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Carcan médiéval...

L'économie comme discipline a émergé à une époque où la société anglaise finissait de s'émanciper du carcan féodal pour se diriger vers une économie capitaliste et mercantile. [...] Les marchands étaient sans cesse confrontés à des contrôles étatiques et à des barrières douanières. [...] La théorie économique, alors appelée à juste titre "économie politique", a constitué pour les marchands un appui idéologique crucial. 
L'ordre n'avait pas besoin d'être assuré par le gouvernement, au contraire, il devait surgir de lui-même, dans un système de marché dans lequel chaque individu poursuivait son propre intérêt
[...] Plus important encore : alors que l'ordre féodal n'assurait que la prospérité des bien nés, l'équilibre des marchés aurait garanti le plus grand bien-être possible pour tous les membres de la société. [...] Une personne jouirait d'un style de vie selon son mérite plutôt qu'en fonction de sa naissance.
Steve KEEN, L'imposture économique, Les Editions de l'Atelier, Page 209.

Famille anti-libérale...

[...] Autant l'individualisme libéral devait triompher tant qu'il se contentait de dissoudre ces structures intermédiaires qu'étaient les patries, les corporations et les castes, autant, lorsqu'il s'attaquait à cette structure ultime qu'est la famille, et donc à la démographie, il signait son échec final ; alors venait logiquement le temps de l'Islam.
Michel HOUELLEBECQ, Soumission, Flammarion, 2015, Page 271.

Panne selon Jan Vijg...

[...] Pour Jan VIJG (généticien moléculaire de renom), notre période est marquée par une panne de l'innovation pour trois raisons...
Réglementation...
[...] Une demande de normes réglementaires croissantes pour nous protéger de nouveaux risques.
Arrivisme...
[...] Un esprit entrepreneurial qui favorise l'enrichissement de court terme par la production de gadgets ou l'amélioration de l'existant, plutôt que la recherche de nouvelles frontières.
Libéralisme...
[...] Le secteur privé se lance rarement dans des innovations majeures : de l'énergie nucléaire au GPS, en passant par internet, ce sont les puissances publiques qui ont été à l'origine des grandes innovations récentes : "La raison principale était la crainte de conflits internationaux. Les Etats voulaient être certains de disposer des meilleures technologies possibles"
Christian CHAVAGNEUX, Alterntives Economiques, 09/2014, p. 60. 

Faux-ami ?

[...] Les habitants des pays pauvres, en moyenne, vivent évidemment mieux maintenant qu'il y a trente ans, c'est indéniable. Mais il ne faut pas surestimer les effets, ni les attribuer systématiquement à la mondialisation, ils progressent car ils se développent vite, partant de très bas, comme nous l'avons fait nous-même, sans mondialisation. 
[...] D'ailleurs, les quelques pays d'Asie, à commencer par la Chine, qui tirent pleinement leur épingle du jeu de la mondialisation sont essentiellement ceux qui, au contraire de l'Amérique du Sud ou de l'Afrique, n'ont jamais appliqué les recettes intégristes de la vulgate financiariste et ont protégé leur économie. 
[...] Car le problème est que cette forme de mondialisation [ultralibérale] a poussé ces pays à tourner leurs économies vers l'exportation, plutôt que vers le développement de leur demande intérieure, les fragilisant en cas de crise, et les enfermant dans un modèle de développement non durable [...].
Olivier BERRUYER, Les faits sont têtus, Les arènes, 2013, p. 138.

Trente perdantes...

Des années 1950 aux années 1970, les pays anglo-saxons ont été rapidement rattrapés par les pays qui avaient perdu la guerre. A la fin des années 1970, les couvertures de magazine se multiplient aux Etats-Unis pour dénoncer le déclin américain et les succès des industries allemandes et japonaises. Au Royaume-Uni, le PIB par habitant tombe au-dessous des niveaux de l'Allemagne, de la France et du Japon, voire de l'Italie. Il n'est pas interdit de penser que ce sentiment de rattrapage, voire de dépassement, dans le cas britannique, a joué un rôle majeur dans l'émergence de la "révolution conservatrice". Thatcher au Royaume-Uni, puis Reagan aux Etats-Unis promettent de remettre en cause ce Welfare State qui a ramolli les entrepreneurs anglo-saxons, qui permettrait au Royaume-uni et aux Etats-Unis de reprendre le dessus.
Thomas PIKETTYLe capital au XXIe siècle, Seuil, 2013, page 158.

