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Faiblichon...

Sous la surface des variations climatiques : l'activité solaire...
[...] Plusieurs études ont souligné une corrélation statistique entre la basse activité solaire et la rigueur des hivers en Europe. En analysant plus de deux siècles de registres, Franck Sirocko, de l'université de Mayence (Allemagne), a ainsi montré que 10 des 14 années au cours desquelles le Rhin a gelé correspondaient à des "minimums" solaires. Une perturbation de la circulation atmosphérique lors de ces périodes expliquerait la sévérité des hivers.
Science & Vie, 05/2013, p. 35.

Dégazage...

Le réchauffement du Gulf Stream [...], ainsi que les changements dans sa trajectoire depuis 5 000 ans, déstabilisent les vastes stocks d'hydrates de méthane [mélange de gaz et de glace dans les sédiments marins] gisant au large de la côte est des Etats-Unis. 
[...] D'après les calculs [de Matthew Hornbach et Benjamin Phrampus de l'université du Texas], 2,5 milliards de tonnes seraient en train de "dégeler" avec la hausse des températures des fonds marins, menaçant de laisser échapper leur puissant gaz à effet de serre
[...] "Le transfer du méthane qui serait libéré de l'océan vers l'atmosphère, donc son impact sur le climat, demeure incertain." reconnaissent les scientifiques.
Science & Vie, 01/2013, p. 22.

Streaming...

Un certain Richard Seager émet des doutes sur le fait que le Gulf Stream soit à l'origine de la relative douceur des températures hivernales en Europe de l'Ouest comparées à celles relevées sur la côte Est de l'Amérique du Nord, pourtant située aux mêmes latitudes...
En plein coeur de l'hiver, les températures enregistrées en Europe occidentale, îles britanniques, Scandinavie, France sont en moyenne 15 à 20° C supérieures à celles mesurées aux mêmes latitudes sur la côte est de l'Amérique du Nord Terre-Neuve, Labrador. 
[...] Nous avons [...] trois phénomènes en compétition pour expliquer la relative douceur des hivers européens. Le premier est le stockage saisonnier de la chaleur dans la couche superficielle de l'océan et sa libération dans l'atmosphère. Le deuxième est effectivement le transport de la chaleur par le Gulf Stream des tropiques vers le nord, et sa dissipation dans l'atmosphère. Le troisième, moins connu, est le transport de chaleur par les ondes stationnaires
[...] L'atmosphère transporte d'énormes quantités de chaleur vers les pôles via les tempêtes hivernales qui balaient les océans. [...] Nous avons [...] calculé les conséquences en termes de température : en l'absence de cette composante atmosphérique, les températures hivernales de la région située au-delà de 35° de latitude nord seraient inférieures de quelque 27° C à ce qu'elles sont ! 
[...] Ces simulations numériques montrent également que le transport océanique de la chaleur augmente les températures hivernales de l'Est de l'Amérique du Nord et de l'Europe occidentale de 2 à 3° C laissant le contraste entre les deux inchangé. Ce réchauffement ne représente que 10 % de celui généré par les mouvements atmosphériques ou de celui lié à la libération saisonnière du stock de chaleur des océans ! De façon surprenante, l'Est américain reçoit finalement autant de chaleur des courants océaniques que l'Ouest de l'Europe. 
[...] Enfin, lorsqu'on élimine les montagnes des simulations climatiques, les méandres des ondes stationnaires s'atténuent et les vents soufflant dans la direction nord-sud s'affaiblissent. En particulier, la zone de basse pression qui se trouve habituellement au-dessus de la côte est de l'Amérique du Nord, résultant de l'écoulement des masses d'air au-dessus des montagnes Rocheuses, disparaît. L'air ne vient plus du nord du Canada mais de l'ouest du continent nord-américain. Conséquence : sans les Rocheuses, la température de l'Est des États-Unis augmente de 6° C. De l'autre côté de l'Atlantique, les vents chauds du sud-ouest laissent la place à des vents d'ouest plus froids. Et l'Europe se refroidit de 3° C.

Secours énergétique...

Le paiement des factures d'énergie est le premier motif de demande d'aides dans les Centre communaux d'action sociale (CCAS) [...].
Alternatives Economiques, 12/2012, p. 49.

Inschistice...

