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Dégazage...

Le réchauffement du Gulf Stream [...], ainsi que les changements dans sa trajectoire depuis 5 000 ans, déstabilisent les vastes stocks d'hydrates de méthane [mélange de gaz et de glace dans les sédiments marins] gisant au large de la côte est des Etats-Unis. 
[...] D'après les calculs [de Matthew Hornbach et Benjamin Phrampus de l'université du Texas], 2,5 milliards de tonnes seraient en train de "dégeler" avec la hausse des températures des fonds marins, menaçant de laisser échapper leur puissant gaz à effet de serre. 
[...] "Le transfer du méthane qui serait libéré de l'océan vers l'atmosphère, donc son impact sur le climat, demeure incertain." reconnaissent les scientifiques.
Science & Vie, 01/2013, p. 22.

Inschistice...

[...] Un nouvel obstacle va se dresser sur la route des économies d'énergie : l'abondance des réserves de gaz et de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Selon le rapport de l'AIE, la production pétrolière américaine dépassera celle de l'Arabie Saoudite en 2020. Non seulement l'énergie (carbonée) très bon marché dont jouit déjà le plus grand pollueur du monde ne va pas l'inciter à contrôler sérieusement sa demande, mais elle va accroître le différentiel de compétitivité avec la Vieille Europe. Qui n'en aura que plus de mal à investir pour réduire aussi bien ses émissions de CO2 que sa facture énergétique. [...]

Bio pas top...

Où Robert Paarlberg fait part de son scepticisme quant à l'intérêt de l'agriculture biologique...
[...] Des critiques gastronomiques influents, des militants et des stars de la restauration entonnent en choeur ce refrain : l'"alimentation durable" de l'avenir doit être bio, locale et lente. Vous savez quoi ? C'est précisément le système dont joui déjà l'Afrique rurale, et il ne fonctionne pas ! Au sud du Sahara, les petits agriculteurs qui utilisent des engrais chimiques sont si rares que leur production est de facto biologique. Les coûts élevés du transport les contraignent à acheter et vendre sur place la majeure partie de leur récolte [...] 70 % des foyers ruraux en Afrique n'ont pas accès aux marchés urbains les plus proches car ils sont, par exemple, situés à plus de trente minutes à pied de la première route praticable en toutes saisons. [...] Quant à la cuisine, elle est terriblement lente. Le résultat n'est pas réjouissant : un revenu moyen de 1 dollar par jour et un risque sur trois d'être malnutri. 
[...] La conception et l'introduction dans les pays pauvres, au cours des années 1960 et 1970, de graines de blé et de riz à haut rendement, sous l'impulsion de l'Américain Norman Borlaug et d'autres scientifiques, ont eu des retombées très positives. [...] L'Inde, par exemple, a doublé sa production de blé entre 1964 et 1970 et a pu se passer d'aide alimentaire à partir de 1975. Rappelons à ceux qui parlent d'agriculteurs "endettés et mécontents" que le taux de pauvreté dans les campagnes indiennes est passé de 60 % alors, à 27 % aujourd'hui. 
[...] En Amérique latine, où les élites traditionnelles contrôlent étroitement l'accès aux terres fertiles et au crédit, l'arrivée des semences améliorées a creusé les écarts de revenus. [...] Cela étant, même en Amérique latine, le taux de malnutrition a diminué de plus de 50 % entre 1980 et 2005. 
[...] L'American Journal of Clinic Nutrition a récemment publié une synthèse de 162 articles scientifiques parus au cours des cinquante dernières années sur les bienfaits sanitaires du bio ; elle en concluait à l'absence de tout bénéfice nutritionnel. 
[...] L'agriculture biologique occupe moins de 1 % des terres cultivables aux États-Unis. Si les 99 % qui restent se convertissaient au bio, et donc se passaient de produits chimiques, il leur faudrait consommer une quantité plus grande d'engrais animal. Ce qui obligerait à multiplier par cinq environ les têtes de bétail. Ces animaux devant se nourrir de fourrage biologique, il faudrait dès lors mettre en pâture l'essentiel du territoire américain. Quant à l'Europe, le choix d'une alimentation exclusivement bio se traduirait par une extension de 28 millions d'hectares de la superficie des terres cultivables, l'équivalent des forêts de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et du Danemark réunis. 
[...] L'agriculture ne cesse de devenir plus verte. L'érosion des sols a brusquement ralenti dans les années 1970 grâce à l'introduction de la "technique culturale simplifiée", innovation qui a aussi réduit la consommation de diesel [...] En 2008, l'OCDE a publié un rapport sur la "performance environnementale de l'agriculture" dans les trente pays industriels les plus avancés. [...] La surface dédiée à l'agriculture a baissé de 4 %, les émissions globales de gaz à effet de serre de 3 %, et la surconsommation d'engrais azotés de 17 %. La biodiversité s'est elle-aussi améliorée, avec l'introduction de nouvelles variétés de plantes et de races animales. 
[... Dans tous les pays en développement] l'assistance au secteur primaire s'est révélée être un investissement très rentable. Y compris en Afrique. La Banque mondiale a évalué à 35 % par an en moyenne le taux de rentabilité des fonds placés dans la recherche agronomique sur le continent. Certains investissements ont même atteint des taux de rentabilité de 68 %. Aveugles à ces réalités, les États-Unis ont réduit de 77 % leur aide dans ce domaine entre 1980 et 2006.
Robert PAARLBERG, Foreing Policy (2010).
Books, 01/2013, p. 53.

