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Silicium stagnant...

On ne voit aucun effet des nouvelles technologies de l'information et de la communication (1994-2001) sur les gains de productivité. [...] Ceci pourrait refroidir l'optimisme sur les nouvelles technologies du futur. Patrick ARTUS. 
[...] Pour Robert GORDON (professeur, université Northwestern, Illinois), la [raison en] est simple : [...] on gagne énormément en productivité quand on passe de la diligence à l'avion, mais très peu quand on passe à la réservation de son billet par Internet ! Les gains en termes d'efficacité du travail issus des premières révolutions industrielles ont représenté un saut pour l'humanité qui ne peut se produire qu'une seule fois et ne peut être améliorée qu'à la marge. 
[...] Pour Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee (experts des nouvelles technologies, MIT), cette vision des choses est complètement dépassée : [...] les ordinateurs et les autres avancées digitales sont en train de faire pour notre pouvoir mental, la capacité d'utiliser notre cerveau pour comprendre et façonner notre environnement, ce que la machine à vapeur et ses descendants ont fait pour le pouvoir des muscles. 
[...] La révolution digitale nous permet de produire de plus en plus de connaissances de plus en plus vite, et donc, c'est le point essentiel, d'innover de manière exponentielle. [...] Selon [eux], l'innovation digitale, combinatoire et exponentielle, [nous place ainsi] à un tournant qui, d'ici quelques années, va révolutionner notre monde. 
Christian CHAVAGNEUX, Alterntives Economiques, 09/2014, p. 60.

La pendule, la locomotive et le processeur...

[...] Les sociétés qu'étudient les anthropologues, comparées à nos sociétés plus grosses et plus compliquées, sont un peu comme des sociétés "froides" par rapport à des sociétés "chaudes" : des horloges comparées à des machines à vapeur. Ce sont des sociétés qui produisent peu de désordre, les physiciens diraient "de l'entropie", et qui tendent à se maintenir indéfiniment dans leur état initial (ou ce qu'elles imaginent être un état initial) ; ce qui explique que, vue de dehors, elles paraissent sans histoire et sans progrès
Nos propres sociétés ne font pas seulement un grand usage de machines thermodynamiques ; du point de vue de leur structure interne, elles ressemblent à des machines à vapeur. Il faut qu'existent en elles des antagonismes comparables à celui qu'on observe dans une machine à vapeur, entre la source de chaleur et l'organe de refroidissement. Nos sociétés fonctionnent sur une différence de potentiel : la hiérarchie sociale, qui, à travers l'histoire, a pris les noms d'esclavage, de servage, de division de classes, etc. De telles sociétés créent et entretiennent en leur sein des déséquilibres qu'elles utilisent pour produire à la fois beaucoup plus d'ordre [... sur le plan culturel] (nous cultivons la terre, nous construisons des maisons, nous produisons des objets manufacturés...), mais, sur le plan des relations entre les personnes, beaucoup plus d'entropie (nous dissipons nos forces et nous épuisons dans les conflits sociaux, les luttes politiques, les tensions psychiques...). 
[...] L'idéal serait sans doute dans une troisième voie : celle qui conduirait à fabriquer toujours plus d'ordre dans la culture, sans qu'il faille le payer par un accroissement d'entropie dans la société. Autrement dit, et comme le préconisait le comte de Saint-Simon en France au début du XIXe siècle, savoir passer, je cite, "du gouvernement des hommes à l'administration des choses". En formulant ce programme, Saint-Simon anticipait à la fois sur la distinction anthropologique entre la culture et la société, et sur cette révolution qui s'opère en ce moment sous nos yeux avec les progrès de l'électronique. Peut-être nous fait-elle entrevoir qu'il sera un jour possible de passer d'une civilisation qui inaugura jadis le devenir historique, mais en réduisant des hommes à la condition de machines, à une civilisation plus sage qui réussirait, comme on commence de le faire avec les robots, à transformer les machines en hommes. Alors la culture ayant intégralement reçu la charge de fabriquer le progrès, la société serait libérée d'une malédiction millénaire qui la contraignait à asservir des hommes pour que le progrès soit. Désormais, l'histoire se ferait toute seule, et la société, placée en-dehors et au-dessus de l'histoire, pourrait jouir à nouveau de cette transparence et de cet équilibre interne dont les moins dégradées des sociétés dites primitives attestent qu'ils ne sont pas incompatibles avec la condition humaine.
Claude LEVI-STRAUSS, L'anthropologie face aux problèmes du monde moderne, Seuil, 2011, p.89.

