République fictive...

A Mayotte, l'État dépense plus de 700 millions d'euros par an. Le Conseil général, plus de 200 millions. Cet élu a beau être vice-président du Conseil général, il dénonce une gabegie. Sur les 3 000 fonctionnaires, il y en aurait 2 000 de trop selon lui. Les postes sont doublés, parfois triplés
Alors que l'élu mène les journalistes au service communication... 
"Je pense pas que même le Premier ministre a un service de communication aussi grandiose que celui du Président du Conseil général... En tout cas, c'est la première fois de ma vie que je mets les pieds ici"...
[...] Sur les 15 personnes qui travaillent ici, nous n'en verrons que 4 cet après-midi là, à 15 h. 
Élu - [...] La prochaine fois, vous viendrez à 9 h du matin ! 
Journaliste - [...] On vous met la pression pour ne pas licencier les 2 000 salariés [supposément en trop] du Conseil général ? 
Élu - Non, personne ne nous a mis la pression. Les élus eux-même ne partagent pas le même discours dans cette affaire là., parce qu'il y a des élus qui sont concernés par ses embauches de complaisance, la plupart du temps.
France 2, Le Journal de 20 h, 22/01/2013. 

Super Trader...

[...] Et si la crise financière s'expliquait aussi par une overdose de jeu vidéo chez les traders ? C'est l'une des thèses de la célèbre neurologue Susan Greenfield, qui, depuis 2009, mène sa croisade contre l'omniprésence des écran dans le monde de l'enfance. Selon elle, les jeunes loups de la City, cyniques et insouciants, auraient perdu tout sens des réalités en consommant dans l'enfance trop de jeux vidéo.

Croisée des chemins...

Si on regarde sur le long terme, depuis les Trente Glorieuses, l'évolution de la croissance, on a une courbe logarithmique avec une asymptote, une limite. On s'aperçoit que les économies occidentales et singulièrement l'économie américaine sont à leur asymptote. Le PIB nominal américain, est quasiment à son maximum et qu'il ne pourra continuer à évoluer et s'accroître que s'il y a un véritable choc technologique. Et donc le véritable enjeu dans les profits de ces entreprises c'est que vont-elles faire de leurs profits ? Est-ce que ça va servir à créer la révolution technologique de demain ou est-ce que ça va être des retraites dans des fonds de pension ?
Jean-Marc DANIEL, BFM, 27/12/2012.

La question posée est très intéressante et séduisante mais, chose étonnante, il est impossible de trouver une courbe du PIB américain qui matérialise ce tassement de la croissance dont parle Jean-Marc Daniel. Voici à quoi elle ressemble quelle que soit les sources, ici d'après un article du (très bon) site d'Olivier Berruyer...

Si l'on exclu la baisse depuis 2007, la tendance "lourde" depuis les Trente Glorieuses ressemble plutôt à une exponentielle et non à une courbe logarithmique.
Pourtant, et c'est le plus étrange de l'affaire, l'évolution du taux de croissance par habitant sur cette période, diminue ! La courbe du PIB devrait donc effectivement "se tasser" avec le temps...

Après demande d'éclaircissement dans les commentaires de l'article, Olivier Berruyer répond qu'il s'agit d'un effet d'optique et qu'il faut zoomer sur la période 1960-2010 pour s'apercevoir que la courbe est bien logarithmique...
Voici un montage rapide avec le graphique 1800-2010 ci-dessus zoomé sur la période 1960-2010 avec en superposition le taux de croissance...


Toujours pas d'asymptote en vue... On pourrait à la rigueur approximer à une tendance linéaire (droite bleue), mais cela ressemble décidément plus à une courbe en cloche inversée (exponentielle donc). Pourtant les variations du PIB sont bien en phase avec celles du taux de croissance. Mais on ne voit toujours pas comment la courbe du PIB peut tendre à "s'envoler" alors que son taux de croissance va diminuant (observer la moyenne décennale en rouge clair)...

Ci-dessous, en passant, ce PIB américain depuis 1947 avec quelques repères historiques...

On note que pour Jean-Pierre Chevallier, "depuis l'après-guerre, la croissance du PIB réel est constante et régulière"...

Con carne...

Mélodie magnifique, pianiste surdoué et anti-conformiste...
Chilly Gonzales (Jason Beck).

L'oeuf ou la poule, encore...