Tricycle...

Le paramètre primordial en climatologie est l’énergie disponible à la surface de la Terre. Elle se résume au rayonnement électromagnétique du Soleil : de la lumière visible principalement, mais aussi des ultra-violets, des infrarouges, etc. Sans Soleil, pas d’énergie, donc pas de chaleur, et la Terre se retrouverait entièrement glacée en quelques années seulement.
La quantité d’énergie reçue de notre étoile varie dans le temps car la Terre n'est pas immobile, figée dans l'espace : elle tourne autour du Soleil et son axe de rotation (l'axe reliant les pôles) s'incline plus ou moins dans le temps tout en décrivant un cône (voir explication plus bas...).
L'évolution historique de ces trois mouvements est représentée par les cycles dits "de Milankovitch", du nom de leur découvreur.

Excentricité...
Le premier, dit cycle de l’excentricité, est dû à la forme plus ou moins étirée de l’ellipse (un ovale) que décrit la Terre autour du Soleil. Le Soleil n'est jamais au centre de l'ellipse mais toujours "décalé" sur l'un des foyers de l'ellipse. C'est ainsi qu'il y a un point (et un seul) sur cette trajectoire, où la Terre est au plus proche du Soleil (appelé la périhélie), et un point où elle en est au plus loin (l'aphélie)...


L'excentricité varie d’une valeur nulle, cercle presque parfait, à une valeur plus élevée, cercle légèrement elliptique, tous les 100 000 ans avec un maximum (de 7 %... pour les curieux) tous les 400 000 ans.
Cette variation a pour conséquences théoriques que lorsque l'excentricité est élevée (quand le cercle est le plus étiré), les effets des phénomènes d'obliquité et de précession sur le climat sont accentués...


Notez que sur ces illustrations, la forme de l'ellipse est très exagérée. Elle est dans la réalité si proche d'un cercle, que la différence ne se verrait pas à l'oeil nu si on la représentait rigoureusement.

Obliquité...
Le second cycle, dit de l’obliquité, est dû à la variation de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre par rapport à la perpendiculaire au plan de l'écliptique (trait blanc sur l'image ci-dessous). Il oscille entre 22° et 24° environ, tous les 40 000 ans...


Ce phénomène a pour conséquence théorique que les contrastes saisonniers s'accroissent avec l'obliquité. Par exemple, plus l'hémisphère nord "penche" (s'approche des 24,5°), plus les journées sont longues (et donc chaudes) en saison printemps-été, et courtes (et donc froides) en automne-hiver.

Précession...
Le troisième cycle, dit de précession des équinoxes, est dû au cône que décrit l’axe de rotation de la Terre autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique. On peut observer le même phénomène avec une toupie. Cette rotation effectue un tour complet tous les 21 000 ans environ...


Ci-dessous, une illustration des conséquences de ce phénomène : comme son nom le suggère, les équinoxes (les saisons, en somme) se décalent année après année. En un peu plus de 20 000 ans, elles font un tour complet sur l’écliptique. Par exemple, actuellement, au moment du premier jour de l'hiver (le solstice d'hiver, le 21 décembre dans l'hémisphère nord), la Terre est presque au plus près du Soleil.
Cela implique donc, en théorie, des hivers dans l'hémisphère nord plus doux (car la Terre est plus proche du Soleil à cet instant), et plus brefs (car près de la périhélie, un satellite, la Terre en l'occurrence, se déplace plus vite que près de l'aphélie)...




Aujourd'hui, l’excentricité faible (1,7 %), devrait encore décroître pendant environ 20 000 ans. Cette diminution du rayon moyen de l’orbite terrestre favorise théoriquement une hausse de la température moyenne du globe.
La valeur de précession actuelle situe la Terre au plus proche du Soleil au début du mois de janvier. Comme évoqué précédemment, ceci a deux conséquences théoriques : la saison froide (hiver-automne) dans l’hémisphère nord a tendance à être plutôt douce et légèrement plus courte que la saison chaude (dans l’hémisphère sud, c'est donc l'été qui est légèrement plus court mais qui a tendance à être plus chaud).

De l'avis de Milankovitch, la distance de la Terre au Soleil aurait moins d'importance que la durée des saisons : par exemple, le fait que la saison chaude soit plus brève que la saison froide, limiterait la fonte des glaces polaires pendant l'été et favoriserait ainsi un climat plutôt froid.
Notons que c'est exactement ce qui se passe actuellement, l'Arctique tend à se réduire fortement alors que l'Antarctique se maintient, même si ce n'est peut-être qu'un hasard, tant de nombreux autres facteurs entrent en jeu (émissions de CO2 d'origine anthropique, activité solaire, effets de rétroaction divers et variés, etc.).