[...] Un nouvel obstacle va se dresser sur la route des économies d'énergie : l'abondance des réserves de gaz et de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Selon le rapport de l'AIE, la production pétrolière américaine dépassera celle de l'Arabie Saoudite en 2020. Non seulement l'énergie (carbonée) très bon marché dont jouit déjà le plus grand pollueur du monde ne va pas l'inciter à contrôler sérieusement sa demande, mais elle va accroître le différentiel de compétitivité avec la Vieille Europe. Qui n'en aura que plus de mal à investir pour réduire aussi bien ses émissions de CO2 que sa facture énergétique. [...]

Excitation rafraîchissante...

A très haute altitude, vers 100 kilomètres [base de la thermosphère], la concentration en gaz carbonique grimpe deux fois plus vite que le prévoient les modèles [...]. Un phénomène non explicable par les seuls rejets des fusées, soulignent les chercheurs. Cela prouverait donc que les émissions de carbone liées aux activités humaines ont une influence jusqu'aux portes de l'espace.
L'Express, 11/2012, p. 35.
[...] Et cela a une conséquence : nous avons sous-estimé le refroidissement de la thermosphère. [...] L'effet dominant du CO2 à haute altitude est la collision avec des molécules d'oxygène : elles s'excitent, émettent un rayonnement vers l'espace, et donc, refroidissent localement.
John EMMERT (Naval Research Laboratory of Washington), Science & Vie, 02/2013, p. 24.

Tricycle...

Le paramètre primordial en climatologie est l’énergie disponible à la surface de la Terre. Elle se résume au rayonnement électromagnétique du Soleil : de la lumière visible principalement, mais aussi des ultra-violets, des infrarouges, etc. Sans Soleil, pas d’énergie, donc pas de chaleur, et la Terre se retrouverait entièrement glacée en quelques années seulement.
La quantité d’énergie reçue de notre étoile varie dans le temps car la Terre n'est pas immobile, figée dans l'espace : elle tourne autour du Soleil et son axe de rotation (l'axe reliant les pôles) s'incline plus ou moins dans le temps tout en décrivant un cône (voir explication plus bas...).
L'évolution historique de ces trois mouvements est représentée par les cycles dits "de Milankovitch", du nom de leur découvreur.

Excentricité...
Le premier, dit cycle de l’excentricité, est dû à la forme plus ou moins étirée de l’ellipse (un ovale) que décrit la Terre autour du Soleil. Le Soleil n'est jamais au centre de l'ellipse mais toujours "décalé" sur l'un des foyers de l'ellipse. C'est ainsi qu'il y a un point (et un seul) sur cette trajectoire, où la Terre est au plus proche du Soleil (appelé la périhélie), et un point où elle en est au plus loin (l'aphélie)...


L'excentricité varie d’une valeur nulle, cercle presque parfait, à une valeur plus élevée, cercle légèrement elliptique, tous les 100 000 ans avec un maximum (de 7 %... pour les curieux) tous les 400 000 ans.
Cette variation a pour conséquences théoriques que lorsque l'excentricité est élevée (quand le cercle est le plus étiré), les effets des phénomènes d'obliquité et de précession sur le climat sont accentués...


Notez que sur ces illustrations, la forme de l'ellipse est très exagérée. Elle est dans la réalité si proche d'un cercle, que la différence ne se verrait pas à l'oeil nu si on la représentait rigoureusement.

Obliquité...
Le second cycle, dit de l’obliquité, est dû à la variation de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport à la perpendiculaire au plan de l'écliptique (trait blanc sur l'image ci-dessous). Il oscille entre 22° et 24° environ, tous les 40 000 ans...


Ce phénomène a pour conséquence théorique que les contrastes saisonniers s'accroissent avec l'obliquité. Par exemple, plus l'hémisphère nord "penche" (s'approche des 24,5°), plus les journées sont longues (et donc chaudes) en saison printemps-été, et courtes (et donc froides) en automne-hiver.

Précession...
Le troisième cycle, dit de précession des équinoxes, est dû au cône que décrit l’axe de rotation de la Terre autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique. On peut observer le même phénomène avec une toupie. Cette rotation effectue un tour complet tous les 21 000 ans environ...