Super-observateur...

On sait déjà qu'en transformant des données [recueillies lors d'expériences scientifiques] en images et en laissant des humains les observer, on surpasse les capacités d'un super-calculateur. Par exemple, la structure d'un protéine du virus simien Mason-Pfizer a été résolue en seulement trois semaines par les membres du projet participatif Foldit, alors qu'elle résistait depuis des années aux méthodes d'analyses automatiques. Et on sait que l'homme est capable de déceler de subtiles différences dans des compositions musicales et d'y trouver des schémas, c'est un grand sujet de recherche en neurologie. Faire chanter les données semble donc une piste intéressante à explorer.
Peter LARSEN, Science & Vie, 01/2013, p. 16.

Soumission littéraire...

[Steven] Johnson [imagine] ce que les critiques auraient pu écrire si les jeux vidéos avaient été inventés il y a des centaines d'années et qu'une chose appelée livre n'avait commencé d'être vendue aux enfants à grand renfort de marketing que très récemment... 
"La lecture ne stimule pas suffisamment les sens, et ce de façon chronique. Contrairement à la vieille tradition du jeu, qui plonge l'enfant dans un univers coloré en trois dimensions, empli d'images animées et d'environnements musicaux, dirigé et commandé par des mouvements musculaires complexes, les livres ne sont qu'un chapelet stérile de mots alignés sur la page. [...] En outre, les livres isolent tragiquement. Alors que les jeux impliquent depuis nombre d'années les jeunes dans des relations sociales complexes avec leurs amis, construisant et explorant ensemble des univers, les livres obligent l'enfant à s'enfermer dans un endroit tranquille, coupé de toute interaction avec les autres. [...] Mais la caractéristique peut-être la plus dangereuse de ces livres est qu'ils suivent une trajectoire linéaire immuable. On ne peut influer sur le récit d'aucune manière, on ne peut que rester assis tandis que l'histoire vous est imposée. [...] Cela risque d'instiller une passivité générale chez nos enfants, qui se sentiront impuissants à changer leur condition. La lecture n'est pas une pratique active, participative ; c'est une pratique soumise."
Malcolm GLADWELL (The New Yorker, 05/2005), Books, 07-08/2009, p. 30.

Super Trader...

[...] Et si la crise financière s'expliquait aussi par une overdose de jeu vidéo chez les traders ? C'est l'une des thèses de la célèbre neurologue Susan Greenfield, qui, depuis 2009, mène sa croisade contre l'omniprésence des écran dans le monde de l'enfance. Selon elle, les jeunes loups de la City, cyniques et insouciants, auraient perdu tout sens des réalités en consommant dans l'enfance trop de jeux vidéo.

Guerre haut débit...

Le risque d'une attaque [informatique] massive, dans les cinq à dix ans,est classé [en France], au deuxième rang des préoccupations après les actes terroristes. Page 60. 
[...] Les risques d'un cyberconflit existent, mais il masque une autre motivation, bien plus puissante... 
"Faire du business ! Etre capable de griller un réseau électrique, c'est bien, mais le véritable enjeu, c'est surtout de gagner des parts de marché." Jonathan BROSSARD (hacker), p. 67. 
[...] Connaître, dans le détail, la proposition d'un concurrent, lors d'un gros appel d'offre, donne un avantage décisif. Pour l'avoir négligé, certaines sociétés ont péri. Des pirates, chinois semble-t-il, ont pillé les secrets du géant canadien des télécoms Nortel pendant près de dix ans, au point de l'acculer à la faillite. De tels exemples abondent. Page 67.  
[...] Appelés à la rescousse du groupe nucléaire Areva, après la découverte, fin 2011, de l'un des plus gros pillages de ces dernières années, les "cyberdétectives" ont été incapables d'évaluer l'ampleur du préjudice...
"[...] Ce qui est certain, c'est que l'attaque durait depuis longtemps. Nous sommes convaincus que les pirates ont réussi à pénétrer au coeur du système d'information et qu'ils ont eu accès à tout ou presque.Un hacker anonyme, p. 70.
L'Express, 11/2012.

Algo-fucking...

