Ponctualité...

[...] Cet été, [...] dès la mi-juillet, soit plus d'un mois avant la fin de la saison chaude, 97 % de la surface de la calotte glaciaire du Groenland avait subi une fonte, même partielle. 
[...] "Les carottes glaciaires réalisées à Summit Station [station de recherche située au centre de l'inlandsis] montrent que ce genre de phénomène se produit une fois tous les 150 ans en moyenne. Le précédent épisode datait de 1889." [...], a expliqué le glaciologue Loroa Koening.
Science & Vie, 10/2012, p. 34.

Mieux à faire...

Entre 2005 et 2012, le nombre d'inscrits au concours du Capes a été divisé par trois.
Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 59.

Allégé...

Depuis 1950, les obligations de services d'un enseignant ne sont définies que par un nombre d'heures de cours hebdomadaires : 15 heures s'il est agrégé, 18 heures s'il ne l'est pas.
Laurent JEANNEAU, Alternatives Economiques, 10/2012, p. 60.

Les moissons du futur...

Où Marie-Monique Robin, dans son documentaire Les moissons du futur, vente les mérites insoupçonnés de l'agro-écologie...
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Mon modèle, c'est 2 hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon), Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.
Il ne faut pas faire croire au Français qu'on pourra cultiver des pommes, des poires ou des fruits sans aucun pesticide. Cela a toujours existé, et cela continuera d'exister sinon vous ne produirez pas suffisamment de produits. » Bruno LEMAIRE (Minitre de l'agriculture) France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011.
Si on fait des produits sans pesticides aujourd'hui, 40 % de production en moins, 50 % de coûts en plus. Jean-René BUISSON (Président de l'association nationale de l'industrie agroalimentaire), France 2, Mots croisés, Du poison dans nos assiettes, 21/02/2011. 
Quand on mesure l'efficacité énergétique des grandes exploitations industrielles, on obtient un rapport de 2 ou 3 maximum [2 ou 3 calories produites pour une consommée]. Pour une petite exploitation, le rapport est de 15 à 30.  Miguel ALTIERI (Professeur d'agro-écologie à l'université de Berkeley). 
Les pays développés profitent de subventions à la production pour avoir de l'énergie bon marché [...]. Le résultat est que ces producteurs sont incapables de dire aujourd'hui, quels sont leurs coûts réels, et leur revenu réel. La majorité des coûts de production comme la pollution des eaux ou l'énorme consommation d'énergie ne sont pas pris en compte. Les prix de leurs produits sont donc complètement faussésUlrich HOFFMANN (Cnuced). 
Les coûts environnementaux et économiques de l'agriculture chimique ont été évalués [par David PIMENTEL (Entomologiste à l'université de Cornell] à 10 milliards de dollars par an aux Etats-Unis il y a 30 ans. En 2008, une étude publiée par le parlement européen a confirmé cette étude. 
Les arbres [gliricidia cultivé autour du champs et dont les feuilles sont enfouies dans le sol trois fois par an] sont plus efficaces que les engrais chimiques. Avant je récoltais au maximum 100 sacs de maïs, mais aujourd'hui, avec le gliricidia, j'en récolte au moins 200. Mark MAJONI (paysan au Malawi). 
Le sol était parfait quand j'ai commencé l'agriculture dans les années 1950. Mais au bout de 15 ans, il était tout dur et très clair. Il n'y avait plus d'humusManfred WENZ (agriculteur en Allemagne). 
La question des rendements est au coeur des études menées par l'institut Rodale. Pendant 30 ans, ses chercheurs ont comparé les rendements de l'agriculture conventionnelle et biologique pour les trois grandes cultures américaines : soja, blé et maïs. [...] Résultat l'agriculture biologique entraîne une réduction de 45 % de la consommation d'énergie et de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Chaque année, les rendements sont similaires. Les différences sont si minimes que les scientifiques les considèrent comme négligeables. Excepté pour les périodes de sécheresse où les performances des cultures biologiques sont supérieures à celles des cultures conventionnelles. Mark SMALLWOOD (Directeur de l'institut Rodale). 
Grâce à la réduction des coûts de production [permis par l'agriculture biologique], ils économisent 500 euros par hectare et par an. 
Nous devons revaloriser le statut du paysan, toujours considéré tout en bas de l'échelle sociale. Non il devrait être tout en haut, car sans lui, il n'a a pas de nourriture et donc plus de vie possible. [...] Nous devons faire en sorte que le métier agricole soit bien payé et récompensé à sa juste valeurHans HERREN (directeur de l'Institut du Millénaire de Washington).
La méthode de contrôle biologique inventée par le docteur Zeyaur Kahn [technique du push-pull], repose sur l'action de deux plantes : le desmodium et l'herbe à éléphant qu'il a sélectionné parmi 600 végétaux africains. 
[...] Les rendements sont passés de deux sacs à 22 ou 24 sacs. [...] Le desmodium détruit les racines de l'herbe des sorcières [qui elle-même se nourrit des racines du maïs]. Elle apporte de l'azote au sol. Elle recouvre entièrement le sol [plantée entre les rangs de maïs] et le protège de l'érosion. Enfin, elle est un répulsif pour la pyrale du maïs. Quand les pyrales sentent le desmodium, elles s'enfuient et partent vers l'herbe à éléphant [plantée autour des champs]. Le desmodium et l'herbe à éléphant servent de fourrage pour le bétail [chèvres et vaches  laitières]. Riches en protéines, elles ont permis une multiplication de la production de lait par trois. » John OTIEP (paysan au Kenya). 
Selon un rapport des Nations Unies de 2008. L'agroforesterie permet d'augmenter les rendements de 120 % dans un délai de trois à dix ans. 
Aujourd'hui, les experts considèrent qu'on doit attribuer aux petits paysans un rôle tout à fait nouveau. Mais cela suppose une transformation radicale des politiques agricoles qui s'apparente à une vrai révolution agricole. Les petits producteurs doivent être systématiquement soutenus. Même la Banque mondiale dans un rapport récent, a estimé que chaque dollar investi dans l'agriculture engendre 3 dollars d'activité économique contre 1,5 ou 2 dollars pour chaque dollars investi dans l'industrieUlrich HOFFMANN (Cnuced). 
Ce sont des canards adulte que je lâche une dizaine de jours avant le repiquage du riz pour qu'ils labourent la rizière. Ils mangent les mauvaises herbes et les insectes. Ils remuent l'eau et la terre. Cela empêche les mauvaises herbes de pousser. Et en plus ils fabriquent de l'engrais naturel. [...] Mon modèle, c'est deux hectares de cultures et de riz. Avec ça, on peut nourrir complètement 10 familles. Chaque famille a besoin de 20 ares pour ce nourrir. [...] Or, au Japon, chaque habitant dispose en moyenne de l'équivalent de 4 ares. Donc une famille de 5 personnes peut être auto-suffisante. Si on se base sur les surfaces cultivées actuelles, [le Japon] peut se nourrir lui-même. Yoshinori KANEKO (paysan au Japon).
Arte, Les moissons du futur, 15/10/2012.

