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Lobbying bancaire...

[...] D'après les statistiques analysées sur cinq années par l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO), spécialiste des lobbys européens, le secteur financier européen emploie au moins 1700 lobbyistes. Un chiffre à comparer à celui des fonctionnaires traitant de la régulation des marchés financiers, au sein de la commission européenne : ils sont 400, soit quatre lobbyistes pour un fonctionnaire ! Résultat, en 2010, sur 1700 amendements déposés concernant une directive sur les hedge funds, 900 ont été rédigé par des lobbyistes de l'industrie financière. 
Le secteur bancaire européen dépense chaque année plus de 120 millions d'euros pour des activités de lobbying, selon CEO. Soit 30 fois plus que les organisations non gouvernementales.
L'Obs, 02/2015, p. 72

Vetocratie...

Le système [institutionnel américain] souffre selon [Fukuyama] d'un double mal : ce qu'il appelle la "vetocratie", le blocage systématique de l'exécutif par des partis incapables de compromis  ; et la "repatrimonialisation" de l'Etat qui, sous des dehors démocratiques, serait gouverné au profit de quelques-uns, l'auteur en prend notamment pour preuve l'explosion du lobbying à Washington et le creusement des inégalités.
Books, 12/2014, p. 102.

Froussard...

[...] Barack Obama s'est rallié à la proposition de Mitt Romney de réduire le coût de l'assurance retraite publique. Comme l'indique Dean Baker, coprésident du CEPR à Washington, la Social Security est un système efficace, peu coûteux et très populaire. En réalité, note Baker, ce qui dysfonctionne aux États-Unis, ce sont les systèmes de retraite privés, qui gardent pour eux jusqu'à un tiers (!) des cotisations des adhérents, et qui versent des pensions aux montants aléatoires
[...] Pour Baker, c'est parce qu'Obama avait peur [...] de déplaire à la pensée unique de "Washington", qui considère les coupes dans les dépenses publiques comme des mesures "courageuses". [...] Peur d'affronter ceux qui n'ont pas besoin de la retraite publique pour leurs vieux jours.
Gilles RAVEAUD, Alternatives Economiques, 12/2012, p. 88.


Lobbying déficitaire...

[...] Une baisse du prix comparable à celle des Pays-bas, suffirait à elle seule à éponger une partie des milliards de déficit de la Sécurité sociale.
Philippe EVENFrance 2Un oeil sur la planète26/03/2012.
De nombreux médicaments de consommation courante sont 2 à 5 fois plus chers qu'en Italie. S'aligner sur ces tarifs permettrait une économie de 10 milliards, soit de mettre fin au déficit de la branche assurance maladie de la Sécurité Sociale...
Serge RADER, France 2Un oeil sur la planète26/03/2012.

Commissions parasitées...

A de rares exceptions près, un médicament autorisé par la FDA [Food and Drug Administration] est autorisé ensuite en Europe et en France. Les autorités françaises ont les mains liées, en pratique, par ces décisions américaines. Nos commissions ministérielles avalisent tout. 
[Selon le] directeur de l'autorité française de mise sur le marché, l'Afsaaps : "Il n'y a de bons experts que ceux qui connaissent l'industrie pharmaceutique et qui travaillent avec elle." Autrement dit, les commissions d'experts sont, comme aux États-Unis, à la fois juge et partie
Philippe EVENBooks, 04/2011, p. 20.

Bipolaire en couche-culotte...

Grâce à [Joseph L. Biederman, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School], les enfants peuvent [...] dès l'âge de deux ans, être déclarés atteints de trouble bipolaire et traités au moyen d'un cocktail de médicaments [...]. 
[...] En juin 2008, la sénateur Grassley a révélé qu'entre 2000 et 2007, les compagnies pharmaceutiques, y compris celles qui fabriquent des médicaments pour le trouble bipolaire des enfants, avaient versé à Biederman 1,6 millions de dollars pour des prestations de conseil
Books, 04/2009.

Le bébé et l'eau du bain...

