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Rien ne va plus...

Les raisons fondamentales du ralentissement économique selon Patrick ARTUS...
1. [...] Les rendements décroissant de la R&D. Les budgets de R&D ont beau être toujours plus ambitieux, ils ne débouchent plus sur la même quantité d'innovations, de nouveaux produits, de nouveaux processus de production. 
2. L'augmentation de l'intensité capitalistique. [...] Il faut désormais, aux Etats-Unis comme en zone euro, deux fois plus de capital qu'il y a cinquante ans pour créer la même quantité de richesses
3. L'amaigrissement irrésistible des secteurs où les gains de productivité sont sensiblement plus élevés qu'ailleurs (en clair, l'industrie manufacturière). 
4. L'insuffisant niveau de qualification de la population active.
Patrick ARTUS et Marie-Paule VIRARD, Croissance zéro, Fayard, 2015, page 37.

Soumission fiction...

Le programme politique du président musulman imaginé par Michel Houellebecq...
[...] La conséquence la plus immédiate de son élection est que la délinquance avait baissé, et dans des proportions énormes : dans les quartiers les plus difficiles, elle avait carrément été divisé par dix. Un autre succès immédiat était le chômage, dont les courbes étaient en chute libre. C'était dû sans nul doute à la sortie massive des femmes du marché du travail, elle même liée à la revalorisation considérable des allocations familiales [...] [augmentation intégralement] compensée par la diminution drastique du budget de l'Education nationale [...]. Dans le nouveau système mis en place, l'obligation scolaire s'arrêtait à la fin du primaire [...]. Ensuite, la filière de l'artisanat était encouragée ; le financement de l'enseignement secondaire et supérieur devenait, quant à lui, entièrement privé. [...] En ce qui concerne l'enseignement, la générosité des pétromonarchies était depuis toujours sans limite. Page 199. 
Mohammed Ben Abbes [...] se déclara influencé par le distributivisme [...]. Son idée de base était la suppression de la séparation entre le capital et le travail. La forme normale de l'économie y était l'entreprise familiale ; lorsqu'il devenait nécessaire, pour certaines productions, de se réunir dans des entités plus vastes, tout devait être fait pour que les travailleurs soient actionnaires de leur entreprise, et coresponsables de sa gestion. Page 202. 
[...] La nouvelle fonction dont, Ben Abbes venait de s'en aviser, l'attribution à un niveau trop large "perturbait l'ordre convenable", n'était autre que la solidarité sociale. Quoi de plus beau, s'était-il ému dans son dernier discours, que la solidarité lorsqu'elle s'exerce dans le cadre chaleureux de la cellule familiale !... [...] Le nouveau projet de budget du gouvernement prévoyait sur trois ans une diminution de 85 % des dépenses sociales du pays. Page 210. 
[...] Les négociations avec l'Algérie et la Tunisie en vue de leur adhésion à l'Union européenne avançaient rapidement, et que ces deux pays devraient avant la fin de l'année prochaine rejoindre le Maroc au sein de l'Union ; des premiers contacts avaient été pris avec le Liban et l'Egypte. Page 211. 
Mais en fin de compte, ce qui convainc le héros du roman à accepter un poste d'enseignant, à se soumettre, on y revient toujours avec Michel Houellebec...
- [...]
- [...] Dans votre cas, je pense que vous pourriez avoir trois épouses sans grande difficulté, mais vous n'y êtes, bien entendu, nullement obligé. Page 292. 
[...] Une nouvelle chance s'offrirait à moi ; et ce serait la chance d'une deuxième vie, sans grand rapport avec la précédente. 
Je n'aurais rien à regretter. Fin.
Michel HOUELLEBECQ, Soumission, Flammarion, 2015. 

Elitisme abbasside...

[...] Pourquoi le savoir et la science ont-ils reculé si rapidement dans le monde arabe [après son âge d'or vers les XIe et XIIe] ? 
[Ehsan] Masood avance que la science, dans les cultures musulmanes, manquait d'une base sociale et institutionnelle. Ainsi, c'était à proximité ou à l'intérieur même des palais de leurs riches protecteurs, et non dans les universités, que les scientifiques travaillaient. Et leurs recherches, la plupart du temps, n'étaient pas éligibles aux fonds de charité et d'utilité publique tels que les waqfs, les fondations pieuses. Les financements dépendaient étroitement de chaque dirigeant, la recherche scientifique s'exposant à en subir les conséquences chaque fois que l'un d'eux disparaissait ou délaissait ce domaine.
Ziauddin SARDAR, The Times, 1999.
Ehsan MASOOD, Science and Islam. A history, Icon Books, 2008.
Books, 03/2011, page 37.

Demi-providence...

La France consacre autour de 57 % de son PIB à ses dépenses publiques. Environ 45 % de ces dépenses sont reversées aux ménages sous forme de prestations socialesPour financer une partie de ces dépenses, le pays applique un taux de prélèvements obligatoires de l'ordre de 45 à 46 % du PIB (en 2012).
[Ces chiffres] ne sont pas le signe que nos services publics sont plus chers qu'ailleurs, mais que, pour l'essentiel, notre pays a opté pour une réponse collective et moins inégalitaire aux besoins sociaux, quand d'autres laissent faire le marché.
Louis MAURIN, Alternatives Economiques, 07/2013, p. 34. 