Collectivisation latente...

[...] On se trompe [...] quand on assimile nos économies monétaires à des économies purement marchandes, en associant du coup le combat en faveur de la décroissance à la lutte contre la "marchandisation du monde" : les économies développées se caractérisent en effet par une hausse tendancielle de la part des richesses qui échappe à une logique purement marchande et privée, via les fameuses "dépenses publiques".
Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, Hors-Série n° 97, p. 71.

La part du gâteau...

Sous la surface de la répartition de la valeur ajoutée entre salaires et dividendes...
7. [...] Alors que dans les années 1970, les entreprises consacraient deux fois plus d'argent à leurs investissements nets qu'à la rémunération des propriétaires de leur capital, cette proportion est inversée aujourd'hui. Alternatives Economiques, 06/2012, p. 6.
6. [Entre début 2008 et le second semestre 2012, dans les sociétés non financières,] le poids des intérêts versés aux banquiers a baissé de 2 % à 1 % de la valeur ajoutée  [...] Le pourcentage des dividendes versés aux actionnaires [...] est passé de 8 % à 8,9 % (de la valeur ajoutée).  Alternatives Economiques, 12/2012, p. 74.
5.[Deux chercheurs, Christopher Lantenois et Benjamin Coriat] ont observé [sur un panel de firmes françaises et allemandes sur la période 1997-2007], une hausse de la distribution des profits aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachat d'actions, ainsi qu'un recentrage sur un nombre restreint d'activités. » Alternatives Economiques, date inconnue, p. 49. 
4. Au cours des cinq dernières années, la part qui a été donné en rémunération du capital, les dividendes, ça a augmenté de 27 %. La masse salariale [...] n'a augmenté que de 12 %. Maintenant si vous regardez sur 30 ans, [...] la part prise par le capital c'était 3 % de la richesse, aujourd'hui, c'est 9 %. Jean-Luc MELENCHON, France 3, 12/13, 11/11/2012. 
3. Sur a période 2006-2010, la valeur ajoutée des entreprises a augmenté de 7,5 % en termes nominaux, ce qui représente un volume de 74 milliards d'euros. L'essentiel de cette progression, 82 % exactement, [...] est allé aux salariés sous forme de salaires, de cotisations sociales ou d'impôts sur les salaires ! Ainsi, la part de la valeur ajoutée consacrée au travail, directement ou indirectement, est passée de 66,9 % à 67,9 % sur cette période. Le revenu disponible ajusté des ménages a crû de 5,8 % en termes réels sur la période 2006-2010, grâce notamment a une progression des prestations sociales de 10,1 %, tandis que les salaires nets augmentaient de 3,6 %. Denis KESSLER, Challenges, n° 261, p 34.
2. Les chiffres de l'OCDE, montrent que dans tous les pays depuis 30 ans, ce qui va au salaire par rapport à ce qui va aux dividendes [...], est à un plus bas historique, est passé de 67 % du PIB [...] à 57 % il y a cinq ans quand la crise a éclaté. Pierre LARROUTUROU, France Inter, 3D le journal, 15/04/2012.
1. Sur très longue période, le partage de la valeur ajoutée est en général stable, autour de deux tiers pour les salaires et un tiers pour les profits [...]. Les chocs pétroliers des années 1970 entraînent une nette diminution du taux de marge [la part de la valeur ajoutée qui rémunère les apporteurs de capitaux]. L'endettement des entreprises [...] atteint alors ses limites et montre qu'il n'est pas soutenable [...]. [En France], les salaires seraient plus élevés de 5 % environ si le partage était resté stable [depuis les années 1960]. Alternatives Economiques, n° 307, p. 82.

Sacrificiel...

Paul Krugman a eu cette comparaison que je trouve tout à fait audacieuse mais juste. Il dit [que] les programmes d'austérité actuelle sont l'équivalent des sacrifices humains chez les Mayas. Là où face au dieu Soleil courroucé on donnait des jeunes gens pour l'amadouer, [...] on a ces dieux courroucés que sont les marchés financiers, on fait des programmes d'austérité qui non seulement ne marchent pas, mais produisent des effets inverses, mais au lieu d'en tirer les conséquences, [nous considérons que] c'est parce que nous n'avons pas été assez loin dans l'austérité et la régression sociale. C'est un processus de croyance qu'il faut identifier comme tel.
Patrick VIVERET, Cause commune, tu m'intéresses. France Inter, 02/06/2013.