Crise étatique...

Dans la série "Je vous explique la crise" : Jean-Marc Daniel...
Dans la crise financière, les subprimes ont été générées par des décisions de l'Etat américain pour essayer d'inciter certains citoyens américains au-delà de ce qu'ils auraient dû faire. C'est donc plus une crise de l'Etat, de la décision publique, qu'une véritable crise financière et de l'économie de marché.

Table de multiplication...

A l'heure actuelle, il y a un florilège de publications qui sortent, du FMI, de la BCE, des Commissions d'Harvard, de Berkeley, sur l'effet multiplicateur : si vous faites 1 d'austérité, combien d'activité en moins (PIB). Avant la crise, c'était 0,5 : un point de déficit, je perd 0,5 de croissance. Là maintenant, les indicateurs des grands instituts ont dépassé 1. Ils vont même jusqu'à 2. [...] Quand on est en bas de cycle, quand tout le monde fait de l'austérité en même temps ou que vous le faites par une politique monétaire un peu inopérante comme actuellement, le multiplicateur augmente. A l'heure actuelle, faire de l'austérité, c'est une catastrophe. Si cependant il faut le faire, vaut-il mieux le faire par la dépense ou par les recettes ? Le FMI nous dit que les multiplicateurs sont bien plus importants sur les dépenses que sur l'impôt, donc si vous devez le faire, faites-le par l'impôt. Le FMI, Berkeley, Harvard, la BCE, la Commission européenne, ont fait tourner ensemble leurs modèles pour conclure, faites de l'austérité par l'impôt. Seul un chercheur [Alesina, Harvard] continue de prétendre le contraire.
Christian POYAU, BFM, Les experts, 17/10/2012.