Et pourtant...
La France se distingue de ses voisins par le fait que les familles sont encore plus sollicitées qu'ailleurs [dans le financement des études]. Elles fournissent 52 % des ressources étudiantes (contre par exemple seulement 3 % au Danemark). [...] En moyenne, le logement représente [...] 55 % du budget d'un étudiant loin devant l'alimentation (22 %).
Naïri NAHAPETIAN, Alternatives Economiques, 11/2013, p. 39.
La France est, derrière l'Espagne, l'un des pays où le taux de pauvreté a le plus augmenté entre 2008 et 2011, quasiment trois fois plus que moyenne de l'Union européenne. Ce taux a en revanche sensiblement baissé dans plusieurs pays pourtant plus gravement touchés par la crise que l'Hexagone comme l'Irlande, le Royaume-Uni et le Portugal
Il en va de même sur le plan des inégalités : en moyenne, elles ne se sont pas accrues dans l'Union européenne entre 2008 et 2011. [...] Les inégalités ont même augmenté davantage en France qu'en Grèce entre 2008 et 2011, selon Eurostat !
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 11/2013, p. 10.
Alors que le gouvernement s'apprête à réformer la formation professionnelle, le bilan n'est pas encourageant nous dit l'INSEE : plus on vieillit, moins on a l'accès à la formation, plus on est qualifié et mieux on est formé, et je ne parle pas des chômeurs, qui le sont beaucoup moins que les actifs en emploi. En résumé, ils faut être jeune, cadre, urbain, dans une grosse entreprise pour espérer être employable.
Sandrine FOULON, On n'arrête pas l'éco, France Inter, 11/2013.
La France est l'un des pays en Europe où les inégalités sociales de mortalité sont les plus fortes. [...] Ces inégalités ne cessent de s'aggraver. Le risque de mourir d'un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois supérieur chez les ouvriers que chez les cadres et les professions libérales.
Le Monde, 30/10/2013, Supplément Science & Médecine, p. 2.

Structure de la dépense publique en France...

La représentation la plus synthétique de la structure de la "dépense publique" totale (1 068 000 000 000 € en 2009) est celle-ci...

Lecture : 4,3 % du total de la dépense publique en 2009 a servi à payer
les intérêts de la dette publique.

On peut aussi décomposer ces dépenses comme suit, en comparant par la même occasion avec quelques pays de l'Union européenne...

Lecture : 1,1 % du PIB sont utilisés par les administrations publiques
pour financer la protection de l'environnement.
Alternatives Economiques, 09/2013, p. 35.

La dépense publique au sens large peut également être analysée à travers les dépenses respectives des trois types d'administrations publiques : l'Etat, les Collectivités territoriales et la Sécurité sociale...

Administrations publiques centrales...
Elles regroupent l'Etat lui-même, ses ministères et plus de 700 organismes (de l'ADEME au CNRS en passant par l'IGN ou les Musées nationaux)...


Administrations publiques locales...
Ce sont les collectivités territoriales (communes, départements et régions) et les divers organismes rattachés (les Chambres de commerce et d'industrie, les collèges et lycées publics, les services de secours, etc.)...
Administrations de sécurité sociale...
Ce sont les caisses et autres régimes de Sécurité sociale, les hôpitaux... Leurs dépenses servent à financer maladie, accidents du travail, famille, retraites, chômage...

Prof modèle...

Les modèles éducatifs performants, comme ceux de la Finlande, de Singapour ou de la province d'Alberta, au Canada, mettent tous l'accent sur le recrutement et la formation des enseignants. Pasi SAHLBERG. 
Catherine QUIGNON, Le Monde, Supplément WISE, 30/10/2013. 

Quelques précisions sur la formation...
Tout au long de leurs cinq années de formation, les futurs enseignants reçoivent de solides notions en pédagogie, psychologie, sciences cognitives. Ceux du primaire suivent un cursus de trois ans en sciences de l'éducation [...]. Ceux du secondaire [ont droit] à une année complète de pédagogie : "C'est-à-dire de quelle façon enseigner leur discipline, comment susciter l'intérêt de leurs élèves, varier les approches en fonction de chacun".
Véronique RADIER, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 91.
Le système scolaire est centralisé à Singapour tandis qu'en Finlande les enseignants bénéficient d'une totale autonomie quant à leur façon d'enseigner. 
[A Singapour], dès le secondaire, l'éducation nationale repère les meilleurs élèves afin d'en faire peut-être, plus tard, des professeurs. Après avoir subi une formation drastique, les enseignants doivent faire preuve d'une implication très forte : leur journée type commence à 7 heures et se termine après 17 heures. 
A Singapour, comme en Finlande, l'accent est mis sur la formation en continue. [...] Comme en Finlande, la profession jouit d'un statut prestigieux et les enseignants touchent des salaires confortables. Pasi SAHLBERG.
Au lieu d'être de simples administrateurs, les chefs d'établissement jouent le rôle de chef d'équipe afin de motiver les professeurs autour d'un projet pédagogique commun.
Les élèves finlandais subissent très peu de stress des examens et n'ont presque pas de devoirs à faire à la maison, tandis que, dans le Sud-Est asiatique, la pression familiale est forte et les cours après l'école, une tradition très ancrée.
[A Singapour], les écoles sont publiques à une très large majorité. Même situation en Finlande où les établissements bénéficient tous de la même allocation de ressources
[...] Les pays aux systèmes scolaires performants bénéficient tous d'une situation sociale homogène et d'une bonne santé économique. Dans ces conditions, difficile de savoir dans quelle mesure la qualité du système éducatif influe réellement sur les performances scolaires des étudiants.  
Catherine QUIGNON, Le Monde, Supplément WISE, 30/10/2013.
[En Finlande] jusqu'à 9 ans les élèves ne sont absolument pas notés. Ce n'est qu'à cet âge qu'ils sont évalués pour la première fois, de façon non chiffrée. Puis plus rien de nouveau jusqu'à 11 ans. C'est dire qu'au cours de l’équivalent de toute notre scolarité primaire les élèves ne subissent qu'une seule évaluation. L’acquisition des savoir fondamentaux peut ainsi se faire sans le stress des notes et des contrôles et sans la stigmatisation des élèves plus lents. Chacun va pouvoir progresser à son rythme sans intérioriser, s'il ne suit pas au rythme voulu par la norme académique, ce sentiment de déficience voire de « nullité » qui produira tant d'échecs ultérieurs, cette image de soi si dégradée qui fait, pour beaucoup d'élèves, que les premiers pas sur les chemins de la connaissance sont si souvent générateurs d'angoisse et de souffrance.
Meirieu.com, 2006.
[...] Le système finlandais est organisé autour d'un tronc commun obligatoire de longue durée de 7 à 16 ans, sans filières ni différenciation de niveau. [...] Les enfants de tous les niveaux socio-économiques vont dans les mêmes écoles, puisque les établissements privés ont été supprimés. 
[...] Les écoles finlandaises offrent une prise en charge sociale complète des enfants : cela va de la cantine gratuite aux services de santé en passant par les dispositifs d'aide psychosociale et de soutient aux élèves dits "à besoin éducatifs spéciaux". 
[...] Notre école [...] accorde une grande importance à la question de l'équité. [...] Il existe des leviers pour lutter contre [les inégalités] : des parcours sans redoublement, un effort particulier de prise en charge des élèves en difficulté et une formation adéquate des enseignants sur ce point.
[...] A l'inverse [du "mouvement global de réforme éducative" (GERM) actuellement engagé dans la plupart des membres de l'OCDE], la Finlande a fait de la collaboration entre établissements, de l'équité et du professionnalisme de ses enseignants les principales lignes de force de son système.
Pasi SAHLBERG, propos recueillis par Suzi VIERA, Books, 09/2012, p. 23.