Indécis...

[...] Le plus inquiétant, c'est même pas de sortir du nucléaire, parce que le nucléaire, [de fait], on en sort tout doucement parce qu'on n'a rien décidé.
[...] Les gouvernants ont décidé, en bon gouvernants actuels, de ne rien décider, c'est-à-dire de tout confier aux marchés. Alors qu'on sait très bien à quel point le marché est efficient pour, évidemment, baisser le prix de l'énergie qui n'a jamais cessé d'augmenter depuis que le marché, en particulier de l'électricité, a été libéralisé. On sait très bien que cette libéralisation a asséché les comptes d'EDF qui, plutôt que d'investir dans l'entretien des centrales nucléaires, a été incitée à acheter des centrales à droite à gauche, ce qui a plombé ses comptes. Et puis le marché du carbone, on sait à quel point il est efficace. Ça a rapporté des milliards aux fraudeurs [récupération frauduleuse de TVA], ça a coûté 1,5 milliards sans doute, à l'État français ; y'a toujours pas de procès d'ailleurs... 
[...] En tenant compte des 40 ans [durée de vie des réacteurs dont il est question], il y'aura [...] 22 réacteurs de 900 MWh chacun qui vont devoir fermer. 2020, c'est dans sept ans. 22 réacteurs de 900 MWh, ça fait 20 GWh en moins. On va les remplacer par quoi ? Ce qu'il y a de terrifiant dans le problème actuel, c'est que personne n'a décidé de quoi que ce soit. On est un pays qui en douze ans, entre 1979 et 1991 a fabriqué 45 réacteurs nucléaires. 80 % de notre capacité nucléaire a été érigée en douze ans aux frais du contribuable et aux frais de nos factures. Et on s'est endormi sur nos lauriers et aujourd'hui on est incapables de décider quoi que ce soit. La "nucléocratie", si j'ose dire, n'a même pas été dans sa logique qui aurait dû la pousser à continuer régulièrement à fabriquer des réacteurs. [...] On a fait un EPR, mais parce qu'on a perdu du savoir faire, on n'arrive pas à le faire. Y'a même pas de décisions pour remplacer concrètement ces 20 GWh par d'autres sources de production d'énergie. 
Frédéric DENHEZ, France Inter, CO2 mon amour, 25/05/2013.

Fiscalité de Ponzi...

Selon une enquête publiée [...] par l'agence Bloomberg, Chesapeake, numéro deux du gaz naturel aux États-Unis, a réalisé 5,5 milliards de dollars de profits avant impôts en vingt trois années d'existence, mais ne s'est acquitté sur cette période que de 53 millions d'impôts sur les bénéfices. Soit 1 % alors que le taux en vigueur aux États-Unis est théoriquement de 35 %. [...] Les sociétés pétrolières ont [en effet] le droit d'inscrire dans leurs comptes les lourds investissements nécessaires à la réalisation d'un puits dans l'année où l'argent est dépensé, plutôt que d'étaler l'amortissement sur la durée d'exploitation du gisement. Ce qui permet à une société qui multiplie les nouveaux forages de différer sans cesse le paiement de ses taxes
[...] Le patron de Chesapeake a touché au cours de la seule année 2008 deux fois le montant versé par son entreprise au titre de l'impôt sur les sociétés en deux décennies.
Antoine de RAVIGNAN, Alternatives Economiques, 02/2013, p. 45. 

L'exemple Apple...
[...] En 2011, la filiale irlandaise d'Apple (qui centralise les ventes d'iPad, iPhone et d'autres produits) a déclaré 22 milliards de dollars de bénéfices avant impôts et n'a payé que 10 millions d'impôts. [Ainsi] entre 2009 et 2011, 74 milliards de bénéfices avant impôts auraient échappé au fisc américain, rapporte le Financial Times.
Et ce que la défense en dit...
[... Apple] compte [...] insister sur le fait qu'elle a "créé des centaines de milliers d'emplois" et "généré des milliards de dollars de ventes pour les développeurs de logiciels". L'entreprise a contribué à hauteur de 6 milliards de dollars au budget américain en 2012. Elle se dit prête à verser davantage d'argent au Trésor américain si nécessaire. Apple "a d'importantes liquidités à l'étranger car il vend la majorité de ses produits en dehors des Etats-Unis", s'est défendu [Tim Cook] mardi, affirmant qu'il "gère avec attention ses liquidités à l'étranger pour soutenir ses activités internationales dans le meilleur intérêt de ses actionnaires".