Lattées ou latines ?

Jonque chinoise sur la côte du Tonkin en mousson de Nord est.
Robert DUMONT DUPARC (1866-1930)
Pourquoi malgré plusieurs siècles d'échanges commerciaux et techniques entre la Chine et l'Occident, ces deux types de voiles différents ont-ils subsisté alors que d'autres techniques, comme le gouvernail d'étambot, la boussole ou les coques compartimentées, ont, elles, été copiées ou redécouvertes ?

Repères historiques...
Dès le XIIe siècle, les occidentaux décrivent le compas. Il est possible qu'il ait été importé de Chine par des commerçants arabes de la Route de la soie, mais rien ne l'atteste. Les arabes avaient déjà ramené de Chine le papier au VIIIe siècle. Il est bien connu que Marco Polo a "importé" la poudre à canon de Chine au XIIIe siècle. Il décrit les jonques qui ont alors à coup sûr des voiles à lattes. A partir du XVe siècle, les occidentaux, désormais eux-même équipés de gouvernails d'étambot, savent désormais gagner la Chine par la mer. La marine à voile a encore trois siècles devant elle pendant lesquels les occidentaux vont conserver leurs voiles "monobloc" (visiblement pas de terme technique définissant les voiles non lattées), et les chinois leurs voiles à lattes.
Voir les Annexes en fin d'article pour plus de repères historiques...