Sous la surface de l'algo-trading...
3. L'algo-trading, sur une place comme celle des Etats-Unis, c'est 73 % des transactions, mais ça ne couvre que 2 % des entreprises [cotées]. CHAROLLES V. France Inter, Le téléphone sonne, 31/01/2012. 
2. Selon les marchés, entre 50 et 60 % des opérations sont effectuées aujourd'hui par des automates [...]. Paul JORION (2012), Misère de la pensée économique, Fayard, p. 73. 
1. En 2007, [il fallait pour qu'un échange effectif de 10 000 dollars ait lieu], un nombre d'opérations situé entre 1 et 10. [...] En septembre 2011, [... ] le chiffre avait atteint [...] 80 à 90 opérations. Paul JORION (2012), Misère de la pensée économique, Fayard, p. 77.

Concurrence de médiocrité...

J'ai un jour posé la question à un représentant de la firme d'audit KPMG, en mission chez nous [CountryWide]. [...] Je l'interrogeai en ces termes : "N'est-il pas gênant qu'un certain élément de notre modèle [informatique] de gestion du risque soit inadéquat et que nous en soyons conscient ?". [...] Elle est revenu au bout de quelques jours avec la réponse suivante : "Je me suis renseignée : le même modèle est utilisé par l'ensemble de vos concurrents", et elle ajouta : "Cela ne pose pas de problème, puisqu'on peut considérer qu'il s'agit par conséquent de l'"industry standard" (de la norme sectorielle)". Page 105.
[...] Comment a-t-il été possible que des erreurs aussi flagrantes [dans l'évaluation des risques de crédits] puissent passer inaperçu ? Pourquoi n'a-t-on pas noté l'inadéquation entre les modèles [informatiques] et ce que l'on essayait de modéliser ? [...] En premier lieu, comme les marges de profit étaient substantielles durant les années 2000-2006...
Et pour cause... >>
... les questions méthodologiques furent refoulées à l'arrière-plan ; en second lieu, l'idée que la seule question sérieuse à se poser en finance est que la concurrence parfaite jouissait d'un consensus, avec pour implication que si tous les intéressés commettent la même erreur, nul n'est ni avantagé, ni désavantagé, et tout est dès lors pour le mieux dans le meilleur des mondes. Page 73.

The end...

A quoi imputer le creusement [des inégalités] ? En premier lieu, à la part toujours croissante de la richesse ponctionné par le milieu financier. Krueger cite les chiffres suivants : la part du secteur financier et de l'immobilier dans les revenus du 1 % le plus riche a doublé entre 1979 et 2005. [...] En deuxième lieu, les gains de productivité générés par l'informatique et l'automation au cours des trente dernières années ont essentiellement étaient ponctionnés par les classes aisées. [...] Dans la pratique, [... sitôt le travailleur] remplacé, la machine travaille uniquement au profit des actionnaires et des patrons de l'entreprise. Cet effet pervers, Sismondi (1772-1842) l'avait déjà dénoncé dans les années 1820, proposant que tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d'une rente indexée sur la richesse créée désormais par celle-ci. Page 142.

Superman...