L’obliquité actuelle est proche de 23° et devrait encore décroître pendant 10 000 ans. En conséquence, les contrastes saisonniers devraient théoriquement s’atténuer.

Enfin, la décennie 2010 devrait voir l’activité solaire s’accroître. Le rayonnement cosmique diminuant, on devrait observer une moindre couverture nuageuse et une tendance à la hausse des températures.

Une histoire complète du climat terrestre depuis la naissance du globe >>

Un site bien laid mais avec quelques animations qui aident à mieux comprendre ces cycles de Milankovitch >>

Et pour finir, un article complet d'Olivier Berruyer sur le sujet, pour ceux qui en redemandent >>

Pompiers pyromanes...

Des dizaines de grands feux se sont déclarés en juillet [2012] à travers l'Ouest américain [...]. La lutte contre de précédents incendies plus petits a contribué à cette catastrophe. [...] Selon Wally Covington (institut de restauration écologique de l'université de l'Arizona du Nord), sans ces petits feux naturels, l'accumulation de sous-bois agit comme un combustible pour les plus grands incendies.
Le Monde des Sciences, 10-11/2012, p. 16.

Ponctualité...

[...] Cet été, [...] dès la mi-juillet, soit plus d'un mois avant la fin de la saison chaude, 97 % de la surface de la calotte glaciaire du Groenland avait subi une fonte, même partielle. 
[...] "Les carottes glaciaires réalisées à Summit Station [station de recherche située au centre de l'inlandsis] montrent que ce genre de phénomène se produit une fois tous les 150 ans en moyenne. Le précédent épisode datait de 1889." [...], a expliqué le glaciologue Loroa Koening.
Science & Vie, 10/2012, p. 34.

Nouvelle ère...

The environment will enter a new state, said Hadly. And we don't know exactly what that state will look like.
 [...] There's the idea that, once you have more than 50 percent of wholesale disturbance in a given ecological system, major disturbance in the rest of the system will inevitably follow, said Hadly, who is also a senior fellow at the Stanford Woods Institute for the Environment.
[...] About 43 percent of Earth's land has already been converted to agricultural or urban use and, if current trends continue, is expected to reach the 50 percent mark by 2025. By 2060, using current trends, the number will be 70 percent.
By comparison, the last critical shift Earth underwent was the end of the last Ice Age. That famously dramatic example of climate change only involved ice melting from 30 percent of Earth's surface, and it resulted in a major transition in global climatic conditions and the distribution of life on the planet.
[...] Human population growth and increased resource consumption mean that anywhere from 20 to 40 percent of the planet's energy produced by living things now goes to support human society.
[...] Citizens of wealthy countries like the U.S. are less aware of catastrophic shifts in ecosystem services because we have the ability to cobble together short-term fixes that mask the global trend, said Hadly. But other countries aren't so buffered. In a world marked by water shortages and climate change, we simply aren't yet equipped with a flexible intergovernmental structure necessary to manage for this future.

Zoobyl...