Gynécène...

Sous la surface du statut de la femme dans l'histoire : la révolution civilisationnelle en cours...
[...] Cela fait longtemps que les filles réussissent mieux que les garçons les épreuves du baccalauréat et la majorité des étudiants sont désormais des étudiantes. Une fois diplômées, elles ont aussi davantage de chances qu'eux de trouver un travail et deviennent de plus en plus souvent le soutien de famille
[... Il s'agit certainement] de la plus grande révolution sociale de notre temps. 
[... Dans] une étude menée dans cinq pays par le spécialiste James Flynn, le QI des filles de 14 à 18 ans est légèrement supérieur à celui des garçons dans quatre pays sur cinq. 
[...] D'ici une génération, les Britanniques ne s’inquiéteront plus du manque de femmes à la direction des entreprises nationales. 
[...] Dans tous les pays riches, il y a désormais plus de femmes qui épousent un homme de niveau d'instruction inférieur que l'inverse (28 % contre 19 % aux Etats-Unis en 2007). [...] Au Japon et en Corée, [...] certains hommes recherchent une femme originaire d'une culture garantissant tranquillité et soumission. [...] Le démographe espagnol Albert Esteve, note pour sa part que bien des hommes de son pays préfèrent désormais épouser une immigrée d'Amérique latine ou d'Europe de l'Est : "Pour eux, les Colombiennes sont les Espagnoles d'il y a cinquante ans." 
[...] Le hook-up est une approche [...] directe, consistant à "ferrer" quelqu'un sexuellement, généralement le temps d'une soirée [...] qui s'est répandu comme un trainé de poudre dans les universités américaines. Il a été initié par les garçons, mais l'avantage est aujourd'hui nettement du côté des filles estime Hanna Rosin. [...] Les sociologues notent que, pour les filles issues de petites villes conservatrices, la découverte de la culture du hook-up est l'occasion d'une rupture au profit d'une vie sociale plus excitante, marquée par une vraie possibilité de carrière et un mariage retardé de dix ou quinze ans.
Dans le même temps...
Sur les campus du pays [Etats-Unis], une femme sur quatre sera violée ou agressée sexuellement avant la fin de ses études, selon un rapport de la justice américaine datant de 2010. Certaines facs font tout pour éviter que les victimes ne portent plainte. Cela donnerait une mauvaise image de l'université. Canal +, L'effet papillon, 06/2013.
[...] Le déclin de la discrimination scolaire et le développement de l'instruction au plus jeune âge permettent aux filles de récolter les fruits de leur maturité plus précoce, de leurs compétences verbales et de leur capacité de concentration
[...] Comme le montrent les économistes, les jeunes filles ont rapidement repensé leur avenir dès la généralisation de la pilule. Leurs carrières étant moins sujettes à interruption par les grossesses imprévues, elles ont commencé d'investir dans les études et la formation. Leurs parents aussi. Au printemps 2012, un important groupe de recherche américain [Pew Research Center] révélait que les jeunes femmes attachent désormais plus d'importance que les jeunes hommes à la perspective d'une carrière à hauts revenus
[...] Une étude savante fondée sur des statistiques danoises révèle que les hommes moins bien rémunérés que leur compagne sont plus susceptibles que les autres de suivre un traitement pour troubles de l'érection
[...] Les données américaines montrent que, en 2010, les femmes non mariées et sans enfants âgées de 22 à 30 ans gagnaient autant que leurs homologues masculins au sein de la population "blanche" et un peu plus au sein de la population "latino". Pour cette catégorie, l'écart habituellement observé entre la rémunération des hommes et celle des femmes a disparu. [...] Les Irlandaises sans enfants, quant à elles, sont payées 17 % de plus, en moyenne, que les Irlandais sans enfants. [...] Et, au Brésil, près d'une femme sur trois gagne davantage que son mari, nous apprend The Economist
[...] Nos contemporaines [...] renouent avec ce rôle originel de cosoutien de famille [cueillette à la Préhistoire]. L'université est faite pour le cerveau féminin. Car enfin, qu'y fait-on ? On s'y assoit. On y lit. On y écrit et on y parle. Helen FISHER, Bio-anthropologue.
Lyza MUNDI, The Spectator, 07/2012. Books, 06/2013, p. 25.