[...] C'est pour promouvoir l'idée d'un homme plus que parfait, augmenté par la technique, que le transhumanisme est né en Europe du nord et aux États-Unis, il y a une trentaine d'années. Les adeptes de ce nouveau mouvement, philosophique et scientifique, entendent utiliser tous les moyens de la technologie pour améliorer l'espèce humaine et augmenter ses capacités de perception, de cognition, de réflexion, de performance. Selon eux [... les technologies] numériques sont déjà devenues des organes externes ni plus ni moins, et font désormais partie de notre identité. Les transhumanistes espèrent aller encore plus loin dans cette fusion de l'homme et de la machine pour faire naître une nouvelle espèce plus performante à l'horizon de ce siècle.
[...] La Gare de Grand Central [manhattan] représente le summum d'une culture basée sur le temps, sur l'horloge. On peut considérer l'histoire humaine comme l'évolution de la relation au temps. L'invention de l'horloge à la Renaissance a permis l'émergence de l'âge industriel et d'une culture basée sur les horaires et la productivité. [...] Mais maintenant nous sommes en train de passer de cette culture du temps à celle de l'ordinateur. Or la logique informatique est en dehors du temps. On est donc passé de la logique des horaires à celle des programmes. Douglas RUSHKOFF (Auteur)
[...] Un sixième continent, virtuel et numérique, existe donc en parallèle de notre monde physique.
[...] Nous sommes en train de vivre une mutation prodigieuse, comme il s'en produit sans doute tous les mille ou deux mille ans. [...] Depuis une vingtaine d'année, les progrès technologiques ont été plus vite que la pensée. Jean-Claude GUILLEBAUD (Auteur)
[...] Pas mal de gens, par exemple les golfeurs professionnels, se font opérer les yeux au laser pour avoir une vision plus que parfaite. [...] Nos corps sont le dernier bastion du consumérisme, ils sont destinés à être sans cesse améliorés. Qu'est-ce qu'on fait si tout d'un coup les handicapés deviennent plus performants que nous ? Est-ce qu'on doit à nouveau les surpasser ? Gregor WOLBRING (Biochimiste, spécialiste de veille éthique)
[...] Cette espèce de rapprochement entre l'ordinateur de la technologie et l'ordinateur naturel que nous aurions en nous-même, cela produit une espèce de réification, une chosification de l'individu. On le voit bien aujourd'hui, la manière de se présenter sur les sites de rencontre est identique à la manière de se présenter à un entretien d'embauche. Il y'a une recomposition de notre manière de concevoir la vie et le vivant. Roland GORI (Professeur de Psychopathologie clinique)
[...] On construit la fiction d'un individu qui EST son cerveau. [...] Donc doit faire tout ce qu'il peut pour éviter un dérèglement de son fonctionnement, ne doit pas hésiter à recourir à des artifices pour améliorer son cerveau. Parce que ce qui est en jeux, ce sont les avantages compétitifs. Ce qui veut dire que les rapports entre les individus sont remodelés de manière à faire prévaloir la norme de la concurrence entre les individus conçus chacun comme étant une entreprise de soi. [...] Y'a une pensée classique qui est celle de la perfectibilité, qui date du XVIIIe siècle, qui est l'idée selon laquelle l'homme peut s'améliorer ou se perfectionner notamment par l'éducation. Cette idée-là, aujourd'hui, se trouve reléguée au second plan. Elle est même parfois purement et simplement abandonnée ou critiquée explicitement. Et ce qui tend à l'emporter, c'est une autre idée. C'est la perspective d'une amélioration indéfinie qui permettrait, par des techniques, de changer y compris la nature humaine ou l'humaine conditionPierre DARDOT (Professeur de philosophie)
[...] Vous pourriez me dire "moi je ne me ferai jamais poser une puce, à l'intérieur de mon corps, parce que je ne me sentirais plus moi-même". Et bien, laissez-moi vous convaincre... Je prends par exemple une puce électronique que je pourrais implanter dans votre corps d'ici 10 ans. Une puce qui pourrait transmettre, surveiller à distance sa biochimie pour savoir instantanément si je suis en train de consommer trop d'aliments industriels ou si j'ai un excès de sucre. [...] Cette puce pourrait dialoguer avec mon portable, mon ordinateur [...] et m'aider à me nourrir plus sainement [...] ou me forcera à sortir faire de l'exercice. Et si j'arrive à prouver qu'en implantant une telle puce sur une souris ou un rat, ils vivent 50 % de temps en plus, je pense qu'un grand nombre de gens se laisseront convaincre de l'essayer. John SMART (Futurologue, directeur de la fondation Acceleration Studies)
[...] La société occidentale actuelle n'est plus viable à long terme telle qu'elle existe aujourd'hui. Nous sommes face à un abîme, le même que surplombait Nietzsche il y a plus d'un siècle. De l'autre côté je crois et j'espère, qu'il y aura une vie transhumaine viable. Mais entre les deux il y aura un grand péril. Pour moi le transhumanisme n'est pas un choix, mais une nécessité. William BAINBRIDGE (Co-auteur du rapport NBIC 2002)
[...] Si l'on jette un oeil aux critères de l'industrie et de l'ingénierie, on voit quoi ? Des contrôles qualité, la prédictibilité des profits, de hauts niveaux d'efficacité et d'utilité. Désirons-nous vraiment vivre dans un monde dans lequel les êtres humains ne seraient plus mesurés que selon ces critères ? Alors nous deviendrions des machines. Jeremy RIFKIN (Economiste, président de Fondation on Economic Trends)
[...] Nous serons comme des dieux. Les gens ne veulent pas l'entendre. Mais nous serons omniscients, capables de tout savoir, de connecter nos cerveaux directement à Google. [...] Se débrancher ne se fera qu'au prix d'une grande solitude. Peter DIAMANDIS (Cofondateur de l'Université de la Singularité)
[...] L'accès à des technologies de plus en plus sophistiquées, de plus en plus coûteuses, ne travaille pas nécessairement à une amélioration du bien commun. Elle peut être un projet pour une élite. Alors, ça veut dire inscrire une fracture violente dans l'humanité qui pose un problème politique [...] majeur [...]. Ces gens-là sont prêts à laisser sur le bord du chemin en attendant leur disparition finale, une bonne partie de l'humanité. Y'a pas besoin d'exterminer. Y'a des gens qui s'effaceront parce qu'ils seront moindres, donc condamnés à disparaître. Donc il y a quelque part, une césure acceptée. Jean-Paul MALRIEU (physicien quantique, directeur de recherche au CNRS)
[...] On ne peut pas réglementer. La régulation de ces technologies, une fois qu'elles deviendront disponibles, sera impossible. Va-t-on arrêter la recherche sur les cellules souches aux États-Unis ? Ce serait pathétique. Les meilleurs chercheurs fuiront en Corée du Sud ou en Chine [...] pour travailler. Nous n'avons plus de frontières et l'idée de réglementer à l'intérieur de frontières nationales est une mentalité dépassée. C'est un point de vue du XXe siècle. Peter DIAMANDIS (Cofondateur de l'Université de la Singularité). 
[...] Quand on regarde les choses de près aux États-Unis, on s'aperçoit que les connections de ces projets techno-scientifiques sont avec l'aile droite du libéralisme américain. Qui a financé l'Université de de la Singularité en Californie ? C'est la droite ultralibérale dure [...]. Les connections avec [...] les logiques de la société marchande sont indubitables, écrasantes, affolantes même. Jean-Claude GUILLEBAUD (Auteur)
[...] La Silicon Valley a changé. C'était un endroit où l'on créait de la technologie pour les gens. Et c'est devenu une sorte de nouveau centre du pouvoir. Cela me paraît extrêmement bizarre qu'il y ait ce truc, l'Université de la singularité, juste en face de chez Google. Comment les gens réagiraient-ils si une religion fondamentaliste traditionaliste s'installait sur le même campus que l'une des plus grande agence d'espionnage dans le monde. [...] Facebook et Google détiennent plus d'informations sur les gens que le gouvernement français n'a le droit d'en détenir. Jaron LANIER (inventeur du concept de réalité virtuelle)
[...] Cette explication qu'on va être en retard par rapport aux États-Unis, ou au Japon ou à d'autres, suffit pour donner de l'intelligence au projet. Si c'est en retard pour rentrer dans le mur, c'est qu'on est en avance sur eux. L'urgence serait non pas d'aller plus loin mais d'essayer de survivre tel qu'on est. Les scientistes nous disent, comme nous sommes en difficulté, la seule manière de s'en sortir c'est plus de techno-sciences. Je trouve que c'est un discours absolument scandaleux. Je pense aux Japonais, qui là, sont en train de se prendre des radiations. Tout ça pour avoir 20 % d'énergie en plus ? Jacques TESTART (Biologiste, ancien directeur de recherche de l'INSERM).
Arte, Un monde sans humains ? 23/10/2012.