Ci-dessous, une illustration des conséquences de ce phénomène : comme son nom le suggère, les équinoxes (les saisons, en somme) se décalent année après année. En un peu plus de 20 000 ans, elles font un tour complet sur l’écliptique. Par exemple, actuellement, au moment du premier jour de l'hiver (le solstice d'hiver, le 21 décembre dans l'hémisphère nord), la Terre est presque au plus près du Soleil.
Cela implique donc, en théorie, des hivers dans l'hémisphère nord plus doux (car la Terre est plus proche du Soleil à cet instant), et plus brefs (car près de la périhélie, un satellite, la Terre en l'occurrence, se déplace plus vite que près de l'aphélie)...




Aujourd'hui, l’excentricité faible (1,7 %), devrait encore décroître pendant environ 20 000 ans. Cette diminution du rayon moyen de l’orbite terrestre favorise théoriquement une hausse de la température moyenne du globe.
La valeur de précession actuelle situe la Terre au plus proche du Soleil au début du mois de janvier. Comme évoqué précédemment, ceci a deux conséquences théoriques : la saison froide (hiver-automne) dans l’hémisphère nord a tendance à être plutôt douce et légèrement plus courte que la saison chaude (dans l’hémisphère sud, c'est donc l'été qui est légèrement plus court mais qui a tendance à être plus chaud).

De l'avis de Milankovitch, la distance de la Terre au Soleil aurait moins d'importance que la durée des saisons : par exemple, le fait que la saison chaude soit plus brève que la saison froide, limiterait la fonte des glaces polaires pendant l'été et favoriserait ainsi un climat plutôt froid.
Notons que c'est exactement ce qui se passe actuellement, l'Arctique tend à se réduire fortement alors que l'Antarctique se maintient, même si ce n'est peut-être qu'un hasard, tant de nombreux autres facteurs entrent en jeu (émissions de CO2 d'origine anthropique, activité solaire, effets de rétroaction divers et variés, etc.).

L’obliquité actuelle est proche de 23° et devrait encore décroître pendant 10 000 ans. En conséquence, les contrastes saisonniers devraient théoriquement s’atténuer.

Enfin, la décennie 2010 devrait voir l’activité solaire s’accroître. Le rayonnement cosmique diminuant, on devrait observer une moindre couverture nuageuse et une tendance à la hausse des températures.

Une histoire complète du climat terrestre depuis la naissance du globe >>

Un site bien laid mais avec quelques animations qui aident à mieux comprendre ces cycles de Milankovitch >>

Et pour finir, un article complet d'Olivier Berruyer sur le sujet, pour ceux qui en redemandent >>

Cul bordé de nouilles...

Les prévisions d'augmentation de la température en 2050 tournent autour de 1,5 °C. Ainsi, un rapport de Statnett (la société responsable du réseau de distribution haute tension norvégien), qui constate en 2011 une économie de chauffage de 2 térawattheures, estime que celle-ci pourrait être supérieure à 7 térawattheures au milieu du siècle.
Le Nouvel Observateur, 11/2012, p. 26.

Ponctualité...

[...] Cet été, [...] dès la mi-juillet, soit plus d'un mois avant la fin de la saison chaude, 97 % de la surface de la calotte glaciaire du Groenland avait subi une fonte, même partielle. 
[...] "Les carottes glaciaires réalisées à Summit Station [station de recherche située au centre de l'inlandsis] montrent que ce genre de phénomène se produit une fois tous les 150 ans en moyenne. Le précédent épisode datait de 1889." [...], a expliqué le glaciologue Loroa Koening.
Science & Vie, 10/2012, p. 34.

Bio polluant ?

L'élevage intensif, paradoxalement, a un super bilan carbone, vous émettez beaucoup moins de carbone en élevant des animaux au grain. Dans l'imaginaire collectif, pourtant, ce sont les animaux élevés à l'herbe qui représentent un élevage vertueux.
Eric LAPASSIN, France Inter, Le téléphone sonne, 09/07/2012.

Acide océanique...

L'acidité des océans a augmenté de 30 % depuis les débuts de l'ère industrielle en raison de l'absorption de CO2.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 63.

Le ciel nous tombe bien sur la tête...

