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Mixité antique...

[...] Parvenue à un degré de décomposition répugnant, l'Europe occidentale n'était plus en état de se sauver elle-même, pas davantage que ne l'avait été la Rome antique du Ve siècle de notre ère. L'arrivée massive de populations immigrées empreintes d'une culture traditionnelle encore marquée par les hiérarchies naturelles, la soumission de la femme et le respect dû aux anciens constituait une chance historique pour le réarmement moral et familial de l'Europe, ouvrait la perspective d'un nouvel âge d'or pour le vieux continent. Ces populations étaient parfois chrétiennes ; mais elles étaient le plus souvent, il fallait le reconnaître musulmanes.
Michel HOUELLEBECQ, Soumission, Flammarion, 2015, Page 276.

Enchaînés romains...

Dans la domus [maisonnée], qui ne comporte nul espace réservé aux femmes ou aux domestiques, Romains libres et esclaves vivent dans une certaine promiscuité et forment, bon gré mal gré, une famille affective. 
[...] Même les Romains vivant en location dans des immeubles collectifs disposaient d'un ou deux esclaves : "Pour un homme libre, ne pas en posséder était le comble de la pauvreté, précise Philippe Moreau (1). Certains membres de l'ordre sénatorial en avaient des centaines, voire des milliers à leur service, en ville et dans leurs propriétés de province."
[...] Si la majorité servile a pour horizon un éventuel affranchissement, les hommes  ingénus (nés libres) qui se sont vendus en esclavage ne peuvent espérer recouvrer leur liberté. Or, des plébéiens pauvres choisissent cette option irréversible, qui leur ouvre l'accès aux professions de trésorier ou d'intendant. "Les chances d'ascension sociale pour les esclaves étaient somme toute moins faibles que pour la classe qui était au-dessus d'eux, la plèbe libre" écrit Paul Veyne.
Marie BARRAL, Vivre à Rome au temps de Césars, Les cahiers de Science & Vie, 04/2013, p. 66.
(1) Chercheur et professeur de langue et littérature latine à l'université Paris-Est-Créteil.

Démocratiegynie...

Sous la surface du statut de la femme au cours de l'histoire : l'invention de la démocratie en Grèce antique...
[...] Dans une étude consacrée au mariage en tant qu'échange de dons dans la Grèce classique, Claudine Leduc observe [...] que dans les cités-États les plus conservatrices sur le plan social, telles que Sparte et Gortyne, les femmes pouvaient être citoyennes et posséder leur propre domaine ; en effet la citoyenneté y était fondée sur l'appartenance à une communauté de propriétaires terriens fermée aux étrangers. Tandis qu'à Athènes, socialement plus innovante et ouverte aux étrangers, la citoyenneté demeurait liée au foyer (dominé par l'homme), et les femmes passaient de la maison du père à celle du mari. Elles n'étaient pas traitées comme des biens, mais plutôt comme des enfants. Leduc remarque que "la femme apparaît comme la grande victime de l'invention de la démocratie".

La couleur du pouvoir...