[...] Selon presque tous les critères, les garçons dans l'ensemble du pays [Etats-Unis], quel que soit le groupe démographique, sont en train de décrocher. Dans le primaire, ils ont deux fois plus de risques de se voir diagnostiquer des troubles de l'apprentissage que les filles, et deux fois plus de probabilités d'être placés dans des classes d'éducation spéciale
[...] Selon une étude de l'université du Michigan, le pourcentage des garçons disant n'avoir pas aimé l'école a augmenté de 71 % entre 1980 et 2001 [En France, 38 % des garçons disent s'ennuyer à l'école, contre 29 % des filles]. Mais c'est à l'université que l'évolution est la plus manifeste. Dans le premier cycle il y avait, voilà trente ans, 58 % de jeunes hommes ; ils sont désormais en minorité à 43 % en 2010. 
[...] Des universitaires, notamment Christine Hoff Sommers, de l'American Enterprise Institute, imputent la responsabilité du décrochage des garçons au dévoiement du féminisme. Dans les années 1990, [...] alors que les filles progressaient clairement et régulièrement vers la parité à l'école, les enseignantes féministes continuaient à les juger défavorisées et leur prodiguaient un maximum de soutien et d'attention. De leur côté, les garçons, dont les performances avaient déjà commencé de péricliter, étaient abandonnés à leur sort, et on laissa leurs difficultés s'aggraver. 
La première explication qui a été invoquée, c'est la féminisation massive du corps enseignant. L'instruction dispensée à l'école est identifiée aux rôles féminins. La culture, avec ses objets électifs que sont la lecture, le goût du langage châtié, c'est une affaire de filles, de "meufs", de "pédés". Elle est rejetée par les garçons. Ils se réfugient dans le repli, la contestation, la mise en cause du bon élève, du "bouffon"
[...] Je ne suis pas sûr que les garçons soient intrinsèquement déstabilisés par la concurrence de filles. En revanche, ils doivent forcément ressentir que les valeurs qui comptent au sein de la société actuelle sont des valeurs associées aux femmes : le rôle maternel, le soin, la sollicitude. D'où la tentation de se réfugier dans ces châteaux forts que sont l'informatique, le fric ou encore les spectacles sportifs, hauts lieux de la masculinité encore et toujours triomphante.
Marcel GAUCHET, philosophe et historien, Books, 06/2013, p. 35.

[...] En même temps, le nombre d'élèves par professeur a augmenté, la part dévolue à l'éducation physique et aux sports a diminué, et les récréations longues ne sont plus qu'un lointain souvenir. Ces nouvelles contraintes réduisent les points forts et accentuent les points faibles de ce que les psychologues appellent désormais le "cerveau de garçon", ce comportement agité, brouillon, très agaçant mais parfois brillant, dont les scientifiques pensent qu'il est non pas acquis mais inné
[... En réalité] le sujet [...] divise les chercheurs. Il n'en reste pas moins que nombre d'arguments plaident en faveur d'une plus grande fragilité du cerveau masculin : [...] troubles liés à l'autisme près de cinq fois plus fréquents chez les garçons, prévalence des troubles de l'anxiété 50 % plus élevée, 80 % des bègues sont de sexe masculin, deux fois plus sujets que les femmes aux maladies mentales graves et se suicident près de trois fois plus. De nombreux troubles psychiatriques sont liés au chromosome X ; [...] l'existence d'un deuxième X chez la femme, exerce peut-être un effet compensateur. 
[...] Presque tous les parents le savent, la plupart des gamines de 5 ans s'expriment mieux et savent reconnaître plus de mots. Les garçons ont une meilleure coordination visuomotrice, mais leurs gestes sont moins précis et certains peinent à contrôler le crayon ou le pinceau.
Voir des arguments relativisant ces capacités visuo-spatiales en faveur des hommes >> 
[...] Il y a trente ans, les féministes faisaient valoir que le comportement "masculin" classique était socialement déterminé ; aujourd'hui, les scientifiques pensent au contraire qu'il résulte de la différentiation chimique du cerveau mâle. [...] Les filles dont la mère a eu un haut niveau de testostérone durant la grossesse sont plus enclines à jouer avec des camions qu'avec des poupées. 
[...] Les primates préfèrent s'affronter les uns les autres plutôt que de paraître faibles. Selon les psychologues, c'est exactement le même impératif, dicté par l'évolution, qui pénalise les garçons au collège, et empêche les gamins en échec d'admettre avoir besoin d'aide.
C'est l'une des raisons pour lesquelles les jeux vidéo ont une telle emprise sur [les garçons] : il y a constamment de l'action, chacun peut choisir son niveau de défi, et quand on perd, c'est à l'abri des regards. 
[...] Confrontés à des images de personnes en pleurs, les filles [de 11 à 18 ans] activent la partie droite du cortex préfontal, comme les adultes. Chez les adolescents mâles, [...] ce sont les deux côtés du cortex qui sont utilisés, ce qui témoigne d'une moindre maturité cérébrale. Le traitement de l'information est en outre plus rapide chez les adolescentes. 
[...] A travers l'Amérique, des pédagogues sont en train de ressusciter une vieille idée : séparer les garçons des filles [comme au collège Roncalli de Pueblo, dans le Colorado]. [...] Il est encore trop tôt pour crier victoire, mais [dans cet établissement] les premiers signes sont encourageants : les plus timides des adolescents s'impliquent beaucoup plus. 
[...] L'un des indicateurs qui permet le mieux de prédire si un garçon réussira ou non au lycée tient en une seule question : y'a-t-il dans sa vie un homme qui puisse lui servir de modèle ? Trop souvent, la réponse est non. [...] 24 % des enfants américains de moins de 18 ans vivent avec leur mère seule. En France, c'est le cas de 17,7 % des "enfants" de moins de 25 ans. 
[... Dans] la Eagle Academy for Young Men de New York [...] presque chaque adolescent a un mentor, un policier, un avocat ou un chef d'entreprise issu du quartier, le South Bronx. L'impact de ce programme a été "abyssal" [selon David Banks son directeur].
Peg TYRE, Newsweek, 01/2006.
Books, 06/2013, p. 30.

