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On peut mourir une fois sur mille, mais...

La Suède est à 2,1 [décès d'enfant avant l'âge de 1 an] pour mille [naissances vivantes], le Japon à 3. La France fait à peine moins bien que ces références obligées, à 3,4 en 2011 contre 52 pour mille en 1950. Elle réalise cette performance tout en absorbant une immigration souvent venue de pays à la mortalité infantile élevée. Son système de santé est décidément solide. Les Etats-Unis sont à 6 décès avant l'âge de 1 an pour mille naissances vivantes, presque au même niveau que la Pologne.
Hervé LE BRAS, Emmanuel TODD, Le mystère français, Seuil 2013, p. 20.

Du beur dans les chaînes...

[...] Je ne pardonne pas à Georges Pompidou [d'avoir créé le problème de l'intégration des étrangers] en ouvrant les vannes de l'immigration sans se soucier ni de l'organiser, ni d'intégrer cette main d'oeuvre [...] que la France faisait venir pour les besoins de ses industries automobile et sidérurgique qui ont été ainsi dispensées des investissement de mécanisation qu'elles auraient dû faire pour soutenir la concurrence. On a fait venir 3 millions et demi de gens d'un coup, sans s'occuper de les loger, de les alphabétiser, de leur apprendre le français, et nous en payons le prix.
Michel ROCARD, La politique telle qu'elle meurt de ne pas être.
Alain Juppé, Michel Rocard, débat conduit par Bernard Guetta. J'ai Lu. 2011. Page 50.

In and out...

Sous la surface de l'immigration et de l'émigration...
9. Le solde migratoire de la France est plus faible qu'ailleurs : il ne représente que 0,1 % de la population chaque année, contre 0,2 % en moyenne en Europe. Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques  06/2013, p. 60.
8. La France accueille la plus grande communauté musulmane d'Europe, 5 millions de personnes, dont la moitié est française. Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 104. 
7. Selon l'Institut national d'études démographiques (INED), la France comptait 5,1 millions d'immigrés [toute personne née étrangère, à l'étranger, et résidant sur le territoire national] au 1er janvier 2006 (soit environ 8 % de la population totale), dont 3,6 millions d'étrangers (5,8 % de la population totale). Ce qui signifie que 1,5 millions de ces immigrés sont en réalité de nationalité française. Alternatives Economiques, 05/2011, p. 60. 
6. Selon les Nations unies, la part des immigrés [toute personne ayant franchi au moins une frontière depuis leur naissance, donc y compris les français nés à l'étranger], dans la population hexagonale passe alors à 10,6 % selon les projections réalisées pour l'année 2010 [14 % en Espagne, 13 % en Allemagne, 13,5 aux Etats-Unis...]. Alternatives Economiques
05/2011, p. 60. 
5. Les immigrés originaires des pays membres de l'actuelle Union européenne à 27 représentent 35 % de la population immigrée totale, et près de 40 % si on y ajoute les pays européens non membres de l'Union. Alternatives Economiques, 05/2011, p. 60. 
4. Depuis 2003, ce sont entre 200 000 et 210 000 ressortissants étrangers qui s'établissent [légalement] en France chaque année [dont un quart de ressortissants de l'Union européenne]. Alternatives Economiques, 05/2011, p. 61. 
3. La famille reste le premier motif d'admission : il concernait 77 000 personnes en 2008, selon l'INED [dont 58 % sont des conjoints, des descendants ou des ascendants de Français]. Alternatives Economiques05/2011, p. 61. 
2. Depuis 1990, le solde migratoire [différence annuelle entre les entrants et les sortants] a augmenté, passant de 40 000 personnes par an à 75 000 en 2010 selon les estimations de l'INSEE. Ce chiffre reste deux fois moins important que celui enregistré dans les années 1960. Alternatives Economiques05/2011, p.62. 
1. Près de 32 000 personnes entrées irrégulièrement ont obtenu un titre de séjour en 2009 selon le rapport du Comité interministériel [...]. 228 000 ont été régularisés depuis 2002, contre 164 000 expulsionsAlternatives Economiques, 05/2011, p. 63.

Fantasme intégral...