Tout roule...

[...] Sur 15 ans, entre 1995 et 2010 [...] non seulement l'inclusion sociale (1) a augmenté dans la plupart des pays [européens], mais ce sont ceux qui étaient au départ les moins bien classés qui ont connu la progression la plus significative, tels que le Portugal, l'Espagne et l'Irlande
Ce n'est donc pas une fuite en avant vers un moins-disant social que l'on observe, mais bien un phénomène de rattrapage. "Cette convergence est sans nul doute étonnante, pointent les auteurs. Il ne se passe pas un jour où la presse ne relate pas de nouvelles concernant les délocalisations d'entreprises, l'afflux d'immigrés clandestins ou illégaux, la présence de plombiers polonais ou de serveurs marocains." Le déclin annoncé n'a pourtant pas eu lieu. Du moins selon les données utilisées dans cette étude, et ce jusqu'en 2010. 
[...] En moyenne, la qualité de la protection sociale européenne ne s'est donc pas détériorée significativement. 
[...] "En dépit de la mondialisation, on n'a pas observé jusqu'à présent de réduction tant dans les dépenses sociales que dans la performance des Etats-providence " [...].
Alternatives Economiques, 12/2012, p. 31.

(1) Processus qui garanti aux personnes en danger de pauvreté et d'exclusion les possibilités et les ressources nécessaires pour participer pleinement à la vie économique, sociale et culturelle, ainsi qu'un niveau de vie et de bien-être considéré comme normal dans leur société, selon la définition qu'en donne la Commission européenne.

Rapace...

James K. Galbraith révélait en 2009, que la droite aux États-Unis a abandonné le libéralisme au profit d'un "socialisme de riches" consistant à parasiter les mécanismes étatiques de protection sociale...
[... Les États-Unis sont] bel et bien un pays post-industriel avancé comme les autres, où le secteur public assure plus de la moitié de l'activité économique. [...] Et [ils sont] particulièrement doués pour déguiser ces interventions de l'État et pour faire participer des institutions parapubliques à l'action. Page 167. 
[...] Après l'accession de Georges W. Bush à la présidence, l'administration est devenue une simple alliance de représentants des secteurs réglementés (les mines, le pétrole, les médias, les produits pharmaceutiques, l'agro-industrie) cherchant à mettre totalement à genoux le système de réglementation. Un autre groupe tout aussi important a rejoint celui-ci, qu'il chevauche en partie : ses membres ne regardaient pas les activités économiques de l'État d'un point de vue idéologique, mais comme de pures occasions de profit privé à une échelle continentale. [...] C'est l'État prédateur. [...] Une coalition qui cherche à prendre le contrôle de l'État, pour empêcher l'intérêt public de s'affirmer, mais aussi pour braconner dans les flux économiques créés par l'intérêt public passé. Page 191. 
[...] Aucune de ces entreprises n'a intérêt à rétrécir l'État, et c'est ce qui les distingue des conservateurs à principes. Sans l'État et ses interventions économiques, elles n'existeraient pas elles-mêmes, et elles ne pourraient pas jouir du pouvoir de marché qu'elles sont parvenues à exercer. Leur raison d'être est plutôt de tirer de l'argent de l'État, tant qu'elles le contrôle. Cela exige le mariage d'une organisation économique et d'une organisation politique, et c'est bien ce que, dans chaque cas, nous constatons dans la pratique. Page 192. 
[...] Dès qu'on a compris l'État prédateur, les principaux champs de bataille de la politique intérieure américaine actuelle se dessinent clairement. [...] On n'y livre pas [...], pour l'essentiel, un combat perpétuel autour de l'enjeu : "Faut-il élargir ou rétrécir le champs d'action de l'État ?" On y postule plutôt que peu à peu, au fil du temps, le rôle de l'État va grandir. [...] La politique est une bataille permanente pour déterminer qui sera admis à bord, et une querelle correspondante sur qui restera dehors et comment, car il y a un profit à faire en étant inclus comme en étant exclus. Page 193. 
[...] De tous côtés, le contrôle du respect des réglementations a été confié à des lobbyistes. De tous côtés, les décisions publiques sont prises par l'agent d'une partie privée pour lui assurer un gain privé. Ce n'est pas un accident, c'est un système. [...] Un échec d'une telle envergure n'est pas dû à l'incompétence. Il est voulu. C'est une indifférence délibéré au problème de la compétence. Dans l'État, nul ne s'en soucie. L'attention des détenteurs du pouvoir se concentre sur d'autres objectifs. Pages 212-214. 
[...] Les économistes de Harvard David Himmelstein et Steffie Woolhandler, [...] évaluent le gaspillage bureaucratique dû au caractère privé de l'assurance maladie à 350 milliards de dollars par an environ. [...] Passer par les assureurs privés rend la couverture universelle hors de prix. Page 194. 