Où l'on apprend comment dans la zone interdite de Tchernobyl, les organismes peuvent s'adapter au feu de la radioactivité...
[...] Aujourd'hui encore, 3 % des radiations que nous subissons chaque jour, proviennent du nuage de Tchernobyl. [...] Après plus de deux décennies, moins de 3 % des atomes radioactifs subsistent dans la zone interdite de Tchernobyl. Mais ceux qui restent, sont là pour très longtemps. [...] Les doses n'ont plus rien à voir avec celles d'après l'accident, mais elles restent malgré tout encore des milliers de fois supérieures à la normale. 
[...] La zone interdite abrite de nombreuses espèces d'animaux sauvages, dont certaines totalement absentes avant l'accident. Les oiseaux nichent même sur le sarcophage de béton qui recouvre le réacteur défunt, à des niveaux de radioactivité 1 000 000 de fois la normale. Mais surtout [...], tous ces animaux semblent en parfaite santé. [...] La végétation est exubérante. [...] Chaque village est redevenu une véritable jungle. 
[...] On peut dire que non seulement les animaux vont bien, mais qu'également leur génome n'a subit aucune modification. [...] Il n'y a aucun doute que les organismes de ces animaux qui vivent dans des conditions de radioactivité importante subissent un stress, et que tous leurs systèmes biologiques qui compensent ces dommages sont sollicités au maximum. Mais force est de constater que chaque organisme possède suffisamment de mécanismes de défense qui compensent ces défauts et permettent la survie de l'organisme dans ces conditions.
Les végétaux témoignent d'une première défense naturelle contre la radioactivité...
[...] Le bouleau est très particulier. Son génome, soit l'ensemble de ses chromosomes, n'occupe que très peu de place dans le noyau des cellules. La probabilité pour que les chromosomes soient frappés par radiations est  donc faible. En revanche, les conifères possèdent un génome énorme qui occupe beaucoup de place. Les chromosomes ont bien plus de chance d'être heurtés, donc cassés et découpés par les radiations.
Quant aux animaux, alors que les rongeurs et autres mammifères tels les chevaux de Przewalski font preuve d'une santé insolente, les hirondelles semblent affectées par les radiations...
La richesse des espèces [d'oiseaux] était diminuée de moitié dans les zones très contaminées. Et le nombre d'oiseaux par espèce des deux tiers. [...] Anders Molers et Tim Musso ont démontré un vieillissement précoce des hirondelles et une survie d'une année sur l'autre de seulement 30 %. [Ils ont observé] jusqu'à plus de 50 % de spermatozoïdes présentant des morphologies anormales. [...] La plupart des oiseaux [qui s'installent] dans la zone, et en particulier les hirondelles, ont en fait immigré [sur le site], et n'y sont donc pas nés. [Ces populations d'oiseaux] sont maintenues par l'arrivée permanente de nouveaux individus.
L'explication tient à la fatigue des organismes...
Pendant leur énorme effort de migration depuis l'Afrique, les hirondelles consomment une grande partie de leur stock d'anti-oxydants. Or, ces molécules ont un rôle très important dans la lutte contre les radiations. [...] Lorsque les rayonnements découpent les molécules et génèrent ainsi des radicaux libres très toxiques, les anti-oxydants les détruisent. [...] En arrivant à Tchernobyl, dans des zones très contaminées, la quantité d'anti-oxydants [qui restent aux hirondelles], est rapidement consommée pour lutter contre l'avalanche de radicaux libres. Dès que le stock est épuisé, ces radicaux libres vont alors détruire les tissus vivants. Les effets ne tardent pas à être visibles et délétères.
Mais pas seulement...
Nous n'avons tout d'abord pas constaté une augmentation de l'activité des gènes de réparation de l'ADN [...]. Mais à la place, nous avons découvert une modification dans la régulation des gènes responsables de l'élimination des radicaux libres. Les radicaux libres issus de molécules découpées par les radiations gamma, sont éliminés de façon bien plus efficaces. Surtout, ils disparaissent rapidement, avant qu'ils n'aient pu aller détruire les chromosomes. Nous avons également observé une stimulation des gènes dont le rôle consiste à programmer la mort des cellules. Peut-être que [l'organisme des souris exposés au préalable à de faibles radiations] possède un mécanisme plus efficace pour se débarrasser des cellules trop endommagées que celui des souris qui n'ont pas été exposées en amont. [...] Les faibles doses pourraient aussi protéger les souris contre d'autres agressions que les radiations. [En effet], les animaux qui vivent dans la zone de Tchernobyl, soumis en permanence à de faibles doses de radiations, possèdent un système immunitaire qui réagit très rapidement à d'autres agressions ; en particulier à des poisons chimiques.
Arte, Tchernobyl : une histoire naturelle, 21/08/2012.

Révolution souterraine...

En ce qui concerne la production électrique, le monde a investi 237 milliards de dollars en 2011 en, capacités additionnelles tirées des renouvelables, soit plus que pour celles issues des énergies fossiles (223 milliards). [...] Ces résultats encourageants sont essentiellement le fait de la baisse continue des coûts des équipements, permises par les politiques publiques de soutient (principalement le rachat de l'électricité verte) en place dans plus d'une centaine de pays aujourd'hui.

Bio polluant ?

L'élevage intensif, paradoxalement, a un super bilan carbone, vous émettez beaucoup moins de carbone en élevant des animaux au grain. Dans l'imaginaire collectif, pourtant, ce sont les animaux élevés à l'herbe qui représentent un élevage vertueux.
Eric LAPASSIN, France Inter, Le téléphone sonne, 09/07/2012.

Soûlard...

Si un être humain consomme de 2 à 5 litres d'eau par jour en boisson et 25 à 100 litres pour ses usages domestiques, sa nourriture quotidienne nécessite de 1 000 à 6 000 litres.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 51.

Acide océanique...

L'acidité des océans a augmenté de 30 % depuis les débuts de l'ère industrielle en raison de l'absorption de CO2.
Alternatives Economiques, 06/2012, p. 63.

Le ciel nous tombe bien sur la tête...

Au cours de la décennie 2000-2010, l'altitude moyenne des nuages a diminué d'une quarantaine de mètres. Cette étonnante observation [...] s'expliquerait par une raréfaction des nuages de haute altitude. 
[...] Encore mal compris, ce phénomène pourrait découler du réchauffement climatique. 
[...] Si les changements climatiques sont à l'origine de cet affaissement du couvert nuageux, celui-ci ne serait, en retour, pas sans conséquences sur le climat. En effet, plus l'altitude d'un nuage est faible, plus sa température est élevée et plus il évacue d'énergie vers l'espace. L'abaissement de l'altitude vient donc s'opposer au réchauffement climatique.
Science & Vie, 05/2012, p. 28.

Froid, chaud, froid dans chaud et chaud dans froid...

Voici une courbe de température sur une année, en l'occurrence en France en 2008. Rien que de très normal : il fait plus froid en hiver qu'en été...
MeteoFrance.com (consulté le 27/12/2011).