Repères techniques...
La structure des voiles lattées est en apparence plus complexe que celle des voiles "occidentales". Pourtant, lorsqu'on parcourt les sites et forum spécialisés, les avantages de ces voiles orientales semblent bien plus nombreux...
1. Cet agencement [en sorte de store à la vénitienne] qui peut paraître sans utilité, permet de diminuer ou d'augmenter la surface de la voile en fonction de la puissance du venthttp://www.tao-yin.com/beaux-arts/jonques_chinoises.htm.
En soit, ce n'est pas un argument. : les voiles "occidentales" peuvent en effet être équipées de ris, système permettant également de réduire la surface de la voile. Ceci dit, prendre un ris avec une voile lattée semble plus rapide... 
2. Les Chinois n'ont pas eu de mal à imaginer de réunir ces "bômes" [les tiges de bambous] par des écoutes multiples permettant de contrôler facilement la courbure de la chute et de prendre des ris en choquant la drisse et sans avoir à ligaturer des garcettes, ni même sans changer de cap ! http://jonquedeplaisance.net/fr/greement-jonque.html
Ce dernier argument rejoint ces avantages également relatifs à la prise au vent...
3. Quelle que soit l'origine du gréement longitudinal, les Chinois ont su en tirer la voile à lattes avec son écoute en patte d'oie, qui par sa rigidité résout si heureusement le problème de la marche "à la mauvaise main" (c'est-à-dire quand elle est au vent du mât) et permet de virer vent devant. [...] Loin de cette perfection, l'Occident (Arabes de l'Océan Indien et Méditerranéens) s'est contenté, dans cette voie, de retailler la voile carré pour en faire une voile arabe ou latine à antenne, ne pouvant virer que vent arrière et au prix d'un gambiage [sic ; "gabiage" semble être la bonne orthographe], soit pénible, soit long. [...] On conçoit l'émerveillement des navigateurs occidentaux devant ces voiles chinoises qui changent d'armure toutes seules, sur un simple coup de barre, sans faire perdre de route. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1952_num_46_1_5166, p. 273.
4. Ces lattes renforcent et raidissent la voile, mais permettent aussi de la rouler rapidement (comme un store) par vent fort ou en cas d'urgence. Brian LAVERY, Bateaux, 5000 ans d'histoire de la marine, Sélection du Reader's Digest, 2005, p. 62. 
5. [Les voiles de jonques] ont une forme sensiblement elliptique, très favorable du point de vue de l'aérodynamique. Cette disposition, qui leur permet de se plier toutes seules en accordéon lorsqu'on les affale, fait de la prise d'un ris l'opération la plus simple du monde. A l'inverse, la présence à bord de petits treuils de manœuvre en rend le hissage très aisé. http://www.mandragore2.net/dico/lexique2/lexique2.php?page=jonque 
L'argument de la solidité revient assez souvent...
5. Avec tous ces renforts, la toile n'est jamais lourdement sollicitée, en faisant une voile très fiable et durablehttp://www.mandragore2.net/jonques/jonques.php
6. L'assemblage nattes-bambou offre un réel avantage : le navire peut encore naviguer proprement même si sa voilure est réduite de moitié, soit par la déchirure, soit par la détérioration du mat ou des matériaux. Une voile occidentale ainsi abîmée n'est plus d'aucune utilité. De plus, les tringles de bambou maintiennent en permanence les voiles tendues, rendant celles-ci plus efficaces, aérodynamiquement parlant : une voilure trop enflée, qui "fait le sac", crée des turbulences d'air superflues. Encore aujourd'hui, les voiles des yachts de course ne semblent pas assez raidies et se gonflent parfois démesurément et inutilement. Il est sûr que la communauté des champions de voile auraient beaucoup à apprendre des anciennes techniques chinoises. Joseph NEEDHAM (université de Cambridge) http://www.tao-yin.com/beaux-arts/jonques_chinoises.htm
Et enfin, l'auteur suivant considère qu'elles permettent de faire l'économie des enfléchures...
7. [Elles] servent d'échelle pour grimper dans le gréement. Brian LAVERY, Bateaux, 5000 ans d'histoire de la marine, Sélection du Reader's Digest, 2005, p. 62.
Les défauts glanés, moins nombreux...
1. Les voiles lattées type jonque ou au tiers doivent être taillées plates pour que la courbure de la voile reste compatible avec le matériaux employé pour les lattes (bambou, bois, fibre de verre, carbone...) or le rendement des voiles plates est plus faiblehttp://www.nauticaltrek.com/comment-9039
Cet argument semble en contradiction avec l'avantage n°6.
2. Pèse plus lourdhttp://faq.frbateaux.net/Discussion583.html3. Raideur des lattes dans les petits airs. http://bordeaux-voiles.fr/bordeaux-voiles-accueil/voiles/les-grand-voiles/#grand voile semi-lattée
Explications
La seule explication trouvée sur le web...
[...] Dans l'antiquité les Chinois qui ont pourtant beaucoup inventé, ne disposaient pas de tissus solides pour faire des voiles, ou quelques fois aussi, l'utilisation de tissus était interdite par des maîtres de guerre locaux [...]. Il ne restait donc, au fond du jardin que des feuilles de latanier pas bien résistantes, mais aussi par chance des bambous qui installés intelligemment sur la voile, la renforce sérieusement. http://jonquedeplaisance.net/fr/greement-jonque.html
Annexes...

Allègements alourdissant...