Six pieds sous terre...

Une des raisons pour laquelle la France et l'Allemagne sont particulièrement pauvres, d'une manière générale, en ressources minières, c'est pas parce qu'elles [n'existent] pas, je vous parle en tant que géologue, c'est parce que si les gens trouvent une mine d'or dans leur champs, ils arrêtent tout de suite parce qu'ils ne touchent pas un sous [à cause du code minier en vigueur dans ces pays]. Claude ALLEGRE, France 3, Ce soir ou jamais, 18/09/2012. 
Notre droit au sous-sol contribue au manichéisme de l'opinion. En France, le sous-sol appartient à l'État, et non au propriétaire du sol, sinon, quelques détenteurs fonciers avides de s'enrichir se seraient fait entendre. Aux États-Unis, des centaines de familles ont fait fortune en autorisant le forage sur leurs terrains. Le syndrome du "not in my backyard", tout le monde veut une énergie bon marché, mais personne ne veut d'un forage à sa porte, en est devenu moins virulent. Christine KERDELLANT, L'Express, 11/2012, p. 100.

Efficace...

Le Royaume-Uni avec une politique libérale assumée [...], vient de passer devant la France en tant que cinquième puissance économique mondiale.
BFM, 28/12/2012.

Artillerie lourde...

Les chiffres du lobbying ...
4. [...] Le lobby pharmaceutique est l'un des plus puissants à Washington : 189,1 millions de dollars dépensés en lobbying par les firmes en 2007. Mikkel BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22. 
3. Goldman Sachs et JP Morgan ont dépensé respectivement  8,3 et 12,7 millions de dollars en lobbying auprès des législateurs qui travaillent toujours sur le texte finale de loi Dodd-Franck de juillet 2010. William COHAN, cité par Christine KERDELLANT, L'Express, 11/2012, p. 92. 
2. Depuis 1998, Exxon Mobil a injecté 9,4 millions de dollars dans les campagnes présidentielles et législatives, dont 87 % en faveur du parti républicain, et dépensé 169 millions en campagnes de lobbying à Washington. Coral DAVENPORT (BookForum, 2012), Books, 11/2012, p. 42.
1. Dans les années 1980, le secteur du lobbying [aux États-Unis] pesait 400 millions de dollars par an. Aujourd'hui il pèse dans les quatre milliards. Jacob HACKER, Arte, 740 Park avenue, 29/11/2012.
1.2. D'autres extraits de ce reportage d'Arte sur le lobbying aux États-Unis >>

Fifty-fisty...

En 2010, les 400 américains les plus fortunés possédaient plus d'argent que les 50 % des américains les plus démunis. Soit 150 millions de personnes.
Arte, 740 Park avenue, 29/11/2012.

Réforme de spécialiste...

Sous la surface des réformes menées en Allemagne...
3. [...] Ce ne sont pas tant les réformes de la protection sociale de Gerhard Schröder et Angela Markel qui ont permis à l'Allemagne de regagner en compétitivité-coût que l'absence de bulle immobilièreGuillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 11/2012, p. 8. 
2. Les réformes Schröder sont des réformes que je qualifie souvent de scandaleuses [...] parce que ça revient à baisser le salaire de sa population. Y'a plus d'un siècle qu'on sait que c'est la chose à ne pas faire normalement en régime capitaliste car évidemment, le salaire des travailleurs est le pouvoir d'achat des consommateursOlivier BERRUYERBFM, 12/11/2012. 
1. Les Allemands sont persuadés qu'il y a un lien de cause à effet entre les réformes libérales menées par le chancelier Gerhard Schröder au début des années 2000 et la bonne santé de leur économie jusqu'à présent. [... Mais] l'essor des exportations allemandes [...] est lié avant tout à l'explosion de la demande des pays émergents vis-à-vis d'une industrie spécialisée de longue date dans les créneaux adéquats [machines et voitures haut de gamme]. Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 46.
Ces réformes sont aussi considérées comme un substitut à la dévaluation >>

Il était une fois en Occident...

