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Après les banksters, les bankrioleurs...

Si l'on avait la même politique du logement qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas, quelqu'un qui vit dans 60 m² verrait son loyer mensuel baisser de 250 € [en quelques années]. Pourquoi on ne le fait pas : parce que certains banquiers préfèrent que le fond de réserve des retraites soit mis sur les marchés financiers plutôt que d'être mis sur le logement (contrairement à ce qui a été fait aux Pays-Bas).
Pierre LARROUTUROU, France Inter, 3D le journal, 15/04/2012.
Les Berlinois paient des loyers quatre fois inférieurs à ceux des Parisiens.
Manuel DOMERGUE, Alternatives Economiques, 05/2012, p. 17.

Pierre Larrouturou parle de politique du logement en Allemagne, mais selon Thomas Piketty, les bas loyers pourraient avoir une autre explication...
[...] Les fortes hausses de prix qui ont eu lieu partout ailleurs au cours des années 1990-2000 ont été bridées outre-Rhin par l'unification allemande, qui a conduit à mettre sur le marché un grand nombre de logements à bas prix. Pour justifier un possible écart à long terme, il faudrait toutefois des facteurs plus durables, par exemple une plus forte régulation des loyers outre-Rhin.
Thomas PIKETTYLe capital au XXIe siècle, Seuil, 2013, page 220. 

Des loyers moins chers peuvent avoir toutes sortes de répercussions...

Sobriété...

[...] On n'a assisté à aucune "explosion" [des dépenses publiques] au cours des dernières années, comme on l'entend souvent. Entre 2000 et 2012, les dépenses publiques ont augmenté en volume (c'est-à-dire une fois l'inflation déduite) et par habitant de 15 % en France, contre 14,8 % en Allemagne. C'est moins que la moyenne de la zone euro, deux fois moins qu'aux Etats-Unis et trois fois moins qu'au Royaume-Uni
[...] Du côté de l'appareil d'Etat [...] on ne constate là non plus, aucune dérive. [Son] fonctionnement [...] (salaires et consommations intermédiaires du secteur public) pesait 18,5 % du PIB en 2000, période faste pour le secteur privé, et 18,7 % en 2012, malgré la crise. De plus, l'appareil d'Etat français coûte non seulement nettement moins cher que celui des pays scandinaves, mais aussi que celui du Royaume-Uni (23,5 %) et des Etats-Unis (19,9 %). 
[...] En 1997, la France consacrait [...] 7,6 % de son PIB à l'éducation. Une part tombée à 6,9 % en 2011. La dépense d'éducation avait même pour la première fois baissé en volume entre 2010 et 2011 [...]. Une tendance à contre-courant des autres pays de l'OCDE [excepté Israël]. En 2009, [la France, avec 6,3 % de son PIB consacré à l'éducation,] était toujours légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE [6,2 %]. Devant l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, mais derrière les Etats-Unis, la Suède et la Finlande. Le problème, c'est que malgré cet investissement conséquent, les résultats ne suivent pas... 
[...] La France est loin d'être le pays le plus généreux avec ses chômeurs : les Pays-Bas, par exemple, consacrent une part deux fois plus importante de leur richesse nationale à chaque demandeur d'emploi. [Autriche, Allemagne, Danemark, Finlande, Irlande dépensent aussi plus que la France. Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Suède dépensent moins].
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 05/2013, p. 9.

Pourtant, selon le supplément Eco & Entreprise du Monde daté du 16/05/2013, la part des dépenses publiques dans le PIB en France est passée, entre 2001 et 2012, de 51,7 % du PIB à 56,6 % (soit 9,5 % de hausse) contre 47,2 % à 49,9 % en Allemagne (soit 5,7 %) et 47,6 % à 45 % pour la moyenne européenne (soit une baisse de 5,5 %)...

Conditionnement...