L'évolution de la température sur une année ne surprend personne. Sur un siècle non plus ; nous savons tous désormais que le climat s'est réchauffé depuis le début du siècle dernier. Mais derrière ces évidences se cachent d'étonnantes variations naturelles dont les va-et-vient passés permettent d'analyser les évolutions récentes de manière plus rationnelle, mais aussi d'envisager le climat futur à très long terme...

Observons à présent la courbe d'évolution de la moyenne des températures de surface (au niveau du sol ou de la mer) mesurées entre 2000 et 2010. En rouge le laps de temps du graphique précédent (un an).
Depuis 10 ans, la température moyenne terrestre est à peu près stable sinon en légère hausse, ou en légère baisse pour certains, c'est selon les affinités de chacun (le hasard veut que le jour-même où je termine ce post, les médias annoncent que l'année 2011 est la plus chaude de la décennie)...
The Single Colony (consulté le 27/12/2011).

Voici à présent la courbe d'évolution de la température moyenne depuis 1880. Ici encore, en rouge, les 10 ans écoulés sur le graphique précédent. C'est la courbe sur laquelle s'appuient les scientifiques pour illustrer le réchauffement climatique en cours depuis un siècle. Depuis 1880, la température moyenne du globe a augmenté d'environ 0,8 °C...
NASA.gov (consulté le 26/12/2011).

C'est au graphique précédent que s'arrêtent les mesures directes de température. Les températures antérieures à 1880 ne sont plus mesurées mais estimées, déduites à partir, par exemple, de rapports isotopiques dans des bulles d'air prises dans les glaces, ou dans des sédiments marins. 
Voyons donc la courbe de température des derniers 2 000 ans. En rouge, le XXe siècle du graphique précédent. Le graphique laisse en effet entrevoir le petit âge glaciaire, et l'optimum médiéval. Le premier est souvent évoqué pour son climat assez rigoureux centré sur le XVIIIe siècle (Seine parfois gelée l'hiver, glacier alpins très étendus dans les vallées, etc.). Le second souligne au contraire une période au climat plutôt chaud centrée sur le XIIe siècle. Pour la majorité des études dont sont issues les courbes suivantes, la température actuelle semble voisine de celle de l'optimum médiéval...
RealClimate.org (consulté le 27/12/2011).

Regardons maintenant les températures estimées sur les derniers 12 000 ans ! En rouge le temps écoulé sur le graphique précédent. 10 000 ans, c'est le début de notre période interglaciaire. Car comme nous le verrons dans le graphique qui suivra, nous sommes en ce moment dans une période au climat doux au milieu d'une plus vaste période (on peut alors parler d'un ère) glaciaire... Effectivement, depuis - 10 000 ans, la température a semble-t-il explosée de 6°C ...
Voici maintenant le graphique des 100 000 ans écoulés. Sur cette période, nous coexistions encore (et copulions apparemment...) avec des hommes de Néanderthal. Comme toujours, en rouge, les 12 000 ans du graphique qui précède. On peut effectivement observer que le climat s'est réchauffé de 5°C environ après une longue période de froid...
Le violent coup de froid visible entre -12 500 et -10 500 est appelé Younger Dryas et semble corrélé à un impact d'astéroïde au Mexique daté de 12 900 ans.
L'explosion du super-volcan Toba en -73 000, se superpose aussi très bien avec un refroidissement brutal et particulièrement intense.
C.H. (2012), Science & Vie, N° 1136, p. 27.



Ce bouleversement climatique, imputé à l'éruption du Toba, aurait été tout près de provoquer la disparition de l'espèce humaine >>

Mais voyons à présent l'évolution de la température sur les 400 000 ans passés. Notre espèce est apparue au cours de cette période. On observe la succession des périodes glaciaires et des périodes interglaciaires, plus brèves, si bien qu'elles sont parfois qualifiées de pic interglaciaire. Toujours est-il que la température moyenne semble constante depuis 400 000 ans, mais avec de longues périodes de froid intense, entrecoupées de brèves périodes d'adoucissement, comme celle que nous vivons aujourd'hui.

Ces alternances régulières s'expliquent en grande partie par les cycles astronomiques découverts par Milutin Milankovitch >>
Nous approchons de la fin (ou plutôt du début) avec ce graphique des 3 derniers millions d'années écoulés. On observe ici, le très lent refroidissement qui s'opère depuis quelques millions d'années (15 millions environ dans l'hémisphère Nord, une cinquantaine dans l'hémisphère sud)...
Le graphique suivant illustre clairement cette plongée de 50 millions d'années dans l'ère glaciaire actuelle.
Enfin, ce dernier graphique, très spéculatif mais admis par la communauté des spécialistes nous projette sur toute l'histoire de la Terre, soit à peu près 4,7 milliards d'années. Il a fait très chaud à l'âge d'or des dinosaures (Jurassique et Crétacé). Il a semble-t-il fait plus souvent plus chaud qu'aujourd'hui. Mais il a eu fait beaucoup plus froid encore, à tel point que des scientifiques pensent que la Terre a été intégralement recouverte de glaces au moment "N"...
A l'aune de ces variations climatiques passées, nous pouvons à présent jouer à imaginer son évolution naturelle future (sans notre influence éventuelle sur le climat, ce n'est pas le sujet ici).
  1. A l'échelle des plus grands cycles climatiques, ceux de plus de 50 millions d'années, la projection est la plus incertaine de toutes. A l'observation du dernier graphique, on peut à la rigueur présager qu'une période de grand froid d'ici quelques dizaines de millions d'années serait logique. Mais, ne nous en déplaise, ces échelles de temps sont bien trop grandes pour nous concerner...
  2. A l'échelle des cycles glaciaire-interglaciaire, ceux de l'ordre de la centaine de milliers d'années, si les oscillations passées se poursuivent au même rythme, le climat doux actuel devrait cesser dès à présent et se refroidir inexorablement les 5 000 à 10 000 ans qui viennent.
  3. Enfin, aux petites échelles de temps de l'ordre de quelques centaines d'années, la tendance depuis la sortie du petit âge glaciaire pourrait se prolonger via un réchauffement pendant encore un ou deux siècles, avant de laisser place à un nouveau refroidissement progressif...

