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Rien ne va plus...

Les raisons fondamentales du ralentissement économique selon Patrick ARTUS...
1. [...] Les rendements décroissant de la R&D. Les budgets de R&D ont beau être toujours plus ambitieux, ils ne débouchent plus sur la même quantité d'innovations, de nouveaux produits, de nouveaux processus de production. 
2. L'augmentation de l'intensité capitalistique. [...] Il faut désormais, aux Etats-Unis comme en zone euro, deux fois plus de capital qu'il y a cinquante ans pour créer la même quantité de richesses
3. L'amaigrissement irrésistible des secteurs où les gains de productivité sont sensiblement plus élevés qu'ailleurs (en clair, l'industrie manufacturière). 
4. L'insuffisant niveau de qualification de la population active.
Patrick ARTUS et Marie-Paule VIRARD, Croissance zéro, Fayard, 2015, page 37.

Bel avenir...

Dans le cas où il n'existe aucune croissance structurelle [somme du taux de croissance de la productivité et de la population, dit taux g...] on aboutit à une contradiction logique très proche de celle que décrit Marx. 
A partir du moment où le taux d'épargne nette [...] est positif, c'est-à-dire que les capitalistes s'acharnent à accumuler chaque année davantage de capital, par volonté de puissance et de perpétuation, ou bien simplement parce que leur niveau de vie est déjà suffisamment élevé, le rapport capital/revenu augmente indéfiniment. Plus généralement, si le taux g est faible et s'approche de zéro, le rapport capital/revenu de long terme [...] tend vers l'infini. [...] Dans ce cas, le rendement du capital r doit nécessairement se réduire de plus en plus et devenir infiniment proche de zéro, faute de quoi la part du capital [...] finira par dévorer la totalité du revenu national. 
La contradiction dynamique pointée par Marx correspond donc a une vrai difficulté, dont la seule issue logique est la croissance structurelle, qui seule permet d'équilibrer, dans une certaine mesure, le processus d'accumulation du capital. 
C'est la croissance permanente de la productivité et de la population qui permet d'équilibrer l'addition permanente de nouvelles unités de capital [...]. Faute de quoi les capitalistes creusent effectivement leur propre tombe : soit ils s'entre-déchirent, dans une tentative désespérée pour lutter contre la baisse tendancielle du taux de rendement (par exemple en se faisant la guerre pour obtenir les meilleurs investissements coloniaux, à l'image de la crise marocaine entre la France et l'Allemagne en 1905 et 1911) ; soit ils parviennent à imposer au travail une part de plus en plus faible dans le revenu national, ce qui finira par conduire à une révolution prolétarienne et une expropriation générale. Dans tous les cas, le capitalisme est miné par ses contradictions internes.
[...] Pour résumer, la croissance moderne, qui est fondée sur la croissance de la productivité et la diffusion des connaissances, a permis d'éviter l'apocalypse marxiste et d'équilibrer le processus d'accumulation du capital.
Thomas PIKETTY, Le capital au XXIe siècle, Seuil, page 361.

Silicium stagnant...

On ne voit aucun effet des nouvelles technologies de l'information et de la communication (1994-2001) sur les gains de productivité. [...] Ceci pourrait refroidir l'optimisme sur les nouvelles technologies du futur. Patrick ARTUS. 
[...] Pour Robert GORDON (professeur, université Northwestern, Illinois), la [raison en] est simple : [...] on gagne énormément en productivité quand on passe de la diligence à l'avion, mais très peu quand on passe à la réservation de son billet par Internet ! Les gains en termes d'efficacité du travail issus des premières révolutions industrielles ont représenté un saut pour l'humanité qui ne peut se produire qu'une seule fois et ne peut être améliorée qu'à la marge. 
[...] Pour Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee (experts des nouvelles technologies, MIT), cette vision des choses est complètement dépassée : [...] les ordinateurs et les autres avancées digitales sont en train de faire pour notre pouvoir mental, la capacité d'utiliser notre cerveau pour comprendre et façonner notre environnement, ce que la machine à vapeur et ses descendants ont fait pour le pouvoir des muscles. 
[...] La révolution digitale nous permet de produire de plus en plus de connaissances de plus en plus vite, et donc, c'est le point essentiel, d'innover de manière exponentielle. [...] Selon [eux], l'innovation digitale, combinatoire et exponentielle, [nous place ainsi] à un tournant qui, d'ici quelques années, va révolutionner notre monde. 
Christian CHAVAGNEUX, Alterntives Economiques, 09/2014, p. 60.