Où l'on se console en rappelant, qu'évidemment, de tout temps, pouvoir et argent ont toujours été étroitement liés... 
[...] Rome, puis le monde romain, était dirigés par une élite de quelques milliers d'hommes, regroupés en deux ordres (en quelque sorte nobiliaires, mais pas vraiment héréditaires), le Sénat [...] et l'ordre des chevaliers. 
[Leurs membres] n'étaient pas automatiquement recrutés parmi les plus riches des citoyens romains. Mais les uns et les autres devaient posséder un patrimoine (de terres, de bétail, d'esclaves [...]) qui leur permette de tenir leur rang sans travailler [...]. 
[...] Au Ier siècle avant J.-C., ils avaient besoin de dépenser beaucoup d'argent pour être candidats aux élections, à cause des dons qu'il fallait faire aux électeurs, ou à certaines catégories d'entre eux. Certains dons étaient considérés comme légaux, d'autres non. Jean ANDREAU (directeur d'étudesà l'EHESS), p. 14.
[... En France sous la monarchie], la culture politique de l'absolutisme, combinée à la culture financière du secret [...] reste dominante. Tandis qu'en 1694, les Anglais parviennent à convertir un groupe de financiers en actionnaires d'une banque de dépôt, capable d'alimenter le Trésor royal et de publier annuellement des comptes, [en France], l'échec de l'écossais John Law, provoque le retour en grâce des financiers
[Ceux-ci pratiquent] de substantiels jeux de caisse [...] sur le dos de la monarchie [qui n'a pas su mettre en place de réforme comptable sérieuse]. 
[...] Il faut rappeler que ces financiers avaient partie liée, socialement, avec les privilèges, peu enclins à faire évoluer un système fisco-financier dont ils se portaient caution et qui leur était si profitableMarie-Laure LEGAY (Professeur d'histoire à l'université Lille III), p. 27.
[...] Chargés des impôts indirects dont le roi leur déléguait la gestion par bail tous les cinq ans, [les fermiers généraux] firent tous des fortunes considérables. Comme le principe même du bail était de donner au roi un revenu fixe, et de reporter le risque lié aux fluctuations de la consommation sur les fermiers, tous les bénéfices, en période faste, allaient aux seuls fermiers, sous réserve d'un réajustement du montant du bail [...] ou de ponction inopinée par l'État qui se produisait relativement souvent. [...Cependant] nulle malversation dans leur activité [ne fut] reconnue dans les décrets de réhabilitation prononcés après la Révolution [qui guillotina plusieurs fermiers généraux]. Mireille TOUZERY, p. 29.
[...] En 1800, l'ambition des hautes banques parisiennes et l'intérêt de l'État convergent pour créer la Banque de France. Elle est instituée par un décret de Napoléon Bonaparte qui appuie l'initiative des financiers. 
[...] Les Deux-Cents [familles (les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France)] élisent les régents au Conseil général. 
[...] La passivité de [cette] assemblée générale correspond à sa composition, faite en majorité d'investisseurs passifs (rentiers, propriétaires, ou retirés des affaires). Par contre, c'est du groupe minoritaire des entrepreneurs actifs que sont issus les régents. [...] Les régents sont indéfiniment rééligibles : ainsi les Vernes et les Mallets occupent le même siège de régent de 1800 à 1936 ! Yves LECLERC (Economiste, auteur), p. 37.
[...] De la monarchie de Juillet, née dans les hôtels cossus de deux régents de la Banque de France, Jacques Laffitte dirigera bientôt le gouvernement, avant d'être remplacé par Casimir Perier. Avec eux, c'est la haute banque parisienne qui triomphe : pour la première fois dans l'histoire de France, des financiers conduisent officiellement la politique du gouvernement. Charles GIOL, p. 39.
[...] Près d'un quart des députés du corps législatif en 1863 appartient aux milieux d'affaires : un record. A l'instar d'Eugène Schneider au Creusot, modèle de patron paternaliste et politique, les Wendel, Dietrich, Gros-Roman, Koechlin, Peugeot, Chagot, Boigues, etc. font vivre le pays, mais l'administrent également, relayant les autorités constituées, et pourvoient à ses besoins en logements, en églises, en écoles et en institutions protectrices. Nicolas STOSKOPF (professeur d'histoire), p. 42.
[...] La IIIe république a connu un enchaînement de scandales politico-financiers des années 1880 aux années 1930. [...] On trouve de nombreuses affaires similaires durant la même période dans les pays voisins. A l'échelle européenne, la mauvaise réputation de la IIIe République ne tient pas vraiment à des pratiques frauduleuses de pouvoir finalement assez répandues, mais bien davantage à la notoriété internationale de certaines affaires, qui ont symbolisées les nouveaux rapports déviants entre pouvoir et argent
[...] Le personnel politique provient pour partie [de nouvelles couches sociales]. [...] Chez plusieurs protagonistes de ces scandales, perçus comme des parvenus dans les affaires, une ascension sociale rapide peut attirer le soupçon [...]. [...] Les élites [d'origines diverses (entrepreneurs, financiers, ingénieurs...)] se fréquentent pourtant dans les salons, les salles de rédaction des journaux, au théâtre ou aux courses. Les sociabilités communes favorisent les services rendus et les petites affaires entre membres de réseaux informels, unis par des intérêts, des amitiés personnelles et des affinités politiques. 
[...] Le scandale des décorations qui touche en 1887 le président de la République Jules Grévy et son gendre Daniel Wilson, met en cause les principes d'égalité et d'émulation dans l'attribution des distinctions. 
[...] Dès les années 1880, l'imbrication des élites économiques et politiques assure stabilité et enracinement à la République. Mais cela rend difficile le partage entre intérêts privés et bien publics, autour des pratiques de favoritisme dans l'attribution de concessions, ou dans le soutient apporté par l'État à des entrepreneurs aux pratiques financières douteuses. C'est en achetant massivement journaux et parlementaires que la Compagnie de Panama obtient, en dépit des informations sur sa situation financière catastrophique, l'autorisation d'émettre des obligations à lots, procédure réservée jusqu'alors aux communes et au Crédit foncier. 
[...] La dénonciation de la corruption de la République, sert [surtout] de véhicule à des idéologies en plein essor, surtout l'antisémitismeFrédéric MONIER (spécialiste de l'histoire politique de la IIIe république), p. 50.
Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 10-11/2012.