Phosphore addict...

[Une étude (à ce jour controversée)] de chercheurs de l'Institut for sustainable futures (Australie) annonce un pic de production du phosphore au milieu des années 2030, au vue de la consommation actuelle couplée à l'épuisement des gisements de qualité à travers le monde.
Sans phosphore, pas de  vie sur Terre. [...] Cet élément forme la structure même de l'ADN, pilote la respiration, la photosynthèse chez les plantes, ou encore le métabolisme cellulaire. Chaque humain en réclame deux grammes par jour. [Nous le puisons] dans l'alimentation, végétale ou animale.
L'humanité a toujours recyclé le phosphore, sans le savoir, en réutilisant comme engrais les excréments des animaux, mais aussi ceux des hommes, qui en sont riches. Une époque où tous les cultivateurs étaient aussi éleveurs.
Au début du XIXe siècle, alors que des famines apparaissent et qu'il devient urgent d'augmenter les rendements, le guano est alors mis à contribution jusqu'à épuisement. Puis vint le tour du minerai de phosphate, dont l'usage n'est pas pour rien dans la multiplication de la population mondiale par quatre au XXe siècle.
Sur 15 millions de tonnes de phosphore épandues chaque année, seuls 3 millions parviennent jusque dans nos assiettes. Pis, ces 3 millions de tonnes, une fois rejetées par le corps humain, ne retournent plus aux terres arables. Urbanisation oblige, ce phosphore excrété, s'en va à travers les égouts pour se perdre, in fine, dans les fonds marins.
[Selon Andrea Ulrich de l'Ecole polytechnique de Zurich], ignorer ce problème pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale.
BELLANGER B et NOUYRIGAT V. (2012), Science & Vie, 05/2012, p. 62.

Jamais deux sans trois...