[...] Quand on travaille sur les structures familiales et les indicateurs de fécondité, on est assez proche du sens profond de l'existence. Ce sont des variables chaudes. Et pour moi, les gens qui pensent que l'histoire se fait uniquement au niveau des variables froides, économiques surtout, sont proches de la schizophrénie, de la sortie de la réalité.

Rayon boucherie...

Car un jour viendra où l’idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu'aux voyageurs du XVIe ou du XVIIe siècle, les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.
Claude LEVI-STRAUSS, La leçon de sagesse des vaches folles, EtudesRurales.org.

Cervelle...

La consommation de viande a [...] aidé au niveau comportemental. [Mais] y'a toujours cette idée [...] qui a survalorisé l'impact de la viande, comme si la viande nous permettait d'avoir un gros cerveau. Pas du tout. Le cerveau n'a pas besoin de viande, il a besoin de glucose, d'acides-gras, etc.
Hervé KEMPF, Canal +, Salut les Terriens, 19/01/2013.

Oh oui, frappe-moi...

Je ne qualifierais pas forcément de démocratique un pays [l'Allemagne] qui pratique l’union nationale plus volontiers que l’alternance et où, grâce à une prédisposition anthropologique à la discipline, les sociaux-démocrates ont pu mener une politique de compression acceptée des salaires. L’Allemagne a mené une stratégie parfaitement égoïste d’adaptation au libre-échange, en délocalisant hors de la zone euro une partie de la fabrication de ses composants industriels, en pratiquant contre la France, l’Italie et l’Espagne la désinflation compétitive, puis en utilisant la zone euro comme un marché captif où elle a pu dégager ses excédents commerciaux. Cette stratégie commerciale est la poursuite d’une tradition autoritaire et inégalitaire par d’autres moyens.
Emmanuel TODD, Le Point, 13/12/2011.


Créatifs...

La plupart des troubles mentaux ne sont pas de véritables maladies. Pour le dire très vite, ce sont des manières d'être et de se présenter à autrui, des "idiomes" destinés à communiquer un mal-être et une demande de prise en charge. Il est donc normal que ces idiomes se modèlent sur les attentes de la société et des hommes-médecine au sujet de la bonne façon d'être "malade". En ce sens, la demande symptomatique s'adapte à l'offre thérapeutique et change avec elle. Ce mécanisme a toujours existé, mais il est à présent exploité, avec un cynisme sidérant, par les départements marketing des grands laboratoires
[...] Très peu de gens en ont conscience, mais la façon dont nous allons nous sentir mal dans notre peau dans cinq ou dix ans, se décide aujourd'hui dans des bureaux, en fonction de stratégies industrielles et commerciales.
Mikkel BORCH-JACOBSEN, Books, 04/2009, p. 22.

Virage...

La protection des salariés  français contre les licenciements individuels reste [...] selon l'OCDE, sensiblement plus limitée qu'en Suède, en Allemagne et aux Pays-Bas, mais aussi qu'en République tchèque, en Russie, en Inde ou encore en Chine. Rien d'exceptionnel donc dans la situation française de ce côté-là. 
[...] Du côté de licenciements collectifs [...] il y a certainement des choses à améliorer, notamment sur le plan des délais et de la sécurité juridique, mais l'OCDE situe au contraire clairement la France parmi les pays les moins protecteurs sur ce plan. En Italie, en Belgique, en Suède, an Allemagne, en Pologne, en Chine, au Royaume-Uni et même aux Etats-Unis, les contraintes qui pèsent sur les entreprises en cas de licenciement collectif son sensiblement plus importantes qu'en France.

Flexion, extension...

Sous la surface de la flexibilité au travail...
2. Entre le début 2008 et la mi-2012, [la France] est un des trois seuls pays de la zone euro, avec l'Autriche et l'Allemagne, où la proportion des 25-59 ans (le coeur du salariat) qui occupent un emploi s'est accrue. [Sur l'ensemble du spectre des 15-64 ans, ce taux d'emploi a baissé par contre de 0,4 % du fait d'un recul marqué chez les 15-25 ans]. 
[...] Dans le même temps, au Royaume-Uni, dont on nous a si souvent chanté les louanges en matière de flexibilité, le taux d'emploi des 25-59 ans a baissé de 0,9 point. Tandis qu'aux Pays-Bas, le modèle "polder" à la mode à la fin des années 1990, ce taux a reculé de 1,4 points depuis 2008. Quant au fameux modèle danois avec sa flexisécurité si enviée, le taux d'emploi y a même reculé de 4,5 points en quatre ans. Guillaume DUVAL, Alternatives Economiques, 01/2013, p. 9.
2.1. La tranche des 25-54 ans représente 77 % du total de la population activeInsee.fr