Panne selon Jan Vijg...

[...] Pour Jan VIJG (généticien moléculaire de renom), notre période est marquée par une panne de l'innovation pour trois raisons...
Réglementation...
[...] Une demande de normes réglementaires croissantes pour nous protéger de nouveaux risques.
Arrivisme...
[...] Un esprit entrepreneurial qui favorise l'enrichissement de court terme par la production de gadgets ou l'amélioration de l'existant, plutôt que la recherche de nouvelles frontières.
Libéralisme...
[...] Le secteur privé se lance rarement dans des innovations majeures : de l'énergie nucléaire au GPS, en passant par internet, ce sont les puissances publiques qui ont été à l'origine des grandes innovations récentes : "La raison principale était la crainte de conflits internationaux. Les Etats voulaient être certains de disposer des meilleures technologies possibles"
Christian CHAVAGNEUX, Alterntives Economiques, 09/2014, p. 60. 

Déesse productivité...

On constate que la croissance de la valeur ajoutée (partie largement prépondérante du PIB) est bien la résultante de la croissance des trois autres éléments. 
[La diminution continuelle du temps de travail sur la période] a été salutaire car, à niveau de croissance donnée et à à productivité fixée par l'appareil productif, la quantité d'heures travaillées est fixée. Si le temps de travail n'avait pas diminué, c'est le nombre d'emplois qui aurait chuté. Cette baisse du temps de travail a donc permis de gérer en douceur les énormes gains de productivité, en évitant probablement environ cinq à six millions de chômeurs en plus. 
Toutefois, le fait marquant de ce graphique concerne la productivité horaire : on observe que son évolution est prépondérante dans celle de la valeur ajoutée et, donc, de la croissance. [...La contribution de] la quantité de travail [...] à la croissance est toujours inférieure à 20 % de celle de la productivité. Ainsi, on peut considérer que la quasi-totalité de la croissance des Trente Glorieuses a été due à de fabuleux gains de productivité.
Olivier BERRUYERLes faits sont têtus, Les arènes, 2013, p. 232.

Production de temps libre...

PRODUCTION = PRODUCTIVITE x HEURES TRAVAILLEES
soit
PRODUCTION  = PRODUCTIVITE x DUREE DU TRAVAIL x NOMBRES D'EMPLOIS
Ainsi, il y a un lien net entre les gains de productivité et l'emploi. Imaginons qu'un constructeur automobile produise 100 voitures avec 100 ouvriers. Un gain de productivité de 5 % en une année signifie qu'il va être capable de produire 105 voitures avec ses 100 ouvriers. S'il y a 5 % de croissance de la demande, c'est ce qu'il produira. Mais bien évidemment, si la demande n'augmente que de 2 %, il ne produira que 102 voitures, ce qui ne nécessite plus que 97 ouvriers. Rapidement, si le temps de travail n'est pas abaissé, les gains de productivité induiront trois chômeurs... 
[...] C'est tout le drame du productivisme actuel : il y a des gains de productivité, mais une croissance faible. La quantité de travail est donc réduite, soit pas la baisse du temps de travail, soit par la baisse des emplois. Sans intervention publique, la décision appartenant aux entreprises, il est malheureusement logique qu'elles choisissent les licenciements, puisque cela n'a aucun coût pour elles à court terme. En revanche, le chômage augmentant nationalement, le coût de son indemnisation augmente aussi et, finalement, les entreprises paient plus de cotisations. Les deux solutions sont économiquement équivalentes : soit le système productif paie 100 personnes travaillant 35 heures, soit il en paie 90 travaillant 39 heures et indemnise 10 chômeurs pour qu'ils ne travaillent pas.

Olivier BERRUYER, Les faits sont têtus, Les arènes, 2013, p. 232.

Fumistes...