Sous la surface des réductions d'impôts...
3. J'insiste sur ce point, car je lis parfois ceci : "Si on n'avait pas baissé les impôts depuis 2001, l'État serait en équilibre.", sous-entendu "on est endetté à cause de cadeaux fiscaux". Ce qui est juste, c'est que le déficit actuel a la même valeur que la baisse des recettes de l'État sur la période. Mais il est manipulatoire de ne pas expliquer que les recettes en moins pour l'État ont été réaffectées aux collectivités locales, et que nous payons autant d'impôts qu'en 2001, globalement. Si on avait maintenu les impôts au même niveau, il aurait donc fallu augmenter fortement la pression fiscale, ce qui aurait forcément eu un effet récessif, et aurait dégradé les comptes publics. Olivier BERRUYER, LesCrise.fr.
2. Un député de l'UMP a fait le calcul de savoir combien avaient coûté les réductions d'impôts et en particulier les réductions d'impôt sur le capital. Il s'appelle Gilles Carez, il a fait ça en 2010. Il a chiffré que les baisses d'impôts votées depuis 2000, y compris la baisse Fabius, ont coûté 100 à 120 milliards d'euros par an de manque à gagner dont 33 à 41 milliards pour le seul impôt sur le revenuJean-Luc MELECHONFrance Inter, 01/10/2012. 
1. Si les ménages étaient imposés aujourd'hui comme en 2000, l'impôt sur le revenu, l'impôt sur la fortune et les droits de successions rapporteraient 31 milliards d'euros de plus [...]. L'ensemble des baisses d'impôts consenties depuis 2000 ont causées 400 milliards de dettes supplémentaires [...] avait estimé le rapport Champsaur-Cotis. Alternatives Economiques, Faut-il interdire les déficits publics ? 04/2011, p. 15.

Poubelle addict...

Un tiers de la production alimentaire mondiale n'est jamais consommée. En Grande-Bretagne, 8 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année, soit 130 kilos par habitant, dont les deux tiers auraient pu être consommés. 
[...] En France [...], les cantines jettent entre 1150 et 230 grammes de nourriture pour chaque repas servi. Du côté des supermarchés, les banques alimentaires ne parviennent à récupérer que le quart des 200 000 tonnes de fruits, légumes et produits ultra-frais jetés à la poubelle et pourtant encore consommables. 
[...] L'Europe a longtemps imposé des critères sur la taille, l'aspect et la forme des primeurs. Aujourd'hui ces normes ont enfin disparues, mais rien n'a changé. 
[...] Le résultat ? Les distributeurs refusent près d'un tiers de ces produits, dont une partie seulement rejoint l'industrie agroalimentaire. "Pourtant le consommateur ne craint pas de se nourrir de produits qui ont des défauts d'aspect, insiste Tristan Stuart. Quand la Grande-Bretagne a perdu une partie de sa récolte de pommes de terre en 2007, les critères esthétiques ont été revus à la baisse et les gens ont suivi". 
[...] Selon une étude de 2007, un Français jette chaque année 7 kilos de nourriture emballée et 20 kilos de produits alimentaires. Pourquoi cela ? Parce qu'on achète trop, et que l'art d'accommoder les restes s'est perdu, surtout avec les dates de péremption mal comprises.
Denis DELBECQ, L'Express, 10/2012, p. 114.

Tyrannie de la majorité...

Parce qu'il est concentré sur les "1 % les plus aisés", le coup de bambou serait "juste". Singulière conception de la justice que celle qui autorise toutes les ponctions dès lors que seule une "petite minorité" en fait les frais !
[...] Y'a-t-il d'ailleurs la moindre "morale" dans la quasi-spoliation de Français qui, pour beaucoup, ne sont fortunés ou en voie de s'enrichir que grâce à leur travail, à leur inventivité, et à leur opiniâtreté, et qui, au fil de leur parcours, ont permis la création de nombreux emplois au bénéfice du pays ?
[...] Sauf aux pointes extrêmes du spectre, la dispersion des revenus primaires est, en France, très stable. A la différence de ce que l'on constate aux Etats-Unis, par exemple, le coefficient de Gini, mesure habituelle des inégalités, a très peu évolué chez nous. Et nos innombrables politiques de redistribution, de la CMU au RSA, font de la France l'un des grands pays les plus égalitaires après l'intervention de l'Etat.
Philippe MANIERE, L'Express, 10/2012, p. 60.

Virus du marketing...

Après l'annonce d'une pandémie de grippe H1N1 en 2009, 75 pays, dont la France, ont acheté et stocké de grosses quantités de Tamiflu, en dépit de sa faible efficacité thérapeutique, établie dès 2002. Par quel mystère ? Dans une sidérante enquête publiée ce mois-ci dans Lyon Capitale, Guy Hugnet retrace en détail la manière dont le laboratoire Roche, fabricant de cet antigrippal, a infiltré l'Organisation mondiale de la Santé, influé sur les recommandations officielles et réalisé un chiffre d'affaires de 10 milliards de dollars, dont 3,2 milliards en 2009.
Le Nouvel Observateur, 10/2012, p. 28.

