Viagra, silicone et Alzheimer...

Dans le monde actuel, nous investissons cinq fois plus d'argent dans des médicaments pour la virilité masculine et le silicone pour les seins des femmes, que pour la guérison de la maladie d’Alzheimer. Dans quelques années, nous aurons des vieilles avec des gros seins et des vieux à la verge dure mais aucun d'eux ne se rappellera à quoi ça sert.
Sophia ARAM, France Inter, 04/09/2012.
Présenté, à tort semble-t-il, comme une citation de Drauzio Varella, médecin brésilien.

Socialisme de riches...

La moyenne des gens qui sont dans des logements sociaux ont un revenu supérieur à la moyenne des français.
Alain MADELINBFM, 04/09/2012.

Indécence romaine...

Selon Peter Brown, l'un des grands spécialistes de cette époque [de délitement de la société romaine], le IIIe siècle marque le moment où les puissants laissent éclater leur richesse au grand jour. Les villas privées deviennent plus grandes que les temples consacrés aux dieux. Cette période, explique-t-il, marque le passage d'un âge d'équilibre à un âge d'ambition. Les élites, qui avaient voilé leurs succès d'une décence tout d'un coup passée de mode, s'exhibent sans complexes. On croirait ses expressions employées pour décrire la crise de la société américaine actuelle ! Le christianisme apportera une solution au problème de la société romaine. Toujours selon Brown, dire à un autre : "Je suis chrétien" et s'entendre répondre : "Moi aussi" apporta une solution à une société minée par des tensions qu'elle ne parvenait pas à dominer...

Pas cher...

L'économiste Bruno Frey a distingué deux catégories de biens qui rendent les gens heureux : les biens extrinsèques, et les biens intrinsèques. Les premiers sont ceux qu'on acquiert parce qu'ils vous donnent un statut, une grosse voiture, une résidence chic, qui vous permettent de gagner la lutte sociale du prestige. L'autre catégorie est formée des plaisirs plus silencieux, ceux que procurent une conversation avec des amis, un livre qui vous élève, l'amour de ses proches. 
[...] Mais le problème [...] est que les gens tendent à sous-estimer la satisfaction que leur offre les biens intrinsèques. 
[...] Les enquêtes sur le bonheur montre que celui-ci tend à baisser à partir de l'âge de 25 ans et jusqu'à 60 ans, mais qu'il recommence à croître ensuite, retrouvant progressivement les plus hauts niveaux de la jeunesse ! Une explication est sans doute que l'âge rend plus attentif au bonheur des biens intrinsèques... On peut donc augmenter le bonheur à moindre coût...
L'économiste Richard Easterlin, père des analyses économiques du bonheur, a étudié les indicateurs de satisfaction en Chine. Malgré une multiplication par quatre (!) du revenu moyen en vingt ans, les indices chinois de bien-être stagne en moyenne. Le tiers supérieur augmente certes, mais à proportion de la baisse du tiers inférieur, le tiers médian restant quasiment au même étiage qu'il y a vingt ans.

Perché !

Matthieu Pigasse [...] est l'une des rares personnalités du milieu des affaires à défendre les 75 %.
[...] Depuis son introduction à la Bourse de New York [...] la banque Lazard est en effet devenue une banque américaine. [...] En 2010, sur une rémunération totale de 5 millions de dollars [...] , il aurait touché un fixe de 0,5 million. Plus 4,5 millions de bonus dont 40 % de stock-options et le reste en cash, mais avec seulement un tiers versé en France. Il ne serait donc pas concerné par la taxe des 75 %.
Le Nouvel Observateur, 06/2012, p. 11.

Et les autres ?

Quelques recettes appliqués dans différents pays européens en matière de lutte contre le chômage...


