparavant. Page 123. 
[...] Si un biologiste s'avisait d'exiger une reconstruction complète du proto-mammifère, avec une explication complète de comment cette créature a évolué en chaque espèce de mammifère connue, avant d'admettre le fait que les êtres humains sont apparentés aux chats et aux rats, ses collègues croiraient à une plaisanterie. C'est pourtant une absurdité équivalente que les indo-européanistes enseignent dans les universités depuis si longtemps que la plupart des linguistes ne sont même pas conscients de sa nature mythique. Page 194. 
[Le comble est que] William Jones [a découvert] la famille indo-européenne sans avoir d'abord reconstruit le proto-celtique, ni le proto-germanique, ni le proto rien du tout. William Jones a simplement vu que ces langues partageaient certaines ressemblances qui les distinguaient des autres langues. Page 203. 
[...] On attend aujourd'hui d'un spécialiste qu'il sache tout à propos de la famille qu'il étudie [...] Cette vision compartimentée de la connaissance a abouti a une situation dans laquelle [...] les spécialistes sont incapables de se rendre compte de l'existence des structures communes, même les mieux représentées, simplement parce qu'aucun n'est au courant de ce qui existe hors de son étroite approche. Page 202.
Merritt Ruhlen, L'origine des langues, Folio, 2007. 

Créatifs...

La plupart des troubles mentaux ne sont pas de véritables maladies. Pour le dire très vite, ce sont des manières d'être et de se présenter à autrui, des "idiomes" destinés à communiquer un mal-être et une demande de prise en charge. Il est donc normal que ces idiomes se modèlent sur les attentes de la société et des hommes-médecine au sujet de la bonne façon d'être "malade". En ce sens, la demande symptomatique s'adapte à l'offre thérapeutique et change avec elle. Ce mécanisme a toujours existé, mais il est à présent exploité, avec un cynisme sidérant, par les départements marketing des grands laboratoires
[...] Très peu de gens en ont conscience, mais la façon dont nous allons nous sentir mal dans notre peau dans cinq ou dix ans, se décide aujourd'hui dans des bureaux, en fonction de stratégies industrielles et commerciales.
Mikkel BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22.

Un loup pour la femme...

Où il se confirme que les garçons sont de vrais petits "lourdeaux" dès le collège...
Éducateurspsy ou infirmières, tous constatent que de nombreuses filles s'autocensurent pour avoir la paix, bien au-delà du périmètre bétonné des cités. Pire, les plus jeunes finissent par donner raison au flic de Toronto [à l'origine du mouvement "SlutWalk" après qu'il eut lancé à un groupe d'étudiantes qu'elles n'avaient qu'à remiser leurs jupes dans leur dressing si elles voulaient être certaines de ne pas se faire violer] : oui une femme sexy, ça fait "salope"
[...] Tara, 13 ans, élève dans l'Eure : "Dans l'escalier, les filles doivent aller derrière et les garçons, devant, sinon, elles se font toucher les fesses ou les garçons leur décroche leur soutien-gorge." 
[...] Aux "connasses" et "débiles" d'hier se sont substitués les mots doux du porno. "Vieille pute", "chienne", "bitch", "sale gouine" : un petit tour sur les réseaux sociaux suffit pour déniaiser les parents les moins au parfum. 
[...] Ne négligeons pas l'aspect ludique de l'injure chez les adolescents [...]. A cet âge, l'adolescent est sans arrêt confronté à un choix : parler ou agir. Avec l'injure, il a les deux en un. Ivan DARRAULT-HARRIS (linguiste). 
Garçons et filles sont les enfants de leur époque. La plupart prêchent l'égalité hommes-femmes, les préjugés refluent [...], mais leur modèle est celui que leur renvoient les médias et les adultes. Samir BENSAADI (Fédération Léo-Lagrange). 
Les parents eux-mêmes se parlent mal. Les verrous sautent : un président lâche un "casse-toi pauvre con", un dirigeant politique fait un bras d'honneur. Dès la maternelle, le langage est déprécié. Didier LAURU (Psychanalyste).

Animal social...