Graines de barbares...

Vous voyez ces jeunes gens qui marchent avec leurs casques sur les oreilles. Je les appelle à la fin du livre "les nouveaux barbares". Pas dans le sens péjoratif, mais dans le sens où ils parlent un autre langage. Ils ne sont pas comme toutes les jeunes générations qui contestaient les valeurs du père ou du grand-père, mais en en les connaissant. Et qui, à la fin, acceptaient une moitié de ses valeurs, et ainsi l'évolution continuait? Non, les "barbares" actuels les refusent, mais sans les connaître. Ils parlent un autre langage et ils commencent à zéro. Donc nous ne savons pas quelle sera la civilisation future. C'est une énigme.
Eugenio SCALFARI, Le Nouvel observateur, 10/2012, p. 134.

Chimère...

[...] 90 % de citoyens employés par l'Etat, pas d'impôt sur le revenu, [...] un salaire moyen de 8500 € par mois, éducation, électricité, soins et eau gratuits, [...] 1,5 millions d'immigrés pour seulement 250 000 citoyens de souche, [...] 3,5 milliards de dollars investis chaque année dans la R&D [15,3 milliards en France en 2008 - INSEE] et pour finir 20 % de croissance en 2011 [18,8 en réalité- IndexMundi] ?
France 2, Un oeil sur la planète, A quoi joue le Qatar ? 01/10/2012.
Bienvenu au Qatar, qui peut dire merci à l'or noir...
60 milliards de dollars par an de recettes issus du pétrole et du gaz.
Quelques travers, histoire de ne pas se sentir ridicules sur toute la ligne...
Beaucoup de travailleurs étrangers travaillent 6 jours sur 7, 10 h par jour et 200 à 500 € par mois selon qualification. [...] Mariages, encore souvent arrangés entre cousins mais des parents accordent le choix [moyennant filtrage soigneux des parents tout de même dans l'exemple du reportage...], [...] obligation d'avoir un associé Qatari qui doit être actionnaire majoritaire [lorsqu'on crée une entreprise], visa de travail à renouveler tous les ans, rares sont les endroits où les étrangers peuvent acheter de l'immobilier.
Pour finir sur un bon mot...
Ils [les étrangers occidentaux] nous regardent et pensent que nous sommes masquées, opprimées, qu'on essaye de nous faire taire, de nous emprisonner. Je pense que l'abaya te libère. Tu peux même te balader en pyjama pour aller à l'école ou au boulot. Personne n'en saura rien puisque tu portes une abaya. Une Qatarienne.
France 2, Un oeil sur la planète, A quoi joue le Qatar ? 01/10/2012. 

Neurones facebook...

Des études prouvent que l'on n'utilise pas les mêmes neurones en lisant un livre et devant un écran.
Michel SERRES (propos receuillis par Martin LEGROS), Philosophie Magazine, 09/2012, p. 55.

Fatal multitasking ?

Une étude menée par l'université de Stanford en 2009, consistait à isoler, d'un côté, de fervents adeptes du multitasking dont l'attention se déplace constamment d'une activité à l'autre, et de l'autre, des individus plus concentrés sur ce qu'ils font. Chacun des groupes devait réaliser six tests de cognition. Les individus les plus versés dans le multitasking ont obtenu des résultats nettement moins bons dans tous les cas.
Nicholas CARR (propos receuillis par Julien CHARNAY), Philosophie Magazine, 09/2012, p. 43.

Hyperdistraction...

Une étude [...] a comparé la compréhension écrite des élève devant un livre classique et devant un hypertexte, un texte informatique tel qu'il apparaît sur nos écrans avec une série de liens incrustés vers d'autres documents. La seule présence de ces liens hypertexte affecte négativement la compréhension écrite et l'attention : elle réduit l'attention du lecteur, même s'il ne clique pas sur le lien.
Nicholas CARR (propos receuillis par Julien CHARNAY), Philosophie Magazine, 09/2012, p. 43.