Où l'on (re-)découvre la chronologie de l'avènement du capitalisme d'après-guerre, dit néolibéral, et quelques autres détails plus ou moins techniques et éclairants...
La croissance très forte des années 1960 va changer la donne : l'expansion fait alors éclater le contrôle des capitaux, jusqu'ici très étroit. [...] La première victime en a été le système international de Bretton Woods, établi en 1944, qui avait fait du dollars, seule devise convertible en or, l'étalon de toutes les monnaies. Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.
Quelques détails techniques dans L'économie pour les nuls...
Dans le système de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une période donnée, varier de + ou - 1 % par rapport au dollars. [...] En tout, on a [donc] une possibilité de variation de 2 %. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple du franc au mark, le risque de change est de 4 % (2 % de baisse totale du franc + 2 % de hausse totale du mark). Michel MUSOLINO, L'Economie pour les nuls, First Editions, p. 147.
 Si on utilise le dollar, le risque est limité à 2 % [...]. Cette raison, avec d'autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux [...]. 
Les banques centrales des différents pays sont tenues d'intervenir sur le marché des changes pour éviter les variations excessives supérieures à 1 % [...]. Concrètement, si le mark [par exemple] monte au-dessus de 1 %, la Bundesbank doit vendre des marks. Si le franc baisse au-delà de 1 %, la Banque de France doit  acheter des francs. Ainsi, l'équilibre entre l'offre et la demande sera rétabli et la parité de la monnaie préservée. [Pour assurer ces opérations sur les marchés] les banques centrales peuvent puiser dans leurs réserves de change constituées par l'accumulation des devises issues d'un commerce extérieur excédentaire [souvent des dollars]. Sinon, elles doivent demander des prêts [...] au FMI [créé à l'occasion des Accords de Bretton Woods]. Michel MUSOLINO, L'Economie pour les nuls, First Editions, p. 147.
Après la dévaluation de la livre en octobre 1967, le dollar commence a être attaqué, d'autant que la guerre du Vietnam alimente l'inflation américaine. Et le 15 août 1971, le coup de force monétaire de Nixon, qui suspend la convertibilité du dollar en or, met un terme au système de Bretton Woods, ouvrant la voie à la grande inflation des années 1970. [...] Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.
Jacques Attali (par exemple), livre une explication qui revient très souvent dans les chronologies sur la fin du système de Bretton Woods... 
Le 15 août 1971, quand le gouvernement de Bonn demande le remboursement de ses dollars en or, les États-Unis, qui ne veulent pas voir disparaître leurs réserves de métal précieux, suspendent la convertibilité du dollar. On en revient ainsi aux changes flottants de l'entre-deux-guerres, auxquels les accords de Bretton Woods étaient censés s'opposer. […] S'en suit une très forte baisse de la devise américaine qui dévalorise les revenus des pays producteurs de pétrole. Ils réagissent par le premier choc pétrolier, en octobre 1973 […]. Jacques ATTALI (2008), La crise, et après ? Fayard, p. 33.
Avant de poursuivre, pourquoi Bonn demande le remboursement de ses dollars en or ?
Ce qui était arrivé aux monnaies européennes à cause de la guerre arrive également aux États-Unis, en pleine paix. La masse de dollars, gonflée par l'essor des échanges et par une demande toujours inassouvie, finit par dépasser allègrement sa couverture en or [le stock d'or dans les coffres de la Federal reserve]. Dans la deuxième moitié des années 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du général de Gaulle, comprennent que la parité or du dollar ne va pas pouvoir être maintenue éternellement. Ils se mettent donc à demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face à une véritable hémorragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour à la parité or de la livre [...], fait basculer le monde dans le cauchemar. Michel MUSOLINO, L'Economie pour les nuls, First Editions, p. 147.
L'accélération de l'inflation expose les déposants à une fonte de leur patrimoine en valeur réelle. Les banques américaines ont donc cherché à contourner le plafond des taux d'intérêts en créant des fonds commun de placement, dont les rémunérations étaient indexées sur des taux de marché, donc libres [...]. Dès le milieu des années 1970, dans le monde anglo-saxon, les ménages ont commencé à fuir les dépôts bancaires pour acheter des parts dans ces fonds communs. [...] Les premières formes de dérégulation ont donc été le fait d'acteurs privés. Le Nouvel ObservateurHors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p 76. 
L'inflation continuant de s'emballer, [...] c'est le triomphe de l'idéologie monétariste, incarnée par Milton Friedman, pour lequel l'action de l'État en matière monétaire doit consister à contrôler la quantité de monnaie, et pas les taux d'intérêt. Michel MUSOLINO, L'économie pour les nuls, First Editions, p. 147.
[...] La vraie rupture en ce sens intervient en 1979, quand le président de la Réserve fédérale américaine, Paul Volker, décide du jour au lendemain de doubler le taux directeur de la Fed. Cette décision a permis de juguler l'inflation, au prix toutefois d'une forte récession durant les années 1980-1982 [...].
Dès lors, [...] les banques centrales [ont, non plus] la fonction de financer les gouvernements, mais uniquement de contrôler l'inflation [...] En conséquence, les dettes publiques, jusqu'alors hors marché, sont placées sous le feu des marchés financiers, sous la forme des obligations d'État, ce qui va provoquer, à terme, du fait de la récession et du recul des recettes fiscales, une explosion de l'endettement public dans tous les pays développés. D'autre part, le recul de l'inflation, tandis que les taux d'intérêt restent encore élevés dans les années 1980, profitent à la Bourse, qui avait globalement baissé entre 1965 et 1982 [...]. Alors se multiplient les investisseurs institutionnels, qui placent l'épargne des ménages sur les marchés. Enfin, cette nouvelle donne financière, va entraîner une transformation radicale du mode de gestion des entreprises. [...] Les entreprises, dont l'objectif prioritaire est désormais de verser des dividendes aux actionnaires, font pression sur les coûts salariaux... On passe d'un modèle partenarial à un modèle actionnarial. Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.
Avec la chute de l'URSS, ce modèle du capitalisme financier, actionnarial [...] est plus triomphant que jamais. C'est le "consensus de Washington", réunissant les chefs de gouvernement occidentaux, les dirigeants du FMI et des banques centrales, qui estiment tous que la dérégulation financière doit être imposée à toutes les économies mondiales, pour leur propre bien.
Dès les années 1990 [...] tandis que les dettes publiques ne cessent de croître, l'afflux considérable de capitaux sur les marchés financiers provoque une intense spéculation. Et les salaires des classes moyennes n'augmentant que très peu en termes réels, du fait de la pression exercée sur le coût du travail au sein des entreprises, le crédit des ménages se développe de manière massive [...].
A partir de 1998, on innove en matière de crédit, en développant les produits dérivés, puis la titrisation du crédit. Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 76.