[Salomon Ash] s'est demandé si les individus étaient prêts à ignorer les preuves irréfutables fournies par leurs propres sens. Dans ces expériences célèbres, le sujet est intégré à un groupe de sept à neuf personnes qui sont en réalité complices du chercheur. La tâche est d'une simplicité risible : il s'agit de comparer une ligne tracée sur un carton blanc à trois autres lignes, et de l'associer à celle dont la longueur est identique. Les deux autres sont d'une taille nettement différente, entre deux et quatre centimètres de plus ou de moins. 
[...] Aussi incroyable que cela puisse paraître, la plupart des cobayes finissent par céder à la pression du groupe au moins une fois dans une série de tests. Quand on leur demande de choisir la bonne ligne, ils se trompent dans moins de 1 % des cas. Mais le taux d'erreur grimpe à 36,8 % quand le reste du groupe fournit la mauvaise réponse. Dans une séquence de douze sessions, pas moins de 70 % des sujets se rangent ainsi à l'avis général, sans tenir compte des preuves que leur fournissent leurs propres yeux
[...] Quand les gens partageant les mêmes idées se mettent à discuter, ils finissent le plus souvent par adopter une position plus marquée encore qu'avant la discussion. Ce phénomène de polarisation s'observe dans tous les domaines. Si un groupe particulier estime que tel chef d'Etat est un criminel, que tel grand patron est un escroc, ou même que l'un de ses membres est un traître, tout débat interne ne fera que renforcer ses craintes. 
[...] Quand des individus prônent d'emblée une réaction forte, ils en appellent à une réaction encore plus forte après débat entre eux. [...] L'échange d'information renforce les certitudes préexistantes [... et] nos opinions sont parfois dictées par l'image que nous souhaitons donner de nous.
Cass R. Sunstein (2012), Anatomie de la rumeur, Markus Haller.
Books, 10/2012, p. 94.

Partage trop rare...

Par des méthodes différentes, les systèmes de partage se fondent sur l'idée que les biens que la nature nous offre doivent être accessibles à tous, y compris parce que si j'en prive mes semblables, je pourrais en être à mon tour privé. Généralement, se raisonnement n'est guère explicite, il est intégré dans les cultures, parfois jusque dans le langage. Ainsi, dans certaines langues africaines, le mot "je" n'existe pas. On ne peut donc pas dire "je mange", mais nécessairement "nous mangeons". 
[...] Aussi humains et éthiquement remarquables soient-ils, la solidarité et le partage ont un défaut. Ils ne peuvent qu'être des systèmes de gestion défensive de la rareté, en aucun cas une solution à celle-ci, car ils ne permettent pas son dépassement. Partager des biens rares signifie en effet partager la pénurie, la rendre encore plus insurmontable
[...] La solidarité et le partage rendent impossible l'apparition spontanée d'un surplus, d'une richesse supplémentaire à économiser et à investir. Ou alors il faut aller chercher ce surplus par la coercition et la violence, comme ce fut le cas dans les systèmes communistes modernes [...].

Homo a-communicans...

En 1914, la moitié seulement des soldats parlaient français. Ils parlaient alsacien, breton, corse, basque... Et la France existait pourtant avec dix langues. Mais les gens ne se comprenaient pas entre eux. Quand l'Europe a été fondée, bêtement, nous avons commencé par l'économie, le charbon et l'acier. Vingt ans après, il n'y avait plus de charbon. Si nous avions commencé par les langues, chacun en parlerait quatre, comme n'importe quel Suisse !
Michel SERRES, Pèlerin, 12/2012, p. 6.

Apprentissage de l'oubli...