[...] Valeur ajoutée par salarié selon le secteur d'activité en 2003. Il est facile de constater que le critère public/privé n'est pas pertinent pour statuer sur la question de la productivité : l'énergie, où 85% des effectifs concerne le secteur public, possède une valeur ajoutée par salarié très supérieure à celle de tout autre secteur industriel, et l'administration est plus productive, par salarié (car la valeur ajoutée n'est rien d'autre que la contribution au PIB), que le commerce !


Pas de chiffres plus récents sur le net, ni d'informations sur les modalités de calcul... dommage...

Belle époque...

La forte croissance en Europe et aux Etats-Unis entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1973 n'a été possible que parce qu'elle réunissait trois conditions.
Premièrement : le faible degré d'ouverture internationale de l'économie a tenu l'industrie et son marché à l'abri de la concurrence extérieure et obligé à recourir à la production locale de biens d'équipement. Deuxièmement : la modernisation de l'appareil de production a conduit à d'importants gains de productivité. Troisièmement : la stabilité du rapport de force entre le capital et le travail a permis aux salariés d'obtenir des gains de pouvoir d'achat en contrepartie des gains de productivité, et de fournir ainsi un débouché de consommation aux biens mis sur le marché. L'accélération de l'inflation causée par le choc pétrolier, l'épuisement des bénéfices de la modernisation productive, mais aussi la mondialisation et la financiarisation ont eu raison de ce cercle vertueux.
Alternatives Economiques, Hors série n° 97, Faut-il dire adieu à la croissance ? 2013, p. 19.

Productivité optimisée...

Les [travailleursFrançais sont parmi les plus productifs au monde [avec 75 000 € de richesses produites en 2012 par emploi]. [...] Mais les Irlandais sont censés être beaucoup plus efficaces encore avec 89 000 euros par emploi [...]. Une fiction qui ne résulte que des manipulations frauduleuses des multinationales pour transférer en Irlande les bénéfices réalisés ailleurs en Europe
[Ces multinationales] pratiquent l'optimisation fiscale de façon de plus en plus agressive, via les "prix de transferts" auxquels les différentes entités d'un groupe se vendent ou s'achètent produits et prestations de services afin de localiser les profits là où l'imposition des bénéfices est la plus faible, ce qui n'est pas le cas de la France. Comme le souligne l'économiste Philippe Askenazy, ce facteur peut avoir un effet non négligeable tant sur [la] valeur ajoutée [des pays] que sur leurs profits et le déséquilibre des échanges extérieurs.
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 11/2012, p. 7.

Dans le même genre, la Suisse...
[...] Si la Suisse regroupe moins de 2 % des effectifs à l'étranger de l'ensemble des entreprises françaises présentes hors du territoire, le pays pèse pour 9 % de leur chiffre d'affaires étranger. Un écart qui n'est sûrement pas dû à une exceptionnelle productivité de l'employé suisse...
Christian CHAVAGNEUX, Alternatives Economiques, 05/2013, p. 59.

Mieux on se porte...

Chiffres et arguments au sujet des 35 heures et du temps de travail d'une manière générale...
3. On oublie trop souvent que c'est la droite qui a promu dès 1995, avec les lois Robien, la baisse du temps de travail comme réponse au chômage ! Philippe MANIERE, L'Express, 11/2012, p. 74.
2. Certes, 350 000 emplois bien visibles ont été créés à court terme [...] mais bien plus, hélas invisibles, sont restés dans les limbes en raison de la perte de compétitivité qui s'est ensuivie et nous vaut aujourd'hui un déficit extérieur abyssal. Selon une étude de COE-Rexecode, qui a remis les pendules à l'heure après des décennies d'erreurs statistiques, un salarié français travaille moins que n'importe quel autre de ses homologues de l'OCDE : comment voudrait-on qu'il créât autant de richesses que lui ? Philippe MANIERE, L'Express, 11/2012, p. 74.
2.1. En 2011 (derniers chiffres publiés par l'OCDE à ce jour), un salarié français ne travaille pas "moins que n'importe quel autre de ses homologues de l'OCDE". Il fait clairement parti de ceux qui travaillent le moins, avec 1476 heures par an et par salarié, mais il arrive en quatrième position après les Pays-Bas (1379), l'Allemagne (1413) et la Norvège (1426). Oecd.org.
2.2. Et bien-sûr, il est possible de créer plus de richesses en "travaillant moins", c'est le principe de la productivité. D'ailleurs la Norvège, est le pays qui produit le plus de richesse par travailleur (83 $ par heure travaillée). Quant à la France, presque dernière en temps de travail, elle est 7e producteur de richesse (sur 50 pays comptabilisés). Oecd.org.