Le "coeur du salariat" tel que défini ci-dessus, soit les 25-59, représente donc une proportion encore un peu supérieure à ce chiffre. En écartant certaines tranches, l'argumentaire est affaibli, mais il mérite néanmoins réflexion.
1. [La France] était le seul pays qui n'était pas allé dans [la direction de la "flexibilité" au travail] depuis quinze ans. Et quand vous regardez les travaux que font les économistes, le lien entre le niveau de flexi-sécurité dans un pays et le niveau de chômage est quand même édifiant. Si vous prenez les trois pays qui pratiquent le plus la flexi-sécurité aujourd'hui dans le monde industrialisé [...] ce sont les trois pays dans lesquels il y a le moins de chômage : le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche. Si vous prenez les trois pays dans lesquels la flexi-sécurité est la moins développée, ce sont aussi les trois pays dans lesquels il y a le plus de chômage : c'est la France, l'Espagne, le Portugal. Et au milieu vous avez des pays dans lesquels vous avez un niveau de flexi-sécurié intermédiaire, ce sont des pays qui ont un taux de chômage intermédiaire : l'Allemagne, l'Italie, la Suède, le Royaume-Uni, la Finlande. Emmanuel LECHIPRE, France Inter, On n'arrête pas l'éco, 19/01/2013.

A vau-l'eau...

[...] Un groupe social privilégié n’est pas nécessairement décadent et irresponsable. À la différence des nobles français du XVIIIe siècle, attachés à l’exemption fiscale, les classes supérieures anglaises acceptaient une pression fiscale élevéeElles ont conquis le monde. L'oligarchie actuelle est à mille lieues de cet exemple. [...]
Emmanuel TODD, Le Point.fr, 13/12/2011.

Dans le dos...

La Chine a subordonné très nettement son financement des gouvernements européens au maintient d'un euro fort. Y'a eu un deal quelque part fin 2011, entre l'Allemagne, au nom de l'Europe, et la Chine, pour maintenir un euro fort contre le dollar [en contre-partie de ses participations aux achats de dettes de pays européens].
Antoine BRUNET, BFM, 27/12/2012.
Le Japon et la Chine ont tout intérêt à maintenir l'euro fort. En aidant la zone euro, ils cherchent à stabiliser une de leurs principales zones d'exportation [20 % du total des exportations de la Chine]. Le Figaro.fr.

Jeter l'argent par la poubelle...

[...] Du frigo directement à la poubelle comme un aliment sur trois, parfois même un sur deux à l'échelle mondiale. C'est ce que révèle une étude britannique ["Global food : waste not, want not"]. Selon le rapport, la faute aux distributeurs et aux consommateurs dans les pays développés : respect des dates de péremption [trop restrictives], clients qui cèdent aux promotions et qui achètent donc plus qu'il n'en faut, d'autres qui veulent des fruits et légumes zéro défaut.
Canal +, La nouvelle Edition - Le JT, 12/01/2013.
[...] Dans les pays en développement, les pertes de nourriture ont lieu au début de la chaîne d’approvisionnement, entre le champ et le marché, du fait de récoltes inefficaces, d’infrastructures de transport locales inadéquates ou de conditions de stockage inappropriées. Et lorsque le niveau de développement de l'État augmente, le problème se déplace vers l’aval de la chaîne de production avec des déficiences au niveau des infrastructures régionales et nationales. Dans le Sud-Est asiatique, par exemple, les pertes de riz oscillent entre 37 % et 80 % de la production totale en fonction du stade de développement du pays, la Chine se situant par exemple à 45 % et le Vietnam à 80 %.

Bio pas top...