Invasions barbares...

Jamais je n'aurais pensé me retrouver un jour minoritaire, sur le plan racial, culturel, religieux, au point de faire figure de perdant historique sommé de renoncer à ma culture pour mieux "accueillir l'autre".
Renaud DELY citant Richard MILLET, Le Nouvel Observateur, 09/2012, p. 95.

« Minoritaire sur le plan racial »...
Si l'on passe outre cette première définition du mot race...
[...] Catégorie de classement biologique et de hiérarchisation des divers groupes humains, scientifiquement aberrante, dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques. Petit Larrousse, 2005.
... et que l'on se restreint à la race entendue comme...
[...] Subdivision de l'espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs selon le critère apparent de la couleur de la peauPetit Larrousse, 2005.
... quelles sont alors les races représentées par ces hommes ? Où commencent-elles ? Où finissent-elles ?







Ce montage a été réalisé en à peine une heure en puisant dans les 60 joueurs de foot professionnels listés sur le site de la FIFA, à la seule lettre B. Il serait un peu plus coûteux en temps mais tout aussi simple de proposer un gradient continu (et même plus fin, plus subtil) parcourant toutes les couleurs de peau et les morphologies de l'espèce humaine.
Si il est, en pratique, impossible de classer les hommes selon le principe de race, que veut donc dire "minoritaire sur le plan racial" ? Objectivement, rien. Mais dans un cadre subjectif, on l'a bien compris, il s'agit pour Richard Millet, de signifier qu'il trouve ses concitoyens trop "bronzés", "noirs", "bridés", "crépus", "jaunes", "café-au-lait", etc.
Et s'il suffit de prendre le RER B à la Courneuve au petit matin, pour se considérer en minorité sur le plan ethnique, autant passer devant l'ANPE au petit matin pour se considérer comme appartenant à une minorité de gens qui veulent encore travailler, passer dans un troquet en milieu d'après-midi pour s'inclure dans la minorité des buveurs d'eau minérale, etc. 

« Minoritaire sur le plan culturel »...
La culture se définit comme l'ensemble des usages, des coutumes, des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent et distinguent un groupe, une société mais aussi, comme un ensemble de convictions partagées, de manières de voir et de faire qui orientent plus ou moins consciemment le comportement d'un individu, d'un groupe. Le petit Larrousse, 2005.
Il ne fait aucun doute qu'on puisse trouver sans mal un cadre en entreprise ou un "intellectuel" parisien,  d'origine étrangère, quelle qu'elle soit, avec qui Richard Millet partagerait, un mode de vie, une sensibilité culturelle et artistique, une conception de la religion et de la morale, plus proches, qu'avec une majorité de français "pure souche" qui pour la plupart d'entre-eux, ont un mode de vie qui a peu à voir avec la vie parisienne, ne vont jamais au théâtre ou à l'opéra, sont moins de 5 % à pratiquer leur religion (parmi les catholiques, comme Richard Millet), et auraient probablement du mal à bavarder éthique, religion ou beaux-arts avec l'écrivain... INSEEWikipedia.

« Minoritaire sur le plan religieux »...
L'Etat ne recense pas l'appartenance religieuse des citoyens. Il faut donc confronter diverses enquêtes et autres sondages pour avoir une idée de la proportion de catholiques dans la population française. Quelques résultats classés des plus récents aux plus anciens (provenant de sites qui indiquent leurs sources)...

41,6 % ...

51 % ...
Sondage CSA, 2007

80 % ...

62 % ...
Appartenance religieuse
Pourcentage dans la population
Catholiques
62%
Musulmans
6%
Protestants
2%
Juifs
1%
Sans religion
26%

Linternaute.com, Sondage CSA, 2003.