Entrer... sortir... entrer... sortir...

Pascal Dibie, auteur d'une Ethnologie de la porte, raconte comment les portes, alcôves et autres serrures en révèlent plus sur les hommes qu'on ne pourrait s'y attendre...
On s'est rendu compte, par exemple, que pour le blindage des portes, plus vous aviez de diplômes, moins votre porte était blindée.
Causalité ou corrélation ? Lorsque l'on a plus de diplômes, a priori, l'on dispose d'un meilleur niveau de vie, donc d'un logement équipé et meublé avec plus de moyens, donc qui requiert une meilleure protection. N'est-ce pas, en réalité, que les diplômés peuvent se permettre des portes moins souvent blindées parce qu'ils ont les moyens d'investir dans des alarmes ? Ou surtout parce qu'ils ont les moyens de se loger dans des quartiers ou des immeubles mieux "sécurisés" ?
[...] Les dogons disent qu'une serrure sert non pas à fermer mais à ouvrir. [...] En français, l'idée d'ouverture apparaît en 1080, mais il a fallu attendre un siècle, 1180, pour qu'apparaisse la fermeture. [...] On peut se poser pleins de questions : sociétés ouvertes ? Sociétés fermées ? Est-ce un développement urbain ? Est-ce que de grandes peurs apparaissent ? 
[...] Il a fallu attendre le XVe siècle pour qu'une serrure puisse se fermer de l'intérieur (sic)[l'auteur se trompe ici, il veut dire "extérieur", comme ça se confirme ci-après...]. Jusque-là, les serrures ne servaient qu'à ouvrir. [...] C'est-à-dire qu'à l'intérieur on se barricadait  [au sens littéral, donc puisque la serrure n'existe pas] quand on se couchait. Sinon la porte était ouverte toute la journée. Il faut se rendre compte que dans ces sociétés traditionnelles, il y avait toujours du monde dans la maison. Et il a fallu donc l'urbanisation pour qu'on ait besoin de plus en plus de rentrer et de sortir, et on voit apparaître, donc au XIVe-XVe siècle, une serrure qui ferme de l'extérieur, et enfin de l'intérieur. Si vous voulez des preuves, vous allez aux Arts déco où il y a une chambre du XIVe siècle : ils se sont trompé, ils ont mis la porte à l'envers. Ils ont mis la serrure à l'intérieur, ils auraient dû la mettre à l'extérieur. 
L'Arc de Triomphe ne servait pas tant à glorifier l'homme qui passait dessous qu'à le décharger. Et quand César, après ses triomphes, passait l'Arc de Triomphe, une porte au forum, un esclave lui sussurait à l'oreille "N'oublie pas que tu n'es pas un Dieu". 
Le fornix, ce sont les premiers arcs voûtés en maçonnerie, et qui ont été au départ les premiers passages qui permettaient d'honorer un visiteur dans Rome. Et puis finalement, cela a été repris par l'ensemble des habitants comme une habitude pour consolider les maisons les unes contre les autres : entre chaque maison, on mettait une voûte. Et puis certaines dames s'y sont mis à l'abris, et du soleil et de la pluie. Et puis l'on a pensé que sous les fornix, c'était des forniqueuses, et un peu plus loin on a mis des maisons que l'on a appelé maisons de fornication. Et voilà comment une histoire maçonnique se déplace vers une histoire érotique.
Pascal DIBIE, France Inter, 3D le Journal, 30/12/2012.