Où Robert Paarlberg fait part de son scepticisme quant à l'intérêt de l'agriculture biologique...
[...] Des critiques gastronomiques influents, des militants et des stars de la restauration entonnent en choeur ce refrain : l'"alimentation durable" de l'avenir doit être bio, locale et lente. Vous savez quoi ? C'est précisément le système dont joui déjà l'Afrique rurale, et il ne fonctionne pas ! Au sud du Sahara, les petits agriculteurs qui utilisent des engrais chimiques sont si rares que leur production est de facto biologique. Les coûts élevés du transport les contraignent à acheter et vendre sur place la majeure partie de leur récolte [...] 70 % des foyers ruraux en Afrique n'ont pas accès aux marchés urbains les plus proches car ils sont, par exemple, situés à plus de trente minutes à pied de la première route praticable en toutes saisons. [...] Quant à la cuisine, elle est terriblement lente. Le résultat n'est pas réjouissant : un revenu moyen de 1 dollar par jour et un risque sur trois d'être malnutri
[...] La conception et l'introduction dans les pays pauvres, au cours des années 1960 et 1970, de graines de blé et de riz à haut rendement, sous l'impulsion de l'Américain Norman Borlaug et d'autres scientifiques, ont eu des retombées très positives. [...] L'Inde, par exemple, a doublé sa production de blé entre 1964 et 1970 et a pu se passer d'aide alimentaire à partir de 1975. Rappelons à ceux qui parlent d'agriculteurs "endettés et mécontents" que le taux de pauvreté dans les campagnes indiennes est passé de 60 % alors, à 27 % aujourd'hui. 
[...] En Amérique latine, où les élites traditionnelles contrôlent étroitement l'accès aux terres fertiles et au crédit, l'arrivée des semences améliorées a creusé les écarts de revenus. [...] Cela étant, même en Amérique latine, le taux de malnutrition a diminué de plus de 50 % entre 1980 et 2005. 
[...] L'American Journal of Clinic Nutrition a récemment publié une synthèse de 162 articles scientifiques parus au cours des cinquante dernières années sur les bienfaits sanitaires du bio ; elle en concluait à l'absence de tout bénéfice nutritionnel
[...] L'agriculture biologique occupe moins de 1 % des terres cultivables aux États-Unis. Si les 99 % qui restent se convertissaient au bio, et donc se passaient de produits chimiques, il leur faudrait consommer une quantité plus grande d'engrais animal. Ce qui obligerait à multiplier par cinq environ les têtes de bétail. Ces animaux devant se nourrir de fourrage biologique, il faudrait dès lors mettre en pâture l'essentiel du territoire américain. Quant à l'Europe, le choix d'une alimentation exclusivement bio se traduirait par une extension de 28 millions d'hectares de la superficie des terres cultivables, l'équivalent des forêts de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et du Danemark réunis. 
[...] L'agriculture ne cesse de devenir plus verte. L'érosion des sols a brusquement ralenti dans les années 1970 grâce à l'introduction de la "technique culturale simplifiée", innovation qui a aussi réduit la consommation de diesel [...] En 2008, l'OCDE a publié un rapport sur la "performance environnementale de l'agriculture" dans les trente pays industriels les plus avancés. [...] La surface dédiée à l'agriculture a baissé de 4 %, les émissions globales de gaz à effet de serre de 3 %, et la surconsommation d'engrais azotés de 17 %. La biodiversité s'est elle-aussi améliorée, avec l'introduction de nouvelles variétés de plantes et de races animales. 
[... Dans tous les pays en développement] l'assistance au secteur primaire s'est révélée être un investissement très rentable. Y compris en Afrique. La Banque mondiale a évalué à 35 % par an en moyenne le taux de rentabilité des fonds placés dans la recherche agronomique sur le continent. Certains investissements ont même atteint des taux de rentabilité de 68 %. Aveugles à ces réalités, les États-Unis ont réduit de 77 % leur aide dans ce domaine entre 1980 et 2006.
Robert PAARLBERG, Foreing Policy (2010).
Books, 01/2013, p. 53.

La note, voulez-vous...

Charles HOFFBAUER, Couple élégant au restaurant.

La couleur du pouvoir...