[...] Je ne suis pas opposé à la grande entreprise ni au capitalisme ni au profit. Vues dans une perspective à long terme, ces industries ont produit des médicaments qui ont allongé l'espérance de vie, prévenu des maladies graves et amélioré la qualité de vie de millions de personnes. Ces entreprises sont aussi un moteur vigoureux qui a contribué à l'essor économique phénoménal de notre pays [...]. Cela dit, les efforts de ces compagnies pour influencer les médecins doivent nous faire réfléchir sérieusement.
Jerome P. KASSIRER (Médecin universitaire)
Extrait de On the take. How Medicine's complicity with big business can endanger your health, Oxford University Press, 2004
Books, 04/2009, p. 19.

L'argument de l'espérance de vie n'est pas bien solide...

DSM...

[...] Christopher Lane [auteur de La timidité] montre [...] à l'aide de documents inédits de l'APA et d'interviews de ses responsables, [que le DSM, manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux utilisé en médecine psychiatrique] est en réalité le produit complexe du jeu politique universitaire, d'ambitions personnelles, et, surtout, de l'influence de l'industrie pharmaceutique.
 Marcia ANGELL (The New York Review of Books)
Books, 04/2009, p. 19. 

Psycho ping-pong...

[...] La théorie très répandue [chez les professionnels] selon laquelle la maladie mentale naît d'un déséquilibre chimique dans le cerveau [...] est [opportunément] apparue peu après l'introduction des psychotropes dans les années 1950. [...] Ainsi, au lieu de mettre au point un médicament pour traiter une anomalie, on a postulé une anomalie correspondant à un médicament.
[...] On pourrait aussi expliquer que la fièvre est due à un manque d'aspirine...
Marcia ANGELL, Books, 02/2012, p. 25.

Artillerie lourde...

Les chiffres du lobbying ...
4. [...] Le lobby pharmaceutique est l'un des plus puissants à Washington : 189,1 millions de dollars dépensés en lobbying par les firmes en 2007. Mikkel BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22. 
3. Goldman Sachs et JP Morgan ont dépensé respectivement  8,3 et 12,7 millions de dollars en lobbying auprès des législateurs qui travaillent toujours sur le texte finale de loi Dodd-Franck de juillet 2010. William COHAN, cité par Christine KERDELLANT, L'Express, 11/2012, p. 92. 
2. Depuis 1998, Exxon Mobil a injecté 9,4 millions de dollars dans les campagnes présidentielles et législatives, dont 87 % en faveur du parti républicain, et dépensé 169 millions en campagnes de lobbying à Washington. Coral DAVENPORT (BookForum, 2012), Books, 11/2012, p. 42.
1. Dans les années 1980, le secteur du lobbying [aux États-Unis] pesait 400 millions de dollars par an. Aujourd'hui il pèse dans les quatre milliards. Jacob HACKER, Arte, 740 Park avenue, 29/11/2012.
1.2. D'autres extraits de ce reportage d'Arte sur le lobbying aux États-Unis >>

Lobbycratie...

Les riches ont gagné de l'argent. Alors ils ont investi de l'argent dans des politiques qui leur étaient favorables. Du coup ils ont gagné encore plus d'argent qu'ils ont réinvesti dans la politique
Jacob HACKER (Professeur de sciences politiques. Université de Yale). 
Arte, 740 Park avenue, 29/11/2012.

Les moissons du futur...