1. Quand on a mis en place les 35 heures, que l'on soit pour ou contre, la contre-partie que l'on attendait des entreprises, c'était qu'elles embauchent. Non seulement ça n'a pas eu lieu...
1.1. En (2), Philippe Manière cite 350 000 emplois créés.
...mais 10 ans plus tard, on se retrouve avec un taux de chômage inégalé en France, alors certes y a la crise depuis 2 ans, mais notre taux de chômage n'a pas bénéficié des 35 heures. C. GERS, BFM, Les experts, 06/01/2012.

Bâtons dans les roues...

Une société comme Paprec [spécialiste du recyclage, NDLR] a comptabilisé, en matière de gestion des déchets, pas moins de 41 modifications réglementaires en huit mois... Elle a une équipe uniquement chargée d'évaluer l'impact de ces évolutions !
Extrait du Rapport Gallois, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 28.

Top productif, ou pas...

Les Français restent parmi les plus productifs au monde : en  2012, un Français qui occupe un emploi aura produit 75 000 € de richesses, contre 63 000 seulement en Allemagne et 65 000 en moyenne en Europe.
Alternatives Economiques, 11/2012, p. 7.

Indulgences stériles...

L'Église a été aussi responsable d'actions calamiteuses. L'interdiction du prêt à intérêt, par exemple, a attisé la haine vis-à-vis des juifs qui le pratiquaient. L'Église a aussi étouffé les sciences et le savoir, mais surtout elle a été à l'origine de quelque chose de purement scandaleux à nos yeux : l'accumulation et la stérilisation d'immenses richesses
[...] C'est par un drôle de paradoxe que l'Église est devenue riche. Ayant inculqué la méfiance vis-à-vis de l'argent de ses fidèles, elle a souvent été bénéficiaire de legs ou de dons de puissants voulant ainsi acheter une place au paradis. Elle est ainsi devenue propriétaire d'immenses domaines dans tout les pays d'Europe
[...] Un partie considérable des richesses de l'Église fut consacrée à la construction tous azimuts d'églises, de cathédrales, de couvents, d'abbayes et de monastères. Ces constructions omniprésentes ( peut-on seulement les dénombrer ?) représentent en termes économiques modernes une immense stérilisation de richesses. Un détournement d'autres utilisations sûrement plus productives [...] que cet hommage à la gloire de Dieu.
Michel MUSOLINO (2007), L'économie pour les nuls, First Editions, p. 36.

A deux vitesses...

Dans la série "Je vous explique la crise" : Jean-Marc Jancovici...
L'économie, qui a été configurée pour avoir structurellement besoin de croissance physique (pour conserver des emplois en même nombre avec une recherche permanente de productivité), commence à subir des cahots réguliers. […] C'est un enchaînement qui est à peu près toujours le même [dans les crises successives depuis 40 ans] : l'économie physique ne peut pas suivre l'économie financière qui a parié sur une croissance excédant les possibilités physiques futures du monde, et le système se régule à grands coups de récession et de crises financières ou monétaires
Dans un monde non décarboné, plus vite la croissance repartira, plus vite arrivera le prochain choc pétrolier qui la tuera à nouveau. Il n'aura fallu que trois ans, entre 2008 et 2011, pour voir le processus se manifester de nouveau, annonçant une très probable récession pour 2012 ou 2013.

Taux d'emploi improductif...

Le taux d'emploi est fondamental, on contourne cette question. [...] Sur une vie active quelle est la quantité de travail fourni par l'allemand type et par le français ; et là, la différence est considérable même si la productivité individuelle et horaire française est bien supérieure.
Henri PIGEAT, BFM, Les Experts, 12/2012.

The end...