Où l'on se console en rappelant, qu'évidemment, de tout temps, pouvoir et argent ont toujours été étroitement liés... 
[...] Rome, puis le monde romain, était dirigés par une élite de quelques milliers d'hommes, regroupés en deux ordres (en quelque sorte nobiliaires, mais pas vraiment héréditaires), le Sénat [...] et l'ordre des chevaliers. 
[Leurs membres] n'étaient pas automatiquement recrutés parmi les plus riches des citoyens romains. Mais les uns et les autres devaient posséder un patrimoine (de terres, de bétail, d'esclaves [...]) qui leur permette de tenir leur rang sans travailler [...]. 
[...] Au Ier siècle avant J.-C., ils avaient besoin de dépenser beaucoup d'argent pour être candidats aux élections, à cause des dons qu'il fallait faire aux électeurs, ou à certaines catégories d'entre eux. Certains dons étaient considérés comme légaux, d'autres non. Jean ANDREAU (directeur d'étudesà l'EHESS), p. 14.
[... En France sous la monarchie], la culture politique de l'absolutisme, combinée à la culture financière du secret [...] reste dominante. Tandis qu'en 1694, les Anglais parviennent à convertir un groupe de financiers en actionnaires d'une banque de dépôt, capable d'alimenter le Trésor royal et de publier annuellement des comptes, [en France], l'échec de l'écossais John Law, provoque le retour en grâce des financiers
[Ceux-ci pratiquent] de substantiels jeux de caisse [...] sur le dos de la monarchie [qui n'a pas su mettre en place de réforme comptable sérieuse]. 
[...] Il faut rappeler que ces financiers avaient partie liée, socialement, avec les privilèges, peu enclins à faire évoluer un système fisco-financier dont ils se portaient caution et qui leur était si profitableMarie-Laure LEGAY (Professeur d'histoire à l'université Lille III), p. 27.
[...] Chargés des impôts indirects dont le roi leur déléguait la gestion par bail tous les cinq ans, [les fermiers généraux] firent tous des fortunes considérables. Comme le principe même du bail était de donner au roi un revenu fixe, et de reporter le risque lié aux fluctuations de la consommation sur les fermiers, tous les bénéfices, en période faste, allaient aux seuls fermiers, sous réserve d'un réajustement du montant du bail [...] ou de ponction inopinée par l'État qui se produisait relativement souvent. [...Cependant] nulle malversation dans leur activité [ne fut] reconnue dans les décrets de réhabilitation prononcés après la Révolution [qui guillotina plusieurs fermiers généraux]. Mireille TOUZERY, p. 29.
[...] En 1800, l'ambition des hautes banques parisiennes et l'intérêt de l'État convergent pour créer la Banque de France. Elle est instituée par un décret de Napoléon Bonaparte qui appuie l'initiative des financiers. 
[...] Les Deux-Cents [familles (les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France)] élisent les régents au Conseil général. 
[...] La passivité de [cette] assemblée générale correspond à sa composition, faite en majorité d'investisseurs passifs (rentiers, propriétaires, ou retirés des affaires). Par contre, c'est du groupe minoritaire des entrepreneurs actifs que sont issus les régents. [...] Les régents sont indéfiniment rééligibles : ainsi les Vernes et les Mallets occupent le même siège de régent de 1800 à 1936 ! Yves LECLERC (Economiste, auteur), p. 37.
[...] De la monarchie de Juillet, née dans les hôtels cossus de deux régents de la Banque de France, Jacques Laffitte dirigera bientôt le gouvernement, avant d'être remplacé par Casimir Perier. Avec eux, c'est la haute banque parisienne qui triomphe : pour la première fois dans l'histoire de France, des financiers conduisent officiellement la politique du gouvernement. Charles GIOL, p. 39.
[...] Près d'un quart des députés du corps législatif en 1863 appartient aux milieux d'affaires : un record. A l'instar d'Eugène Schneider au Creusot, modèle de patron paternaliste et politique, les Wendel, Dietrich, Gros-Roman, Koechlin, Peugeot, Chagot, Boigues, etc. font vivre le pays, mais l'administrent également, relayant les autorités constituées, et pourvoient à ses besoins en logements, en églises, en écoles et en institutions protectrices. Nicolas STOSKOPF (professeur d'histoire), p. 42.
[...] La IIIe république a connu un enchaînement de scandales politico-financiers des années 1880 aux années 1930. [...] On trouve de nombreuses affaires similaires durant la même période dans les pays voisins. A l'échelle européenne, la mauvaise réputation de la IIIe République ne tient pas vraiment à des pratiques frauduleuses de pouvoir finalement assez répandues, mais bien davantage à la notoriété internationale de certaines affaires, qui ont symbolisées les nouveaux rapports déviants entre pouvoir et argent
[...] Le personnel politique provient pour partie [de nouvelles couches sociales]. [...] Chez plusieurs protagonistes de ces scandales, perçus comme des parvenus dans les affaires, une ascension sociale rapide peut attirer le soupçon [...]. [...] Les élites [d'origines diverses (entrepreneurs, financiers, ingénieurs...)] se fréquentent pourtant dans les salons, les salles de rédaction des journaux, au théâtre ou aux courses. Les sociabilités communes favorisent les services rendus et les petites affaires entre membres de réseaux informels, unis par des intérêts, des amitiés personnelles et des affinités politiques. 
[...] Le scandale des décorations qui touche en 1887 le président de la République Jules Grévy et son gendre Daniel Wilson, met en cause les principes d'égalité et d'émulation dans l'attribution des distinctions. 
[...] Dès les années 1880, l'imbrication des élites économiques et politiques assure stabilité et enracinement à la République. Mais cela rend difficile le partage entre intérêts privés et bien publics, autour des pratiques de favoritisme dans l'attribution de concessions, ou dans le soutient apporté par l'État à des entrepreneurs aux pratiques financières douteuses. C'est en achetant massivement journaux et parlementaires que la Compagnie de Panama obtient, en dépit des informations sur sa situation financière catastrophique, l'autorisation d'émettre des obligations à lots, procédure réservée jusqu'alors aux communes et au Crédit foncier. 
[...] La dénonciation de la corruption de la République, sert [surtout] de véhicule à des idéologies en plein essor, surtout l'antisémitismeFrédéric MONIER (spécialiste de l'histoire politique de la IIIe république), p. 50.
Le Nouvel Observateur, Hors-série, Le pouvoir et l'argent, 10-11/2012.