Où Marie-Monique Robin, dans son documentaire Les moissons du futur, vente les mérites insoupçonnés de l'agro-écologie...
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Mon modèle, c'est 2 hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon), Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. » Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture) France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Si on fait des produits sans pesticides aujourd'hui, 40 % de production en moins, 50 % de coûts en plus. Jean-René BUISSON (Président de l'association nationale de l'industrie agroalimentaire), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011. 
Quand on mesure l'efficacité énergétique des grandes exploitations industrielles, on obtient un rapport de 2 ou 3 maximum [2 ou 3 calories produites pour une consommée]. Pour une petite exploitation, le rapport est de 15 à 30.  Miguel ALTIERI (Professeur d'agro-écologie à l'université de Berkeley). 
Les pays développés profitent de subventions à la production pour avoir de l'énergie bon marché [...]. Le résultat est que ces producteurs sont incapables de dire aujourd'hui, quels sont leurs coûts réels, et leur revenu réel. La majorité des coûts de production comme la pollution des eaux ou l'énorme consommation d'énergie ne sont pas pris en compte. Les prix de leurs produits sont donc complètement faussésUlrich HOFFMANN (Cnuced). 
Les coûts environnementaux et économiques de l'agriculture chimique ont été évalués [par David PIMENTEL (Entomologiste à l'université de Cornell] à 10 milliards de dollars par an aux Etats-Unis il y a 30 ans. En 2008, une étude publiée par le parlement européen a confirmé cette étude. 
Les arbres [gliricidia cultivé autour du champs et dont les feuilles sont enfouies dans le sol trois fois par an] sont plus efficaces que les engrais chimiques. Avant je récoltais au maximum 100 sacs de maïs, mais aujourd'hui, avec le gliricidia, j'en récolte au moins 200. Mark MAJONI (paysan au Malawi). 
Le sol était parfait quand j'ai commencé l'agriculture dans les années 1950. Mais au bout de 15 ans, il était tout dur et très clair. Il n'y avait plus d'humusManfred WENZ (agriculteur en Allemagne). 
La question des rendements est au coeur des études menées par l'institut Rodale. Pendant 30 ans, ses chercheurs ont comparé les rendements de l'agriculture conventionnelle et biologique pour les trois grandes cultures américaines : soja, blé et maïs. [...] Résultat l'agriculture biologique entraîne une réduction de 45 % de la consommation d'énergie et de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Chaque année, les rendements sont similaires. Les différences sont si minimes que les scientifiques les considèrent comme négligeables. Excepté pour les périodes de sécheresse où les performances des cultures biologiques sont supérieures à celles des cultures conventionnelles. Mark SMALLWOOD (Directeur de l'institut Rodale). 
Grâce à la réduction des coûts de production [permis par l'agriculture biologique], ils économisent 500 euros par hectare et par an. 
Nous devons revaloriser le statut du paysan, toujours considéré tout en bas de l'échelle sociale. Non il devrait être tout en haut, car sans lui, il n'a a pas de nourriture et donc plus de vie possible. [...] Nous devons faire en sorte que le métier agricole soit bien payé et récompensé à sa juste valeurHans HERREN (directeur de l'Institut du Millénaire de Washington).
La méthode de contrôle biologique inventée par le docteur Zeyaur Kahn [technique du push-pull], repose sur l'action de deux plantes : le desmodium et l'herbe à éléphant qu'il a sélectionné parmi 600 végétaux africains. 
[...] Les rendements sont passés de deux sacs à 22 ou 24 sacs. [...] Le desmodium détruit les racines de l'herbe des sorcières [qui elle-même se nourrit des racines du maïs]. Elle apporte de l'azote au sol. Elle recouvre entièrement le sol [plantée entre les rangs de maïs] et le protège de l'érosion. Enfin, elle est un répulsif pour la pyrale du maïs. Quand les pyrales sentent le desmodium, elles s'enfuient et partent vers l'herbe à éléphant [plantée autour des champs]. Le desmodium et l'herbe à éléphant servent de fourrage pour le bétail [chèvres et vaches  laitières]. Riches en protéines, elles ont permis une multiplication de la production de lait par trois. » John OTIEP (paysan au Kenya). 
Selon un rapport des Nations Unies de 2008. L'agroforesterie permet d'augmenter les rendements de 120 % dans un délai de trois à dix ans. 
Aujourd'hui, les experts considèrent qu'on doit attribuer aux petits paysans un rôle tout à fait nouveau. Mais cela suppose une transformation radicale des politiques agricoles qui s'apparente à une vrai révolution agricole. Les petits producteurs doivent être systématiquement soutenus. Même la Banque mondiale dans un rapport récent, a estimé que chaque dollar investi dans l'agriculture engendre 3 dollars d'activité économique contre 1,5 ou 2 dollars pour chaque dollars investi dans l'industrieUlrich HOFFMANN (Cnuced). 
Ce sont des canards adulte que je lâche une dizaine de jours avant le repiquage du riz pour qu'ils labourent la rizière. Ils mangent les mauvaises herbes et les insectes. Ils remuent l'eau et la terre. Cela empêche les mauvaises herbes de pousser. Et en plus ils fabriquent de l'engrais naturel. [...] Mon modèle, c'est deux hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon).
Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.