[...] Pendant plusieurs jours, [on] administre à un cobaye un jus de fruit au goût inhabituel, associé à un antihistaminique. Après une pause, [on] réitère l'expérience. Cette fois, le patient reçoit la même boisson, mais accompagnée d'une gélule de placebo. La prise de sang révèle un phénomène surprenant : les anticorps sont plus nombreux, même en l'absence de la substance active antihistaminique. L'organisme a appris à faire la relation entre le goût du jus de fruit et la gélule. Grâce au conditionnement [terme employé par les spécialistes], des médicaments qui n'en sont pas vraiment, peuvent bel et bien influer sur le système immunitaire.
Mais le plus étonnant dans l'histoire...
Cet effet placebo ne repose pas sur l'anticipation et n'est pas orchestré par la conscience humaine. Lors d'expériences semblables menées sur des rats, ceux-ci présentent les mêmes réactions immunitaires.
Sans parler de l'effet placebo des médecins eux-même, que l'on imagine aisément, cet effet est aussi constaté dans le cadre d'opérations chirurgicales...
[...] A ce jour, les Pays-Bas sont le seul pays d'Europe où les opérations placebo sont possibles. Avant l'opération, les patients [sujets à des douleurs consécutives aux opérations dans la région de l'abdomen : les adhérences] qui se sont portés volontaires pour l'essai clinique, apprennent que seule la moitié des participants sera vraiment opérée. L'autre moitié subira seulement une coelioscopie dont les cicatrices ne laisseront aucune trace. Chaque patient doit ensuite être suivi pendant un an. Ni lui, ni son médecin ne savent à quel groupe il appartient [suivi en double aveugle]. Et le résultat a de quoi surprendre. L'étude néerlandaise a pu montrer que dans les deux groupes, y compris dans celui qui n'a pas été opéré, le même nombre de patients ont vu leur douleur soulagée. Aujourd'hui ils ont besoin de moins de médicaments et leurs analyses sont meilleures. Aux États-Unis, une autre étude a aboutit aux mêmes conclusions, cette fois concernant l'arthrose du genou. Une partie des patients a été opérée, une autre a reçu une simple arthroscopie du cartilage. Quant au reste des candidats, les médecins leur ont tout simplement fait croire qu'ils avaient été opérés. Au bout de deux ans, les médecins ont constaté que dans les trois groupes, le nombre de résultats positifs était exactement le même.
Arte, Xenius, 01/02/2013.

On remarquera que le pays européen en avance en ce domaine (proche de l'humain, source potentielle d'économies), est, comme souvent, un pays scandinave...

Flexion, extension...

Sous la surface de la flexibilité au travail...
2. Entre le début 2008 et la mi-2012, [la France] est un des trois seuls pays de la zone euro, avec l'Autriche et l'Allemagne, où la proportion des 25-59 ans (le coeur du salariat) qui occupent un emploi s'est accrue. [Sur l'ensemble du spectre des 15-64 ans, ce taux d'emploi a baissé par contre de 0,4 % du fait d'un recul marqué chez les 15-25 ans]. 
[...] Dans le même temps, au Royaume-Uni, dont on nous a si souvent chanté les louanges en matière de flexibilité, le taux d'emploi des 25-59 ans a baissé de 0,9 point. Tandis qu'aux Pays-Bas, le modèle "polder" à la mode à la fin des années 1990, ce taux a reculé de 1,4 points depuis 2008. Quant au fameux modèle danois avec sa flexisécurité si enviée, le taux d'emploi y a même reculé de 4,5 points en quatre ans. Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 01/2013, p. 9.
2.1. La tranche des 25-54 ans représente 77 % du total de la population activeInsee.fr

Le "coeur du salariat" tel que défini ci-dessus, soit les 25-59, représente donc une proportion encore un peu supérieure à ce chiffre. En écartant certaines tranches, l'argumentaire est affaibli, mais il mérite néanmoins réflexion.
1. [La France] était le seul pays qui n'était pas allé dans [la direction de la "flexibilité" au travail] depuis quinze ans. Et quand vous regardez les travaux que font les économistes, le lien entre le niveau de flexi-sécurité dans un pays et le niveau de chômage est quand même édifiant. Si vous prenez les trois pays qui pratiquent le plus la flexi-sécurité aujourd'hui dans le monde industrialisé [...] ce sont les trois pays dans lesquels il y a le moins de chômage : le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche. Si vous prenez les trois pays dans lesquels la flexi-sécurité est la moins développée, ce sont aussi les trois pays dans lesquels il y a le plus de chômage : c'est la France, l'Espagne, le Portugal. Et au milieu vous avez des pays dans lesquels vous avez un niveau de flexi-sécurié intermédiaire, ce sont des pays qui ont un taux de chômage intermédiaire : l'Allemagne, l'Italie, la Suède, le Royaume-Uni, la Finlande. Emmanuel LECHIPRE, France Inter, On n'arrête pas l'éco, 19/01/2013.

Lobbying déficitaire...