Au cours de la décennie 2000-2010, l'altitude moyenne des nuages a diminué d'une quarantaine de mètres. Cette étonnante observation [...] s'expliquerait par une raréfaction des nuages de haute altitude
[...] Encore mal compris, ce phénomène pourrait découler du réchauffement climatique
[...] Si les changements climatiques sont à l'origine de cet affaissement du couvert nuageux, celui-ci ne serait, en retour, pas sans conséquences sur le climat. En effet, plus l'altitude d'un nuage est faible, plus sa température est élevée et plus il évacue d'énergie vers l'espace. L'abaissement de l'altitude vient donc s'opposer au réchauffement climatique.
Science & Vie, 05/2012, p. 28.

Le mythe Eve...

Où l'on essaie d'en savoir un peu plus sur ces moments de la préhistoire où l'humanité est passée tout près de l'extinction...
Les études génétiques modernes ont montré qu'il y a eu une diminution des populations humaines il y a environ 75 000 ans, ce qui correspond sensiblement au moment de l'éruption du Toba. Notre nombre est tombé à seulement quelques milliers d'individus. [...] L'espèce humaine a frisé l'extinction totale. Michael RAMPINO (Université de New York).
Arte, Les derniers jours de l'homme - 10 scénarios pour la fin du monde, 21/12/2012.

[...] De nouvelles données ont contraint à revoir à la baisse l'impact [de "goulots d'étranglement"] : si Homo sapiens a bien connu des hauts et des bas démographiques, ce ne fut à priori jamais au point d'engager le pronostic vital de notre espèce. 
[...] Le premier de ces goulots se serait produit il y a plus de 150 000 ans, à l'aube même de la naissance d' Homo sapiens. [...] Seule une petite partie de la population aurait résisté à la crise [sévère période de glaciation], et c'est cette poignée d'hommes et de femmes qui seraient les parents des quelque 7 milliards d'humains actuels. L'ennui, c'est que si ce refroidissement est attesté, la diminution drastique de notre population, elle, ne l'est plus. 
[...] Les dernières études montrent que nous n'avons pas besoin de goulots d'étranglement pour expliquer notre faible diversité génétique actuelle, fait remarquer Evelyne Heyer, professeur au Muséum national d'histoire naturelle. L'émergence récente de notre espèce y suffit amplement. Quant à la datation de l'Eve africaine, elle n'implique pas l'existence d'une mère unique à cette époque mais montre seulement qu'une femme a eu plus de descendants que les autres et que les lignées maternelles actuelles proviennent essentiellement d'elle. 
[... Selon Michaël Blum, qui a cherché en vain à tester le scénario du goulot d'étranglement,] si un goulot d'étranglement important était survenu entre -140 000 et -200 000, nous en trouverions le signal dans les mutations de nos génomes.
Science & vie, 06/2012, p. 131. 

Froid, chaud, froid dans chaud et chaud dans froid...

Voici une courbe de température sur une année, en l'occurrence en France en 2008. Rien que de très normal : il fait plus froid en hiver qu'en été...
MeteoFrance.com (consulté le 27/12/2011).

L'évolution de la température sur une année ne surprend personne. Sur un siècle non plus ; nous savons tous désormais que le climat s'est réchauffé depuis le début du siècle dernier. Mais derrière ces évidences se cachent d'étonnantes variations naturelles dont les va-et-vient passés permettent d'analyser les évolutions récentes de manière plus rationnelle, mais aussi d'envisager le climat futur à très long terme...

Observons à présent la courbe d'évolution de la moyenne des températures de surface (au niveau du sol ou de la mer) mesurées entre 2000 et 2010. En rouge le laps de temps du graphique précédent (un an).
Depuis 10 ans, la température moyenne terrestre est à peu près stable sinon en légère hausse, ou en légère baisse pour certains, c'est selon les affinités de chacun (le hasard veut que le jour-même où je termine ce post, les médias annoncent que l'année 2011 est la plus chaude de la décennie)...
The Single Colony (consulté le 27/12/2011).

Voici à présent la courbe d'évolution de la température moyenne depuis 1880. Ici encore, en rouge, les 10 ans écoulés sur le graphique précédent. C'est la courbe sur laquelle s'appuient les scientifiques pour illustrer le réchauffement climatique en cours depuis un siècle. Depuis 1880, la température moyenne du globe a augmenté d'environ 0,8 °C...
NASA.gov (consulté le 26/12/2011).