Comme on s'en doutait, les catholiques restent largement majoritaires dans tous les cas, même pour le chiffre le plus bas trouvé sur le Web, à 25 %, qui par ailleurs, hasard ou pas, ne cite pas ses sources...
Pourquoi Richard Millet dit-il être "minoritaire sur le plan religieux" ? Dans la mesure où il est un écrivain français qui s'adresse, à priori, à des lecteurs français, ces mots font implicitement référence à une hypothétique minorité catholique. Comme on ne peut pas, en France, être minoritaire sur le plan religieux et catholique dans le même temps, si le but de Richard Millet n'est pas d'instiller une idée-fausse, ou qu'il n'a pas une étude rigoureuse qui viendrait démentir les chiffres évoqués ci-dessus, c'est alors qu'il est protestant, juif ou musulman...

A l'inverse, pour ce qui suit, le propos mérite réflexion, quand bien même on ne partage pas son point de vue...
Je voudrais rappeler qu'une grande partie de ma réflexion vise à comprendre la concomitance du déclin de la littérature et la modification de la France et de l'Europe toute entière par une immigration extra-européenne massive et continue, avec pour éléments intimidants les bras armés du salafisme et du politiquement correct au sein d'un capitalisme mondialisé, c'est-à-dire le risque d'une destruction de l'Europe de culture humaniste , ou chrétienne, au nom même de l'"humanisme" dans sa version "multiculturelle". 
[...] Ainsi, le multiculturalisme n'est-il qu'une des formes de la décomposition culturelle, spirituelle et sociale de l'Europe, première étape d'une émigration dans le "genre humain" de l'indigène bientôt indifférencié, donc interchangeable, voire déshumanisé
[...] Dans Langue fantôme, je tente de montrer que la perte du style, est aussi celle de la langue, donc de la littérature, et que l'affadissement croissant de la littérature conduit à la violence multiculturelle comme au soft totalitarisme mondialisé sous l'espèce de la démocratie américaine autant que de l'islamisme capitalistique, dont le Qatar est le modèle le plus pernicieux.
Richard MILLET, L'Express, 09/2012, p. 103.

Médiatico-abruti ?

Frederick Zimmerman et Dimitri Christakis, deux pédopsychiatres de Washington, soulignent les effets calamiteux que les écrans peuvent avoir sur les enfants. A partir d'un suivi de 3 300 familles, ils ont montré que la consommation irraisonnée des médias peut altérer la synaptogénèse [création des synapses] et saper les bases de l'apprentissage intellectuel lettré.
Bernard STIEGLER (propos receuillis par Martin LEGROS), Philosophie Magazine, 09/2012, p. 57.

Cours de Marxisme ?

Selon une enquête mondiale de l'institut Globescan, la France bat tous les records : 70 % des Français ignorent que ce sont les entreprises qui créent des richesses !
[...] Quel est à, cet égard, la responsabilité du système éducatif ?
[...] Le constat [d'une étude menée par un Think tank d'inspiration libérale, l'Iref] est accablant. L'entreprise n'occupe généralement qu'une dizaine de pages sur 400 : c'est une entité abstraite, qui maximise ses profits différemment selon qu'elle se trouve en situation de monopole ou de concurrence pure et parfaite. [...] Son rôle dans la création de richesse est presque toujours occulté. [...] L'Etat est toujours présenté comme l'acteur économique principal car c'est "le régulateur indispensable". Le mot "social" est le vocable le plus utilisé. Nulle part on ne met en garde contre les dangers du "trop d'Etat" ou de l'assistanat. [...] Tous insistent lourdement sur l'importance des impôts et de la redistribution. Keynes est cité à satiété, au détriment des économistes libéraux. Les textes sont souvent pessimistes (la concurrence est "sauvage") et le biais idéologique tendancieux. La notion de risque est évacuée, à l'exception du risque de crédit, pour évoquer les mauvais payeurs ! Enfin, un seul journal économique est régulièrement cité : Alternatives économiques !
Christine KERDELLANT, L'Express09/2012, p. 96.

Nouvelles règles...

Aujourd'hui, dans la société postindustrielle dans laquelle nous sommes entrés, les grands volets de la demande sont la santé, l'éducation, Internet, la recherche scientifique. Or aucun n'obéit aux règles économiques traditionnelles qui disent que l'offre et la demande sont régulées par les prix. On considère la santé comme un coût, alors qu'elle est un élément essentiel du bien-être.