Danemark...
  1. En 1994, réduction de la durée maximale de prestation d'assurance-chômage raccourcie de sept ans à quatre ans.
  2. Au-delà de six à neuf mois d'indemnisation, les chômeurs sont tenus d'accepter les offres proposées par le service public de l'emploi. Il peut s'agir de [...] travaux d'utilité générale ou de stages de formation.
Suède...
  1. [...] La fiscalité rend le travail plus alléchant que l'inactivité grâce au crédit d'impôt dont bénéficient les salariés.
  2. Les demandeurs d'emploi suédois sont [...] contraints d'accepter toute offre "convenable" d'emploi, sous peine de suppression ou de diminution de leur indemnité.
Allemagne...
  1. Depuis les réformes Hartz sous Gerhard Schröder Les indemnités chômage ne sont plus versées pendant 32 mois [...] mais seulement durant 12 mois. Au-delà, le chômeur perçoit une allocation sociale d'environ 360 euros par mois, soumise à des conditions de revenu ou de patrimoine. [...] Il est contraint d'accepter en contrepartie des emplois payés de 1 à 2,50 euros de l'heure [...].
Royaume-Uni...
  1. Les indemnités de chômage ne sont pas calculées en fonction du dernier salaire [...] mais plafonnées à la modique somme de 65,45 livres (environ 75 euros) par semaine [...].
  2. Les chômeurs de longue durée se voient proposer de réaliser temporairement, pour la collectivité, des tâches parfois ingrates (ramasser des ordures, balayer des rues...). Des travaux d'intérêt général dont le refus pourrait entraîner, d'ici à 2013, la suspension des aides sociales.
Christian de MONTALAMBERT, Le Figaro, n° 20789, 06/2011, p. 40.

Fuites...

La décision de Louis XIV en 1685 d'interdire le protestantisme a eu des conséquences désastreuses sur l'économie française [...]. Les horlogers sont partis à Genève, d'autres artisans qualifiés à Berlin ou à Amsterdam. Et la moitié des officiers de la marine royale a choisi l'Angleterre ! Voilà ce que l'on risque avec ce type de fiscalité [la taxe de 75 % sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros par an].
"Un éminent  représentant de la classe dirigeante française", Le Nouvel Observateur, 08/2012, p. 9.

Paris-Qatar...

Sur les 10 000 km² [du coeur du bassin parisien, intégrant la capitale], la roche mère aurait généré tout au long de son histoire quelques 100 milliards de barils de brut. Selon les modes de calculs, entre 20 et 65 milliards de barils seraient toujours en place, au bas mot trente ans de consommation nationale rien que sur ce modeste périmètre ! [...] Mais il ne faut pas rêver : techniquement, seuls 1 à 3 % du magot pourraient être extraits... Soit tout de même 2 milliards de barils exploitables [soit environ trois ans de consommation française, la France brûlant chaque jour 1,8 millions de barils (douzième rang mondial)].
[...] Vendredi 16 septembre 2011, la compagnie australienne Elixir [...] annonçait avoir découvert [dans le sous-sol lorrain] la présence de [...] 164 milliards de barils de brut ainsi que 18 000 milliards de mètres cubes de gaz.
[Selon Charles Lamiraux, géologue responsable de l'exploration des hydrocarbures au ministère de l'Industrie], "il est facile d'obtenir des chiffres fabuleux en multipliant bêtement un taux d'hydrocarbures moyen par les dimensions de cette couche très étendue ; on fait tous ça pour attirer des partenaires industriels, sans que cela ait beaucoup de sens."

Bénédiction sectaire...

La baisse de l'euro profite surtout à l'Allemagne. [...] Les exportations allemandes hors de la zone euro représentent le quart de la production nationale, contre moins de 10 % en Espagne et 14,4 en Italie (11,7 % en France).
Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 18.

Ceinture plus ou moins serrée...

Parmi les ménages les plus modestes qui partiront en vacances [été 2012], l'absence du domicile sera d'une durée de moitié inférieure à ce qu'elle sera pour les ménages les plus riches.
Cyril LEMIEUX, Alternatives Economiques, 07-08/2012, p. 91.

Dents longues...

Le capitalisme lui-même s'appuie sur deux types d'institutions dont les logiques sont très différentes : les marchés et les entreprises, les premiers pour organiser la compétition, les seconds pour la coopération. La rupture qui est introduite par le capitalisme financier depuis le début des années 1980 est d'imposer une logique de marché au sein même des entreprises. [...] Partout la compétition progresse, et la coopération recule.

Un riche vaut mieux deux tu l'auras...

Les 10 premières fortunes de France [...] représentent plus de 700 000 emplois ! [...] Si l'on compte les emplois créés par la totalité des 500 fortunes professionnelles du classement Challenges (juillet 2011), nous arrivons à des millions.
L'Express, 03/2012, p. 81.

