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Jacques Attali...

Je pense qu'il y'a quatre ou cinq secteurs aujourd'hui qui [doivent] être l'objet de réformes [et qui peuvent rapidement relancer l'économie] 
[...] Premièrement il faut relancer le logement. [...] Si vous achetez aujourd'hui [et dans les deux ans,] un logement neuf, il serait exclu des droits de succession [quelle que soit la date de transmission du bien]
[...] Deuxièmement, il faut relancer l'investissement. Si vous investissez dans une entreprise non cotée pendant deux ans, vous pourrez léguer ces actions à vos enfants sans droits de succession.
Il précise en aparté...
Et ça, ça a un impact considérable, parce que l'argent qui dort dans l'épargne de différentes façons, pourrait être utilisé bien plus efficacement [...].
Je ne sais toujours pas ce que les gens entendent par "argent qui dort". Si l'argent que récoltent les banques servait à rembourrer des matelas, cela se saurait !


... et pas de matelas en vue !

Il poursuit...
Troisième mesure. On utilise de façon extrêmement gaspilleuse les 32 milliards de la formation professionnelle. Il faudrait consacrer immédiatement 5 milliards sur les 32 à former les chômeurs. [...] Une mesure qui serait par exemple radicale : si une entreprise embauche un chômeur, jeune, elle pourrait le payer en-dessous du SMIG, mais le jeune chômeur toucherait le SMIG parce que le complément de salaire viendrait de l'argent de la formation professionnelle. 
Quatrième mesure. Comme nous sommes en période de déflation, [...] c'est le moment absolument formidable et unique pour augmenter la TVA. [...] J'augmenterais la TVA de trois points. En échange, je baisserais les cotisations salariées du même montant. 
La cinquième est une mesure européenne. Il est urgent de lancer les grands investissements européens
Jacques Attali, BFMTV, Bourdin Direct, 08/2014. 

Après les banksters, les bankrioleurs...

Si l'on avait la même politique du logement qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas, quelqu'un qui vit dans 60 m² verrait son loyer mensuel baisser de 250 € [en quelques années]. Pourquoi on ne le fait pas : parce que certains banquiers préfèrent que le fond de réserve des retraites soit mis sur les marchés financiers plutôt que d'être mis sur le logement (contrairement à ce qui a été fait aux Pays-Bas).
Pierre LARROUTUROU, France Inter, 3D le journal, 15/04/2012.
Les Berlinois paient des loyers quatre fois inférieurs à ceux des Parisiens.
Manuel DOMERGUE, Alternatives Economiques, 05/2012, p. 17.

Pierre Larrouturou parle de politique du logement en Allemagne, mais selon Thomas Piketty, les bas loyers pourraient avoir une autre explication...
[...] Les fortes hausses de prix qui ont eu lieu partout ailleurs au cours des années 1990-2000 ont été bridées outre-Rhin par l'unification allemande, qui a conduit à mettre sur le marché un grand nombre de logements à bas prix. Pour justifier un possible écart à long terme, il faudrait toutefois des facteurs plus durables, par exemple une plus forte régulation des loyers outre-Rhin.
Thomas PIKETTYLe capital au XXIe siècle, Seuil, 2013, page 220. 

Des loyers moins chers peuvent avoir toutes sortes de répercussions...

Immobilisant...

Il existe une forte corrélation entre le taux de chômage et la proportion des ménages propriétaires de leur logement. Ce constat, dressé par l'économiste Andrew J. Oswald, se fonde sur l'examen des statistiques américaines, Etat par Etat, sur plusieurs décennies : quand le taux de propriété double, le taux de chômage est multiplié par plus de deux. Explication avancée : la propriété du logement freine la mobilité et allonge les temps de trajet domicile-travail...
Alternatives Economiques, 07-08/2013, p. 82.
High Home Ownership as a Driver of High Unmployment, www.voxeu.org.

Bail en or...

Sous la surface des prix de l'immobilier...
Des prix de l'immobilier élevés, une crise du logement criante et des dépenses publiques pour le logement très importantes, c'est l'équation française. 45 milliards d'euros ont été dépensés en 2011, soit 2,25 % du PIB. [...] A l'inverse, en Allemagne, ces aides diminuent et les prix de l'immobilier sont restés stables. Faut-il en conclure que ces dépenses sont inutiles, voire contre-productives ? C'est notamment la position défendue par les économistes Etienne Wasmer et Alain Trannoy dans un rapport récent du Centre d'analyse économique. En effet, dans un marché où les prix sont libres mais où l'offre est contrainte par de nombreux obstacles réglementaires et un manque de foncier disponible, toute subvention risque d'avoir des effets inflationnistes.
Manuel DOMERGUE, Alternative Economiques, 05/2013, p. 14.