C'est au graphique précédent que s'arrêtent les mesures directes de température. Les températures antérieures à 1880 ne sont plus mesurées mais estimées, déduites à partir, par exemple, de rapports isotopiques dans des bulles d'air prises dans les glaces, ou dans des sédiments marins. 
Voyons donc la courbe de température des derniers 2 000 ans. En rouge, le XXe siècle du graphique précédent. Le graphique laisse en effet entrevoir le petit âge glaciaire, et l'optimum médiéval. Le premier est souvent évoqué pour son climat assez rigoureux centré sur le XVIIIe siècle (Seine parfois gelée l'hiver, glacier alpins très étendus dans les vallées, etc.). Le second souligne au contraire une période au climat plutôt chaud centrée sur le XIIe siècle. Pour la majorité des études dont sont issues les courbes suivantes, la température actuelle semble voisine de celle de l'optimum médiéval...
RealClimate.org (consulté le 27/12/2011).

Regardons maintenant les températures estimées sur les derniers 12 000 ans ! En rouge le temps écoulé sur le graphique précédent. 10 000 ans, c'est le début de notre période interglaciaire. Car comme nous le verrons dans le graphique qui suivra, nous sommes en ce moment dans une période au climat doux au milieu d'une plus vaste période (on peut alors parler d'un ère) glaciaire... Effectivement, depuis - 10 000 ans, la température a semble-t-il explosée de 6°C ...
Voici maintenant le graphique des 100 000 ans écoulés. Sur cette période, nous coexistions encore (et copulions apparemment...) avec des hommes de Néanderthal. Comme toujours, en rouge, les 12 000 ans du graphique qui précède. On peut effectivement observer que le climat s'est réchauffé de 5°C environ après une longue période de froid...
Le violent coup de froid visible entre -12 500 et -10 500 est appelé Younger Dryas et semble corrélé à un impact d'astéroïde au Mexique daté de 12 900 ans.
L'explosion du super-volcan Toba en -73 000, se superpose aussi très bien avec un refroidissement brutal et particulièrement intense.
C.H. (2012), Science & Vie, N° 1136, p. 27.



Ce bouleversement climatique, imputé à l'éruption du Toba, aurait été tout près de provoquer la disparition de l'espèce humaine >>

Mais voyons à présent l'évolution de la température sur les 400 000 ans passés. Notre espèce est apparue au cours de cette période. On observe la succession des périodes glaciaires et des périodes interglaciaires, plus brèves, si bien qu'elles sont parfois qualifiées de pic interglaciaire. Toujours est-il que la température moyenne semble constante depuis 400 000 ans, mais avec de longues périodes de froid intense, entrecoupées de brèves périodes d'adoucissement, comme celle que nous vivons aujourd'hui.

Ces alternances régulières s'expliquent en grande partie par les cycles astronomiques découverts par Milutin Milankovitch >>
Nous approchons de la fin (ou plutôt du début) avec ce graphique des 3 derniers millions d'années écoulés. On observe ici, le très lent refroidissement qui s'opère depuis quelques millions d'années (15 millions environ dans l'hémisphère Nord, une cinquantaine dans l'hémisphère sud)...
Le graphique suivant illustre clairement cette plongée de 50 millions d'années dans l'ère glaciaire actuelle.
Enfin, ce dernier graphique, très spéculatif mais admis par la communauté des spécialistes nous projette sur toute l'histoire de la Terre, soit à peu près 4,7 milliards d'années. Il a fait très chaud à l'âge d'or des dinosaures (Jurassique et Crétacé). Il a semble-t-il fait plus souvent plus chaud qu'aujourd'hui. Mais il a eu fait beaucoup plus froid encore, à tel point que des scientifiques pensent que la Terre a été intégralement recouverte de glaces au moment "N"...
A l'aune de ces variations climatiques passées, nous pouvons à présent jouer à imaginer son évolution naturelle future (sans notre influence éventuelle sur le climat, ce n'est pas le sujet ici).
  1. A l'échelle des plus grands cycles climatiques, ceux de plus de 50 millions d'années, la projection est la plus incertaine de toutes. A l'observation du dernier graphique, on peut à la rigueur présager qu'une période de grand froid d'ici quelques dizaines de millions d'années serait logique. Mais, ne nous en déplaise, ces échelles de temps sont bien trop grandes pour nous concerner...
  2. A l'échelle des cycles glaciaire-interglaciaire, ceux de l'ordre de la centaine de milliers d'années, si les oscillations passées se poursuivent au même rythme, le climat doux actuel devrait cesser dès à présent et se refroidir inexorablement les 5 000 à 10 000 ans qui viennent.
  3. Enfin, aux petites échelles de temps de l'ordre de quelques centaines d'années, la tendance depuis la sortie du petit âge glaciaire pourrait se prolonger via un réchauffement pendant encore un ou deux siècles, avant de laisser place à un nouveau refroidissement progressif...