Guerre du crédit...

De 2000 avant notre ère jusqu'à l'époque de Jésus, il était courant pour tous les pays du monde d'annuler les dettes quand elles devenaient trop lourdes. Les puissances comme Sumer, Babylone, l'Egypte, et autre, ont toutes proclamé l'annulation de la dette pour permettre à la société de repartir à zéro. C'était facile dans une société  où toutes les dettes étaient contractées envers l'Etat. C'est devenu plus compliqué quand les affaires et le crédit sont passés aux mains de particuliers, d'une oligarchie. Ils ne voulaient surtout pas qu'un roi annule les dettes et rétablisse l'égalité. Rome est la première puissance a avoir refusé d'annuler une dette. Elle a déclaré la guerre à Sparte, en Grèce, pour renverser les gouvernements et les rois qui voulaient remettre les compteurs à zéro.
Michael HUDSON, Arte, Survivre au progrès, 05/06/2012.

Indécence romaine...

Selon Peter Brown, l'un des grands spécialistes de cette époque [de délitement de la société romaine], le IIIe siècle marque le moment où les puissants laissent éclater leur richesse au grand jour. Les villas privées deviennent plus grandes que les temples consacrés aux dieux. Cette période, explique-t-il, marque le passage d'un âge d'équilibre à un âge d'ambition. Les élites, qui avaient voilé leurs succès d'une décence tout d'un coup passée de mode, s'exhibent sans complexes. On croirait ses expressions employées pour décrire la crise de la société américaine actuelle ! Le christianisme apportera une solution au problème de la société romaine. Toujours selon Brown, dire à un autre : "Je suis chrétien" et s'entendre répondre : "Moi aussi" apporta une solution à une société minée par des tensions qu'elle ne parvenait pas à dominer...

Pop-art antique...

Nous sommes imprégnés de la vision de l'Antiquité qui nous a été transmise, marquée par la beauté du marbre blanc et pur. Pour nous tous, moi compris, l'omniprésence de la couleur est quelques-chose de totalement incompréhensible.
Musée Liebieghaus, Francfort.

 Musée Liebieghaus, Francfort.
L'Antiquité était polychrome, que cela nous plaise ou non. [...] Seuls des musées comme le Liebieghaus de Francfort ose exposer ces oeuvres aux couleurs [...] criardes et dont l'esthétique est d'une modernité étonnante.
Cavalier Perse (détail), Musée de l'Acropole, Athènes.

Cavalier Perse (détail), Musée Liebieghaus, Francfort.
En réalité cette révélation n'a rien de nouveau. Au début du XIXe siècle déjà, des fouilles avaient mis au jour de nombreuses sculptures portant des restes de peintures.
[...] A Munich, Louis Ier de Bavière avait fait construire la Glyptothèque pour accueillir sa collection d'antiquités grecques et romaines. A l'époque, le bâtiment n'avait pas la sobriété que nous luis connaissons aujourd'hui. A son inauguration en 1830, il était richement décoré et coloré. Il s'agissait de mettre en application ce qu'avaient révélés les dernières découvertes sur l'Antiquité.
Glyptothèque de Munich aujourd'hui et telle qu'elle était ornementée en 1830 (insert).
Même s'il ne reste plus une once de pigment, la pierre conserve une trace du motif peint parce que les couleurs n'ont pas toutes disparu en même temps. [...] La surface n'a [donc] pas vieilli de manière uniforme. Cela lui confère un très léger relief qui devient visible quand il est éclairé de côté par cette lumière dure. Pr. Vinzenz BRINKMANN.
Arte, Les dieux polychromes de l'Antiquité, 21/06/2012.