Sobriété...

[...] On n'a assisté à aucune "explosion" [des dépenses publiques] au cours des dernières années, comme on l'entend souvent. Entre 2000 et 2012, les dépenses publiques ont augmenté en volume (c'est-à-dire une fois l'inflation déduite) et par habitant de 15 % en France, contre 14,8 % en Allemagne. C'est moins que la moyenne de la zone euro, deux fois moins qu'aux Etats-Unis et trois fois moins qu'au Royaume-Uni
[...] Du côté de l'appareil d'Etat [...] on ne constate là non plus, aucune dérive. [Son] fonctionnement [...] (salaires et consommations intermédiaires du secteur public) pesait 18,5 % du PIB en 2000, période faste pour le secteur privé, et 18,7 % en 2012, malgré la crise. De plus, l'appareil d'Etat français coûte non seulement nettement moins cher que celui des pays scandinaves, mais aussi que celui du Royaume-Uni (23,5 %) et des Etats-Unis (19,9 %). 
[...] En 1997, la France consacrait [...] 7,6 % de son PIB à l'éducation. Une part tombée à 6,9 % en 2011. La dépense d'éducation avait même pour la première fois baissé en volume entre 2010 et 2011 [...]. Une tendance à contre-courant des autres pays de l'OCDE [excepté Israël]. En 2009, [la France, avec 6,3 % de son PIB consacré à l'éducation,] était toujours légèrement au-dessus de la moyenne de l'OCDE [6,2 %]. Devant l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, mais derrière les Etats-Unis, la Suède et la Finlande. Le problème, c'est que malgré cet investissement conséquent, les résultats ne suivent pas... 
[...] La France est loin d'être le pays le plus généreux avec ses chômeurs : les Pays-Bas, par exemple, consacrent une part deux fois plus importante de leur richesse nationale à chaque demandeur d'emploi. [Autriche, Allemagne, Danemark, Finlande, Irlande dépensent aussi plus que la France. Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Suède dépensent moins].
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 05/2013, p. 9.

Pourtant, selon le supplément Eco & Entreprise du Monde daté du 16/05/2013, la part des dépenses publiques dans le PIB en France est passée, entre 2001 et 2012, de 51,7 % du PIB à 56,6 % (soit 9,5 % de hausse) contre 47,2 % à 49,9 % en Allemagne (soit 5,7 %) et 47,6 % à 45 % pour la moyenne européenne (soit une baisse de 5,5 %)...

Zéro pointé...

Sous la surface de la notation à l'école...
4. Les sociologues notent [...] que les élèves français se montrent particulièrement angoissés devant l'école. La peur de l'échec et du jugement prime ainsi sur le plaisir d'apprendre, ce qui invite à s'interroger sur le caractère précoce de la notation et des classements, mais aussi sur les pratiques pédagogiques et le rôle surdéterminant du diplôme et de la formation initiale dans l'Hexagone par rapport aux autres pays européens. Alternatives Economiques, 01/2013, p. 73.
3. On s'invite à tour de rôle dans nos chambres pour occuper nos soirées ; on parle encore un peu du concours d'entrée, pas mal des stages à venir, beaucoup du classement ; on tourne en rond. Pour tout élève de l'ENA, normalement constitué, c'est-à-dire à la fois conformiste et ambitieux, le classement de sortie est le sujet de conversation par excellence. C'est même à cela qu'on le reconnaît. Envoyez deux énarques sur une île déserte, avant d'évaluer leurs chances de survie, ils s'interrogeront sur leurs rangs respectifs. Olivier SABY, Ubu roi. Mes 27 mois sur les bancs de l'ENA. Flammarion, p. 24.
3.1. La notation dans ce qu'elle a semble-t-il, de plus... obsessionnel !
2. [Ne plus noter] va enlever tous les biais des notes : "toi t'es le premier, toi t'es le dernier". Donc dans ce sens là, ça peut enlever [ces problèmes de prophéties autoréalisatrices]. Sauf que la catégorisation, les prophéties autoréalisatrices [...] sont des phénomènes naturels, dans le sens où, parce que nous sommes des êtres sociaux, ils vont forcément se produire. Donc moi je veux bien que les petits finlandais n'aient pas de notes, mais moi je suis prêt à parier que le professeur, l'enseignant sait très bien dans sa classe qui est bon, qui ne l'est pas, et je suis prêt à parier que les enfants de la classe savent qui est bon et qui ne l'est pas. Même sans les notes, même sans classement [...]. Sylvain DELOUVEE (Maître de conférence en psychologie sociale à l'université Rennes 2), ApprendreAApprendre.com, 16/07/2012.
Ainsi, on est en droit de considérer que la notation produite par le "maître", puisse s'avérer être un facteur discriminant, là où l'appréciation qu'ont les élèves les uns des autres, du fait qu'elle reste cantonnée à la subjectivité de chacun, n'a probablement pas le même impact.
1. [En Finlande] jusqu'à 9 ans les élèves ne sont absolument pas notés. Ce n'est qu'à cet âge qu'ils sont évalués pour la première fois, de façon non chiffrée. Puis plus rien de nouveau jusqu'à 11 ans. C'est dire qu'au cours de l’équivalent de toute notre scolarité primaire les élèves ne subissent qu'une seule évaluation. L’acquisition des savoir fondamentaux peut ainsi se faire sans le stress des notes et des contrôles et sans la stigmatisation des élèves plus lents. Chacun va pouvoir progresser à son rythme sans intérioriser, s'il ne suit pas au rythme voulu par la norme académique, ce sentiment de déficience voire de « nullité » qui produira tant d'échecs ultérieurs, cette image de soi si dégradée qui fait, pour beaucoup d'élèves, que les premiers pas sur les chemins de la connaissance sont si souvent générateurs d'angoisse et de souffrance. Meirieu.com, 2006.
1.1. D'autres caractéristiques de l'école finlandaise >>