Jean-Marc JANCOVICI, au détour de sa réflexion sur la dépense énergétique, souligne le rôle de la généralisation des divorces...
[…] Le divorce […] demande deux fois plus de logements (à construire et à chauffer), deux fois plus d'objets de la vie courante à fabriquer, et un surplus de déplacements pour les visites des enfants. […] Il semble donc parfaitement logique que les pays où le divorce est le plus répandu sont aussi les pays où l'abondance énergétique est la plus marquée.

Vend appartement... plus tard...

La finance reste [aux yeux de Robert J. Shiller] le meilleur moyen de couvrir les risques des agents économiques [...]. 
Le New York Times rapporte ainsi son raisonnement concernant le secteur immobilier : prenons d'un côté "un jeune couple anticipant un besoin d'agrandissement pour le jour où il aura des enfants" et de l'autre "un couple plus âgé s'attendant à devoir vendre sa maison pour financer les études des siens". Une flambée des prix empêcherait le premier d'accéder à la propriété, et le capital du second fondrait en cas de baisse. Or, "si la première famille pouvait acheter à la seconde un contrat à terme sur le prix de sa maison, les deux verraient leur risque réduit".
Les deux couples se mettraient d'accord sur un prix d'échange de la maison, à une date donnée (un terme), mettons cinq ans. Parvenus au terme de cette échéance, le premier couple achèterait la maison au prix convenu cinq ans auparavant, et bien-sûr, le deuxième couple serait obligé de lui vendre à ce prix, quelle qu'ai put être l'évolution du marché de l'immobilier.
C'est ainsi que les intervenants sur les marchés financiers, des industriels aux spéculateurs, utilisent les contrats à terme. Il s'agit d'une des formes que peuvent prendre les produits dérivés.
Shiller imagine aussi des crédits immobiliers dont les remboursements diminueraient automatiquement en cas de contraction du marché [...] . 
Dans la même logique contracyclique, il encourage les États à émettre non plus des obligations à montant fixe, mais "des parts de leur économie [...] dont les dividendes varieraient en fonction de ses performances". Des propositions à considérer "d'urgence", estime The Economist.
Books, 10/2012, p. 99.

Saucisse basse consommation...

[En Allemagne], depuis 1998, une fiscalité écologique de 2,05 % sur le kWh consommé s'applique à tous les particuliers qui paient 166 % de taxes en plus que les français et achètent donc leur électricité deux fois plus cher qu'en France. Andreas Rüdinger (Institut du développement durable et des Relations internationales). 
Selon Pierre Larrouturou, il ne faut pas oublier que les prix des loyers en Allemagne sont bien moins élevés qu'en France >>
Les Allemands ont proscrit les ruineux convecteurs électriques qu'utilisent encore trois millions de français. La plupart privilégient les chaudières à condensation, des appareils électroménagers à très haute performance énergétique et ils sont de plus en plus nombreux à solliciter les aides pour l'isolation thermique de leurs logements. 
La consommation électrique hors chauffage outre-Rhin était identique à celle des Français en 1998. Neuf ans après, elle est inférieure de 27 %. Andreas Rüdinger. 
Pendant les semaines très froides de février 2010, la consommation électrique outre-Rhin était moitié moindre qu'en France. Alors qu'il y a 17 millions d'habitants de plus qu'en Allemagne. Henry C. Reese (Association Energie franco-allemande). 
Le montant moyen des subventions et prêts atteint outre-Rhin 63 000 euros par ménage. Contre 18 750 euros en France.
Guillaume MALAURIE, Le Nouvel Observateur, 12/2012, p. 92.

Assurance en bois...

La "titrisation" de crédits individuels accordés à des ménages [trahi] une mécompréhension de la logique qui sous-tend le principe de l'assurance. [...] Les "sinistres" dans le domaine de l'immobilier résidentiel ne présentent pas les qualités qui auraient permis à une logique assurrantielle de jouer : ils ne sont ni rares ni aléatoires, car ils sont liés à des conjonctures économiques particulières.

Boule de neige...

La modération salariale allemande a en fait été, en bonne partie, un résultat inattendu du vieillissement accéléré de [sa] population [...]. Entre 2000 et 2012, la France a gagné 4,9 millions d'habitants quand l'Allemagne en a perdu 370 000. Ce qui a notamment entraîné une stabilité des prix de l'immobilier (et donc du coût du logement) que n'a connue aucun autre pays européen durant cette période. Alors qu'en France les prix de l'immobilier ont été multipliés par 2,5 entre 1996 et 2010, quasiment autant qu'en Espagne, ils n'ont pas bougé d'un iota en Allemagne. Résultat : en moyenne, un logement coûtait 3 800 € du mètre carré en France en 2011, contre 1 300 € en Allemagne, un rapport de 1 à 3 ! 
[...] L'écart phénoménal qui s'est ainsi creusé en une décennie entre l'Allemagne et le reste de la zone euro sur le plan du coût du logement pour les ménages a permis de faire passer la pilule de la modération salariale prolongée.
Alternatives Economiques, 11/2012, p. 9.