Virus du marketing...

Après l'annonce d'une pandémie de grippe H1N1 en 2009, 75 pays, dont la France, ont acheté et stocké de grosses quantités de Tamiflu, en dépit de sa faible efficacité thérapeutique, établie dès 2002. Par quel mystère ? Dans une sidérante enquête publiée ce mois-ci dans Lyon Capitale, Guy Hugnet retrace en détail la manière dont le laboratoire Roche, fabricant de cet antigrippal, a infiltré l'Organisation mondiale de la Santé, influé sur les recommandations officielles et réalisé un chiffre d'affaires de 10 milliards de dollars, dont 3,2 milliards en 2009.
Le Nouvel Observateur, 10/2012, p. 28.

Addicts...

[Sur une ordonnance, le nombre de médicaments prescrits est en moyenne] de 1,6 par feuille dans l'Hexagone, contre 1,2 en Allemagne et 0,9 aux Pays-BasNicole PENICAUT, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 83. 
Et il semble que l'on paye les médicaments plus chers en France que dans d'autres pays >> 
Et beaucoup de médicaments remboursés ont un impact médical semble-t-il tout relatif >>
Et les génériques sont boudés >>
[En 2009], les Français consomment en moyenne 48 boîtes de médicaments par an. Plus de 90 % de ces médicaments étant remboursés, la facture a atteint  21,5 milliards d'euros pour la sécurité socialeL'Express, 10/2011, p. 34.

Innovation placebo...