Nouveau voyage au centre de la Terre - Vincent Courtillot

Vincent Courtillot partage ses connaissances et sa passion de la Terre, émet des doutes sur l'origine anthropique du réchauffement climatique et défend la théorie des extinctions massives par les "super-volcans", selon lui bien plus destructeurs que les astéroïdes...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
  1. Des études [...] montrent qu'à l'échelle des dernières glaciations, ce sont les variations de température qui précèdent, d'un millénaire environ, celles de teneur en CO2Page 24.
  2. L'ère Tertiaire, depuis 60 millions d'années environ [jusqu'à nos jours], c'est "la marche vers le froid". Page 26.
  3. Le refroidissement relatif des années 1940 à 1970 est attribué par certains à la pollution résultant de la reprise industrielle après le Seconde Guerre mondialePage 41.
  4. La glace qui s'était accumulée sur le nord de l'Europe entre -100 000 et -20 000 ans pesait sur la croûte [terrestre] qui s'est lentement mais sûrement enfoncée dans le manteau. Depuis la fonte de ces glaces, il y a environ 18 000 ans, la charge a été supprimée et la croûte remonte (on dit qu'elle "rebondit") [de l'ordre du centimètre par an]. Page 135.
  5. Un bref évènement d'échange inertiel [se serait] produit en 15 millions d'années ou même moins au début du Cambrien, avec des vitesses de dérive de plus de 60 centimètres par an ! Le fait que cette période coïncide avec la grand développement de la vie sur Terre [...] est évidemment fascinant. Page 175.
  6. L'idée de Wilson est que se déroule en 300 ou 400 millions d'années un cycle répétitif qui va de l'agrégation d'un unique super-continent à sa désagrégation, à la dispersion des plaques puis à leur collage en un nouvel assemblage unique. Page 175.
  7. Les quatre dernières plus grandes extinctions en masse sont donc toutes associées temporellement à un trap [épanchement de lave]. Page 234.
  8. L'éruption du Laki [en Islande] a émis entre juin 1783 et février 1784, 15 kilomètres cubes de lave sur 565 kilomètres carrés (ainsi que 250 mégatonnes de gaz sulfureux [...] et 1 100 mégatonnes de cendres et de téphras, fragments de lave solide [...]). Page 246.
  9. A Sumatra, l'éruption du Toba il y a 74 000 ans a émis 2 800 kilomètres cubes de lave et de cendres, ce qui en fait [l'éruption] la plus considérable des derniers 100 000 ans sur Terre [avec un] refroidissement estimé entre 5 et 15 °C. Page 253.
  10. Le niveau des mers (en dehors des périodes où existent et fluctuent des calottes glaciaires, périodes rares dans l'histoire géologique) est principalement gouverné par l'activité interne du globe. Quand s'accélère la production de croûte océanique aux dorsales océaniques, celles-ci sont plus chaudes, moins profondes, et elles occupent un volume plus important au sein des océans, dont le niveau monte alors (transgression). Page 280.
Vincent COURTILLOT (2009), Nouveau voyage au centre de la Terre, Odile Jacob.