Livret A-rithmétique...

L'encours de 47 % des 62 millions de livrets A est inférieur à 150 euros. [...] 8,5 % des livrets ont un montant déposé supérieur au plafond légal de 15 300 euros (du fait des intérêts capitalisés).
Alternatives Economiques, 09/2012, p. 61.

D'où vient-il ?

Où l'on fait le tour des différents raisons supposées de l'apparition et/ou de la persistance du chômage dans les pays industrialisés...
L'explication la plus évidente du chômage est que les entreprises ne produisent pas assez pour avoir besoin d'employer tous les salariés. Cette insuffisance de la production vient d'une demande elle-même insuffisante adressée aux entreprises lors des crises économiques.
Pourtant, la majorité des économistes refusent cette explication [et considèrent, comme le postule la "loi de Say" d'après Jean-Baptiste Say], que puisque la demande naît des revenus distribués lors de la production, il ne peut pas y avoir de surproduction globale, [...] "toute offre crée sa propre demande".
Mais Keynes explique que, si les perspectives de demande sont mauvaises, l'investissement est faible. La production l'est donc aussi, et l'emploi par voie de conséquence.
L'insuffisance de la demande est la ligne défendue par Joseph Stiglitz >> 
Les économistes néoclassiques considèrent au contraire que les employeurs embauchent sans se préoccuper de leurs perspectives de production, supposant qu'il existe forcément un prix pour lequel ils peuvent écouler leurs produits. Donc il existe aussi un niveau de salaire pour lequel il est rentable d'embaucher et pour lequel tous ceux qui le désirent peuvent trouver un emploi.
[...] La bonne relation de [l'indicateur du climat des affaires évalué par les instituts de prévision économique] avec l'évolution à court terme du chômage confirme la pertinence de la vision keynésienne. [Mais ces cas d'] alternances de croissance et de ralentissement, d'optimisme et de pessimisme, sans [retour] au plein-emploi [illustrent les limites de ce raisonnement].
[...] Les changements de qualification et de régions que doit réaliser la main-d'oeuvre pour s'adapter aux emplois proposés sont considérables et requièrent du temps. Un certain chômage "de conversion" se produit alors [...]. Ainsi la grande vague de progrès techniques liés à l'informatisation et à la mondialisation [...] contribue à réduire la demande de travail non qualifié, entraînant la baisse des bas salaires aux Etats-Unis. En Europe, où un salaire minimum élevé empêche souvent la baisse des bas salaires, le chômage des moins qualifiés augmente.
[Une part du taux de chômage peut être imputée à une] mobilité géographique des salariés, [si elle est] entravée [par des] règles concernant les transactions immobilières [contraignantes] ou le manque de logements disponibles.
Le manque de mobilité des travailleurs semble être une explication unanimement acceptée >>
Les économistes libéraux insistent sur le fait que le chômage sera plus élevé si les règles encadrant le marché du travail freinent les ajustements. Par exemple, une indemnisation élevée du chômage [ou] la subordination du licenciement à une autorisation administrative [...].
[Pourtant] pendant des années, l'OCDE [...] a tenté de montrer que la rigidité des marchés du travail était associée à un chômage élevé ; mais elle a fini par renoncer, faute de confirmation empirique.
[...] Pour les économistes qui considèrent que l'embauche dépend du salaire, le chômage vient surtout de ce que le salaire [minimum légal ou exigé par les salariés] est supérieur au niveau assurant le plein emploi.[...] la concurrence née de la mondialisation pourrait [...] nécessiter une baisse des salaires qui ne s'est pas produite, ce qui serait cause de chômage.
Joseph Stiglitz, dans le même article évoqué plus haut, considère que la mondialisation est un faux coupable >>

Arnaud PARIENTY, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 68.

Travailler plus pour se loger plus...

[...] Les français destinent 9 % de l'ensemble de leurs revenus (soit 60 % de leur épargne) à l'achat de logements.
Christian CHAVAGNEUX, Alternatives Economiques, 09/2012, p. 59.

Travail nomade...