Structure et conjoncture sont sur un bateau...

Pour la Cour des comptes, le déficit de 2010 (7,1 % du PIB) ne trouve ses racines qu'à hauteur de 38 % dans la récession de 2009. La France subit un déficit structurel (indépendant de la conjoncture) de 4,9 %, bien supérieur à celui de l'Allemagne (1,9 %). Le gouvernement a protesté contre cette analyse, affirmant que la Cour des comptes sous-estimait l'ampleur des pertes fiscales dues au retournement économique (par exemple, l'impôt sur les sociétés n'a rapporté que 18 milliards, au lieu des 50 attendus en 2009).

Assurance-paix sociale ?

C'est intentionnellement que l'assurance-vie a été conçue [...]. La retraite par capitalisation, en faisant dépendre ses bénéficiaires du mécanisme de l'intérêt, met en place une solidarité de fait du salarié [...] avec le gros investisseur [...], affaiblissant d'autant sa capacité à remettre en question le système sous sa forme présente.
Paul JORIONMisère de la pensée économique, Fayard, p. 266.

Décroissance libérale...

Dans une étude économétrique très sérieuse, Dany Rodric a montré que la libéralisation de la finance et de la circulation des capitaux n'a pas contribué à la croissance mondiale. Pour deux raisons. Premièrement, l'investissement direct dans les pays ne représente en effet que 5 % des capitaux. 95 % des capitaux circulant à travers le monde sont purement spéculatifs. Deuxièmement, la concurrence est faussée.
Jacques SAPIR, France 3, Ce soir ou jamais, 15/11/2011.

Cheval de Troie...

Dans la doctrine libérale et dans l’esprit capitaliste, l’impôt sur le revenu, impôt progressif, est une aberration. On paye ce qu’on consomme un point c’est tout. La TVA « sociale » est un cheval de Troie destiné à disloquer le système de la solidarité dans le lien social.
Jean-Luc MELENCHON, A bas la TVA sociale.

Porschopole...

La Grèce était le plus grand acheteur par habitant de Porsche Cayenne en 2000.
Jason MANOLOPOULOS (2012), La Dette odieuse, Pearson/Les Echos.

Economie paradoxale...

Tous les grands auteurs qui ont réfléchi à la place essentielle ou exorbitante que joue l'économie dans les sociétés modernes, Adam Smith, Hegel, Tocqueville, Durkheim, Weber, ont été sensibles à ce paradoxe que l'économie, dans son étymologie même, c'est la mesure, la gestion prudente des choses de la maisonnée. Alors que l'économie réalisée, c'est la croissance sans bornes, le toujours plus, la démesure. Tous ont conclu que le moteur de l'économie avait à voir non avec les besoins mais avec le désir, non avec le matériel mais avec le spirituel.
Jean-Pierre DUPUY, Alternatives Economiques, 06/2012, p. 78.

Patron atomique...

La filière nucléaire compte en emplois directs 125 000 personnes, et 410 000 en ajoutant les emplois induits. Une valeur ajoutée concernant les activités directes de 13 milliards d'euros et un total de valeur ajoutée créée [par les 410 000 emplois] de 33 milliards d'euros.
Françis SORIN, France Inter, Le téléphone sonne, 29/08/2012.

Fabrique de l'individualisme...

Selon le sociologue [Emile Durkheim], les sociétés modernes passent progressivement d'une "solidarité mécanique" à une "solidarité organique". 
Dans un premier temps, la spécialisation des tâches étant relativement peu développée, la similitude qui règne entre les membres de la société est particulièrement forte, créant une conscience aiguë d'appartenance commune : c'est ce que Durkheim appelle la "solidarité mécanique". Mais avec la division croissante du travail, le lien social repose de plus en plus sur la complémentarité entre les membres de la société, à l'instar des organes du corps : c'est ce que Durkheim appelle la "solidarité organique". Cette dernière s'accompagne d'un affaiblissement de la conscience commune, qui résulte de la différenciation des modes de vie
[...] Chez Durkheim [comme] chez Elias, on retrouve ce paradoxe central : alors que nous sommes toujours plus dépendants les uns des autres, nous nous croyons également toujours plus autonomes.
Igor MARTINACHE, Alternatives Economiques, 06/2012, p. 59.