Chiffres et arguments au sujet de la recherche et développement dans l'industrie pharmaceutique, son coût, ses budgets...
9. Quoi qu'elle prétende, [l'industrie pharmaceutique] dépense 5 %, seulement, pour la recherche, 15 % pour le développement , 10 % pour la fabrication, entièrement sous-traitée en Inde ou au Brésil. L'industrie de la santé est parmi les plus lucratives. [...] Elle n'y parvient que par un marketing et un trafic d'influence pour lesquels elle n'investit pas moins de 45 % de son chiffre d'affaire. A Washington, 600 lobbyistes s'affairent, presque autant à Bruxelles, plusieurs dizaines à l'Assemblée nationale de Paris. Anne CRIGNON et Céline REVEL-DUMAS, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 82. 
9.1. Un avis partagé, avec des chiffres du même acabit...
[... L'industrie pharmaceutique] consacre en moyenne deux fois et demie plus d'argent au marketing, qu'à la R&D, à quoi il faut ajouter que celle-ci est elle-même très souvent du marketing déguisé en science. Mikke BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22.
9.2. A titre d'exemple...
En 2011, Pfizer a dépensé 156 millions de dollars en publicité à la télévision pour le Lipitor [une statine]. Books, 02/2013, p. 32.
8. Développer un nouveau médicament prend entre 10 et 15 ans et nécessite plus d'un milliards d'euros d'investissement. [La phase la plus coûteuse des essais cliniques] implique de 1 000 à 3 000 patients et sert à comparer l'efficacité du médicament à un placeboSébastien FARCIS, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 41.
7. L'Inde connaît un nouveau type de "délocalisation" : celle des essais cliniques. Leur nombre a été multiplié par 35 en à peine 7 ans. Sébastien FARCIS, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 42. 
6.  L'industrie n'a pas mis grand chose de vraiment neuf sur le marché depuis vingt ans. Quand des scientifiques sérieux disent cela, on assiste à une levée de boucliers : mais comment soixante médicaments nouveaux sont mis sur le marché chaque année ? Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
5.  [...] Or de façon tout à fait officielle, on voit que seuls un ou deux médicaments par an sont considérés comme rendant un service réellement inédit. La plupart des produits présentés par l'industrie comme nouveaux ne sont que des versions nouvelles d'une molécule ancienne. C'est ce qu'on appelle les me too ("moi aussi"). Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.
4. De manière incroyable, on voit apparaître dans les plus grands journaux scientifiques du monde la formule : "Cette molécule n'est pas inférieure à la précédente." Pour obtenir qu'une molécule soit mise sur le marché, on en est venu à ne plus chercher à faire mieux, mais seulement à faire aussi bien ! Philippe EVENBooks, 04/2011, p. 20.
3. L'industrie ne cherche pratiquement plus elle-même. Elle se borne à "développer". Elle claironne que chaque molécule lui coûte 800 millions de dollars et dépense de recherche, mais Marcia Angell a montré pièces en main que le vrai chiffre est dix fois inférieur. Philippe EVENBooks, 04/2011, p. 20.
Des extraits de l'article en question...
Au sujet de la validité des essais cliniques >>
Au sujet des conflits d'intérêts >>
Au sujet du DSM, manuel de diagnostic psychiatrique >>
Et au sujet de la géométrie variable des maladies psychiatriques >>
2. [...] Les molécules nouvelles sont des molécules de niches, destinées à un petit nombre de malades. [...] Il y a [par exemple] quarante variétés de cancers du poumon. [...] L'industrie achète ces nouvelles molécules aux laboratoires publics et universitaires qui ont besoin d'argent. [...] Comment les rentabiliser ? En les vendant très cher. Depuis quelques années, on voit ainsi apparaître des médicaments dont le coût d'utilisation pour un malade peut être de 50 000, 100 000, jusqu'à 300 000 dollars. Des prix qui, de l'aveu même de l'industrie, sont sans rapport avec le coût de fabrication des-dites molécules. Philippe EVENBooks, 04/2011, p. 20.
1. [...] Toute molécule qui présente simplement une petite modification chimique par rapport à la précédente, peut bénéficier d'un nouveau brevet. [...] Elle se met [ainsi] à l'abri des génériques, et peut être vendue au prix fort. A quelques exceptions près, il ne devrait plus y avoir que des génériques. Philippe EVEN, Books, 04/2011, p. 20.

Placebo...

[Dans leur livre, Philippe Even et Bernard Debré] dressent un bilan sidérant de notre pharmacologie : 50 % de médicaments inutiles, 20 % de mal tolérés, 5 % de "potentiellement très dangereux", mais, incroyable paradoxe, 75 % sont remboursés. De 10 à 15 milliards d'euros sont ainsi gaspillés chaque année, sans aucune amélioration de la santé des patients [...].
Anne CRIGNON et Céline REVEL-DUMAS, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 81.

Lobbystag...

[...] En politique tout se passe toujours très vite, et les hommes politiques doivent souvent prendre des décisions à la hâte sans avoir le temps de se pencher autant qu'il le faudrait sur les différents sujets. Lothar BINDING (membre du bundestag).
[...] Au cours d'une législature, un député du Bundestag va devoir statuer sur 550 projets de loi. Le Bundestag consomme pour cela 87 500 000 feuilles de papier. Cela fait 142 974 feuilles par député. Forcément, les hommes politiques ne peuvent venir seuls à bout de ces monceaux de papiers et ils ne peuvent pas tout savoir. Les lobbyistes volent alors à leur secours [...].
[...] Quand les gens de BAT me rendent visite, ils viennent toujours par trois. Et il y a toujours une jolie femme pour détendre l'atmosphère, qui est toujours très sympa. [...] Mais bientôt, sous ces abords de convivialité, [...] ils tentent très concrètement de faire passer des formulations précises dans les projets de loi du parlement. Lothar BINDING (membre du Bundestag).
[...] A Berlin, pour chaque député, il y a 7 lobbyistes. [...] Ils sont aux petits soins pour les hommes politiques à coup d'amuse-bouches et d'informations. Ils organisent par exemple des soirées parlementaires. Les invités sont triés sur le volet. En première partie on leur sert une conférence technique, ensuite viennent le buffet, le vin et la bière. Les lobbyistes peuvent ainsi abreuver les hommes politiques de messages. Ils n'oublient pas pour autant de chouchouter les journalistes. Ils leur réservent les conversations off, avec des informations plus spécialisées.
[...] Bien-sûr en Allemagne les lobbyistes sont présents dans les ministères. [...] Je sais que c'est très populaire. Parce que pour les ministère dont les budgets sont très serrés, c'est très pratique d'avoir des collaborateurs rémunérés par des sociétés extérieures. Karl JURKA (lobbyiste).
[...] D'après la Cour fédérale des comptes, 300 collaborateurs extérieurs ont travaillé dans les différents ministères entre 2004 et 2006, et 20 % d'entre-eux ont participé à l'élaboration des lois en tant qu'expert ministériel.
Arte, Profession lobbyiste, 06/08/2012.