Réduire les droits de mutation pour les salariés et les demandeurs d'emploi qui doivent déménager et acheter un logement pour retrouver un poste. Et, pour les chômeurs de longue durée, instaurer la gratuité des transports pour une période d'un an en cas d'emploi éloigné du domicile. L'Expansion, 09/2012, p.48.
Avec l'imposition sur la plus-value sur la résidence principale et les droits de mutation [les "frais de notaires"], on freine la mobilité de la population et l'on favorise le chômageAlain MADELIN et Mahilde LEMOINE, BFM, 04/09/2012. 

Pays du Soleil couchant...

Il y a 20 ans, on nous disait que le Japon allait dominer l'économie mondiale. Depuis que la crise immobilière a éclaté, c'est-à-dire il y'a 18 ans, ils ont 0,6 % de croissance par an en moyenne. Alors que c'est le pays qui fait le gros effort de recherche (et c'est très bien) avec 3 % du PIB, ils appliquent à fond [dans le même temps] les recettes classiques : gros déficits et plans de relance, du béton partout, taux d'intérêt à 0 %. On est tous en train de tomber dans la même trappe.
France Inter, 3D le journal, 15/04/2012.

Bombe immobilière...

La bulle immobilière est en train d'exploser en Chine. En Espagne, [elle a conduit] Zapatero à démissionner, en Chine, la réponse du gouvernement n'est pas "on change le modèle social", "on fait des élections", c'est "on double le budget militaire d'ici 3 ans"...
France Inter, 3D le journal, 15/04/2012.

Mètres carré...

Sous la surface de l'immobilier, des politiques du logement, et autre bulles immobilières...
14. Il y a 800 000 mutations par an [...]. Manuel DOMERGUE, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 46. 
13. [...] Les français destinent 9 % de l'ensemble de leurs revenus (soit 60 % de leur épargne) à l'achat de logementsChristian CHAVAGNEUX, Alternatives Economiques, Le bas de laine des français, n° 316, p. 59. 
12. A la fin des années 2000, la valeur des logements et des terrains possédés par les français était presque 5 fois plus élevée qu'à la fin des années 1970. L'Express, Faire payer les riches ? n°3167, 03/2012, p. 81. 
11. En moyenne, les terrains constructibles valent [...] 55 fois plus que les terres agricoles Alternatives Economiques, n° 314, p. 34. 
10. On devient propriétaire en moyenne à 31 ans et l'on vend en moyenne à 56 ans. Jean-Pierre PETIT, BFM, 04/09/2012. 
9. Si la part de la population urbaine vivant dans des bidonvilles a baissé de 46 % à 37 % entre 1990 et 2010, leur nombre continue de croître en valeur absolue. Alternatives Economiques, n° 314, p. 64. 
8. [On ne peut être que scandalisé] quand on voit le niveau des loyers en France, qu'il manque 800 000 logements, et qu'on va licencier 40 000 personnes dans le bâtiment cette année.  LARROUTUROU Pierre, France Inter3D le journal, 15 avril 2012. 
7. [Une entreprise sur quatre] signale que les problèmes des salariés pour trouver un toit complique le recrutement. [Une] sur cinq évoque des freins à la mobilité interne. Au total, 40 % des entreprises se disent touchées, surtout en région parisienne et dans le Sud. Le nouvel observateur, 05/2012, p.98. 
6. 70 % des actifs déclarent qu'ils refuseraient un emploi meilleur si cela les obligeait à déménager et débourser davantage pour se loger. [...] Chez les locataires, ils sont même 45 % à trouver qu'ils ne peuvent pas payer plus cher. Le nouvel observateur, 05/2012, p.98. 
5. On estime que sur les 4,6 millions de chômeurs, 500 000 ont renoncé à un poste pour ne pas avoir à supporter un surcoût financier en matière de logement, écrit le Credoc. Le nouvel observateur, 05/2012, p.98. 
4. 61 % des français, selon l'enquête du Credoc, seraient prêts à changer de région pour trouver un travail, et même 38 % à partir pour l'étranger. Mais la pénurie de logement freine les élans. Le nouvel observateur, 05/2012, p.98. 
3. La surface [de logement] occupée par personne s'est accrue de 43 % entre 1978 et 2006. Alternatives Economiques, 06/2012, p. 34. 
2. Le nombre de résidences secondaires a doublé en trente ans pour atteindre 3 millions d'unités. Alternatives Economiques, 06/2012, p. 34. 
1. En moyenne, les terrains constructibles valent [...] 55 fois plus que les terres agricoles.  Alternatives Economiques, 06/2012, p. 34.

Immobilisant...

L'immobilier est un secteur à faible productivité. A moyen terme, les ressources dans l'immobilier et la construction pèsent sur la croissance potentielle de l'économie française.
Mathilde LEMOINE, BFM, 04/09/2012.