Où Jeremy Rifkin nous révèle que sous la surface des immobilismes politiques et des monopoles industriels, la Troisième révolution industrielle "pousse et presse"...
[...] Au cours de mes investigations, j'ai fini par comprendre que les grandes révolutions économiques de l'histoire se produisent quand de nouvelles technologies de communication convergent avec de nouveaux systèmes d'énergie. L'énergie nouvelle permet de créer une activité économique plus interdépendante, des échanges commerciaux plus larges, tout en facilitant des relations sociales plus denses et davantage d'inclusion. La révolution des communications qui l'accompagne donne les moyens d'organiser et de gérer la dynamique spatiale et temporelle inédite établie par le nouveau système énergétique.
[...] La véritable crise économique s'est produite en juillet 2008. Le pétrole est arrivé à 147 $ le baril. Tous les autres prix, à travers la chaîne d'approvisionnement ont crevé le plafond parce que toute cette civilisation est faite, est produite, est entraînée par les énergies fossiles (médicaments, lumière, plastiques, engrais, transports, etc.). La chute 60 jours plus tard du marché économique a été la seconde onde de choc. Réguler le marché, les mesures d'austérités sont nécessaires mais ce n'est pas suffisant.
Nous avons atteint le pic de la mondialisation, nous sommes maintenant à la fin de la seconde révolution industrielle basée sur les énergies fossiles. Le sommet du revenu par habitant a été atteint et la sommet de la production par habitant a déjà été atteint. 
[...] Chaque fois que l'on tentera de faire croître l'économie mondiale au même taux qu'avant juillet 2008, tous les prix augmenteront et la croissance sera stoppée. 
[...] Il faut passer de la crise à l'opportunité. Repenser la civilisation.
[...] Par exemple au XIXe siècle, première révolution industrielle, l'imprimerie est devenue bon marché. On a créé des presses à vapeur pour produire très rapidement beaucoup d'imprimés. Et la France a mis en place le premier système d'école publique au monde. Ces écoles publiques ont pu créer une force de travail, alphabétisée, qui a pu travailler dans le cadre de cette nouvelle économie. 
[...] Le XXe siècle, deuxième révolution industrielle, seconde convergence dans la communication et l'énergie. L'électricité, le téléphone, la radio et la télévision. Ils sont devenus les supports de communication d'une nouvelle ère économique plus compliquée fondée sur les énergies fossiles, avec les voitures, les routes, les avions, les cargos.
[...] La troisième révolution industrielle est en route. Elle va nous faire passer du pouvoir centralisé au pouvoir latéral grâce à Internet, une révolution extrêmement puissante. Internet, est un système de communication non centralisé. L'information est distribuée, collaborative. En seulement 25 ans, 2,3 milliards de gens peuvent envoyer leurs vidéos, leurs texte, leurs voix, à la vitesse de la lumière avec plus de pouvoir collaboratif que tous les systèmes centralisés de médias n'ont pu le faire au XXe siècle.
[...] Cette révolution de l'internet, au cours des vingt derniers mois a commencé a fusionner avec le nouveau système d'énergie distribuée collaborative, les énergies renouvelables : le vent, le soleil, la géothermie, les déchets convertis en énergie, les petites centrales électriques...
[...] Lorsque Internet commence à gérer ces énergies via un internet de l'énergie, c'est une nouvelle révolution : on passe d'un pouvoir vertical à un pouvoir horizontal. La seule difficulté est que ce nouveau système bouscule le pouvoir en place. Cette troisième révolution industrielle repose sur cinq piliers...
[...] Premier pilier, l'Union européenne s'est engagée à 20 % d'énergies renouvelables en 2020. Comment est-ce que l'on va faire venir l'énergie renouvelable et la distribuer ? Commençons par aller en Italie, en Grèce, il y a beaucoup de soleil à exporter. Les irlandais ont du vent, les norvégiens ont de l'énergie hydroélectrique. Et bien on va centraliser cette énergie et l'exporter. 
[...] Second pilier. Les bâtiments. Nous avons 191 millions de bâtiments en Europe. Le but est de convertir chaque bâtiment en France et en Europe en micro-centrale pour pouvoir prendre du  soleil grâce aux toits, du vent grâce aux murs, de l'énergie géothermique avec ce qu'il se passe sous le bâtiment, convertir les ordures en énergie. 
[...] Nous avons démocratisé l'information. Nous sommes sur le point de démocratiser l'énergie. 
[...] Convertir chaque bâtiment en France en centrale produisant son énergie représente des millions d'emplois. Je dirais que l'Allemagne est en tête dans le premier et le second pilier. Elle produit déjà 20 % d'énergies vertes et se dirige vers 30 %. Elle a converti un million de bâtiments en centrales au cours des 6 dernières années et va créer 250 000 emplois. Or elle a beaucoup moins de soleil, de vent et de géothermie que la France. 
[...] Troisième pilier. Comment stocker l'énergie ? Grâce à l'hydrogène. Quand de l'électricité est en surplus il suffit de la transformer en hydrogène par électrolyse dans l'eau. 
[...] Quatrième pilier. On prend le réseau d'électricité de France et on le convertit en un internet de l'énergie. Lorsqu'il y a des millions de bâtiments français qui produisent leur propre énergie, on la stocke sous forme d'hydrogène comme on stocke les données sous forme numérique. Quand vous n'avez pas besoin de votre électricité, votre logiciel peut vous faire vendre cette électricité, par exemple de la France vers la Russie. L'Allemagne teste la distribution de l'énergie dans six de ses régions. Où est la France ? 
[...] Cinquième pilier. Les transports. Vous pourrez brancher votre véhicule à n'importe quel bâtiment ou inversement, si vous n'utilisez pas votre véhicule, vous pouvez revendre l'électricité en surplus.
Jeremy RIFKIN (2012), La troisième révolution industrielle, LLL.

Le juste-prix du gaspillage...