Je vous disais que les enfants avaient de grandes facilités à apprendre de nouvelles langues. Mais à partir de l'âge de sept ans, cela devient beaucoup plus difficile. L'adaptation à l'autre par l'intermédiaire de la langue, est devenu si étroite, qu'elle représente un obstacle à l'appropriation d'une nouvelle langue. Et il en est un peu de même de la capacité de reconnaissance des visages. [...] Des bébés âgés de six mois sont capables de distinguer un grand nombre de visages différents. Mais dès l'âge de trois mois, leur capacité de reconnaissance a déjà commencé à se focaliser sur les caractéristiques des visages auxquels ils sont fréquemment exposés. A partir de neuf mois, un bébé élevé en Chine par exemple, ne fait plus la distinction entre plusieurs visages d'enfants européens s'il n'y a pas été exposé. Ces visages vont avoir tendance, pour lui, à tous se ressembler. Et ainsi, la population humaine qui nous entoure pendant notre petite enfance, nous apparaîtra composée de personnes toutes singulières, uniques, particulières, à nulle autre pareille, alors que des visages issus de populations différentes par certaines de leurs caractéristiques physiques, auront tendance à être appréhendés comme étant composés de personnes identiques, interchangeables, favorisant ainsi les stéréotypes, les généralisations, les stigmatisations, les discriminations sur des critères de différence physiques ou culturelle.
Et il en est de même au niveau du langage parlé. Le petit enfant s'appropriera sa langue, et non seulement il ne comprendra pas la signification des autres langues, mais il aura tendance progressivement à ne plus les considérer comme des langues, voire à les considérer comme des bruit. D'où l'expression des grecs de l'antiquité pour désigner les étrangers, les "barbares". Il leur semblait que les étrangers ne savaient pas parler. Qu'ils n'avaient pas de langue mais seulement la capacité d'articuler des sons forcément sans signification puisque ce n'était pas du grec : "bar-bar-bar-bar-bar".
L'oubli est une dimension essentielle de l'apprentissage. Et pour cette raison, tout apprentissage, toute éducation, devrait être aussi un apprentissage de la richesse de ce que nous avons perdu en nous appropriant l'univers culturel qui nous entoure.
Jean-Claude AMEISEN, France Inter, Sur les épaules de Darwin, 24/11/2012.

Le pourquoi...

On peut apprendre à un enfant à faire tenir deux blocs en forme de L. A un chimpanzé aussi. Mais qu'est-ce qu'il se passe quand on introduit une petite subtilité, quand on rend un des deux L juste assez bancale, qu'il ne tient plus debout ? Le chimpanzé va poser le bon L, puis le L qu'on a raboté mais il ne tient pas. Le chimpanzé voit que ce n'est pas normal alors il recommence, et encore... Il essaie de le faire tenir debout car il sait ce qu'on attend de lui. Mais il n'a ni la capacité, ni la curiosité de se demander pourquoi. Quel paramètre invisible provoque la chute de ce L ? L'enfant lui va mettre le bon L debout et essayer de faire pareil avec l'autre. Et quand il voit qu'il tombe, il va d'abord réessayer, peut-être insister. Mais très vite, il va le retourner, le toucher, le secouer pour essayer de voir quel facteur invisible induit le problème. Pour moi c'est la différence fondamentale entre l'homme et le chimpanzé : l'homme se pose la question du pourquoi.
Daniel POVINELLI, Arte, Survivre au progrès, 10/06/2012.

Parler c'est soigner...

On sait maintenant que la solitude est une altération cérébrale. Trois semaines de privation de parole, provoque un début d'atrophie temporale droite. [...] On voit le "trou" sans difficulté. Donc être ensemble, c'est se stimuler mutuellement. La parole a une fonction bien plus affective qu'informative.
Une étude se penche sur ces altérations neuronales engendrées par l'isolement, ici >>
[...] Quand un enfant est isolé très tôt, avant la parole, dans les premiers mois de sa vie, il est beaucoup plus difficile de déclencher un processus de résilience que quand il est isolé après seulement que sa mère ou le substitut maternel (le père, une institution) a pu inscrire dans l'enfant une confiance primitive. Biologiquement, le cerveau est sculpté par le milieu. La neurobiologie montre comment parler à un bébé, c'est transformer son lobe temporal gauche en lobe de la parole, la zone du langage. Il faut 20 mois pour qu'un bébé se mette à parler : 17 mois chez les filles, 22 mois chez les garçons...
Les politiciens doivent prendre conscience, comme l'ont fait les finlandais et les pays d'Europe du nord, que les premiers mois [après la naissance], les mères doivent être tranquilles, et qu'il doit y avoir une stabilité affective : le père, la famille, le groupe, le quartier doivent y participer. Les finlandais ayant compris ça, ont appliqué les décisions politiques et sont passées maintenant à 1 % d'illétrés chez leurs enfants à l'adolescence et ont diminué de 40 % le taux des suicides en moins de 10 ans.
Boris CYRULNIK, France Inter, La tête au carré, 28/05/2012.

