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Art inégalitaire...

Si la misère proprement dite devait être exclue (le secours par l'aumône constituant même un des cinq piliers de l'Islam), celle-ci ne devait pas moins maintenir un écart considérable entre la grande masse de la population, vivant dans une pauvreté décente, et une infime minorité d'individus fastueusement riches, suffisamment pour se livrer à des dépenses exagérées, folles, qui assuraient la survie du luxe et des arts. Cette position aristocratique venait, cette fois, directement de Nietzsche [...].
Michel HOUELLEBECQ, Soumission, Flammarion, 2015, Page 272.

Richard III, le retour...

[Londres] abritait depuis le milieu des arènes 1570, une véritable industrie du spectacle. Localisée à la périphérie, là où la juridiction, et donc le contrôle de la municipalité de Londres, ne s'exerçait pas, elle reposait sur un ensemble très varié de divertissements. Les théâtres n'en formaient qu'une partie, à côté des arènes pour les combats d'animaux ou pour les démonstrations de tir ou d'escrime
[... Pour les troupes de théâtres], attirer le plus grand nombre de spectateurs est un impératif économique. Une tâche d'autant plus difficile que, dans les années 1590, chaque troupe peut donner plus de vingt représentations par mois, hors périodes d'épidémies ou de troubles politiques, durant lesquels le pouvoir royal fait fermer les théâtres. Les troupes peuvent jouer tous les jours, à l'exception du dimanche, pour des raisons religieuses. Les représentations sont données dans l'après-midi : elles débutent le plus souvent à 14 heures ou à 16 heures. [...] Les spectateurs versent un penny (le prix d'un demi-litre de bière) pour s'installer dans la cour, et un penny de plus s'ils désirent gagner les galeries. [...] Le prix des places [étant] faible, [...] un public très varié pouvait assister aux représentations : des nobles jusqu'aux apprentis londoniens, portés à la rixe et au tapage, en passant par les marchands, les artisans, les fermiers de passage dans la capitale et les prostituées
[...] L'installation dans des amphithéâtres donne aux artistes des possibilités nouvelles. Musique, danse, effets pyrotechniques parfois spectaculaires sont désormais aussi importants que le texte joué. Les troupes à la fin du XVIe siècle comptent souvent entre douze et quinze acteurs [...]. 
[...] Alors qu'il y avait des femmes dans les troupes italiennes, en particulier dans la commedia dell'arte, il faut attendre la restauration Stuart en 1660 pour pouvoir, à Londres, applaudir des actrices. Jusqu'à cette date, les rôles féminins, limités, étaient interprétés par des garçons. L'interdiction venait de l'idée qu'une femme qui s'exposait à la vue de tous et qui était payée pour cela ne pouvait être que sans vertu. Mais les femmes avaient la possibilité de jouer dans un cadre privé, à la Cour par exemple. 
[...] Lorsqu'une pièce rencontre le succès, les acteurs-actionnaires cherchent fréquemment à tirer profit de cette réussite en réclamant à leurs dramaturges l'écriture d'une suite, d'une pièce mettant en scène le même personnage ou d'une pièce au thème similaire. 
[...] Pendant que se joue la comédie, on fait circuler dans l'auditoire boissons et nourritures : ceux qui le souhaitent peuvent aussi en avoir pour leur argent et refaire leurs forces. Thomas PLATTER (voyageur suisse contemporain de Shakespeare ayant assisté à une représentation).
François-Joseph RUGGIU, Olivier SPINA, L'Histoire, 02/2013, p. 40.

Cordes sensibles...

Magie de la musique ou quand l'émotion et la beauté surgissent avec quelques notes seulement... Par Gustavo Santaolalla...

Con carne...

Mélodie magnifique, pianiste surdoué et anti-conformiste...
Chilly Gonzales (Jason Beck).

Sous le soleil exactement...

Couleurs, formes et lumières uniques du grand Orient, saisies par les meilleurs peintres orientalistes...
Gustav BAUERFEIND, The Gate of the Great Umayyad Mosque.

Jean-Léon GEROME, Femme du Caire à sa porte.

Jean-Léon GEROME, Bain turc.

Ernst Lord WEEKS, On the river Benares.

Frederick Arthur BRIDGMAN, The siesta.

Assurance recel...

Le détenteur d'une oeuvre volée dans un musée n'a droit à aucune indemnité, puisque les biens culturels sont réputés inaliénables et leur propriété imprescriptible. Mais les maisons de ventes gardent une provision spéciale, pour ne pas dire une caisse noire, qui leur permet de calmer les clients lésés menaçant de les traîner en justice.
François CAVIGLIOLI, Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 106.

Les notes de l'Histoire...