Les climats passés de la Terre - Société géologique de France

Où l'on prend quelques leçons sur le système climatique et sa complexité légendaire...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
  1. [Le soleil] nous apporte 340 W/m² de sol moyen quand le dégagement géothermique ne représente que 0,09 W/m². Cependant, la Terre renvoie dans l'espace 30 % de l'énergie solaire, en particulier par ses surfaces blanches, comme le sommet de certains nuages ou encore les glaces. L'albédo, qui exprime ce pouvoir réflecteur, fait que seul 70 % de l'énergie incidente parvient à chauffer le sol terrestre, la végétation, l'océan. La surface de la planète, ainsi chauffée, émet un rayonnement infrarouge (IR). Page 10.
  2. La vapeur d'eau est le gaz qui produit la plus grande part de l'effet de serre (> 50 %). Page 11.
  3. On arrondit souvent à 900-550 Ma l'épisode très médiatique de la snow-ball, où la Terre aurait connu un englacement total. [...]. Page 21.
  4. Le bord des feuilles tend à devenir plus lisse lorsqu'il fait chaud. Page 27.
  5. Le climat semble être resté globalement chaud durant le Mésozoïque [ère secondaire], avec une teneur en CO2 qui atteint cinq fois la valeur préindustrielle [...]. Aucun continent ne s'étend sur les pôles et il n'y a pas de glace polaire pérenne. Le volume [des rides océaniques] et l'absence de calotte polaire portent l'océan à 250 m au-dessus de son niveau actuel. Page 31.
  6. La quantité de neige qui s'accumule aux pôles est lié directement à la température de l'air. Plus il fait chaud, plus il neige (noter qu'au centre de l'Antarctique, il ne se forme que 2 cm de neige par an). Page 41.
  7. On fait appel [...] à ce phénomène pour prédire un refroidissement temporaire de l'Europe dans le cadre du futur réchauffement global [le Gulf Stream se détournant de l'Europe à la latitude de l'Espagne]. Page 49. 
  8. Le volcanisme n'apporte à l'atmosphère que 0,03 % des émissions humaines. Page 53.
  9. Comme le champs magnétique solaire protège la Terre des rayons cosmiques, et comme ces derniers pourraient créer des noyaux de condensation, donc des nuages, en frappant les particules de l'atmosphère, certains chercheurs ont voulu vérifier que "Moins le soleil est actif, plus dense serait la couverture nuageuse". Page 56.
  10. L'Amazone comptabilise à lui seul 17 % des apports d'eau annuels aux océans. Page 109.
Les climats passés de la Terre. Société géologique de France, Vuibert, 2007.

Changer le monde. Tout un programme ! - Jean-Marc Jancovici

Jean-Marc Jancovici nous parle du coût des énergies, fossiles, nucléaires, renouvelables, humaines, et de leur rapport étroit avec la bonne marche, ou pas, de l'économie...

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
1. Pour tout travail mécanique, cela coûte 1 000 à 10 000 fois moins cher, et parfois même 100 000 fois moins cher, d'utiliser un moteur que de recourir à du travail humain payé avec des salaires occidentaux. Page 17. 
2. Le mode de vie futur va dépendre bien davantage de la disponibilité de l'énergie par personne que de la nature des régimes politiques (du moins tant qu'il n'y a pas de lien direct entre les deux !). Page 22. 
3. Le produit alimentaire lui-même, aura coûté moins de 10 % du ticket de caisse [90 % du prix d'un produit est le coût de l'emballage, du transport, de la construction du supermarché, des salaires, des dividendes des actionnaires, etc.]. Page 25. 
Klaus Wiegandt souligne d'ailleurs qu'un véritable (et très profitable) changement ne pourrait s'opérer que si l'énergie coûtait son juste prix >>
4. C'est en 1952 seulement que la voiture a détrôné la marche à pied comme mode de déplacement dominant dans le kilométrage quotidien effectué par les français. Page 30. 
5. Sur la seule période qui va des années 1970 à aujourd'hui, la surface habitable moyenne par personne est passée de 25 à 45 m². […] Construire 1 m² de logement standard conduit à émettre dans l'atmosphère environ 300 kg de CO2 autant que pour parcourir 1 500 km en voiture. Page 35. 
6. Ce que nous appelons « création de richesses » n'est en fait qu'une transformation de ressources naturellesPage 37. 
7. Au vu de ces chiffres [il faudrait au moins 1 000 hommes pour effectuer le même travail qu'un tracteur de 100 chevaux], on peut se demander si la fin de l'esclavage dans les champs […] ne doit pas plus au pétrole et au gaz qu'à la générosité naturelle des hommes. Page 40. 
8. La quantité de pétrole disponible par Terrien est en diminution depuis 1979. Page 47.
9. Les énergies renouvelables, en particulier électriques, coûtent vingt à cinquante fois plus cher à produire par kWh que les énergies fossiles. Page 130. 
10. Sur le plan macroéconomique, […] baisser les charges est un recyclage 100 % français de l'argent collecté, cela abaisse le coût du travail et donc augmente nos exportations […]. Faire un chèque aux ménages, c'était augmenter leur pouvoir d'achat, et donc leur consommation, pour partie constituée de produits importés […]. Cela n'allait donc profiter que partiellement à l'emploi français, et ne rien changer sur le plan de la compétitivité de l'économie nationale. Page 179.
Jean-Marc JANCOVICI (2011), Changer le monde.Tout un programme ! Calmann-Lévy.