Culbute...

Entre 1990 et 2007, la part des profits du secteur financier au sein de l'ensemble des profits de l'économie américaine est passée de 10 à 40 % !
Michel AGLIETTA, Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 78.

Minsky vs La crise...

[...] Minsky alerte sur le mode spéculatif du financement [par] l'Etat : renflouer à chaque crise les agents privés par un endettement public croissant sans prendre de mesures plus fondamentales, c'est dévoyer la pensée de Keynes en pratiquant "le socialisme pour les riches". 
[...] L'Etat et sa banque centrale, selon [lui], ne peuvent se contenter du rôle strictement financier de prêt-relais. Ils doivent mettre en place une forte réglementation bancaire et financière et cesser de vouloir réguler le crédit par le seul moyen des taux d'intérêts. Ils doivent favoriser le marché des actions aux dépens des produits de dette. Ils doivent aussi négocier le rachat de dettes illiquides contre un rôle économique actif du secteur public, visant délibérément le plein-emploi, y compris comme employeur direct. [...] Un large secteur public a aussi pour fonction d'absorber les vagues créées par l'instabilité de la sphère privée. Par contraste, Minsky suggère une limitation active de la taille des acteurs privés, pour limiter le développement d'entités trop grosses pour faire faillite, de sorte que le système se régule par de petites faillites régulières, plutôt que par un maelström rare, mais incontrôlable, affectant des entités privées gigantesques.
Le Nouvel observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 11/2012, p. 75.