Histoire de la finance - Belze, Speizer

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
1. Les romains nous ont donné le nom même de monnaie. En effet, ils battirent la monnaie précisément sur le Capitole, dans un atelier près du temple de Juno moneta […]. Page 56. 
2. Les historiens s'accordent à dire que l'une des causes de la chute de l'empire romain fut la pénurie de monnaie métallique qui provoqua une importante récession. Page 67. 
3. On peut soutenir que le Purgatoire a été la réponse catholique à un danger, celui de la maîtrise totale des circuits du crédit par les Juifs. Page 126. 
4. Les sociétés calvinistes (Hollande, Suisse) sont très tôt des sociétés où l'argent coûte moins cher que dans celles où l'usure est interdite. Page 179. 
5. Symboliquement, le nom même de « bourse » provient (ou proviendrait car la certitude n'est pas absolue) de la maison de Van Der Burse, une famille de Bruges […]. Le terme préexiste à l'apparition des valeurs mobilières. Page 196. 
6. [La première grande crise : les tulipes] Typiquement, l'acheteur ne possédait pas la liquidité devant être payé à la date de règlement et le vendeur ne possédait pas le bulbe. Aucune des deux parties n'avait l'intention de livrer à la date de règlement. Seul le paiement de la différence entre prix du contrat et prix de livraison était attendu. Il s'agit donc d'un pur mécanisme de marché futuresPage 244. 
Voir cet article pour une description technique du fonctionnement des différents produits dérivés >>
7. La durée de placement moyenne des investisseurs des fonds de pension est passée de 7 ans en 1995 à 7 mois à 2005. Page 351. 
8. Il en résulte à partir de cette époque [1979], un développement spectaculaire des contrats sur instruments financiers qui sont des produits destinés à se couvrir non seulement des risques de taux et des risques de change mais aussi à se prémunir contre des fluctuations boursières. Le succès des contrats sur instruments financiers est tel qu'aujourd'hui la part des marchandises dans les activités des marchés à terme n'est plus que de 30 % contre 70 % pour les contrats financiers alors qu'en 1970 les marchandises étaient les seuls produits négociés. Page 433. 
9. L'origine des instruments dérivés climatiques réside dans la constatation que près de 50 % de l'activité économique sont affectés à des degrés divers par les conditions climatiques. Le département du commerce des États-Unis estimait qu'en 1997, 22 % des 9 000 milliards de dollars du PIB américain étaient directement sensible à la météo. […] C'est tout d'abord le CME (Chicago Mercantile Exchange) : on y trouve des futures sur indices de températures pour les Etats-unis depuis 1999 et pour l'Europe depuis octobre 2003. Page 435. 
10. En filigrane, plusieurs éléments ont été évoqués pouvant de fait être dommageables à l'économie : il s'agit notamment de la recherche de la liquidité qui est la préoccupation majeure des opérateurs. Elle les conduit à privilégier les positions réversibles et le rendement à court terme dans la composition des portefeuilles. Ainsi, les publications de comptes mensuels ou trimestriels des entreprises, peut-être nécessaires pour une bonne gestion interne, servent plus exactement à nourrir le marché financier d'informations livrées toujours plus rapidement pour réajuster les positions, maximiser chaque jour, chaque heure, chaque minute une position optimale d'ajustement du risque et la rentabilité. Hors ces comptes trimestriels n'assurent aucune cohérence avec la réalité et la temporalité de l'économie d'une entreprise et de l'économie toute entière. Une entreprise se juge sur le moyen et le long terme, non sur un trimestre. Page 511.
Loïc BELZE et Philippe SPEISER (2007), Histoire de la finance. Vuibert.