Histoire de la finance - Belze, Speizer

Les 10 phrases clefs qui font réfléchir...
1. Les romains nous ont donné le nom même de monnaie. En effet, ils battirent la monnaie précisément sur le Capitole, dans un atelier près du temple de Juno moneta […]. Page 56. 
2. Les historiens s'accordent à dire que l'une des causes de la chute de l'empire romain fut la pénurie de monnaie métallique qui provoqua une importante récession. Page 67. 
3. On peut soutenir que le Purgatoire a été la réponse catholique à un danger, celui de la maîtrise totale des circuits du crédit par les Juifs. Page 126. 
4. Les sociétés calvinistes (Hollande, Suisse) sont très tôt des sociétés où l'argent coûte moins cher que dans celles où l'usure est interdite. Page 179. 
5. Symboliquement, le nom même de « bourse » provient (ou proviendrait car la certitude n'est pas absolue) de la maison de Van Der Burse, une famille de Bruges […]. Le terme préexiste à l'apparition des valeurs mobilières. Page 196. 
6. [La première grande crise : les tulipes] Typiquement, l'acheteur ne possédait pas la liquidité devant être payé à la date de règlement et le vendeur ne possédait pas le bulbe. Aucune des deux parties n'avait l'intention de livrer à la date de règlement. Seul le paiement de la différence entre prix du contrat et prix de livraison était attendu. Il s'agit donc d'un pur mécanisme de marché futuresPage 244. 
Voir cet article pour une description technique du fonctionnement des différents produits dérivés >>
7. La durée de placement moyenne des investisseurs des fonds de pension est passée de 7 ans en 1995 à 7 mois à 2005. Page 351. 
8. Il en résulte à partir de cette époque [1979], un développement spectaculaire des contrats sur instruments financiers qui sont des produits destinés à se couvrir non seulement des risques de taux et des risques de change mais aussi à se prémunir contre des fluctuations boursières. Le succès des contrats sur instruments financiers est tel qu'aujourd'hui la part des marchandises dans les activités des marchés à terme n'est plus que de 30 % contre 70 % pour les contrats financiers alors qu'en 1970 les marchandises étaient les seuls produits négociés. Page 433. 
9. L'origine des instruments dérivés climatiques réside dans la constatation que près de 50 % de l'activité économique sont affectés à des degrés divers par les conditions climatiques. Le département du commerce des États-Unis estimait qu'en 1997, 22 % des 9 000 milliards de dollars du PIB américain étaient directement sensible à la météo. […] C'est tout d'abord le CME (Chicago Mercantile Exchange) : on y trouve des futures sur indices de températures pour les Etats-unis depuis 1999 et pour l'Europe depuis octobre 2003. Page 435. 
10. En filigrane, plusieurs éléments ont été évoqués pouvant de fait être dommageables à l'économie : il s'agit notamment de la recherche de la liquidité qui est la préoccupation majeure des opérateurs. Elle les conduit à privilégier les positions réversibles et le rendement à court terme dans la composition des portefeuilles. Ainsi, les publications de comptes mensuels ou trimestriels des entreprises, peut-être nécessaires pour une bonne gestion interne, servent plus exactement à nourrir le marché financier d'informations livrées toujours plus rapidement pour réajuster les positions, maximiser chaque jour, chaque heure, chaque minute une position optimale d'ajustement du risque et la rentabilité. Hors ces comptes trimestriels n'assurent aucune cohérence avec la réalité et la temporalité de l'économie d'une entreprise et de l'économie toute entière. Une entreprise se juge sur le moyen et le long terme, non sur un trimestre. Page 511.
Loïc BELZE et Philippe SPEISER (2007), Histoire de la finance. Vuibert.