[...] Une baisse du prix comparable à celle des Pays-bas, suffirait à elle seule à éponger une partie des milliards de déficit de la Sécurité sociale.
Philippe EVENFrance 2Un oeil sur la planète26/03/2012.
De nombreux médicaments de consommation courante sont 2 à 5 fois plus chers qu'en Italie. S'aligner sur ces tarifs permettrait une économie de 10 milliards, soit de mettre fin au déficit de la branche assurance maladie de la Sécurité Sociale...
Serge RADER, France 2Un oeil sur la planète26/03/2012.

Addicts...

[Sur une ordonnance, le nombre de médicaments prescrits est en moyenne] de 1,6 par feuille dans l'Hexagone, contre 1,2 en Allemagne et 0,9 aux Pays-BasNicole PENICAUT, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 83. 
Et il semble que l'on paye les médicaments plus chers en France que dans d'autres pays >> 
Et beaucoup de médicaments remboursés ont un impact médical semble-t-il tout relatif >>
Et les génériques sont boudés >>
[En 2009], les Français consomment en moyenne 48 boîtes de médicaments par an. Plus de 90 % de ces médicaments étant remboursés, la facture a atteint  21,5 milliards d'euros pour la sécurité socialeL'Express, 10/2011, p. 34.

Plus grosse que la tienne...

[Si l'on procède au rapprochement entre part du PIB consacré aux dépenses publiques et poids de l'emploi public dans la population], on trouve que l'efficacité est la plus forte en Australie, en Allemagne, au Japon, en Autriche, aux Pays-Bas ; et l'inefficacité en France, dans les pays d'Europe du Nord (Suède, Danemark, Finlande), en Italie, en Belgique. [...] Le Danemark consacre 58 % de son PIB au service public et emploi 16 % de la population. Finlande, 53 % du PIB pour 13 % de la population. La Suède, 52 % pour 14 % de la population, l'Allemagne, 46 % du PIB pour 5 % de la population. La France se caractérise par une forte inefficacité : dépenses publiques à 55 % du PIB et emploi public proche de 10 % de la population.
L'Express, 2012

RSA et RMI sont sur un bateau...

Sous la surface des minimas sociaux RSA et RMI...
7. En France, le RSA socle vaut l'équivalent de 27 % du revenu médian, contre 59 % en Belgique, 82 % au Royaume-Uni, 45,9 aux Pays-Bas, 48,7 au Luxembourg et 24 % en SuèdeAlternatives Economiques, 01/2013, p. 18.
7. 5,7 milliards d'euros n'ont pas été versés, [en 2011], à des Français qui pourraient bénéficier du RSA. Martine GILSON, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 24.
6. Le RSA en France, relativement au niveau de vie, est un des plus faibles en EuropeCONCIALDI P. France Inter, Là-bas si j'y suis, 19/01/2012. 
5. "Un couple qui ne travaille pas et qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu'un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au smic." WAUQUIEZ Laurent. BFM, 08/05/2011. 
4. L'Unedic, financée par les cotisations des employeurs et des salariés, dépense 27 milliards d'euros par an en indemnisations, mais elle n'indemnise que la moitié des personnes inscrites à Pôle emploi. L'Etat et les départements, dépensent en ASS et RSA, moins de 15 milliards d'euros. Alternatives Economiques, 11/2011. 
3. Sur les 1,8 millions de bénéficiaires [du RSA], seule une minorité (600 000) touche le RSA dit "activité", celui qui vient en complément d'un revenu du travail. Or, c'est ce mécanisme qui est censé aider au retour vers l'emploi. Le Figaro, 06/2011, p. 32.
2. S'il coûte si cher, c'est que le RSA accompagne plus longtemps les travailleurs précaires : on peut bénéficier d'un complément de RSA jusqu'à 2755 euros de revenus mensuelLe Figaro, 06/2011, p. 32.
1. Entre 2000 et 2008 (période de croissance, faut-il le rappeler), le nombre de bénéficiaires du RMI dans les DOM a plus que doublé, passant de 133 000 à 280 000. Le Figaro, 06/2011, p. 32. 

Le Figaro, 06/2011, p. 30.

Géographie...

Alain Minc - [Pour illustrer que l'euro ne favorise pas les inégalités] Les pays scandinaves sont des pays égalitaires, dans lesquels l'économie est très redistributive.
Emmanuel ToddLes scandinaves ne sont pas dans l'euro !
Alain MincCela reste vrai pour les Pays-Bas, substitut des pays scandinaves dans l'Union...

France 52012, les grandes questions, 14/10/2011.