Echec...

[...] Des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde, alors que la production est suffisante pour nourrir 9 milliards d'humains, deux milliards de plus qu'aujourd'hui.
Canal +, La matinale - Info, 12/01/2013.

Sous le soleil exactement...

Couleurs, formes et lumières uniques du grand Orient, saisies par les meilleurs peintres orientalistes...
Gustav BAUERFEIND, The Gate of the Great Umayyad Mosque.

Jean-Léon GEROME, Femme du Caire à sa porte.

Jean-Léon GEROME, Bain turc.

Ernst Lord WEEKS, On the river Benares.

Frederick Arthur BRIDGMAN, The siesta.

Face de prophète...

La question de la représentation des êtres humains, et donc du Prophète, relève [historiquement, du droit le plus flexible, pour ne pas dire de l'anarchie]. Le Coran lui-même est muet sur le sujet. Un seul de ses passages est habituellement cité dans les débats sur la question. Il relate les propos tenus par Dieu à Marie mère de Jésus, selon lesquels un jour son fils proclamerait 
"En vérité, je viens à vous avec un signe de la part de votre Seigneur. Pour vous, je forme de la glaise comme la figure d'un oiseau, puis je souffle dedans : et par la permission d'Allah, cela devient un oiseau." Coran, III:49. 
Et attention, voilà comment cet extrait de sourate peut être interprétée...
Pour la majorité des exégètes, cela signifie que Dieu seul peut créer la vie et que les images ont pour unique objet de prendre vie.
[...] L'art religieux, dans les mosquées en particulier, évitait et rejetait la représentation, tandis que les princes, puis les citadins fortunés...
Tiens, en ce domaine aussi, les "riches" se permettent tout !
... ornaient leurs demeures et leurs objets de toutes sortes d'images. [...] L'abstention dominait, mais elle ne fut jamais l'unique pratique musulmane. 
[...] A un moment du XVe siècle, et plus encore au XVIe siècle, on prit l'habitude de voiler le visage du Prophète. On ne sait pas très bien pourquoi, mais cela semble être le fruit non d'une décision juridique formelle, mais d'une piété qui, sans être hostile à la représentation des êtres humains, estimait que le caractère unique du Prophète était mieux exprimée par l'invisibilité de son visage. 
[...] Il ne fait aucun doute que le monde musulman, en particulier depuis le XIIIe siècle, accepte les représentations de Mahomet
[...] Ces portraits sont bien plus fréquemment chiites que sunnites, et [...] très peu d'entre-eux émanent du monde arabe [plutôt de l'Empire ottoman et des Mongols].
The New Republic. D'après Jytte KLAUSEN (2009), The cartoons that shook the world, Yale University Press.

Books, 01/2012, p. 44.

Attention, on se lâche, voici... le Prophète Mahomet...

Mahomet [entre les deux enfants à droite,] entouré de sa fille Fatima, du mari de celle-ci, Ali, et de leurs enfants, Hassan et Hussein, accueillant une délégation chrétienne. Al-Biruni (vers 1300), Chronologie des anciens peuples.