Promotion Ubu roi. Mes 27 mois sur les bancs de l'ENA - Olivier Saby

Olivier Saby, diplômé de l'ENA, croque l'obsession de la notation, la médiocrité de l'enseignement et autres traditions de cooptation, à l'École Nationale d'Administration...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
  1. Pour tout élève de l'ENA [...] le classement de sortie est le sujet de conversation  par excellence. [...] Lors de l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la suppression du classement avait été envisagée, provoquant une levée de boucliers chez certains anciens élèves, notamment ceux des grands corps, que briguent les mieux classés : la botte, composée du Conseil d'Etat, de l'Inspection générale des finances et de la Cour des comptes. Page 24.
  2. Alors que nous suivons depuis une heure trente un T.D. sur l'ouverture du capital de Gaz de France, nous apprenons de la bouche même de notre intervenant qu'il a découvert le sujet qu'il devait traiter en arrivant dans la salle et qu'il n'y connaît absolument rien... [...] Nouvelle erreur de casting, un expert de France Télévisions assénant un cours de réduction des coûts au ministère de l'Agriculture. Page 27 et 45.
  3. C'est là que le stagiaire de l'ENA est prié d'intervenir, en effectuant un audit qui aura le bon goût d'aboutir aux mêmes conclusions que l'ambassadeur. Page 75.
  4. Je demande quand même à mes collègues comment une situation locale aussi dégradée peut être tolérée par le Quai d'Orsay. "Il y a bien eu une mission d'inspection il y a quelques mois, m'explique l'un d'eux. Mais, tu comprends, les inspecteurs sont de la maison. Dans quelques années ils seront de nouveau en poste, et on pourrait se retrouver sous leurs ordres. Pour ne pas être catalogués balances, on ne dit trop rien..." Et le rapport d'inspection est dithyrambique. Page 76.
  5. Je suis [...] en terrain miné. Côté consulat, je suis l'espion de la chancellerie ; côté chancellerie, je suis le mignon de la consule. Page 82.
  6. "Vous savez Olivier, il faudrait une cellule psychologique du Quai d'Orsay dans cette ambassade. Nous sommes plus dans un asile d'aliénés ou une halte-garderie que dans une mission diplomatique..." Mince, le patron [l'ambassadeur] est au courant ! Page 114.
  7. Ma copie ne comporte aucune correction manuscrite, aucune indication qui m'aiderait à corriger mes erreurs et à m'améliorer en vue du prochain examen blanc [...]. Page 127.
  8. Ne pas oublier que l'homme qui me note à la fin de l'inspection sera peut-être amené à faire appel à moi lorsqu'il accédera à une préfecture ou à un cabinet ministériel. C'est le problème du circuit fermé. L'inspecteur sera préfet demain, chef de cabinet après-demain... Qui sait ? Ménager ses arrières et penser à autre chose lors d'un déjeuner, d'un cours ou d'un entretien auxquels il est de tradition d'assister, ne jamais faire obstacle aux règles qui ont fait les carrières de nos juges et pairs, se glisser dans le courant et se laisser entraîner... Page 192.
  9. [...] Les fonctionnaires [de l'Éducation nationale] que nous rencontrons s'engagent à nous informer dans les pus brefs délais de belles opportunités de carrière que nous pourrions y trouver. Ils nous proposent même de "construire" nos propres postes. Page 248.
  10. "Mais enfin, vous êtes trop bien classé pour aller à Montreuil. [...] Quand vous allez dire aux gens que vous êtes au tribunal de Montreuil, ils vont toujours penser que vous étiez mauvais.". Page 269.

Addicts...

Philippe Even énumère les quatre points qui, selon lui, expliqueraient pourquoi les Français consomment deux fois plus de médicaments que leurs voisins...
1. [...] Les Français veulent aujourd'hui des médicaments de confort, la plupart se sentent malade de quelque chose. [...] Ils ont plus que d'autres le désir de se sentir assistés
2. [...] Le médecin de ville français qui, contrairement à ce qu'on dit, ne gagne pas bien sa vie, prescrit quatre fois plus de dépenses qu'il ne gagne lui-même d'argent. Il induit quatre fois son revenu sous forme de médicaments. Aux États-Unis ou en Angleterre, c'est moitié moins. 
3. [...] Les compagnies pharmaceutiques [...] emploient une fois et demi à deux fois plus de visiteurs dits "médicaux" que dans tout autre pays (un pour neuf médecins contre un pour treize à un pour vingt-trois ailleurs). 
4. [...] Les études médicales ne forment ni à l'esprit scientifique, ni à l'esprit critique. [...] Quant à la formation permanente, elle est entièrement payée par l'industrie.
Propos recueillis pas Olivier POSTEL-VINAY, Books, 04/2011, p. 20.

Bipolaire en couche-culotte...

Grâce à [Joseph L. Biederman, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School], les enfants peuvent [...] dès l'âge de deux ans, être déclarés atteints de trouble bipolaire et traités au moyen d'un cocktail de médicaments [...]. 
[...] En juin 2008, la sénateur Grassley a révélé qu'entre 2000 et 2007, les compagnies pharmaceutiques, y compris celles qui fabriquent des médicaments pour le trouble bipolaire des enfants, avaient versé à Biederman 1,6 millions de dollars pour des prestations de conseil
Books, 04/2009.

IPad ou Lego ?