Corrupto-dépendant...

[...] On parle d'autant plus d'un médicament en le valorisant qu'il y a de conflits d'intérêts avec l'industriel qui fabrique le médicament et le membre du groupe de travail. Un article du magazine Consensus diabète [référence introuvable] traite de l'inertie clinique. C'est le comportement des médecins qui n'intègrent pas les nouveautés ou l'état de la science dans leurs comportements. Ce n'est pas l'ignorance, c'est "je sais mais je m'en fou" ou "je sais mais je résiste". L'auteur de l'article dit oui bien-sûr les recommandations de traitements ne peuvent pas s'appliquer à tous les patients, c'est général. Mais il y a une chose qu'il n'évoque pas, c'est le fait que la recommandation n'est peut-être pas valide scientifiquement. Pour lui, ça lui paraît évident. 
[...] Je découvre que [l'auteur de l'article] est un professeur des universités qui a était l'objet d'un procès par Que choisir santé, l'union des consommateurs, parce que dans des publications qu'il avait faites sur les médicaments du diabète (il est diabétologue), il n'avait pas déclaré ses conflits d'intérêts. 
Mais surtout, c'est une autre information, la recommandation de traitement du diabète qui avait été faite par la haute autorité de santé a été l'objet d'un recours du Formarep, l'association qui milite pour une information loyale sur la santé, auprès du conseil d'Etat, parce qu'il y'avait trop de médecins dans cette recommandation qui avaient des conflits d'intérêts. Et en effet, le conseil d'Etat a abrogé, ce qui était quand même un coup de tonnerre, la recommandation de traitement du diabète, qui était présidée par le même professeur qui nous fait un article sur l'inertie clinique. 
Cette recommandation est donc tombée d'elle-même, mais le problème, et c'est le sujet d'un article de Philippe Nicou sur le Formarep publié il y a trois jours [...], elle est toujours utilisée en étant abrogée. Elle a disparu mais le guide de traitement qui est utilisé, par exemple par la Sécurité sociale pour savoir si le médecin travaille bien, pour savoir si la Sécurité sociale est d'accord pour rembourser tel ou tel médicament chez tel patient, ce guide qui est toujours publié et date de 2007, n'a pas été mis à jour et fait référence à cette recommandation abrogée. Il y a même dedans des médicaments qui ont été retirés du marché parce que l'on a découvert qu'ils étaient cancérigènes. 
[...] On se dit que cette fameuse inertie clinique, ce peut être bien-sûr le fait de médecins lents, ou pas compétents, mais finalement ça peut être aussi quelqu'un qui ne se laisse par bercer par le marketing  pharmaceutique et ses courroies de transmission et qui vous protège en ne vous donnant pas les nouveaux médicaments. 
[...] Un étudiant a fait une thèse l'année dernière toujours sur ces recommandations, et encore une fois la recommandation du diabète dont le groupe de travail était présidé toujours par le même professeur, et a montré que dans ces recommandations, on parlait d'autant plus d'un médicament en le valorisant qu'il y avait des conflits d'intérêts avec l'industriel qui fabriquait le médicament et le membre du groupe de travail.
Dominique DUPAGNE, France Inter, La tête au carré, 22/06/2012.