A quoi imputer le creusement [des inégalités] ? En premier lieu, à la part toujours croissante de la richesse ponctionné par le milieu financier. Krueger cite les chiffres suivants : la part du secteur financier et de l'immobilier dans les revenus du 1 % le plus riche a doublé entre 1979 et 2005. [...] En deuxième lieu, les gains de productivité générés par l'informatique et l'automation au cours des trente dernières années ont essentiellement étaient ponctionnés par les classes aisées. [...] Dans la pratique, [... sitôt le travailleur] remplacé, la machine travaille uniquement au profit des actionnaires et des patrons de l'entreprise. Cet effet pervers, Sismondi (1772-1842) l'avait déjà dénoncé dans les années 1820, proposant que tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d'une rente indexée sur la richesse créée désormais par celle-ci. Page 142.

Stagnation forever...

[Une croissance "naturelle"] serait un phénomène récent et ponctuel à l'échelle de l'histoire humaine. C'est en tout cas la thèse de Robert J. Gordon, professeur à l'université Northwestern (Illinois). [...] Il explique qu'avant le XVIIIe siècle, l'évolution du PIB par tête se limitait à 0,2 % par an environ. La production de richesse n'augmentait qu'avec la progression de la population. La croissance s'est déclenchée après 1700 [...] battant tous les records après la Seconde Guerre mondiale (les Trente Glorieuses en France). Depuis, elle a régressé, avec un sursaut entre 1996 et 2004. Elle devrait continuer de décélérer au cours de ce siècle, jusqu'à revenir aux très faibles niveaux antérieurs. 
[Cette] parenthèse enchantée [...] est le résultat de la première révolution industrielle (1750-1850 : la marine à vapeur et le chemin de fer), mais surtout de la deuxième avec toutes ces grandes inventions qui ont transformé nos vies et fait exploser notre productivité : l'adduction d'eau potable, l'électricité, la radio, le téléphone... En comparaison, la troisième révolution, celle d'internet, semble plus modeste. D'ailleurs, qui échangerait aujourd'hui les toilettes et l'eau courante contre un PC et internet à haut débit ? 
Les innovations technologiques ont désormais moins d'impact sur la productivité parce que les grands changements ont déjà eu lieu et ne se reproduiront pas : il est impossible d'aller plus vite (Concorde a vécu...), de baisser de manière aussi spectaculaire la mortalité infantile ou de libérer davantage les femmes des corvées ménagères (sinon en les partageant davantage avec les hommes !). La croissance sans fin est donc un mythe. Christine KERDELLANT, L'Express, 10/2012, p. 106.

Fatal multitasking ?

Une étude menée par l'université de Stanford en 2009, consistait à isoler, d'un côté, de fervents adeptes du multitasking dont l'attention se déplace constamment d'une activité à l'autre, et de l'autre, des individus plus concentrés sur ce qu'ils font. Chacun des groupes devait réaliser six tests de cognition. Les individus les plus versés dans le multitasking ont obtenu des résultats nettement moins bons dans tous les cas.
Nicholas CARR (propos receuillis par Julien CHARNAY), Philosophie Magazine, 09/2012, p. 43.

A petite dose...

A partir des données issues d'un ensemble de pays depuis une trentaine d'années [deux chercheurs de la Banque des règlements internationaux] analysent la corrélation entre la taille du système financier et la croissance de la productivité. Quel que soit l'indicateur retenu, cette corrélation est d'abord positive, puis négative au-delà d'un certain niveau, aujourd'hui dépassé par de nombreux pays avancés. En variation, les auteurs montrent qu'une financiarisation rapide de l'économie est clairement défavorable à la croissance.
Alternatives Economiques, 09/2012, p. 46.

Hauts salaires compétitifs...

Ce ne sont pas les salaires trop élevés qui entravent la compétitivité de l'industrie américaine : les branches industrielles qui ont le moins perdu d'emplois au cours de la dernière décennie sont aussi celles qui paient le mieux (les exceptions portent en général sur des produits pondéreux, sensible à la hausse des coûts de transport). En outre, la majorité des pays développés qui affichent de meilleures performances industrielles que les Etats-Unis, rémunèrent aussi mieux leurs salariés. Plutôt que la hausse des coûts salariaux, mieux vaut promouvoir la hausse de la productivité, via la formation tout au long de la vie, l'innovation et le partage des responsabilités et des gains avec les salariés.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 46.