[...] Une révolution à l'échelle de l'humanité. Plus rien ne sera comme avant. Nous avons devant nous de véritables mutantsBoris CYRULNIK.
[...] Les révolutions technologiques ont toujours suscité des angoisses. Jadis, Socrate s'inquiétait des ravages de l'écriture sur la mémoire des peuples.
[...] Nicholas Carr [...] prédit même, après un siècle de progression de l'intelligence, le fameux effet Flynn, une baisse du Q.I. Elle serait, selon lui, déjà observé en Grande-Bretagne et en Norvège, deux pays convertis précocement à internet et aux smartphones.
[...] De nombreuses études menées sur les violonistes ou les pianistes démontrent que l'outil qu'on utilise imprime l'organe de la pensée.
[...] Avec l'écran [...] ce sont plutôt les régions postérieures du cerveau, les parties visuelles, sensorielles, l'intelligence élémentaire, qui sont activées. On sollicite moins, ou trop rapidement, le cortex préfontal, la partie la plus noble, qu'on appelle parfois l'organe de la civilisation, siège de la synthèse personnelle, du recul, de l'abstraction. Olivier HOUDE (directeur au CNRS du laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Education de l'enfant).
[...] Des études ont montré que certains programmes éducatifs peuvent accélérer l'apprentissage de la lecture, que des jeux vidéo améliorent même l'attention sélective et la capacité de contrôle. A condition de savoir les consommer avec modération.
[...] L'enfant shooté aux écrans est [...] forcément moins incité à faire travailler son corps et son imaginaire, à produire ses propres images mentales, pour se faire plaisir, supporter des périodes de souffrance et de frustrationRoland JOUVENT.(professeur de psychiatrie). 
[... Les enfants] n'ont plus la notion de jouer pour de faux. Or, plus on fait semblant, moins on se lâche pour de vrai, d'où peut-être la violence que l'on rencontre aujourd'hui dans les cours de récré. [...] Si un enfant n'apprend pas à jouer, il est amputé de la capacité d'imaginer, de développer son sens de l'humour, ce qui le prive d'un moyen puissant d'éviter la dépression. Serge TISSERON (pédopsychiatre). 
[...] Le suivi de 3 300 familles [dans l'étude publiée par Zimmerman et Christaki en 1997] a permis d'établir qu'une consommation excessive [de télévision] peut altérer la formation de synapses et perturber les apprentissages. 
[...] A l'école, les enseignants trouvent des élèves plus curieux mais plus zappeurs. Leur difficulté à se concentrer est démontrée...
[...] En 1934, un gamin restait concentré en moyenne quinze minutes ; aujourd'hui, il se cantonne à cinq minutes. Mais il en fait presque autant qu'un petit d'avant guerre en dix minutes. Philippe MERIEU (spécialiste des sciences de l'éducation).
[...] Aujourd'hui, on n'a pas le cerveau vide, on a le cerveau libre. Nous pouvons nous concentrer sur l'intelligence inventiveMichel SERRES (philosophe).
[...] Internet donne [aux enfants des classes les moins favorisées] l'illusion d'un savoir et les empêche souvent de raisonner par eux-même. Une professeure de philosophie d'un lycée parisien.
[...] Dans le développement de l'intelligence, il existe un moment essentiel : l'inhibition, c'est-à-dire la faculté de bloquer des informations non pertinentes, de sélectionner ce qu'il nous faut, savoir faire le vide. Aujourd'hui, pour nous tous et pour les enfants en particulier, c'est très difficile, face aux tonnes d'informations qui nous inondent. Le cerveau, surchargé, risque un burn-outOlivier HOUDE (directeur au CNRS du laboratoire de Psychologie du Développement et de l'Education de l'enfant).
[...] Un enfant passe plus d'un tiers de son temps libre devant un écran. Marie-France LE HEUZEY (pédopsychiatre)

Nouvel ascenseur...

Des solutions diverses et variées pour tenter de résoudre les inégalités à l'école...
6. Tant que les collèges défavorisés seront spécialisés dans la prise en charge d'élèves "à problèmes", ils feront fuir les élèves sans problèmes... Les établissements favorisés devraient être encouragés à accueillir des publics en difficulté, à ouvrir des enseignements spécifiques. François BALUTEAU, Le Monde, 05/11/2013, p. 10.
5. Dans la plupart des villes françaises, pour avoir une place en crèche, il faut que les deux parents travaillent. Mais à Grenoble, [...] "on donne la priorité, à ce que l'on appelle les familles défavorisées : ce sont des enfants qui ont besoin de sociabilisation, et des parents qui ont besoin de retrouver du travail". Ainsi dans cette crèche, 38 % des familles sont en-dessous du seuil de pauvreté. [...] Ce programme d'aide aux enfants a été évalué par des scientifiques. Les résultats sont encourageants. "Des enfants qui avaient un retard langagier ont rattrapé ce retard, voire même sont en avance. Donc c'est une facilité qui leur est donné après pour aller dans la vie qui est considérable". France 2, Le Journal de 20H, 21/01/2013.
4. L'école est certainement un acteur nécessaire dans l'insertion sociale et économique des jeunes, mais elle ne doit surtout pas se substituer à la société pour lutter contre les inégalités sociales. [...] Si l'on veut promouvoir une école de qualité et de la réussite, il faut par-dessus tout éviter d'en faire un instrument de lutte contre les inégalités sociales. Abdelmajid ARBOUCHE (Doctorant en sciences sociales), Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 40. 
3. En France, l'école pointe  trop les fautes et l'échec, il y a un énorme problème de valorisation des talents de chacun. Peter Gumbel (auteur d'On achève bien les écoliers), L'Express, 11/2012, p. 98.
2. [Il faudrait] l'obligation pour le secteur privé de diversifier le recrutement social de ses élèves, sous peine de voir ses financements public diminuer. Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 64. 
1. Un récent rapport du Sénat propose de moduler les ressources publiques attribuées aux collèges et aux lycées en fonction de la composition sociale des établissements. Là où les milieux populaires sont surreprésentés, les moyens seraient plus conséquents, et inversement. Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 64.
Ces inégalités à l'école sont abordées ici >>

Ici sont proposées des solutions pour mieux former les enseignants >>

Une réponse à ceux qui voudraient un retour de l'autorité à l'école >>

Magistral...