Culte de la réussite...

C'est une première: un deuil mondial porté par la consommation. Salut l'artiste! Steve, pourquoi es-tu parti ? J'avais encore tellement de choses à te demander... Par exemple: comment s'y prend-on pour installer Firefox sur l'iPad
[...] Faites des conquêtes et vous serez qualifié de visionnaire ! Ouvrez des marchés et l'on écoutera la moindre de vos prophéties, sans même la discuter. On admire tant le succès qu'on en oublie d'examiner le contenu de la proposition. Les Mac, iPod, iPhone et autres iPad et Nano ont dépoussiéré l'informatique et instauré une esthétique radicale, libre et accessible, mais a-t-on pour autant affaire à un univers affranchi, décloisonné, libertaire? Ceux qui ont cherché vainement un port USB sur leur iPad savent que cet objet lisse et désirable est aussi hermétique et truffé de sens interdits. Littéralement, il ne se laisse pas pénétrer. Vous possédez un appartement, mais ne pouvez y mettre vos meubles. Vous commencez une nouvelle vie, mais c'est Apple qui fournit le décor. Pour cela, oui, Steve Jobs était un visionnaire. 
 [...] Il est mort trop jeune, c'est triste, mais cela ne change rien pour ceux dont l'existence est étalonnée par un mot, hideux au point qu'il devrait être impossible à écrire sur Mac : "besoin". Pour les aider, je préfère Bill Gates, qui est par ailleurs plutôt PC. [...]
Attendons désormais les funérailles nationales de Jacques Séguéla. [...].