74 % des personnes interrogées [dans une étude publiée par Le Monde en janvier 2013] considèrent que l'Islam est une religion "intolérante[68 % parmi les moins de 35 ans], et huit Français sur dix jugent que la religion musulmane cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres. Abdennour Bidar, France Inter, Cause commune, tu m'intéresses, 27/01/2013.
Quelques chiffres complémentaires issus de cette même étude...
[...] Plus de la moitié des personnes interrogées pensent que les musulmans sont "en majorité" (10 %) ou "en partie" (44 %) "intégristes", sans que l’on sache ce qu'elles entendent par ce qualificatif. ReligionBlogLeMonde.fr.
Très peu de chiffres sur le nombre d'intégristes islamistes sur le Web, sinon...
En 2004, une étude menée par les Renseignements généraux estimait le nombre de salafistes à 5 000. Aujourd'hui, on estime que le chiffre varie entre 12 000 et 15 000. Les effectifs salafistes ont quasiment triplé en moins de 10 ans. Samir Amghar (Sociologue), Atlantico.fr.
Dans le domaine de l'immigration, les chiffres sont à prendre avec beaucoup de réserves...

Mais il semblerait que seulement 15 % des musulmans fréquentent une mosquée.

On voit pas très bien comment une "partie" significative de l'ensemble des musulmans, et encore moins une "majorité" d'entre-eux serait constituée d'intégristes, alors qu'ils sont seulement 15 % à fréquenter une mosquée.
Mais surtout, si les salafistes sont bien 15 000 en France, ils représentent 0,3 % seulement des 5 millions de musulmans du pays.

Quoi que l'on pense de ces individus, ils ne représentent donc que ce que l'on appelle une "infime minorité". Et quand bien même les salafistes n'ont pas le monopole de l'intégrisme, il faudrait qu'ils ne représentent qu'une petite partie de l'ensemble des intégristes pour que les craintes des sondés fassent sens. Or s'il y avait une communauté d'intégristes plus étendue que celle des salafistes, on nous en parlerait plus souvent.

Les raisons de ce racisme latent sont diverses, selon Abennour Bidar...
[...] La crise économique qui suscite une angoisse diffuse, n'attendant qu'un sujet pour se cristalliser, un fond d'intolérance ou de racisme ordinaire irréductible, la part des fantasmes face à un "grand méchant" dont on aurait besoin, la surinterprétation du religieux, un certain populisme
[...] Une responsabilité des médias, des politiques et des intellectuels : on a laissé à l'extrême droite, portée par de mauvaises intentions, le monopole du "courage" sur ces questions.
[...] L'islam a un problème avec lui-même et qu'il a du mal à se régénérer. Il est urgent que les musulmans s'interrogent de façon critique sur leur religion et sur leur communication.

Aspirine pour tous...

Sous la surface de l'impact de l'immigration sur la protection sociale...
6. Les immigrés non communautaires recourent plus fréquemment que les natifs aux aides au logement (34 % au lieu de 13,4 %), aux allocations familiales (35 % au lieu de 24,3 %) et à l'assurance chômage (19 % au lieu de 11,7 %). Mais à contrario, ils perçoivent moins de prestations liées à la santé ou à la retraite. Xavier CHOJNICKI (auteur de On entend dire que l'immigration coûte cher à la France. Qu'en pensent les économistes ? Eyrolles-Les Echos), L'Express, 11/2012, p. 54. 
5. [...] Pour l'année étudiée [2005], la contribution nette de l'immigration est de 3,9 milliards d'euros. Soit 0,5 % du PIB, ce qui, au demeurant, reste globalement faible. [...] Quelle que soit l'année retenue, l'impact financier de l'immigration est toujours relativement neutre. Parfois un peu positif, parfois un peu négatif, mais toujours autour de l'équilibre. Xavier CHOJNICKIL'Express, 11/2012, p. 54. 
4. [...] Jean-Paul Gourévitch [dont l'étude conclue à un coût de 30 milliards d'euros], ajoute 2 millions de personnes : les enfants d'immigrés. Cela pourrait paraître normal, mais le problème réside dans le fait qu'il ne les comptabilise que lorsqu'ils sont mineurs et qu'ils pèsent le plus sur les dépenses publiques, via l'éducation notamment, et pas quand ils sont majeurs et contribuent, en payant des cotisations et des impôts, à la collectivité. [...] Cette étude impute aux immigrés le coût de la contrefaçon (2,2 milliards d'euros), celui de la prostitution (1,4 milliards) ou l'aide publique au développement à destination des pays d'origine. [...] Jean-Paul Gourévitch néglige le fait qu'une personne de 60 ans est, en moyenne, deux fois plus coûteuse pour le système de santé qu'un trentenaire. Xavier CHOJNICKIL'Express, 11/2012, p. 54. 
3. En mettant des freins à l'accession, on risque de retrouver ces malades plus tard pour un coût beaucoup plus élevéChristophe SIRUGUE (député socialiste), L'Express, 11/2012, p. 56. 
2. Entre 210 000 et 220 000 personnes bénéficient de l'AME [aide médicale pour les étrangers en situation irrégulière] , pour un coût total de 588 millions d'euros. Soit une hausse de 185 % du nombre d'inscrits et une multiplication par six du budget en douze ans, même si les dépenses progressent désormais moins vite. [...] Les bénéficiaires de l'AME [...] coûtent 1 741 € par an, au lieu de 1 580 € pour les assurés du régime général. Ils coûtent beaucoup moins que les patients démunis relevant de la CMU (complémentaire comprise) : 2 606 €.  L'Express, 11/2012, p. 56. 
1. 80 % des inscrits [à l'AME] sont seuls, sans ayant-droit. L'Express, 11/2012, p. 58.