[...] Tant que le statut [des enseignants] sera uniquement basé sur les heures d'enseignement, il sera difficile de sortir de la logique du seul "cours magistral" qui caractérise le système éducatif français.
Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 59.

Casse-craie...

Il faut arrêter d'envoyer les enseignants les plus jeunes au casse-pipe dans les collèges les plus difficiles, et inciter leurs aînés, plus expérimentés, à consacrer une partie de leur carrière à l'éducation prioritaire.
Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 64.

Enseignement d'enseignement...

Des solutions proposées pour améliorer la formation des enseignants...
2. Il faut créer une obligation de formation continue pour les enseignants. Philippe WATRELOT (président du Crap-Cahiers pédagogiques)Alternatives Economiques, 10/2012, p. 59. 
1. Le concours [des professeurs] devrait intégrer une dimension pédagogique importante, avec notamment une analyse des pratiques de classe et la connaissance des apports de la recherche en éducation. Philippe WATRELOT (président du Crap-Cahiers pédagogiques), Alternatives Economiques, 10/2012, p. 59.

Prime à l'inefficacité...

Si vous dites à un prof qu'il aura une prime à proportion des résultats au bac, vous l'incitez à se désintéresser des plus mauvais, qui n'ont aucune chance, et des meilleurs, qui l'auront de toute manière ! Au final, une prime censée augmenter l'efficacité va conduire le prof à ne s'intéresser qu'à une toute petite fraction de la classe.

Soutien à l'inégalité...

Les aides fiscales pour les services aux personnes subventionnent l'essor d'un marché privé du soutien scolaire, qui bénéficié évidemment à ceux qui ont les moyens de payer (et donc de bénéficier des abattements fiscaux).
Alternatives Economiques, 10/2012, p. 66.

Prix de l'excellence...

Sous la surface du budget de l'enseignement...
10. Tous les journaux nous indiquent que 12 125 300 élèves (écoliers, collégiens, lycéens) sont entrés en classe cette année, accueillis par 849 647 professeurs. Pauvres enfants, ils sont en moyenne 30 par classe ! Dubitatif, je divise derechef 12 125 300 élèves par 849 647 professeurs et j'obtiens 14,27 élèves par classe. [... Si la moyenne est bien de 30] que deviennent les 445 470 professeurs manquants ? Un lecteur, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 40. 
10.1. Le "30 par classes" n'est pas exact. Les nombres moyen d'enfants par classe communiqués par le Ministère de l'Education sont, selon le type d'établissement (préélémentaire, élémentaire, second cycle professionnel, etc.) 25,8, 22,7, 24,6, 19,1 et 29,1. Soit une moyenne de 24,3 élèves par classe. Education.fr.
Les chiffres cités en (5), pourraient être assez proches de la réalité, même si leur provenance n'est pas donnée.
9. Dépenser près de deux fois moins pour un écolier que comme un lycéen est une marque de fabrique typiquement hexagonale. En France, le "coût" d'un élève de primaire est inférieur de 17 % à celui de la moyenne des pays de l'OCDE, alors que le "coût" d'un lycéen est, à l'inverse, supérieur de 15 %. Alternatives Economiques, 10/2012, p. 62.
8. Un enseignant avec au moins quinze ans d'ancienneté gagne, en moyenne, l'équivalent de 32 700 dollars par an (hors primes et heure sup) dans le primaire en France, contre 37 600 en moyenne dans l'OCDE. Au lycée, cet écart avec la moyenne de l'OCDE est encore plus important. Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 60.
7. [...] Cela fait maintenant quinze ans que la France réduit l'effort qu'elle consacre à l'école: la dépense intérieure d'éducation rapportée au PIB est en effet passée de 7,6 % à 6,7 % en 2008. Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 58.
6. En 2009, la France se situait, en cumulant les dépenses publiques et privées, au 13e rang pour le financement de l'enseignement scolaire tant public que privé, alors qu'elle occupait le 4e rang en 1995. Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 58.
5. Le nombre d'élèves par enseignant est de 21,5 en maternelle, 18,7 en élémentaire, 15 au collège et 9,7 au lycée. Dans l'Union européenne, en revanche, il y a en moyenne huit élèves par enseignant de moins qu'en France en maternelle, quatre de moins en élémentaire, trois de moins au collège et trois de plus au lycée. Alternatives Economiques, 10/2012, p. 62.
4. La France consacre 6,5 % de son PIB à l'ensemble des dépenses d'éducation. En 2009, la dépense moyenne par élève, tous niveaux confondus, était de 7 790 euros, contre 4 420 en 1980... L'Express, 07/2012, p. 60. 
3. Y'a plus de profs aujourd'hui qu'il n'y en avait y'a vingt ans. [...] On a investi depuis 1980, 80 % de plus de moyens par élèves. [...] Aujourd'hui vous avez 35 000 professeurs de plus qu'en 1990, et y'a moins d'élèves. Luc CHATEL, Canal + Le Grand Journal, 05/01/2012.
2. La France se situe dans une position moyenne basse dans l'OCDE pour le nombre d'emplois, public et privés, dans l'éducation : celui-ci atteint 28 pour 1 000 habitants, alors qu'il est de quasiment 50 pour 1 000 en Suède. DORIVAL C. Alternatives Economiques, L'emploi public français décortiqué, 03/2011, p. 50. 
1. Si l'on ne prend en compte que les effectifs enseignants, la France présente l'un des taux d'encadrement les plus faibles, avec 6,1 enseignants pour 100 élèves. Ce taux est de 8 enseignants pour 100 élèves dans le secondaire [...], c'est-à-dire dans la moyenne des pays de l'OCDE. En revanche, il est particulièrement faible dans l'enseignement primaire et le supérieur : l5 %, l'un des scores le plus bas au niveau international. DORIVAL C. Alternatives Economiques, L'emploi public français décortiqué, 03/2011, p. 50.