Les scientifiques et les ONG ont cru pendant des décennies que la sphère politique utilisait ce savoir dont nous disposions pour mettre en place les conditions-cadres préalables au développement durable. Ils n'ont absolument pas perçu, ni compris, que cela impliquerait un bouleversement si considérable des structures établies, que dans une démocratie, aucun homme politique ne peut se risquer à imposer ces changements sous forme de lois. Ce serait un suicide politique. On pourrait encore attendre des décennies, jamais les politiques n'oseront aborder ces questions centrales, si la population ne comprend pas pourquoi c'est indispensable. 
Le juste-prix écologique est l'un des aspects clés du développement durable. Dans le système économique mondial actuel, presque tous les prix sont erronés. Parce que les coûts liés à la production et à l'utilisation des ressources, au lieu d'être calculés selon leur impact, sont en fait supportés par la collectivité, c'est ce que les scientifiques appellent l'externalisation des coûts.  
Le marché est apte à définir l'allocation efficiente des ressources, mais il est totalement impropre à fixer leur juste prix. 
Si les justes prix étaient en vigueur, les patrons se précipiteraient sur les matières premières, pour prendre des mesures de rationalisation dans ce domaine, et ils embaucheraient. En d'autres termes, si un revirement s'opérait, beaucoup plus de gens seraient intégrés dans le processus de travail car ce serait judicieux sur le plan économique.
L'augmentation de la productivité du travail est toujours allée de pair avec l'augmentation des salaires. Cette hausse du coût de la main-d'oeuvre s'est traduite, pour les employeurs, par une nécessité accrue de rationaliser le travail. En même temps, l'augmentation de la productivité du travail, a  permis aux employés d'exiger des salaires plus élevés. Il y a eu une impulsion mutuelle.
Un tiers de notre consommation n'est autre que du gaspillage [au sens où y renoncer n'amoindrirai pas notre niveau de vie]. Un allemand, en moyenne, monopolise quatre hectares en permanence pour subvenir à ses seuls besoins. Si 7 milliards d'êtres humains vivaient avec la même empreinte écologique, il nous faudrait 2 planètes. Les citoyens des Etats-Unis, [...] ont une empreinte écologique de 10 hectares. Dans ce cas de figure, il nous faudrait 5 planètes. 
Une croissance mondiale annuelle exponentielle de 4 % signifie un doublement du PIB en 17,5 ans. Malgré tous nos efforts, nous ne sommes pas parvenus à découpler la croissance économique et la consommation de ressources et d'énergie. On pourrait consommer l'énergie et l'eau de manière quatre fois plus efficace : obtenir deux fois plus de bien-être avec deux fois moins de consommation énergétique. 
Il nous faut donc apprendre à réduire notre empreinte écologique. Je propose de procéder par paliers d'efficience énergétique. Plus l'efficience augmentera, plus le prix de l'énergie devra augmenter. La dépense énergétique mensuelle n'augmentera pas mais l'énergie deviendra plus précieuse, plus coûteuse. Et cela poussera les investisseurs à viser massivement l'efficience énergétique.  
J'aimerais beaucoup que les pays en développement, au lieu de suivre cette courbe en cloche, que l'on appelle parfois courbe de Kuznets, la traversent comme un tunnel. C'est-à-dire qu'ils ne passent jamais par ces sommets du gaspillage, qui au fond ne sont autre qu'un signe d'immaturité.
Nous parlons d'une analogie entre la  productivité des ressources et la productivité du travail. Avec la révolution industrielle, c'est-à-dire au fil des progrès technologiques de ces 150 dernières années, la productivité du travail a été multipliée par 20. D'une heure de travail, nous produisons 20 fois plus de prospérité que du temps de Goethe ou encore de Karl Marx.
J'affirme aujourd'hui, qu'en Allemagne et dans le monde entier, seulement 0,5 % de la population a la connaissance nécessaire pour mesurer ce qui doit arriver. En Allemagne, seules 400 000 personnes sont informées du développement durable. Nous devons quitter ces sphères élitistes. C'est par le biais de l'éducation que nous devons sensibiliser la société civile qui, elle seule, peut faire un choix parmi les différentes possibilités d'action mises en évidence par les scientifiques.
Cela va à l'encontre des intégristes du marché. En particulier dans l'espace anglo-saxons où l'idéologie dominante est un désengagement de l'Etat. Tout est aux mains de l'individu, du marché, des financiers. Ce seront probablement les derniers à comprendre. Nous les européens, nous pouvons nous accorder très vite avec les asiatiques, les chinois, les japonais ou coréens. »
Klaus WIEGANDT,  Arte, Que faire pour sauver la planète ? 13/01/2011

Sous-évaluation et sous-investissement...

S'ils suivaient le prix de gros, les tarifs [de l'électricité d'origine nucléaire] seraient pourtant amenés à augmenter de 25 % à 30 % d'ici à 2015, selon la Commission de régulation de l'énergie. [Pourtant,] le gouvernement dément que cette hausse sera répercutée. 
[Or] c'étaient la flambée des prix de gros et le blocage des prix aux clients finaux qui avaient provoqué le sous-investissement et les pannes à répétition du système électrique californien au début des années 2000.
CHEVALIER M. (2011). Alternatives Economiques, 05/2011, p. 53.

Maintenance au rabais ?

[...] En se bornant à publier l'historique des évènements depuis 2005, l'ASN [Autorité de sécurité nucléaire] manque de transparence. L'épluchage des rapports antérieurs montre que l'on ne comptait qu'entre 400 et 500 évènements de ce type entre 1986 et 200 [contre 795 évènements en 2009 et jamais moins de 730 depuis 2005]. 
[...] Le niveau plus élevé des incidents ces dernières années est à mettre en relation, d'une part, avec le vieillissement du parc [...] et d'autre part; avec le recours massif pour ces opérations de maintenance à quelque 20 000 travailleurs employés par des sous-traitants et dont l'ASN dénonce régulièrement le contrôle insuffisant.
DE RAVIGNAN A. (2011). Alternatives Economiques, 05/2011, p. 56.

Séisme électronique...

Près de quarante minutes avant le séisme et le terrible tsunami à l'est du japon en mars dernier, l'atmosphère au-dessus de son épicentre semble s'être chargée d'électrons. Personne ne peut encore expliquer le phénomène, mais ce n'est pas la première fois que les chercheurs l'observent. Le satellite français Demeter avait établi le même constat avant plusieurs séismes, notamment celui d'Haïti en janvier 2010.
L'Express, 10/2011 , p. 36.