Intégration...

Chiffres et arguments sur l'intégration culturelle des immigrés dans la société française en particulier...
3. 15 % des musulmans fréquentent une mosquéeLe Nouvel Observateur, 09/2012, p. 106. 
2. En France, les Noirs et les Arabes courent, en moyenne, respectivement six et sept fois plus de risques que les blancs d'être contrôlésAlternatives Economiques, 07/2012, p. 28.
1. Deux tiers des immigrés éprouvent [...] un sentiment d'appartenance nationale, alors qu'ils ne sont que 40 % à avoir la nationalité française. Alternatives Economiques, 06/2012, p. 47.

Partage du travail...

Sous la surface de l'impact de l'immigration sur le travail...
6. Selon un document de travail du centre d'analyse stratégique [... les immigrés] représentent plus de 30 % des effectifs dans les métiers du nettoyage, des employés d'hôtellerie, et entre 20 et 30 % pour les secteurs de la sécurité, du bâtiment et des travaux publics, de la restauration. Agnès LAURENT, L'Express, 11/2012, p. 52.
5. Les descendants d'immigrés hors Union européenne ont un taux de chômage supérieur à celui de leurs parents (24,2 % contre 20,2 %, en 2010), qui est déjà plus de deux fois supérieur à l'ensemble de la population active en France. Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 77. 
4. A niveau d'études comparables, les descendants d'immigrés sont plus souvent au chômage : 14,1 %, chez les titulaires d'une licence ou plus, contre 4,8 % chez les Français nés de parents Français. Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 77. 
3. [Une étude pour le compte des Nations unies sur les effets de l'immigration sur la période 1980-2005, a été menée dans 74 pays, dont la France]. Il en ressort qu'un hausse de 1 % de la population active liée à l'immigration augmente le PIB de 1 %. Le PIB par habitant reste donc inchangé. Alternatives Economiques05/2011, p. 64. 
2. Parmi toutes les formes du travail illégal, le travail dissimulé comptait pour plus de 72 % tandis que l'emploi d'étrangers sans titre de travail ne concernait que 13 % des infractions. [...] Le poids des sans-papiers dans l'ensemble du travail illégal [...] est cependant probablement sous-estimé. SIMBILLE L. Alternatives Economiques, Le travail illégal n'est pas synonyme d'immigrés clandestins, 03/2011, p. 37. 
1. Pour maintenir le même ratio de travailleurs, l'Union européenne devrait accueillir 13,5 millions d'immigrants chaque année. Johann NORBERG (2003), Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, Plon, p. 126.

Cache-cache au chantier...

Parmi toutes les formes du travail illégal, le travail dissimulé comptait pour plus de 72 % tandis que l'emploi d'étrangers sans titre de travail ne concernait que 13 % des infractions. [...] Le poids des sans-papiers dans l'ensemble du travail illégal [...] est cependant probablement sous-estimé.
SIMBILLE L. Alternatives Economiques, 03/2011, p. 37.

Intégratrice...

C'est comme d'habitude, je suis très déphasé, le temps des politiques n'est pas le temps des démographes. [...] On va mesurer d'un côté des taux de chômage épouvantables chez des gosses d'origine immigré mais qui ne sont en fait qu'une partie des taux de chômage abominables de la jeunesse et qui reflètent que les plus faibles, les derniers arrivés, supportent encore plus que d'autres jeunes le coût de la baisse des conditions des jeunes. Mais si on regarde diverses mesures de l'acculturation, de l’acquisition de la langue, du système de moeurs, si on regarde les taux de mariage mixte, c'est pour moi à long terme, absolument évident que la France va tout à fait réussir à devenir une société [...] ou les notions de race blanche, race noire, ou blanc foncé, n'auront plus de sens, où ce sera une race nouvelle, un monde nouveau et on dira que la France a réussi. [...] Et les historiens diront "Ah putain, ils étaient super énervés au début du troisième millénaire. Vous avez vu cette campagne de 2012, qui avait totalement dérapé parce qu'un schizophrène de Toulouse [affaire Merah] avait fait quelque-chose [...] ?".
Emmanuel TODD, France 5, 2012, les grandes questions, 04/2012.