T'as de belles lèvres, tu sais...

Les bébés apprendraient en lisant sur les lèvres des adultes qui les entourent, selon une étude américaine menée auprès de 179 bébés de 4 à 12 mois. Les psychologues ont montré aux enfants des vidéos dans lesquelles une femme s'exprimait, soit dans leur langue maternelle, soit dans une langue étrangère, puis ils ont enregistré leurs mouvements oculaires. A six mois, les bébés ont concentré leur regard sur les lèvres de leur locutrice, quelle que soit la langue parlée, A un an, une fois les sons de base maîtrisés, ils ont regardé ses yeux lorsqu'elle parlait leur langue, mais sont repassés à la fixation des lèvres en l'entendant parler un autre idiome.
L'Express, 04/2012, p. 34.

Larynx et FOXP2...

Les scientifiques ont longtemps tenu la parole pour une acquisition culturelle, apparue vers 150 000 ans (15 000 ans pour de véritables langues) avec Homo Sapiens : "Le big-bang culturel du paléolithique supérieur est la conséquence de l'invention du langage", proposent William Noble et Iain Davidson. [...]
Pour Steven Pinker, il s'agit d'un "instinct humain, biologiquement programmé, au même titre que la marche sur deux jambes". Entre 18 et 48 mois, les enfants acquièrent un mot nouveau toutes les 90 minutes. [...]
Ils apprendraient aussi en lisant sur les lèvres >> 
Terrence Deacon propose un modèle intermédiaire, une coévolution du cerveau et du langage amorcée avec Homo Erectus. [...]
Pour parler, il faut disposer [...] d'un pharynx, de fosses nasales, d'un palais, d'une langue et de lèvres [et d'un] larynx en position basse, une caractéristique humaine [...]. Le cerveau doit posséder une aire de Brocca pour produire le langage, et une aire de Wernicke pour le comprendre. Sur le plan génétique, enfin, un gène appelé FOXP2, dans sa version humaine, joue un rôle déterminant dans l'élocution. [...]
Jean-Jacques Hublin et Hélène Coqueuniot, du CNRS, constatent, sur le crâne d'un bébé erectus mort a 18 mois, découvert en 1936 à Mojokerto, à Java, un volume cérébral déjà équivalent aux trois quart de celui d'un adulte : une croissance rapide peu compatible avec des capacités langagières selon eux.
Les avis sont partagés sur l'appareil phonatoire (estimé non totalement probant) de Néandertal, qui, en revenche, possède le même gène FOXP2 que nous [...].
Pour nombre de chercheurs, la relative "standardisation" et la diffusion [des techniques de taille de pierre acheuléennes et moustériennes] ne peuvent passer que par un langage probablement articulé. 
BELNET F. (2011). Historia, 01/2012, p. 10.

Marins bavards ?

Il y a 130 000 ans, peut-être davantage, des hommes ont rallié la Crète par la mer. [...] Une prouesse dont les préhistoriens pensaient qu'elle n'avait pu être réalisée il n'y a que quelques 10 000 ans, au début du néolithique, 20 000 ans tout au plus. Page 81. 
Jean-Marie Hombert [...] voit dans les premières traversées maritimes un "marqueur" du niveau de sophistication de la langue. [...] Dés lors qu'il y a "intentionnalité" de voyage, il y a aussi, pense-t-il, necessité de planification, de préparation et de coopération. Donc d'échanges d'informations multiples, à la fois spatiales et temporelles. [...] "L'émergence d'un langage complexe est relativement récente, suppose M. Hombert. Elle date probablement d'environ 60 000 ans. [...] Les découvertes de Plakias, ajoute-t-il, posent problème." Page 83. 
Le Mensuel du Monde, n°13, p.83.