Jacques Attali écoute la musique d'un pays, d'un peuple, d'une culture, pour en prédire son avenir...
Ce que j'ai essayé de montrer, c'est que la représentation en musique, le concert, apparaît à peu près 50 ans avant que se mette en place la représentation en politique. A des dates charnières, comme le passage du monde féodal au monde capitaliste, la représentation musicale a été annonciatrice de la représentation politique. Que le passage à la production en série a été dans la musique extrêmement annonciateur de ce qui allait se passer dans le reste de l'organisation sociale. Que l'orchestre et l'arrivée du chef d'orchestre a été très annonciateur d'un État fort. Le chef d'orchestre date de 1850 à peu près, à un moment où commence à être nécessaire un chef d'un État fort pour organiser la production. Bref, qu'à plusieurs moments dans l'histoire, on peut trouver une fonction de la musique comme le reflet de changements sociaux importants.
Jacques ATTALI, Antenne 2, Apostrophes, 11/09/1977.
Quand je regarde un pays, je m'intéresse à sa musique. Toujours la musique dit des choses intéressantes sur l'avenir. Elle a dit la mondialisation avant tout le monde, la musique est mondiale bien avant que tout le reste le soit. Elle a annoncé la gratuité, les technologies, puisque c'est apparu dans la musique avant d'apparaître ailleurs. 
Elle dit des choses étranges aujourd'hui. Elle dit que le monde s'occidentalise. Même si l'Occident décline, où que ce soit dans le monde, vous entendez de la musique occidentale. Mais en même temps elle dit qu'il y a des lieux du Sud qui se font entendre plus que d'autres. Elle dit que l'on entend le Brésil, depuis longtemps, et le Brésil est là. Elle dit qu'on n'entend pas la Chine. Et je pense que la Chine, si elle n'a pas une musique, et elle n'a pas de musique, c'est un des signes qui me font penser que la Chine n'a pas un grand avenir mondial.
Emmanuel Todd, autre grand amateur de prédictions, porte sur l'avenir de la Chine la même appréciation >>
Elle dit que l'Inde a un petit avenir en s'éveillant puisqu'il y a une musique indienne qu'on commence à entendre dans le monde. Et elle dit qu'un grand monde de l'avenir c'est l'Afrique. La seule musique qu'on entend sur la planète, c'est la musique africaine. Évidemment, la musique nous annonce, je crois, que le XXIe siècle sera Africain.
Jacques ATTALI, France 5, Empreintes, 07/12/2012.

Jacques Atalli limite ici sa réflexion à la musique classique et à l'histoire sur le long terme. Difficile de dire si le parallèle reste pertinent, mais il est tentant de s'interroger sur l'évolution récente de la musique et de ses interprètes.
La musique est devenu un produit de consommation de masse avec ses stars people. La France a connu un début d'expérience de présidence people en la personne de Nicolas Sarkozy.
Les stars émergent désormais d'Internet. A quand la politique et la démocratie exercées sur le Web

La mauvaise éducation...

Je demande aux nostalgiques de ne pas oublier que cette école du passé [école autoritaire] n'était pas incompatible avec la production de petits et de grands fascistes. Pensez au film Le Ruban blanc, de Haneke : les enfants sont sages à l'école mais deviennent des sales types en dehors. Être discipliné à l'école n'interdit pas qu'on commette les pires abominations ailleurs.
Ruwen OGIEN, Le nouvel Observateur, 09/2012, p. 106.

Pop-art antique...

Nous sommes imprégnés de la vision de l'Antiquité qui nous a été transmise, marquée par la beauté du marbre blanc et pur. Pour nous tous, moi compris, l'omniprésence de la couleur est quelques-chose de totalement incompréhensible.
Musée Liebieghaus, Francfort.

 Musée Liebieghaus, Francfort.
L'Antiquité était polychrome, que cela nous plaise ou non. [...] Seuls des musées comme le Liebieghaus de Francfort ose exposer ces oeuvres aux couleurs [...] criardes et dont l'esthétique est d'une modernité étonnante.
Cavalier Perse (détail), Musée de l'Acropole, Athènes.

Cavalier Perse (détail), Musée Liebieghaus, Francfort.
En réalité cette révélation n'a rien de nouveau. Au début du XIXe siècle déjà, des fouilles avaient mis au jour de nombreuses sculptures portant des restes de peintures.
[...] A Munich, Louis Ier de Bavière avait fait construire la Glyptothèque pour accueillir sa collection d'antiquités grecques et romaines. A l'époque, le bâtiment n'avait pas la sobriété que nous luis connaissons aujourd'hui. A son inauguration en 1830, il était richement décoré et coloré. Il s'agissait de mettre en application ce qu'avaient révélés les dernières découvertes sur l'Antiquité.
Glyptothèque de Munich aujourd'hui et telle qu'elle était ornementée en 1830 (insert).
Même s'il ne reste plus une once de pigment, la pierre conserve une trace du motif peint parce que les couleurs n'ont pas toutes disparu en même temps. [...] La surface n'a [donc] pas vieilli de manière uniforme. Cela lui confère un très léger relief qui devient visible quand il est éclairé de côté par cette lumière dure. Pr. Vinzenz BRINKMANN.
Arte, Les dieux polychromes de l'Antiquité, 21/06/2012.

Faire gonfler la mouflette...

Où l'on apprend qu'il est possible de caresser le gardon, picorer le bonbon ou mamourer le bibelot...

Schubert à la mode...

Version electro de SomethingALaMode...


La version bien connue...


Régression...


Une photographie de Lydda, en Palestine, prise à la fin du XXe siècle. Une image très poétique, apaisante, empreinte du charme désuet de l'orientalisme.

Immense...

Et quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.
Marcel PROUST, A la recherche du temps perdu.

Miles Kane...

Trois accords. C'est simple, mélodie bien trouvée, coiffure sympa...


Selah Sue...

Femme à choucroute, du charisme, de beaux yeux, une voix, une guitare...


Les feuilles de Chet...

Un excellent arrangement des Feuilles d'automne pour guitare, par Chet Atkins, notamment à partir de 1:05...